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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 18:30

 

Date de sortie 28 octobre 2015

 

Notre petite soeur


Réalisé par Kore-eda Hirokazu


Avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho,

Suzu Hirose, Ryo Kase, Takafumi Ikeda

 

Titre original Umimachi Diary


Genre Drame


Production Japonaise

 

Synopsis

 

Trois sœurs, Sachi (Haruka Ayase), Yoshino (Masami Nagasawa) et Chika (Kaho), vivent ensemble à Kamakura.

 

Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant.

 

Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu (Suzu Hirose), âgée de 14 ans.

 

D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

 

Notre petite sœur

Entretien avec Kore-eda Hirokazu relevé dans le dossier de presse.

Le Pacte. (www.le-pacte.com)


Dès que vous avez lu Umimachi Diary, vous avez souhaité l’adapter pour le cinéma. Dans quelle mesure avez-vous cherché à rester fidèle au livre ?


Au départ, je m’étais dit que j’allais seulement modifier la chronologie de l’histoire. Mais j’ai peu à peu changé d’avis et j’ai décidé d’écrire un scénario en y incorporant des scènes qui ne figurent pas dans le roman. Après m’être demandé comment imaginer une intrigue qui ne dépasse pas deux heures et qui tienne compte des problématiques de l’oeuvre originale, j’ai compris qu’il était préférable de limiter les décors et les personnages, et d’ajouter des épisodes inédits. Par exemple, on a décidé de placer Ninomiya du Sea Cat Diner au centre de l’histoire pour qu’elle puisse incarner des personnages qu’on ne voit pas dans le film. On a fait plusieurs tentatives et sans doute commis quelques erreurs, mais tout s’est éclairci après avoir engagé Suzu.

 

En général, vous ne terminez votre scénario qu’après avoir trouvé tous vos comédiens.


Notre petite soeurC’est exactement ce que j’ai fait sur ce film, bien qu’il s’inspire d’un roman graphique. Les monologues surprenants du livre et les didascalies sont frappantes, mais je ne voulais pas trop m’en servir. Du coup, j’ai réfléchi à la manière de transposer cet univers à travers le dialogue et les expressions des personnages.

 

Pendant le tournage, la distinction entre livre et film s’est atténuée. Je me demandais si telle scène figurait dans le roman ou si je l’avais inventée : je considère que c’est la preuve que j’ai pu m’approprier l’oeuvre d’origine.


Vous avez imaginé une histoire nouvelle autour des quatre soeurs.


En lisant le roman, je m’étais dit qu’il s’agissait de l’histoire des personnages qui gravitent autour de Suzu et qui l’observent. Mais dans le film, je tenais à faire de Sachi et de Suzu les protagonistes de l’intrigue. En dehors de ces deux jeunes femmes, on a Yoshino et Chika, ainsi que la mère, la grand-tante et Ninomiya. Je me suis dit que ces personnages-là devaient s’articuler autour de Sachi et de Suzu. D’une certaine façon, c’est une histoire de femmes.

 

La beauté des quatre soeurs comme celle des paysages de Kamakura est frappante. Pourquoi avez-vous fait appel au chef-opérateur Takimoto Mikiya après Tel père, tel fils ?


La posture très droite des personnages est plus proche des personnages de Yasujiro Ozu que de ceux de Mikio Naruse. Les quatre soeurs ont une grande dignité dans l’apparence physique. Je me suis dit qu’il était préférable de les filmer comme si elles faisaient partie du paysage, plutôt que dans un style documentaire. C’est ce que j’avais en tête en sollicitant Takimoto Mikiya. Nous avons veillé scrupuleusement à la mise en place des comédiens et à la composition minutieuse des plans.


C’est la première fois que vous travaillez avec la compositrice Kanno Yoko.


Notre petite soeurNagasawa m’a suggéré le nom de Kanno Yoko alors que je m’interrogeais sur la musique pendant le tournage. La première idée a consisté à trouver un thème avec un quatuor à cordes pour les quatre soeurs, puis à définir un instrument par soeur, et à réunir le tout harmonieusement vers la fin.

 

 

Nous avons utilisé des morceaux préexistants qu’elle avait composés pour les images déjà tournées, et comme le résultat était formidable, j’ai décidé de lui confier la partition.


Il y a de nombreuses scènes d’enterrements et d’obsèques selon des rites bouddhistes. On voit fréquemment les soeurs en train de prier face à un temple consacré à la mémoire des défunts, ce qui nous fait prendre conscience de personnes qui ne sont plus là.


Le film est aussi l’histoire du père, de la mère de Suzu, de la grand-mère, et de tous ceux qui ne sont plus là. C’était difficile d’évoquer le souvenir de ces êtres à travers le comportement et les dialogues des personnages – ou à travers des choses comme la petite friture – au lieu de flashbacks, et de montrer comment les sentiments à l’égard de ces gens peuvent toucher les soeurs. J’ai intégré la scène du maquereau frit parce que je voulais montrer qu’une tradition est transmise même lorsqu’elle n’est plus d’actualité. Je pense qu’un des aspects les plus importants du film, c’est de ne jamais perdre de vue l’avenir.

 

Quand vous parlez de transmission, on croirait entendre Sachi et sa mère Miyako.


Si l’on considère qu’il s’agit de l’histoire de Sachi qui apprend à devenir mère, elle s’émancipe de ses soeurs et se retrouve dans la position de la mère qui n’était jamais présente lorsque Suzu est venue habiter chez elles. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle est enfin capable d’accepter cette mère à qui elle était incapable de pardonner.

 

Notre petite soeur

Note d’intention relevée dans le dossier de presse.


L’adaptation du roman graphique


En découvrant le premier tome de Umimachi Diary en 2007, Kore-eda Hirokazu, immédiatement fasciné par l’ouvrage, décide de l’adapter pour le cinéma. À première vue, ce manga s’apparente à un drame familial émouvant, mais en s’y attardant davantage, on constate qu’il est plus nuancé qu’il y paraît. La présence de la demi-soeur cadette Suzu permettra-t-elle à l’aînée Sachi et à ses soeurs de se réconcilier avec leurs parents à qui elles en veulent toujours ?

Comment Suzu, qui a appris que sa naissance était source de souffrances, pourra-t-elle s’affirmer dans sa nouvelle vie ?

C’est à partir de ces deux questionnements que Kore-eda Hirokazu a échafaudé cette trajectoire d’une année au cours de laquelle les quatre protagonistes deviennent soeurs et finissent par former une vraie famille. Le travail d’adaptation a commencé à l’automne 2012. Tandis que Tel père, tel fils était censé sortir au Japon à l’été 2013, Kore-eda Hirokazu s’est attelé à l’écriture du scénario.

 

Notre petite sœurTout en s’inspirant des personnages et des différents épisodes du livre, il a développé le parcours des quatre soeurs en fonction de sa propre sensibilité et de ses recherches. Chemin faisant, il a été encouragé par l’auteur Yoshida Akimi : "Je lui ai dit : Oublie le roman et adapte-le comme tu le souhaites", se souvient-il.

 

Se sentant soutenu, Kore-eda Hirokazu  a imaginé son propre dénouement. Le tournage, qui a démarré au printemps 2014, s’est déroulé sur quatre saisons.

 

Le choix des comédiens

 

Kore-eda Hirokazu est très fier de ses actrices, qu’il qualifie de "quatre soeurs idéales". Il évoque le choix d’Ayase Haruka dans le rôle de la soeur aînée Sachi : "Jusqu’à présent, l’image d’Ayase correspondait plutôt à celle de la soeur cadette. Mais je me suis dit que sa posture bien droite et sa démarche convenaient parfaitement à la soeur aînée. Elle est empreinte d’une attitude propre à l’ère Showa qui évoque la comédienne Hara Setsuko". Le rôle de Yoshino a été confié à Nagasawa Masami qui avait déjà tourné sous la direction du réalisateur dans I Wish : " La soeur cadette, à l ’esprit frondeur, évolue dans un contexte profondément marqué par la mort. Nagasawa est très belle et je me suis dit qu’elle correspondait parfaitement au personnage", ajoute Kore-eda Hirokazu. S’agissant de Kaho, qui campe la soeur benjamine Chika, il souligne qu’ "Elle a un charisme et une aisance qui sont très proches du personnage dans le roman. Kaho possède à la fois profondeur et sensibilité. Elle a été d’une grande précision dans son jeu et dans ses déplacements". Hirose Suzu, qui incarne la plus jeune de la fratrie, Suzu, ressemble à tel point à son personnage dans le livre que ses trois soeurs ont cru la voir surgir du roman. "Quand j’ai rencontré Hirose à l’audition, j’ai eu le sentiment que le personnage de papier s’animait sous mes yeux !", reprend le cinéaste. "Elle n’était pas du tout impressionnée devant ses aînées pendant les répétitions. Sa présence, à divers moments, était impressionnante. J’étais convaincu qu’elle était la seule à pouvoir jouer le rôle ".

 

Notre petite sœur

Les personnages


La caractérisation des personnages ne s’inspire pas forcément du graphisme du roman. Les costumes, les coiffures et le maquillage ont été conçus en fonction des comédiennes. Hirose, qui campe Suzu, n’a pas reçu le scénario : on lui donnait son texte verbalement à chacune de ses scènes. Il s’agit d’une technique que Kore-eda Hirokazu a surtout utilisée avec des enfants. "Elle était formidable au moment des répétitions", précise-t-il. "Du coup, je lui ai demandé ce qu’elle préférait". Au final, la comédienne a choisi la deuxième option et a donc joué sans scénario. C’est un dispositif, dans le cinéma de Kore-eda Hirokazu, révélateur de la manière dont la personnalité d’un comédien nourrit son personnage. Par exemple, la façon particulière dont mange Chika s’inspire de celle dont Kaho se nourrit.


Tournage à Kamakura


L’histoire de ces quatre soeurs se déroule dans une ville de bord de mer. Dès sa découverte du roman graphique, Kore-eda Hirokazu a cherché à transposer les quatre saisons telles qu’elles apparaissent dans le livre. "Je trouve que l’une des grandes qualités du film tient à la manière dont la lumière qui baigne cette petite station balnéaire évolue au fil des événements", note le réalisateur. En évoquant avec précision le temps qui passe, le cinéaste s’attache à l’évolution et à la transformation des habitants de la petite ville. Notre petite sœur raconte aussi l’histoire d’une maison. Le foyer familial est un espace important qui évoque les paysages propres à chaque saison et la vie des quatre soeurs.


Notre petite sœur

Kore-eda Hirokazu poursuit : "Je n’aurais pas tourné le film si on n’avait pas déniché la maison qui convenait à cette histoire".

Après des repérages approfondis, l’équipe a trouvé le site correspondant aux consignes du réalisateur.

Mon opinion

 

Un Japon loin de celui que l'on croît connaître. Des lieux propices aux rêves dans lesquels la nature est à la fois généreuse et splendide.

 

Le réalisateur fait appel une deuxième fois à Takimoto Mikiya comme Directeur de la photo. "Je trouve que l’une des grandes qualités du film tient à la manière dont la lumière qui baigne cette petite station balnéaire évolue au fil des évènements" déclare Kore-eda. Le résultat est splendide, enivrant, irréel et poétique. Ce "tunnel" dans lequel deux enfants s'engouffrent sur une bicyclette est lumineux et magique.

 

Le film est construit autour "d'une histoire de femmes" pour reprendre le mot du réalisateur. Quatre jeunes femmes dont on suivra des moments de vie, entre rires étouffés et courbettes à répétition. D'une saison à l'autre nous partageons leur quotidien. De désillusions, en problèmes familiaux, de la maladie au décès en passant par des fêtes, avec un splendide feu d'artifice, entre autres. Quelques vagues amourettes viendront ponctuer le quotidien des deux aînés entre recettes de cuisine et liqueur de prunes. D'autres femmes, très attachantes aussi, apparaîtront dans des rôles secondaires.

 

On arrive à envier ces traditions ancestrales qui tiennent bon face à une modernité qui reste, ici, bien en retrait. Il y a aussi cette dignité dont tous les personnages sont imprégnés, tous ces moments bienveillants entre jeunes élèves sans oublier le grand cœur d'un banquier. Tout est idéalisé pour mieux nous emporter et nous offrir du rêve.

 

Un film attendrissant et généreux.

Notre petite soeur "Umimachi Diary"
Notre petite soeur "Umimachi Diary"
Published by Ciné Alain - dans Des films en 2015
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commentaires

dasola 10/11/2015 07:37

Bonjour Alain, merci pour ce billet sur un film que j'ai apprécié mais pas autant que je l'aurais voulu: un peu trop long. Bonne journée.

tinalakiller 09/11/2015 20:08

J'ai trouvé le film un peu long et je trouve que ça manque un peu d'intérêt narratif mais le film est quand même très bon et très émouvant !

armelle 07/11/2015 10:16

J'aime beaucoup Kore-eda que j'avais découvert au Festival du film asiatique de Deauville avec un film délicieux sur l'enfance. J'ai hâte de voir celui-ci que je ne doute pas un instant d'apprécier. Kore-eda a une façon d'aborder l'intimité de la vie familiale qui est très poétique et d'une grande vérité. Bonne journée, Alain.

roijoyeux 06/11/2015 21:52

un film rafraichissant si l'occasion se présente j'irai le voir !

saravati 03/11/2015 10:14

J'aime beaucoup cette ambiance "japonaise", la profondeur des personnages vus par ce réalisateur.
J'ai beaucoup aimé Nobody knows, Air doll et Tel père tel fils. Je n'ai pas lu votre chronique complètement, je préfère ne pas me laisser influencer par des critiques mais j'irai voir ce film en VO !

Edmée De Xhavée 02/11/2015 13:53

Là j'hésite... quoi que des personnages très dignes, j'aime ça. Je veux dire que nous sommes désormais tellement intoxiqués par le "american casual type" que je ne supporte pas trop ces gens qui crient, qui s'asseyent comme des poupées qui ne savent pas plier les jambes, qui se psychanalysent à coups de réparties... Ceci doit être bien rafraichissant en comparaison...

Michel Zorba 02/11/2015 13:14

Même si un peu long, le dépaysement est garanti et malgré cette avalanche de grands et beaux sentiments, j'ai bien accroché. À bientôt.

Chris 01/11/2015 20:40

Salut Alain. Nous l'avons vu à l'Atalante. Peut-être un peu long, mais l'ensemble est quand même très beau et riche de vraies valeurs. @+

Jacqueline Magne 01/11/2015 18:50

Bonsoir Alain. J'avias beaucoup aimé Tel père, tel fils. Mais ce nouveau film ne semble pas sortir par ici, pour le moment en tout cas. J'espère toutefois que j'aurais le plaisir de le découvrir.

 

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