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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:00

 

Date de sortie 23 septembre 2015

 

Premiers crus


Réalisé par Jérôme Le Maire


Avec Gérard Lanvin, Jalil Lespert,

Alice Taglioni, Laura Smet, Lannick Gautry,

Christiane Millet, Scali Delpeyrat, Frédérique Tirmont


Genre Drame


Production Française

 

À la question :

Jérôme le Maire explique qu’il a écrit le personnage  en pensant à vous. Puisque vous avez accepté le rôle, en quoi ce propriétaire de vignoble bourguignon vous plaisait-il ?


Gérard Lanvin répond : "D’abord, c’est un univers que je n’avais pas encore abordé. Cet homme de la terre, vertueux, noble m’intéressais.

 

Gérard Lanvin - Premiers crus

 

J’habite à la campagne depuis 30 ans et je connais les paysans, ce sont des gens que l’on méprise, que l’on oublie et que j’estime, avec qui je me sens bien.

 

Ils défendent des valeurs, une tradition française. C’est Rousseau qui disait : "le plus respectable des arts, c’est l’agriculture" et c’est vrai...

 

Le thème de la transmission me touchait également : des générations entières ont sacrifié leur vie pour un patrimoine destiné à la succession et d’un coup cet homme, Maréchal, est à terre parce que personne ne veut reprendre le flambeau...

 

Nous avons beaucoup parlé de lui avec Jérôme : nous le voyions comme quelqu’un de fatigué, désabusé, sans plus aucune motivation.

 

 

 

Au-delà de son aspect psychologique, nous avons travaillé sur son apparence avec des vêtements un peu tristes. Maréchal est en fait un type qui, l’âge venu, veut retourner vers son enfance et ce rêve de construire un bateau pour aller tenter l’aventure sur la mer, loin de sa terre... Quand quelqu’un écrit un film pour vous, d’abord il faut l’en remercier. Cela veut dire que Jérôme a été sensible à tout ce que j’ai pu faire durant mes 36 ans de parcours ! Au-delà de ce cadeau, c’est un réalisateur qui aime les acteurs et dans ce cas-là, je m’engage totalement..."

 

Synopsis

 

Fils de viticulteur, Charlie Maréchal (Jalil Lespert) a quitté la Bourgogne pour devenir un œnologue parisien réputé, auteur d’un guide à succès dont les notes font chaque année trembler tous les vignobles.


Mais en Côte-d’Or, son père,  François (Gérard Lanvin), a perdu le goût du vin et ses errements précipitent l’exploitation viticole familiale vers la faillite.


D’abord réticent, Charlie revient en Bourgogne. Il doit rechausser ses bottes et remonter ses manches, devenir viticulteur et se confronter à un métier qu’il ne connait pas, sous le regard dubitatif de son père.


Entre une météo capricieuse et un cépage délicat, Charlie va devoir prouver à son père qu’il est digne de ce terroir transmis de génération en génération dans leur famille.


Il est facile de noter un vin, mais comment fait-on un grand vin ?

 

Premirs crus - Jalil Lespert et Gérard Lanvin

 

Jalil Lespert et Gérard Lanvin

Entretien avec Jérôme Le Maire relevé dans le dossier de presse.

 

Premiers Crus est votre 2ème film après Requiem pour une tueuse en 2011 réalisé sour  le pseudonyme de Jérôme Le Gris. Qu’est-ce que vous a séduit dans cette histoire qui mêle terroir et famille ?


Précisons d’abord que je ne suis pas bourguignon mais que j’ai passé pas mal de temps dans cette région il y a quelques années. Je me suis toujours demandé pourquoi aucun film n’avait jamais été fait sur cette partie de notre territoire, pourtant connue dans le monde entier pour ses vins. Rares sont ceux qui savent exactement à quoi ressemble la Bourgogne. En me baladant dans les vignes, dans ces décors incroyables, j’ai senti qu’il y avait de très belles histoires à y raconter.

 

C’est apparemment un sujet qui, comme le bon raisin, a pris le temps de mûrir dans votre esprit !


Je crois que les sujets de films s’imposent quand ils sont prêts : un matin vous vous réveillez et c’est celui-là que vous devez faire ! La graine de cette histoire remonte aux années 2006, j’ai écrit le scénario en 2012 et le film sort en 2015, ce qui fait effectivement quelques années de maturation...

 

Il y a de multiples sujets qui traversent votre film, notamment ceux importants de la terre, de la famille et de la transmission. Ce sont des sujets qui résonnent particulièrement en vous ?


En travaillant sur le script, en Bourgogne, je me suis vite rendu compte que le thème de la transmission y était essentiel. C’est une région habitée et cultivée depuis des siècles, ça remonte aux romains puis aux moines. Les vignerons sont plus souvent à la tête de petits domaines familiaux que de grandes exploitations. Savoir qui va reprendre le vignoble est un véritable enjeu pour le viticulteur bourguignon et l’idée de transmission s’est imposée.

 

Au passage, la manière dont vous filmez cette terre bourguignonne rend parfaitement hommage à ce qu’elle représente. Les images sont très belles, sans jamais tomber dans l’esthétisme...


Il fallait magnifier le vignoble. Si vous prenez la peine de quitter la nationale et d’emprunter les petits chemins qui traversent les vignes, vous trouverez des coins superbes et inconnus des guides touristiques. Mais c’est cela aussi la Bourgogne : un lieu un peu fermé où les propriétaires n’ont parfois qu’un demi hectare de vigne. Je voulais montrer la terre et la manière dont ils la cultivent : les pieds dans la boue, les mains dans le raisin, le visage buriné par la météo...

Il y avait donc l’idée d’un film un peu naturaliste, sans en faire trop en effet sur l’esthétisme !

 

Premiers crus.Premiers crus

 

Et comment trouve-t-on sur place les lieux indispensables pour tourner : les châteaux, les chais par exemple ?


Nous nous sommes appuyés localement sur un journaliste de la Revue du Vin de France, lui-même très implanté dans la région. C’est un monde assez fermé où il faut montrer patte blanche mais une fois ce cap franchi, l’accueil est extrêmement chaleureux. Nous avons tourné sept semaines sur place et l’accueil a été formidable.

 

L’intrigue dégage presque une ambiance shakespearienne : les relations père-fils, la rivalité entre deux familles et l’histoire d’amour des enfants de chaque clan...


Je voulais qu’il y ait ce côté un peu tragique, porté d’ailleurs par des personnages féminins très forts. En Bourgogne, les femmes ont un rôle extrêmement important, comme Edith la mère du personnage d’Alice Taglioni. Ce sont de véritables patronnes qui se sont hissées au fil des années et à force de travail à la tête de prestigieux domaines. Quant au côté clanique, il est très présent en Bourgogne. Dans cette région les histoires de rivalités familiales ont une grande importance...

Avec pour François Maréchal, (joué par Gérard Lanvin), une sorte de désillusion par rapport à son domaine...


François Maréchal était un bon vigneron dans le passé mais quand débute le film, il a depuis longtemps baissé les bras. En Bourgogne, comme dans d’autres vignobles, la révolution qualitative amorcée il y a plusieurs années a mis à l’écart ceux qui faisaient du mauvais vin, souvent sur les mêmes terroirs que ceux qui en font de l’excellent. Ce ne sont pas des gens qui communiquent beaucoup entre eux, chacun gardant son savoir-faire.

 

Le choix de Gérard Lanvin pour ce rôle de patriarche désabusé était une évidence ?


Premiers crus - Gérard Lanvin

 

 

Oui, j’ai écrit en pensant à lui. François Maréchal est un personnage fatigué, assez loin de ce qu’on lui propose généralement et de ce qu’il est dans la vie. Gérard est quelqu’un de solaire, chargé d’énergie.

 

Moi, il me fallait l’inverse à l’écran. Maréchal a encore l’oeil qui brille mais il n’a plus envie de se battre, juste de finir son bateau et de partir ailleurs. Je crois que c’est ce qui a intéressé Gérard : aller là où l’on n’a pas l’habitude de l’emmener. Il a beaucoup travaillé le rôle, en trouvant une posture, une démarche et un ton propre à l’énergie un peu basse du personnage.

 

 

Une des bonnes idées du casting, c’est de choisir Jalil Lespert pour jouer Charlie, son fils. Un très bon comédien assez rare à l’écran et qui plus est physiquement crédible en fils de Gérard Lanvin !


Premiers crus - Jalil Lespert

 

C’était le pari de Premiers Crus : trouver un duo d’acteurs père-fils qui fonctionne parfaitement.

 

Jalil est un comédien avec une vraie dimension populaire et une palette de jeu extrêmement large.

 

Comme Gérard, c’est quelqu’un d’intense et d’habité qui trouve toujours le ton juste pour ses personnages. Le film repose en grande partie sur la qualité de leurs interactions, sur l’intensité et la crédibilité du lien père-fils qu’ils m’ont aidé à construire.

Parlons aussi de vos comédiennes car les personnages féminins sont essentiels à l’histoire en commençant par Alice Taglioni qui interprète le personnage de Blanche. Vous avez réussi à la filmer dans toute sa beauté sans jamais que cela ne semble apprêté !


C’est vrai qu’on voit rarement Alice dans la boue avec des bottes et un treillis ! Sérieusement, le parti prix était de ne quasiment pas la maquiller ou la coiffer. Elle devait incarner ce côté un peu aristocratique des propriétaires terriens, tout en restant naturelle. Alice a un physique très moderne, très américain, très plastique donc ce n’était pas compliqué, il fallait juste enlever la sophistication.


Laura Smet - Premiers crus

 

 

Laura Smet joue Marie, la soeur de Charlie, la fille de François Maréchal. Un second rôle mais très important pour l’intrigue...


Laura devait jouer une femme de poigne censée ramener son frère au sein du domaine familial tout en maintenant son père à flots. J’avais en tête un personnage beau, moderne là aussi, qui soit à la fois classe et attachant. Elle a été parfaite et son personnage existe à merveille.

 

 

 

 

 

Le ton du film lui aussi est très moderne, juste, concret...


J’ai écrit avec Remi Bezançon et Vanessa Portal, avec l’envie de trouver un ton simple et fluide en évitant d’être trop bavard, d’autant que les bourguignons sont plutôt des taiseux. J’ai ensuite allégé une partie du texte pendant le tournage, puis j’ai coupé encore au montage avec ma monteuse, pour vraiment rester sur la corde de ce qu’il fallait comprendre, de la chair de l’histoire.

 

Autre élément d’importance, la musique de Premiers Crus. Vous avez joué sur deux tableaux, deux inspirations...


La musique a été écrite par Jean-Claude Petit, un compositeur habitué aux films lyriques et naturalistes : Jean de Florette, Cyrano de Bergerac.... Il a parfaitement compris les émotions de l’histoire et sa musique épouse parfaitement la mise en scène. Nous y avons ajouté à de rares endroits des influences plus modernes signées par Pascal Lafa, un jeune compositeur qui apporte une touche plus contemporaine.

 

Premiers crus - Alice Taglioni et Laura Smet

 

Alice Taglioni et Laura Smet

Mon opinion

 

Toute l'odeur de la terre et des vignobles avec cette déclaration de Gérard Lanvin " J’habite à la campagne depuis 30 ans et je connais les paysans, ce sont des gens que l’on méprise, que l’on oublie et que j’estime, avec qui je me sens bien."  Ces mots trouveront une certaine résonance chez tous ceux qui, issus du terroir, connaissent les difficultés bien réelles à exploiter la terre. Aux problèmes de la transmission, aussi.

 

La Bourgogne, belle et riche région, se trouve magnifiée par la superbe photographie de David Ungaro.

 

En revanche, la musique de Jean-Claude Petit ressemble à beaucoup d'autres. Elle ignore le bémol et devient vite assourdissante.

 

Premiers crus demeure néanmoins un beau tableau sur cette région viticole dans laquelle il sera, aussi, question d'amour. Le scénario n'a rien de très original. L'ensemble est assez prévisible. Reste toutefois cette juste démonstration des aléas de la vie des viticulteurs avec la couleur du ciel, les orages qui s'abattent et le vent qui souffle dans les arbres avant que la grêle ne réduise à néant les efforts exigés par cette dure exploitation de la vigne. La rivalité entre vignerons est assez bien vue.

 

Les caractères des principaux protagonistes auraient mérités d'être plus fouillés. L'histoire n'en pâtit pas pour autant. Essentiellement grâce à un casting à la tête duquel Gérard Lanvin se laisse aller dans ce côté bourru au cœur tendre, que l'on connaît bien. Son naturel désarmant laisse penser qu'il n'a plus besoin de dialogues. Les siens suffisent. Son talent fait le reste. Il n'en reste pas moins crédible et attachant. Lannick Gautry est excellent. Laura Smet et Alice Taglioni ne sont pas que belles. Toutes deux donnent un beau relief à leur personnage respectif. Jalil Lespert, fils idéal de Gérard Lanvin, au cinéma, est particulièrement convaincant.

 

Un agréable moment de cinéma qui m'a replongé dans de magnifiques souvenirs d'enfance. Loin de la Bourgogne. En plein cœur des Landes !

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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commentaires

muriel 09/10/2015 21:29

J'ai vu et j'ai passé un bon moment moi qui habite au milieu des vignes (Touraine mesland)... même opinion sur la musique à par celle de la scène d'amour entre taglioni et lespert mais qui ne figure pas sur la bo... une idée?

Mitch 27/09/2015 22:23

celui-ci je l'ai vu. j'ai bien aimé et retrouvé comme toi des souvenirs d'enfance. en particulier dans ces soirées qui suivent les vendanges qui sont des fêtes, ou pas.

Michel Zorba 26/09/2015 21:03

Nous l'avons également vu. Bien aimé aussi, c'est vrai que la musique est insupportable. le seul véritable point noir. Lanvin est vraiment génial @+

 

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