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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 23:00

 

Au Logo Le Régent à Saint Gaudens

 

en avril 2013

 

5-Broken-Cameras---Affiche.gif



Réalisé par un pales­tinien, Emad Burnat

et un israélien, Guy Davidi.


Genre Documentaire


Production Palestinienne, Israélienne, Française


Titre original 5 Broken Cameras


Date de sortie 20 février 2013

 

Si le Palestinien Emad Burnat est aujourd'hui loin de sa terre, c'est pour mieux la protéger. Voilà des mois que le fellah de Cisjordanie, coréalisateur avec l'Isra­élien Guy Davidi de 5 Caméras brisées, une histoire palestinienne, arpente le monde avec son film, raflant succès critiques et prix émérites dans les principaux festivals documentaires. Pas moins de seize récompenses glanées des États-Unis à Amsterdam, en passant par Paris, l'Afrique du Sud ou l'Arménie, pour ce documentaire co­financé par France 5 ! 

 

5 Caméras Brisées a reçu entre autres prix  :


- Le prix de la réalisation documentaire à Sundance,

- Le prix du meilleur documentaire au Jerusalem Film Festival

- Le prix du meilleur documentaire au Rooftop Films de New York

- Le prix Louis Marcorelles

au Cinéma du réel 2012, Festival international de films documentaires, Paris

- Le Grand Prix du jury à l’Open City Docs Fest 2012, Londres


Et double récompense

au Festival International du Documentaire d'Amsterdam.

- Le prix spécial du jury

- Le prix du public 

 

5-broken-cameras.gif

 

Point d’Oscar pour 5 Caméras brisées, 

mais le film d’Emad Burnat et de Guy Davidi

n’en demeure pas moins incontournable.

 

Emad Burnat déclare : "Quand j’ai décidé de prendre ma caméra pour filmer la lutte de mon village, c’était ma façon de participer à la résistance. Pour plusieurs raisons : informer, protéger les gens autour de moi, proposer des séquences aux médias... Au bout de quelques semaines, j’ai songé à réaliser un film sur mes amis. Je voyais les journalistes étrangers rendre compte des manifestations et j’ai pensé que je devais parler, moi, de mon village. J’ai donc commencé à concentrer mon objectif sur mes amis, sur ma famille et mon fils Gibreel qui grandissait. Je n’ai pas voulu faire de documentaire politique, mais filmer ma vie quotidienne de mon point de vue, avec une approche plus humaine."

 

Concernant Guy Davidi le réalisateur rajoute : "Il était un membre actif dans la lutte contre le mur et venait régulièrement aux manifestations ; il a vécu dans le village aussi. Après avoir accumulé des rushes pendant cinq ans, je l’ai appelé car j’avais besoin d’un professionnel pour me permettre de réaliser mon projet. Il m’a donné d’excellentes idées pour construire le film, sélectionner les images et permettre qu’il soit bien compris par un public étranger. Puis nous avons rencontré Serge Gordey, et il y a eu un long processus de montage, notamment avec la monteuse française, qui a apporté un autre regard."


Synopsis

 

Emad, paysan, vit à Bil’in en Cisjordanie.

 

Il y a cinq ans, au milieu du village, Israël a élevé un "mur de séparation" qui exproprie les 1700 habitants de la moitié de leurs terres, pour "protéger" la colonie juive de Modi’in Illit, prévue pour 150 000 résidents.

 

Les villageois de Bil’in s’engagent dès lors dans une lutte non-violente pour obtenir le droit de rester propriétaires de leurs terres, et de co-exister pacifiquement avec les Israéliens. Dès le début de ce conflit, et pendant cinq ans, Emad filme les actions entreprises par les habitants de Bil’in.

 

Avec sa caméra, achetée lors de la naissance de son quatrième enfant, il établit la chronique intime de la vie d’un village en ébullition, dressant le portrait des siens, famille et amis, tels qu’ils sont affectés par ce conflit sans fin.

 

Pendant cinq ans, Emad Burnat a vécu au quotidien avec sa caméra pour témoigner des événements qui secouaient la vie de son village, une cohabitation permanente pas toujours évidente : "La présence de la caméra a parfois empêché les soldats israéliens d’utiliser la violence. (...) Mais ce n’a pas toujours été le cas. Ainsi, les balles ont cassé certaines de mes caméras et, le jour où j’ai été arrêté, c’est parce que je filmais. Donc, parfois, ma caméra a été une alliée, et, à d’autres moments, elle a provoqué des situations douloureuses pour ma famille et moi."
    .
Le titre, 5 Caméras Brisées, est dû au fait que durant ces cinq ans de tournage au quotidien, cinq caméras ont été détruites. À chaque fois, Emad Burnat les a remplacées pour pouvoir continuer à filmer.
  .
Le jour de la naissance du fils du cinéaste a coïncidé avec le jour où l'armée israélienne a commencé à construire le mur dans son village. C'est à l'occasion de la naissance de cet enfant qu'un ami d'Emad Burnat lui a offert une caméra, avec laquelle il a immédiatement commencé à filmer les évènements.

 

5-cameras-brisees---Enfants-et-soldats.gif

   
Emad Burnat témoigne de la situation de son village, Bil'in, aujourd'hui : "Même si une partie de nos terres nous ont été restituées, tous les habitants n’ont pas récupéré les leurs. De plus, beaucoup d’arbres ont été détruits par les bulldozers ou brûlés. Les gens sont donc obligés de trouver un autre travail pour nourrir leur famille. Il faudra encore beaucoup de temps et d’argent pour replanter et pouvoir recommencer à cultiver et récolter."

Guy Davidi, qui a déjà réalisé plusieurs courts métrages documentaires, notamment pour France 3, a mis en scène son premier long métrage en 2010 : Courants interrompus, documentaire de 72 mn, qui montre des traces de vies entrecroisées dans un village de Cisjordanie. Israël contrôle les ressources d'eau. Il pourvoit les villages de Palestine d'une quantité d'eau juste suffisante pour se désaltérer. Ce rationnement n'a pas que des incidences sur la vie quotidienne. 

 

Le film avait fait l'ouverture du Festival International du Film de Jérusalem.

 

Dans ses propos recueillis par Marie Cailletet pour Télérama, le 05/10/12, Guy Davidi déclare : "A Bil’in, les habitants sont habitués aux Israéliens, ils sont en contact "avec l’autre côté", parlent hébreu. Et depuis le début, les Israéliens sont très nombreux et très actifs dans la résistance au mur. La critique est plutôt venue des intellectuels palestiniens. Ils ont une méfiance viscérale vis à vis de la normalisation des relations entre Arabes et Israéliens. Ils refusent le contact pour éviter de rendre la relation normale, banale. Même quand cela se déroule dans le cadre commun d’une lutte.
Je les comprends en partie. Le discours véhiculé par nombre d’organismes, par les ONG, c’est de favoriser le dialogue, de raviver toujours l’espoir d’une possible négociation. En fait, cela permet à l’Etat israélien de gagner du temps. De parler en espérant désamorcer le combat politique.
Nombre de documentaires ont déjà rendu compte des conséquences de l’occupation israélienne. Quel est le plus de ce film ? Son intérêt tient d’abord à la durée de la lutte de Bil’in, au retentissement international qu’elle a eue qui en fait une séquence historique. Et la longueur du filmage se superpose à celle du drame. Et puis, avec ce film, le conflit est vu de l’intérieur. Enfin, ce qui est rare dans la société palestinienne, il entremêle le personnel, l’intime et le social. Quant au langage du film, il s’écarte résolument des archétypes qui jouent sur le statut traditionnel des victimes palestiniennes. Ce n’est pas comme une exultation sacrée, du type : "Regardez comme on souffre ".

 

Pour découvrir  Bil'in, cliquez ICI !

 

Le film est aussi une réflexion sur le binôme victime/agresseur. Deux statuts, deux rôles interchangeables Le commentaire dit : "Guérir est une lutte et une obligation. La victime n’a pas d’autre choix. En guérissant, on résiste à l’oppression. Les blessures qu’on oublie ne peuvent être guéries. Je filme pour guérir." Une phrase qui vaut aussi pour la société israélienne. Qu’en 1945, il y ait eu l’Holocauste n’a pas empêché la Nakba trois ans plus tard sot l’exode de 760 000 Palestiniens, expulsés de leurs terres et qui se virent refuser tout droit au retour.
Le sentiment de vivre aux côtés d’Emad et de sa famille dans la durée fait prendre conscience des violences qui leur sont faites : spoliation des terres, harcèlement, non-droit, absence de gradation de la riposte des soldats. On touche du doigt l’enracinement des enfants dans la violence. Ce qui nous semble, à nous spectateur, terriblement violent, est pour ces habitants de Cisjordanie d’une grande banalité. Les tirs à balles réelles, les enfants de 10 ans arrêtés... Pour Emad, c’est normal de vivre de la sorte, c’est ce qu’il connaît, ce qu’il a vécu, ce que ses enfants vivent. Pour lui, ce n’était pas un sujet. Pour moi, au contraire, c’était important de saisir tous ces fragments de vie balisés par la brutalité."

 

 

 

 

Ce billet ci-dessous a initialement été publié sur Le HuffPost World.

Emad Burnat - Ma femme et moi avons déjà vu ce regard, sur le visage de nos enfants principalement. Après tout, comme tous les enfants palestiniens vivant en Cisjordanie, les nôtres ont grandi habitués à l'humiliation des vérifications d'identité et des interrogatoires.

Mais nous n'avions jamais vu notre plus jeune fils, Gibreel, aussi déçu qu'il l'était mardi, quand les fonctionnaires de l'immigration américaine ont menacé de nous refuser l'entrée sur le territoire américain et donc l'accès à la 85ème cérémonie des Oscars pour laquelle nous venions de voyager pendant deux jours.

Comme mon ami et collègue réalisateur
Michael Moore, qui est intervenu pour m'aider à rentrer aux États-Unis,  l'a ensuite twitté:


"Apparently the Immigration & Customs officers couldn't understand how a Palestinian could be an Oscar nominee. Emad texted me for help."

 
Et bien oui, je suis nominé aux Oscars. Mais surtout, mon film, 5 Caméras brisées, qui raconte le combat pacifique de mon village, Bil'in, pour résister à l'occupation israélienne- parle précisément du genre d'humiliation que ma famille et moi avons endurée à l'aéroport international de Los Angeles (LAX). La seule différence est que les victimes se comptent en millions d'où je viens, et que ces épisodes font tellement partie du quotidien là-bas que ce qui nous est arrivé, paraît bien pâle en comparaison.

 

5-broken-cmeras---Emad-gif


C'est parce que, chaque jour là-bas, Israël met en place plus de 500 checkpoints, barrages routiers, et autres obstacles au mouvement en Cisjordanie - une région qui représente moins de 2 % de la taille de la Californie et dans laquelle 2,5 millions de Palestiniens vivent soumis
à une répression constante.

Dans mon film, que j'ai co-réalisé avec l'Israélien Guy Davidi, vous pouvez voir cette répression de près.

Vous pouvez voir la construction de ce que des personnalités respectées, comme l'archevêque Desmond Tutu, ont qualifié de mur de "l'apartheid", nous séparant de nos terres, et permettant ainsi aux colonies juives de voler nos ressources. Vous pouvez voir les enfants de mon village bousculés par des hommes en treillis et armés. Vous pouvez voir des civils non armés, y compris des pacifistes israéliens, se faire tirer dessus par des soldats de l'occupation. Et vous pouvez voir que notre réponse -la réponse palestinienne- a été digne, non-violente et déterminée.

Mais par dessus tout, vous pouvez constater comme ces scènes sont devenues banales pour les Palestiniens. Cette banalité est la raison pour laquelle tant d'entre nous à Bil'in ont été frappés par le succès du film. Des gens que je n'aurais jamais imaginé rencontrer -des acteurs, des politiciens, des musiciens de légende- m'ont confié à quel point ils avaient été émus par le film, et immanquablement, la façon dont ils "n'avaient aucune idée de la situation si terrible" des Palestiniens.

La vérité est qu'ils connaissent bien pire. Je ne suis pas seul à le dire. Ecoutez des Américains comme l'ancien président Jimmy Carter ou l'auteur de La Couleur pourpre, Alice Walker, qui ont dénoncé les injustices dont ils ont été témoins en Palestine.

Comme eux, les Américains qui ont vu mon film et observé les effets de l'occupation israélienne se sont mobilisés à nos côtés. Pas contre Israël, mais du côté des Israéliens et des Palestiniens qui ont compris que, comme Martin Luther King Jr., le grand porte-parole du mouvement des droits civiques, l'a écrit un jour, le véritable sens de la paix n'est pas l'absence de tensions, mais la présence de la justice.

Alors qu'on m'interrogeait au LAX, les membres de l'Académie des Oscars se réunissaient pour une soirée en l'honneur des nominés 2013 pour le Meilleur documentaire. J'étais invité et quand le bruit a couru que j'étais retenu à l'immigration, le groupe a insisté de sauter le dîner jusqu'à ce que j'arrive. Leur solidarité m'a rappelé une autre citation de King:

 

 

"Une injustice commise quelque part

est une menace pour la justice dans le monde entier".


Agissant selon ce principe, mes compagnons de repas ont jeûné ce soir-là pour un fermier et sa famille d'un petit village de Palestine. Bien plus que des déclarations d'hommes politiques ou de journalistes -ou des actes d'intimidation des fonctionnaires de l'immigration-, ce sont de tels gestes de décence et de courage moral qui ramèneront la paix en Terre Sainte.

Emad Burnat, était à Hollywood à l'occasion de la 85ème cérémonie des Oscars. Emad est venu sur le HuffPost Live pour évoquer sa détention par la Sécurité nationale au LAX.

 

 

 

 

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://television.telerama.fr - Marie Cailletet

http://www.huffingtonpost.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2013
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