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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 23:00

 

Date de sortie 19 septembre 2012

 

Alyah---Affiche.jpg


Réalisé par Elie Wajeman


Avec  Pio Marmaï, Adèle Haenel, Cédric Khan,

Guillaume Gouix, Sarah Lepicard, David Geselson,

Olivier Desautel, Jean-Marie Winling, Mar Sodupe, Aimé Vaucher


Genre Drame, Thriller, Romance


Production Française

 


Alyah a reçu le prix du public

aux lectures du Festival Premiers Plans d’Angers,


Également présenté à la Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2012.


Entre réalisme social, religion et peut-être même psychanalyse, ce film a été unanimement salué par la critique.


Dans le film, il est question d'un Juif de la diaspora qui tente de retourner en Israël pour fuir ses problèmes parisiens. En hébreu, cet acte de retour au pays est appelé l'Alyah, littéralement ascension en terre sainte et a donné le titre du film. Le cinéaste confie avoir recueilli de nombreux témoignages montrant la détresse de certaines personnes. Une grande partie de ceux qui font leur alyah ne le font ni par idéologie ni par religion mais après avoir connu une série de déboires dans leur pays d'origine, addictions, problèmes financiers, chagrins d'amour, etc. Une fois en Israël, les choses ne s’arrangent pas forcément, je le sais, d’autant plus que le pays est dur. Mais je trouve cela très émouvant, tous ces départs. Et j’ai imaginé qu’Alex pouvait vivre une telle situation.

 

Le réalisateur s'est par ailleurs étonné du traitement que l'Agence Juive réserve aux aspirants migrants, pour s'être lui-même fait passer pour un candidat à l'Alyah, afin de pénétrer ce lieu gardé comme une ambassade. Elie Wajeman affirme que l’accueil est assez raide à l’Agence Juive. Il affirme y être allé plusieurs fois et à chaque fois très étonné des précautions sécuritaires qui ne donnent pas envie, a priori, de partir là-bas.

 

Synopsis

 

Alyah---Pio-Marmai.jpg Pio Marmaï

 

Paris 2011. Alex (Pio Marmaï) a vingt-sept ans, C'est un beau et jeune glandeur parisien, très accessoirement, juif ashkénaze. Il vend du shit. La religion n’évoque pour Alex qu’une vague denrée folklorique consommée au sein d’une famille dont il se tient à bonne distance. Il ne parle pas un mot d’hébreu, connaît à peine le nom des fêtes religieuses et se moquait de son cousin parti faire son service militaire en Israël.  Côté famille, le désastre est total, avec un père remarié et indifférent, une mère disparue, une lointaine cousine dont il était jadis amoureux et qu’il a du mal à oublier. Mais surtout le fait de vivre dans l'ombre d'un frère aîné (Cédric Kahn), lequel après avoir été son soutien est devenu son fardeau. Il passe son temps à se coller dans les ennuis et à lui soutirer de l’argent pour s’en sortir.

 

Alors quand son cousin lui annonce qu’il ouvre un restaurant à Tel-Aviv, Alex imagine le rejoindre pour changer enfin de vie. Déterminé à partir Alex doit dès lors trouver de l’argent et faire son Alyah.

 

Il a besoin de 15 000 euros et va s’enfoncer dans le commerce de la drogue afin de réunir les fonds nécessaires pour démarrer une vie nouvelle à Tel-Aviv et échapper à l’emprise d’un frère qui le rançonne à tout va.


Mais il devra aussi tout quitter : Paris qu’il aime tant, Esther (Sarah Le Picard) son ancien amour, Mathias (Guillaume Gouix) son ami de toujours, trafiquant débutant en pleine escalade suicidaire,  et Jeanne (Adèle Haenel) qu’il vient de rencontrer. Celle-ci veut croire que l’amour qu’elle porte à ce garçon compliqué est la solution à tous ses problèmes.

 

Alyah---Adele-Haenel-et-Pio-Marmai.jpg

 

Adèle Haenel et Pio Marmaï

 

Nois vivons ces quelques semaines de réflexion au cours desquelles il doit faire, au pas de charge, un bilan plutôt morose de sa plus si jeune existence. Côté carrière, il sait que son petit commerce se terminera un jour ou l’autre derrière les barreaux d’une cellule. Son meilleur ami se charge de lui en fournir une convaincante démonstration.

 

Lorsqu’elle apprend qu’Alex veut partir, Esther, ne mâche pas ses mots. "On était d’accord, non ? Nous on se disait qu’on était des Juifs mais à Paris, des Parisiens, qu’on avait rien à foutre là-bas", dit-elle, et elle évoque le nombre de personnes faisant le chemin inverse.
Et Alex de répondre : "c’est un pays foireux, comme moi". Alex est victime d'une véritable fêlure. "Personne ne me demande de rester, même mon père ne me demande pas".

 

Il est vraiment seul au monde.

 

Le choix d'Alex ne correspond à aucun désir. Il ne s’agit ni d’une révélation mystique ni d’une résolution pour un avenir meilleur, mais une unique et minuscule porte de sortie. Une occasion de boucler, en même temps que ses valises, une période de sa vie dont chaque ingrédient est une pièce formant le puzzle de son échec. Pour y échapper, il doit alors donner le change à tout le monde : faire avaler au recruteur pour Israël qu’il est un bon juif, rompre définitivement la relation vampirique qui l’unit à son frère et, pas le plus facile, sembler imperméable à l’amour qui a surgi sans prévenir


Cédric Kahn Alyah---Cedric-Kahn.jpg


Saisi entre son Alyah, la vente de drogue, ses amours complexes et un frère destructeur, Alex devra trouver sa voie.

 

Dans Alyah beaucoup de personnages sont juifs, parlent d’Israël, pour autant l’originalité du film est que ça ne traite pas de la communauté.
Elie Wajeman souhaitait inscrire des histoires sentimentales, universelles, dans un monde précis. Mais ce sont les sentiments qui l’intéressent, pas la communauté. Alyah, c’est d’abord l’histoire d’un jeune homme qui cherche un ailleurs. Le réalisateur reconnait ne pas être un spécialiste du judaïsme. Il connait peu Israël et n’y a pas de famille.


Elie Wajeman explique avoir été attiré par le paradoxe que soulève son sujet : "On peut trouver étrange que ce garçon fuie ses problèmes vers un pays lui-même problématique et qui peut se déliter à tout instant. J’aime cette ambiguïté". Fuir pour se reconstruire dans un pays au bord de l'implosion, tel est le thème que le cinéaste a tenu à mettre en exergue dans son premier film.


Pour son premier long métrage, Alyah, Elie Wajeman a opté pour le mélange des genres. Choix audacieux qui l'a poussé à brasser et à réunir en un seul film bon nombre de thèmes disparates : "C’est à la fois un polar, un film sur la famille, sur un nouveau départ et sur les sentiments, qu’il s’agisse du lien fraternel, de l’amitié ou de l’amour. Je voulais ce mélange des genres. Il donne sa force au sujet.", explique le cinéaste. Cela dit, le metteur en scène ajoute que le rythme haletant devait s'imposer comme un élément essentiel du film, qui reste avant tout une fiction tournée vers l'action.


Le cinéaste avoue avoir eu du mal à réunir le financement nécessaire à la production de son film dont "le mélange des genres et de tons" semblait en dérouter plus d'un. Il compare sa détermination à celle de son personnage Alex, qui tente de rejoindre Israël par tous les moyens : "Au fond, la détermination d’Alex ressemble à celle qu’il faut pour faire un premier long métrage", observe-t-il.

 

Le tournage s'est déroulé pendant l'été 2011 dans l'agglomération lyonnaise. Au cimetière juif de Lyon, à la synagogue, au Consistoire et au collège Beth Menahem ainsi qu'à Paris et Tel Aviv.

 
Pour mettre en scène le parcours semé d'embûches de son personnage, le réalisateur Elie Wajeman s'est inspiré du film de Spike Lee, La 25ème heure, réalisé en 2002 et qui retrace l'errance d'un repris de justice. En ce qui concerne le traitement de la judaïté, question également assez centrale dans le film, le cinéaste déclare avoir pris modèle sur Two Lovers de James Gray pour l'aspect plus ou moins décontracté de son approche de la religion.

 


Alyah - Cédric Kahn et Pio Marmai Cédric Kahn et Pio Marmaï

 

Alyah marque aussi la première apparition de Cédric Kahn devant la caméra après un bref passage dans N'oublie pas que tu vas mourir, réalisé par Xavier Beauvois en 1995.

 

Cédric Kahn a été le professeur d'Elie Wajeman alors étudiant à La Femis, puis son parrain à Emergence où il a passé trois semaines. Cédric Kahn aimait le scénario et a fait confiance à son ancien élève. Pour le rôle du frère, Elie Wajeman voulait quelqu’un qui ait un charme absolu et auquel il ne soit pas possible de dire non. Cédric a cette force-là, c’est un animal sauvage. "Ce fût très beau pour moi de le voir se transformer en acteur. Il faut voir avec quelle jubilation il jouait Isaac. En fait c’est un acteur né." avoue Elie Wajeman.

 

Cédric Kahn a ainsi le sentiment d’avoir incarné à l’écran "le surmoi, cette espère d’autorité qui empêche Alex de vivre, d’exister (…) Je suis un sorte d’enfer. Et l’alyah, c’est surtout le fait de fuir cette relation."

 

Entre déséquilibre, mélancolie et fureur, c’est le rôle de la versatilité et des excès, impeccablement interprété par Cédric Kahn 


Aussi étonnant que cela puisse paraître, Pio Marmaï, qui incarne un Juif dans le film, est en réalité un acteur d'origine italienne. Lorsque l'on demande à Elie Wajeman les raisons de son choix, il explique : "C’est une "tradition" du cinéma américain que des acteurs italiens jouent des rôles de Juifs. Voyez Pacino, ou De Niro dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, ou dans Le Dernier Nabab, d’Elia Kazan. L’idée me séduisait."

 

Alyah---Pio-Marmai-1.jpg.Alyah---Pio-Marmai-copie-2.jpg

 

Pio Marmaï, en plus de dégager un charme ravageur, impose parfaitement sa carrure d’homme fort tout en dévoilant, à certains moments, la fêlure d’un jeune homme sensible

 

Autre atout pour Elie Wajeman, il a su s’entourer d’un casting hors pair. Aux côtés Pio Marmaï et de  Cédric Kahn nous trouvons Adèle Haenel dans un rôle à sa mesure avec ce personnage à l’impeccable répartie et au caractère bien trempé. Guillaume Gouix  est des plus justes dans son rôle de meilleur pote 


Le film s’enchaîne à toute allure. Il n’y a pas une seconde de répit. Elie Wajeman voulait cette dynamique et l’a vraiment trouvée au montage avec François Quiqueré qui a très vite compris que la détermination d’Alex serait l’énergie du film. Ils souhaitaient qu’Alyah soit un véritable film d’action. Le travail dramaturgique commencé avec Gaëlle Macé s’est poursuivi en salle de montage.

 

 Cédric Kahn et Pio Marmai Alyah---Cedric-Kahn-et-Pio-Marmai-2.jpg

 

Elie Wajeman a travaillé avec une équipe assez jeune et s'est entouré de gens qui pour la plupart feraient comme lui leurs premiers, ou deuxièmes, long-métrage. En tout cas une équipe qui mettrait toute son énergie dans et pour le film. Citons par exemple le premier assistant Gabriel Levy mais aussi l’ingénieur du son Mathieu Villien ou la chef déco Gaëlle Usandivaras. C’est le premier long métrage de David Chizallet que le réalisateur a connu à La Femis. Ils avaient déjà collaboré ensemble et Elie Wajeman savait que son talent, tant de cadreur que d’opérateur, ferait monter le film d’un cran. Ils ont beaucoup travaillé en amont au choix des couleurs, des directions de lumière, des cadres. Au tournage, il m’a tout le temps proposé des solutions et n’a pas cessé de prendre des risques.

 

 

Alyah---Pio-Marmai-copie-1.jpg

 

Pio Marmai

 

Le film, qui se déroule en partie à Paris, a également été tourné en Israël. On y découvre alors un pays étonnamment cosmopolite où se mélangent de nombreuses ethnies : Russes, Palestiniens, Africains d’Afrique noire, ou encore Thaïlandais se retrouvent ainsi dans cette région multiculturelle du monde.

Le cinéma français des années quatre-vingt-dix qui inspire énormément  Elie Wajeman était fort d’une nouvelle génération de comédiens. Certains films d’Arnaud Desplechin, de Noémie Lvovsky, d’Éric Rochant ou d’Olivier Assayas ont donné envie à Elie Wajeman de devenir cinéaste. Alyah est un récit romanesque et finalement assez classique, il  fallait choisir des acteurs contemporains pour donner au film sa modernité. C’est ce que le réalisateur a tenté de faire avec Sarah Teper et Leila Fournier, les directrices de casting.

 

 

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://next.liberation.fr

http://www.abusdecine.com

http://www.lemondedesreligions.fr

http://www.imdb.fr

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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