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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:30

 

Date de sortie 23 septembre 2015

 

Les deux amis


Réalisé par Louis Garrel


Avec Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne, Louis Garrel,


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

L’amitié fait partie intégrante du cinéma de Louis Garrel, dont le premier court métrage, Mes Copains, célébrait sa bande de potes. En 2011, il réalisait La Règle de trois avec son complice Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani.

 

Habitué de la Croisette, Louis Garrel était donc tout naturellement présent cette année à Cannes avec son premier long métrage, Les Deux amis, sélectionné pour la Semaine de la critique.

 

Synopsis

 

Mona (Golshifteh Farahani) travaille tous les jours dans une sandwicherie de la gare du Nord. Ce n’est en rien le job de ses rêves, mais l’héroïne n’a pas exactement le choix…

 

Chaque soir, en effet, Mona doit s’en retourner dans ses drôles de foyers : une prison en banlieue où elle est incarcérée pour des raisons inconnues. Bénéficiant d’un régime de semi-liberté, elle s’acquitte de sa tâche professionnelle sans râler. Histoire de gagner quelques euros et d’améliorer un ordinaire qui en a bien besoin. Histoire, surtout, de prouver aux instances judiciaires qu’elle est capable de se réinsérer dans la "vie normale".

 

Bientôt, Mona rencontre Clément (Vincent Macaigne), un type bizarre et lunaire qui bosse dans le cinéma (il assure de la figuration ici et là) et qui se décarcasse pour la séduire.

 

Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel (Louis Garrel), vient l’aider.

 

Les deux amis se lancent ensemble dans l’aventure de la conquête amoureuse.

 

Mais le chiffre 3 est celui du dérèglement…

 

Les deux amis

Propos recueillis par Olivier Père relevés dans le dossier de presse.

 

Trois jours, trois nuits, une fille, deux garçons et de nombreuses péripéties tragicomiques, c’est ainsi que l’on pourrait présenter votre premier long métrage.


J’ai réalisé un moyen métrage qui s’appelle La Règle de trois et tourné dans un film de Jacques Doillon qui s’appelle Le Mariage à trois (encore plus extrême). Je ne sais plus qui me disait que c’est à partir du moment où l’on est trois que les choses se dérèglent. À deux c’est bien mais c’est en faisant entrer un troisième personnage qu’on commence à s’amuser. C’est une méthode narrative plutôt classique…


Le film est une adaptation libre des Caprices de Marianne de Musset.


Oui. Un jour je suis allé voir une chorégraphie de Roland Petit présentée ainsi : musique Bach, chorégraphie Roland Petit et argument Jean Cocteau. On pourrait dire à propos des Deux Amis argument Musset. C’est le même point de départ que Les Caprices de Marianne, une pièce dont j’ai joué une scène à l’âge de quinze ans et qui m’a accompagné tout au long de mon parcours au théâtre. C’est avec cette scène que je suis entré au Conservatoire et que j’ai rencontré un de mes grands amis. Plus tard j’ai découvert que cette pièce avait inspiré un des plus beaux films français, La Règle du jeu de Jean Renoir.

C’est l’histoire d’un homme qui demande de l’aide dans une situation amoureuse compliquée à un ami, et ce dernier va se retrouver piégé par ses propres sentiments et par le sentiment adverse (si on peut l’appeler ainsi) de la femme. C’est un point de départ qui peut mener à plein d’endroits différents. À la fin de la pièce il y a un malentendu qui débouche sur une tragédie, comme dans le film de Jean Renoir.

Avec Christophe Honoré nous avons éteint la tragédie pour traiter l’argument de manière plus légère.


Vous avez coécrit le film avec Christophe Honoré, comment avez-vous travaillé ensemble ?


J’aime beaucoup quand Christophe traite les rapports affectifs. Je trouvais qu’il n’y avait rien de plus difficile que de raconter une histoire d’amitié entre deux hommes. Il y a une ligne jaune à ne pas franchir qui est la camaraderie, qui ne me donne plus du tout envie d’avoir des amis. J’avais envie que le film donne envie aux gens de se réconcilier avec un ami, de le garder ou de s’en faire d’autres. J’ai pensé à Christophe pour ses qualités de pudeur. Il peut aller très profondément dans le sentiment tout en restant très pudique. Comme j’avais aussi l’idée dès le départ de jouer dans le film, j’avais besoin qu’une autre personne écrive les dialogues, pour avoir la musique de quelqu’un d’autre à jouer pendant le tournage. J’aime les dialogues de Christophe car ils sont toujours simples de prime abord, toujours tendres mais à double tranchant, et toujours un peu sophistiqués. C’est un défi de les jouer.

J’ai d’abord fourni un traitement à Christophe, qui m’a proposé une autre structure que j’ai acceptée assez rapidement, puis nous avons travaillé par emails en nous envoyant des scènes. Fabriquer un objet cinématographique nécessite de prendre de la distance et il est très agréable d’avoir un coscénariste avec qui échanger et discuter du film.

 

Les deux amis

 

Louis Garrel, Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani

La mise en scène opte pour la stylisation et la vitesse dès les premières images du film.


Je savais que le scénario avait un prologue assez long avant que l’action ne commence vraiment. J’ai parlé avec la directrice de la photographie du film Claire Mathon - qui a été une grande alliée pendant le tournage - et à ses machinistes pour que l’on soit tout le temps en mouvement. Dans Jules et Jim, entre le début du film, l’histoire de l’amitié entre les deux garçons, et la rencontre avec le personnage que joue Jeanne Moreau, il n’y a que cinq minutes. Dans le cinéma américain l’action arrive aussi très rapidement. Dans le théâtre classique aussi. Un défaut contemporain est de faire des introductions de plus en plus longues. Par rapport aux idées de mise en scène, je pensais tout le temps au dynamisme du début du film. Après avoir fait trois courts métrages, j’ai appris à davantage déléguer aux différents collaborateurs du film. Jean Rabasse - grand décorateur de cinéma - en me proposant des lieux ou des objets apportait beaucoup d’idées de mise en scène.


Pourquoi avez-vous décidé de tourner en 35mm ?


Je voulais tourner en 35mm depuis le départ. Pas par fétichisme, mais parce que cela me permet de me concentrer davantage. Il y a l’idée que quelque chose de précieux se déroule pendant la prise. Il y a des très beaux films tournés en numérique, souvent naturalistes mais pas seulement puisque le dernier Jim Jarmusch Only Lovers Left Alive était très poétique et parvenait à transcender la réalité. Pour des gens qui accordent une place importante à l’improvisation comme Maïwenn ou Abdellatif Kechiche le numérique doit être un outil génial. En ce qui me concerne j’ai pris l’habitude dans mes courts métrages de délimiter le temps de la prise. J’ai besoin que tout le monde soit très concentré, que tout le plateau soit tendu vers la même chose. Avec la pellicule les gens sont plus attentifs parce que cela coûte cher !

Parlez-nous de votre travail avec vos partenaires acteurs, Golshifteh Farahani et Vincent Macaigne…


Je leur ai demandé assez rapidement de travailler en amont avec moi. À un moment donné il faut que l’acteur s’approprie un film, qu’il n’ait pas l’impression d’interpréter le film d’un autre, et qu’il raconte quelque chose de lui-même. C’est important de répéter avec les acteurs, de parler du film avec eux. Les acteurs peuvent exercer une influence sur la mise en scène au moment du tournage. Benoit Jacquot dit qu’il prend la météo des acteurs quand il arrive sur le plateau le premier jour du tournage. C’est fondamental quand on fait un film. On a d’abord une idée fixe, et on veut absolument qu’elle fonctionne, même lorsque quelque chose coince. On pense que c’est de la faute des autres si ça ne marche pas, mais cela veut souvent dire que c’est l’idée qui est fausse. Si la météo n’est pas bonne, il faut changer son fusil d’épaule. Les répétitions sont très importantes car elles mettent les dialogues à l’épreuve du jeu, et donc de la mise en scène aussi.

 

Par ses thèmes, ses ambiances et ses ruptures de tons, du lyrisme au burlesque, votre film embrasse plusieurs familles du cinéma français, celle des auteurs romantiques mais aussi de la comédie populaire.


Avant le tournage, j’ai revu Marche à l’ombre réalisé et interprété par Michel Blanc, avec Gérard Lanvin, et j’y ai trouvé des similitudes avec Les Deux Amis. C’est aussi l’histoire d’un duo masculin comique. C’est un super film. Ensuite j’ai rencontré Joëlle Hache, la monteuse de Marche à l’ombre, qui m’a beaucoup parlé de son travail sur le film de Michel Blanc. Les Deux Amis est en effet un film typiquement français, dans la mesure où il est sentimental. On revient toujours à l’exploration du sentiment amoureux.

Philippe Sarde a composé la musique des Deux Amis.


J’adore les films de Claude Sautet. Je pensais tout le temps à César et Rosalie, un modèle sur le thème du triangle amoureux. J’aime beaucoup les mélodies au cinéma, c’est la raison pour laquelle j’ai appelé Philippe Sarde. Il s’est pointé à une projection de mon film en me prévenant qu’il allait peut-être s’endormir. "Cela ne voudra pas dire que je n’aime pas, mais que je vois les images et que j’en rêve" m’a-t-il dit. En sortant de la salle il a trouvé que c’était un film sur la culpabilité, et cela l’a inspiré.

 

C’est un film sur la culpabilité, et également sur la rupture entre deux amis.


Cela a toujours été le but du film. Dans La Règle de trois, mon précédent moyen métrage, le personnage que j’interprétais et celui de Vincent Macaigne étaient deux potes. Là ce sont deux amis qui s’aiment d’amour. L’amitié est un sentiment aussi profond, et qui provoque autant de jalousie et de désir que l’amour. Avec Christophe Honoré nous avons eu envie d’écrire une scène de rupture comme si les deux amis formaient un couple.


Les trois personnages du film sont des marginaux ou des déclassés : une jeune femme en prison, un écrivain qui n’écrit pas et un acteur figurant que personne ne remarque…


Ce sont des désaxés pour reprendre le titre du film de John Huston. Ils n’ont que les sentiments auxquels se raccrocher puisqu’ils ne sont pas intégrés socialement. Cela les rend plus touchants, et les trahisons ou les ruptures qu’ils vont vivre sont d’autant plus douloureuses que les relations entre eux sont les seules choses tangibles qu’ils possèdent vraiment.
C’est peut-être un film pour personnes très sensibles, car il décrit des oscillations du coeur extrêmement précises. Il n’y a pas beaucoup de suspense, le film n’a pas d’autre structure narrative que celle du sentiment intime. Je voulais faire un film de chambre, au plus près de l’intimité.

 

Les deux amis - Louis Garrel, Vincent Macaigne

 

Golshifteh Farahani, Louis Garrel et Vincent Macaigne

Mon opinion

 

"Les Caprices de Marianne une pièce dont j’ai joué une scène à l’âge de quinze ans et qui m’a accompagné tout au long de mon parcours au théâtre" a déclaré Louis Garrel. Grand cinéphile, il évoque ses références allant de La règle du jeu de Jean Renoir, en passant par Sautet ou Le Marche à l'ombre de Michel Blanc.

 

Après avoir tourné six fois sous sa direction, le scénario un brin nostalgique de ce premier long-métrage, est coécrit avec Christophe Honoré. Il sera question d'une histoire particulière, celle qui mènera à la rupture d'une amitié. Identique à la fin d'une liaison amoureuse.

 

Si le tournage en 35 mm a permis à Louis Garrel de se "concentrer davantage", toujours selon ses dires, le résultat est étonnant. Les couleurs sont l'image des sentiments des principaux protagonistes. Brillantes.

 

De beaux rôles pour des acteurs qui se connaissent depuis quelques années. Tous trois sont parfaits. La caméra filme magnifiquement la sublime Golshifteh Farahani. Actrice lumineuse qui, par sa seule présence, efface quelques longueurs.

 

Louis Garrel "voulait faire un film de chambre, au plus près de l’intimité".

C'est fait et réussi.

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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commentaires

Mitch 27/09/2015 22:21

pas entendu parler, par ici pour voir un film qui sorte de l'ordinaire faut faire des kilomètres. je vais à Bayonne dans la semaine et vais tenter le coup. bonne soirée

 

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