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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 11:00

 

12-Hommes-en-colere---Affiche.gif

 
Réalisé par Sidney Lumet


Avec :

 

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         Martin Balsam - Juré 1        John Fiedler   - Juré 2            Lee J. Cobb - Juré 3


12-hommes-en-colere---E.-G.-Marshall.jpg.12-hommes-en-colere---Jack-Klugman.jpg.12-hommes-en-colere---Ed-Binns.jpg

           E.G. Marshall - Juré 4        Jack Klugman - Juré 5             Ed Binns - Juré 6

 

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            Jack Warden - Juré 7          Henry Fonda  - Juré 8       Joseph Sweeney - Juré 9

 

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              Ed Begley - Juré 10      George Voskovec - Juré 11   Robert Webber - Juré 12

 

et également John Savoca, Rudy Bond, James Kelly, Billy Nelson


Genre Drame


Titre original Twelve Angry Men

 

Production Américaine

 

Date de sortie 4 septembre 1957

 

Produit par Henry Fonda, qui fut à l'initiative de ce projet, 12 hommes en colère est le premier long métrage de Sidney Lumet, premier film, premier coup de maître. Sidney Lumet est déjà un réalisateur chevronné appartenant à l'école du direct et qui n'avait officié jusqu'alors qu'à la télévision américaine. 

 

De cette expérience de stakhanoviste au sein de la chaîne CBS, Sidney Lumet avoue lui-même avoir retenu des principes essentiels ayant conditionné le cinéaste qu’il est devenu, au premier rang desquels, l’efficacité, la précision et la discrétion de la mise en scène. 

 

12-homme-en-colere.gif

 

12 hommes en colère est l'adaptation cinématographique d'une pièce de théâtre écrite par Reginald Rose. Cette oeuvre a fait l'objet de nombreuses autres transpositions à l'écran, dont celles réalisées par Artur Ramos en 1973, Tore Breda Thoresen en 1982, Basu Chatterjee en 1986 William Friedkin en 1997 et Nikita Mikhalkov en 2007.  

 

12 hommes en colère reçut

l'Ours d'or au Festival International du Film de Berlin en 1957.

 

Synopsis

 

Un jeune homme d'origine modeste âgé de 18 ans (John Savoca),  est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Un jury de douze hommes écoute attentivement le discours las, cent fois répété du juge (Rudy Bond). Ils vont devoir statuer sur le sort de l’accusé. Les règles leur sont clairement expliqués : chacun va devoir donner son avis, et le jugement devra être unanime pour être validé. Si l’accusé est déclaré coupable par les douze hommes, il ira droit à la chaise électrique. Alors que le jury composé de douze hommes se retire, la caméra se déplace lentement, montrant le visage de l’accusé de profil, dans l’ombre, puis de face, en gros plan. C’est un jeune garçon basané, peut-être d’origine latino-américaine. La peur se lit dans ses yeux. Ce sera la seule image que le spectateur aura de lui.

 

John Savoca 12-hommes-en-colere---John-Savoca.gif

 

Le jury procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l'unanimité. Le cas est accablant, les indices à charge se sont accumulés contre le jeune homme. Certains membres du jury sont déjà prêts à repartir quand un homme, un seul, le juré n°8 (Henry Fonda), demande à réétudier certains éléments du dossier.

 

Point par point, il va tâcher de convaincre les autres membres du jury, non pas que le jeune homme est innocent, mais qu’un doute légitime demeure quant à sa culpabilité. Ce n’est pas qu’il est convaincu de son innocence. Comme il l’explique lui-même, il lui semble d’abord juste d’accorder quelques minutes de réflexion en plus à la vie de cet adolescent, ne serait-ce que par respect pour sa jeunesse. Toutes les pièces de l’accusation, un couteau, des témoignages, le plan d’un appartement, vont donc être passées au crible par le jury, dans le désordre des souvenirs de chacun.

 

 12-hommes-en-colere---Henry-Fonda-copie-2.jpg Henry Fonda

 

Le script de Reginald Rose est d’une rare efficacité, narrative et symbolique. Le film bénéficie sans nul doute de cette qualité d’écriture pour instaurer une réelle tension dramatique. Il ouvre d’innombrables pistes de réflexion tant sociales que philosophiques. Bien des préjugés culturels, générationnels ou ethniques, sont tour à tour démontés. 

 

12 hommes en colère est moins un film dénonciateur, à charge contre les dysfonctionnements de la justice humaine, qu’un essai théorique sur le droit au doute; il se garde ainsi bien de conclure, d’une manière ou d’une autre, et l’absence de cette esbroufe sensationnaliste qui entache bien des films de prétoire n’est pas la moindre des qualités du film.

 

Douze hommes en colère est un modèle presque universitaire de mise en scène. Il s’agit d’un huis clos quasi parfait, puisque seules les scènes d’ouverture et de clôture du film, longues d’à peine cinq minutes, se déroulent à l’extérieur du décor principal, la pièce de délibération d’un jury dans un tribunal. Pour réussir ce tour de force, Sidney Lumet nécessitait des fondements scénaristiques extrêmement solides. Il trouva en Reginald Rose, son scénariste, un adjuvant de choix, capable de conjuguer l’atmosphère de réclusion oppressante induite par le huis clos, avec un suspense haletant, où la vie d’un adolescent tient en ces deux mots répétés douze fois : "not guilty".

 

 

D’ailleurs, Sidney Lumet aura l’occasion, dans d’autres films, d’explorer sous d’autres angles certaines des thématiques du film, sur la question de la justice, comme dans The Verdict, ou encore Find me Guilty. Ainsi que celles de l’existence interne et de la cohésion des collectivités humaines, qu’elles soient éphémères ou durables notamment dans The Group ou la famille dans Before the Devils Knows You’re Dead.


Au fur et à mesure de l'avancement du tournage, le réalisateur Sidney Lumet utilisa des objectifs de focales croissantes, pour donner l'impression que les décors se rapprochaient de plus en plus des personnages, accroissant ainsi le sentiment d'étouffement.
  
En raison de répétitions exténuantes pendant plus de deux semaines, et pour respecter les coûts de production, le film a dû se tourner en un temps record et pour un minimum d'argent, c'est à dire en 21 jours pour la modique somme de 340 000 dollars !

 

 

12-hommes-en-colere-copie-2.jpg

 

 
12 hommes en colère ne compte que 365 plans distincts, là où la majorité des films contemporains en sont à environ 1.500.
    
L’émulation intellectuelle autant que les inévitables tensions entre les jurés sont restituées par l’interprétation irréprochable d’un casting 100% masculin et 100% parfait.

 

Les trois plus virulents partisans du vote "coupable" en particulier, Lee J. Cobb, E.G. Marshall et Ed Begley étant, chacun dans son registre, exceptionnels.

 

 

Mais puisqu’un bon scénario et un bon casting ne suffisent pas forcément à faire un grand film, ce que 12 hommes en colère est, il est indispensable de retenir la grande maîtrise de la mise en scène de Sidney Lumet, parcimonieuse dans ses effets mais d’une minutie d’orfèvre : par le choix des cadrages autant que par la disposition des protagonistes à l’intérieur d’icelui; par une utilisation pertinente et marquante des gros plans comme des plans larges; par l’attention portée à la lumière, aussi.

 

Le directeur de la photographie étant le grand Boris Kaufman.

 

Pour réussir un huis clos, il faut être un maître absolu du suspense. Douze hommes en colère en est empli : quand Henry Fonda se lève, seul contre tous, et subit la colère des autres jurés, il est difficile d’imaginer comment il arrivera à tous les convaincre. Sera-t-il, finalement, celui qui devra céder ? Mais à mesure que l’argumentation du juré avance, d’autres vont céder, petit à petit, convaincus non pas de l’innocence de l’adolescent, ce point est très important, mais qu’il existe effectivement un "doute légitime", des incohérences dans l’accusation, qui interdisent l’envoi d’un jeune garçon à la mort.

 

12 hommes en colère - Henry Fonda-copie-1Le suspense se tarissant au fur et à mesure des ralliements des jurés, un happy-end semble inévitable, Sidney Lumet en ravive le sentiment haletant et claustrophobique par un procédé extrêmement habile : alors que le film, au départ, multiplie les plans d’ensemble, la caméra se rapproche inévitablement des visages de chacun des jurés, pour finir sur des gros plans oppressants, en contre-plongée, à mesure que la tension grandit.

 

Sidney Lumet changeait régulièrement la longueur des focales pour modifier la profondeur de champ et ainsi accentuer la sensation de claustrophobie. Sidney Lumet explique son parti pris de mise en scène : "j'ai tourné le premier tiers du film au-dessus du niveau des yeux, le deuxième tiers à hauteur des yeux et le dernier tiers en-dessous du niveau des yeux. Ainsi, vers la fin du film, on commençait à voir le plafond. Les murs se rapprochaient, et le plafond semblait s'abaisser. Cette sensation d'une claustrophobie grandissante m'a permis de maintenir la tension jusqu'à la fin où j'ai utilisé un angle large pour laisser le spectateur respirer."

 

Cette tension est accentuée par deux aspects : d’abord, la chaleur du " jour le plus chaud de l’année". Tous les jurés transpirent, se plaignent, veulent en finir. La plupart votent coupable pour pouvoir s’en aller le plus vite possible. Le ventilateur qui ne semble pas fonctionner apparaît souvent en arrière-plan, comme le rappel mortifiant qu’un homme pourrait mourir simplement parce qu’à la date de son procès, il faisait trop chaud. La chaleur accentue l’énervement des jurés, qui sont confrontés à l’impossible contrôle de leurs pulsions émotives, induites par l’absence de bien-être. C’est ce deuxième aspect qu’interroge brillamment Sidney Lumet. Chacun des jurés est désigné par un numéro : on ne connaît le nom d’aucun d’entre eux. Tous ont pourtant une individualité, discernée par leurs professions réciproques, mais aussi par leurs discours. 12-hommes-en-colere-copie-4.jpgQue l’un d’entre eux soit profondément raciste, un autre d’origine immigrée, ou qu’un autre encore n’ait pas vu son jeune fils depuis deux ans prend petit à petit de son importance. Par l’intermédiaire d’Henry Fonda, le juré réfractaire, Sidney Lumet pose cette question quasiment insoluble : est-il possible de rendre une décision véritablement juste, c’est-à-dire totalement extérieure à des considérations personnelles ? C’est tout le sens de ces apartés entre les jurés, qui, lorsque les débats s’éternisent ou semblent bloqués, lient connaissance, parlent de leur vie, de leur parcours ou de leur éducation... Sidney Lumet s’applique à décrire l’individualité de chacun des personnages, en les plaçant toujours adroitement dans le cadre. Chaque plan n’inclut en effet que le ou les jurés qui vont faire avancer le récit, soit par leurs déclarations, soit par leurs attitudes ou encore par un visage muet et consterné qui marquent un revirement ou un doute dans l’esprit du personnage...

Le moindre détail concourt à la dramatisation de cet instant, et à, d’une certaine manière, son inscription dans l’éternité.

 

Chacun des douze jurés est représentatif d’une certaine Amérique. Pas de femmes, encore moins de minorités. Et pourtant, ces blancs issus de classes sociales et d'origines différentes vont statuer sur le sort d’un homme de couleur, détail également important. Sidney Lumet rend d’abord hommage à la justice de son pays, qui n’autorise l’envoi d’un homme à la mort que s’il est unanimement déclaré coupable.

 

12-hommes-en-colere-.gif

 

Le système du "doute légitime" et de la nécessité pour l’accusation de prouver la culpabilité de l’accusé, à l’inverse d’autres systèmes où c’est à la défense de prouver l’innocence, n’est pas remis en cause. Ce que Sidney Lumet attaque en profondeur n’a pas grand-chose à voir avec les lois, mais avec ce qui les entourent : comme, par exemple, l’incompétence d’un avocat commis d’office, non convaincu de l’innocence d’un "client" trop pauvre pour rémunérer un meilleur défenseur...

 

Douze hommes en colère n’est pas un plaidoyer immédiat contre la peine de mort.

Mais le film pose l’une des pierres à l’interminable édifice de l’abolition : comment douze jurés tirés au sort, qui ne connaissent pas l’accusé, à qui l’on n’a donné qu’une vision souvent partielle des faits et qui n’ont pas directement assisté à la scène, peuvent-ils déclarer qu’un homme mérite d’aller mourir sur une chaise électrique ? Comment peut-on être certain de la culpabilité ou même de l’innocence d’un homme, cette dernière ne sera d’ailleurs jamais prouvée dans le film ?

 

Cinquante ans après sa sortie, alors que des centaines d’hommes attendent encore dans les couloirs de la mort des prisons américaines, Douze hommes en colère ne peut pas être simplement considéré comme un exercice brillant de mise en scène. C’est un film essentiel, à mettre sous tous les yeux, et surtout ceux des défenseurs acharnés de la peine capitale.

.

Douze hommes en colère sont enfermés dans une pièce, et en même temps que leur vote, c’est l’humanité qui bascule.

 

 


Sources :

http://www.dvdclassik.com

Ophélie Wiel- http://www.critikat.com

http://ageofchange.wordpress.com

http://www.allocine.fr

http://figgarooo01.skyrock.com

http://www.imdb.com

commentaires

charlus80 13/08/2012 11:32


J'ai vu ce film adolescent. Je garde le souvenir très vif d'avoir vu un film ''intelligent''. De ce film date aussi ma tendresse et mon admiration pour Lee J. Cobb!

mitchmovies 13/08/2012 00:42


ici, ce film est culte. on le regarde régulièrement et du coup j'ai envie de le revoir rapidement

chris 13/08/2012 00:03


salut Alain, ce film est une merveille, tu fais bien d'en parler. tout le cast est époustouflant et j'aime ta façon d'avoir présenté les acteurs, super à mercredi

 

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