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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 00:00

 

Date de sortie 7 novembre 2012

 

Augustine---Affiche.jpg


Réalisé par Alice Winocour


Avec Vincent Lindon, Stéphanie Sokolinski (Soko), Chiara Mastroianni,

Olivier Rabourdin, Roxane Duran, Grégoire Colin,

Lise Lametrie, Sophie Cattani

 
Genre Drame


Production Française

 

 

Le film Augustine est tiré d'une histoire vraie : en 1873, la jeune fille entre à l'hôpital de la Salpêtrière et devient l'une des patientes les plus célèbres du professeur Jean-Martin Charcot et de l'établissement. Elle s'évadera de l'hôpital en 1885. Charcot était vraiment une star de la médecine. L’Empereur du Brésil, la femme du Tsar de Russie comptaient parmi ses patients. Et c’était un grand médecin, un précurseur, le fondateur de la neurologie moderne. Les malades elles-mêmes étaient en admiration devant lui.

 

Augustine---Stephanie-Sokolinski-.jpg Stéphanie Sokolinski (Soko)

 

La réalisatrice à voulu filmer, non pas l'apogée de Charcot, mais sa chute. L’histoire du film est celle d’un complet retournement du rapport de force entre Charcot et Augustine, le médecin face à sa malade, l’homme mûr face à la très jeune fille, le grand bourgeois face à une fille du peuple. Charcot découvre qu’il a un corps, et perd le contrôle. Augustine découvre qu’elle a une tête, et prend le pouvoir sur lui.

Vincent Lindon Augustine---Vincent-Lindon.jpg

 

Synopsis

 

Paris, hiver 1885.

 

À la Pitié Salpêtrière, le professeur Charcot essaie de comprendre une maladie encore inconnue : l'hystérie.

 

Augustine, 19 ans, une jeune bonne à peine sortie des rondeurs de l'enfance et qui présente tous les symptômes de la maladie, ne tarde pas à attirer son attention. Augustine devient son cobaye favori, la vedette de ses démonstrations d’hypnose.

 

Augustine-1.jpg.Augustine-4.jpg

Augustine-2.jpg.Augustine-3.jpg

 

D'objet d'étude, elle devient vite objet de désir, le sujet exclusif des recherches de Charcot et son obsession.

 

Pour lui plaire, Augustine participe de tout son corps aux expériences. Au fil des examens, une intimité commence à se créer entre eux.

 

Mais plus Charcot s'approche d'Augustine, plus il la désire. Et plus il la regarde, plus il la rend malade.

 

Augustine---Vincent-Lindon-et-Stephanie-Sokolinski-.jpg


Vincent Lindon et Stéphanie Sokolinski


Avec son premier long métrage Augustine, la réalisatrice Alice Winocour a représenté la France dans les projets sélectionnés à l'Atelier de la Cinéfondation. La réalisatrice dit avoir toujours voulu faire du cinéma sans jamais oser se l’avouer. Elle a fait des études de droit pour devenir avocate et puis un jour, presque sans réfléchir, s'est inscrite pour passer le concours de La fémis, a été reçue et a intégré le département scénario. Ella avait une vision anglo-saxonne de la profession de scénariste, qui ne correspondait pas à la réalité française. "Je croyais qu’il s’agissait d’inventer une histoire dans laquelle on apportait un univers, mais j’ai progressivement réalisé que le scénariste avait souvent pour vocation d’aider le réalisateur à accoucher d’un projet dont il était porteur" reconnait la jeune réalisatrice.

 

En découvrant les travaux de Charcot, Alice Winocour a été immédiatement fascinée. À l’hôpital de la Salpêtrière, dans cette Cité des femmes, des milliers de malades étaient soumises à l’autorité de quelques médecins. Des femmes quasi nues, abandonnées aux regards d’hommes en costumes trois pièces. Augustine, en tant qu’égérie de Charcot, était la star de ses études, la plus photographiée, la plus observée, jusqu’au jour où elle s’est enfuie de la Salpêtrière déguisée en homme. La réalisatrice a beaucoup lu sur les examens qu’on lui faisait subir, qui étaient tous très violents et a commencé à s’interroger sur le hors-champ de cette situation. Que se passait-il entre les examens ? Quelles relations pouvaient exister entre Charcot et sa malade vedette ? Tout cela a déclenché son imaginaire.

 

Dans le film, Alice Winocour a fait le choix de s'éloigner d'un point de vue trop naturaliste sur le thème de la folie : "Je voulais aller dans une direction fantastique pour fuir le naturalisme. L’hystérie, en soi, est tout sauf naturelle. Le corps se met à faire des choses qu’il ne peut pas faire normalement. Le corps ment… De toute façon, par goût, j’aime le cinéma non naturaliste : celui de Lynch, de Cronenberg, celui qui met en scène un monde un peu fantasmé.", explique-t-elle. 

 

Augustine---Stephanie-Sokolinski.jpgSelon la réalisatrice l’hystérie est une révolte. Les malades de Charcot étaient des femmes de condition sociale très basse, des bonnes le plus souvent sans éducation, soumises à des conditions de vie épouvantables. Elles étaient sans droits, généralement violées. L’hystérie était une réponse à cette violence sous forme de rébellion.

 

C’était comme la première manifestation féministe. Elles exprimaient leur détresse et leurs revendications avec leur corps. Et même si l’hystérie a évolué avec la société, cette révolte me semble toujours d’actualité. Lacan a écrit à ce sujet : "L’hystérique est une esclave qui cherche un maître sur qui régner." Les femmes souffrant d’hystérie font de leur corps le théâtre de leurs souffrances et de leurs désirs. Ce qu’elles recherchent, c’est un spectateur à fasciner.


Au début du projet, Alice Winocour et la production pensaient confier le rôle d'Augustine à une inconnue, et ne désirait donc pas rencontrer Stéphanie Sokolinski (Soko). Mais c'était sans compter sur la force de persuasion de la jeune chanteuse, qui désirait vraiment interpréter ce personnage : "Toutes les semaines, j’appelais Grégory Weill, mon agent, pour savoir qui elles avaient vues, qui elles allaient voir, et je me disais : “Bon, c’est fichu, ces actrices-là sont tellement loin de ce que je suis que c’est sûr, j’ai zéro chance.”,mais après je me disais :“Elles sont pas encore choisies ces filles-là, donc j’ai quand même ma chance !”. Ça a duré huit longs mois, et c’était le pire truc du monde. Je n’ai jamais Augustine - Stéphanie Sokolinski-copie-1autant voulu un rôle. Alors j’ai harcelé Grégory qui les a harcelé à son tour, jusqu’à ce qu’elle acceptent que je vienne, mais c’était vraiment un genre de faveur qu’elles me faisaient, sans doute pour se débarrasser de notre insistance, tellement on les avait toutes saoulées. Donc, je fais mes essais avec Alice, qui à la fin me dit : “Bon, c’est une version intéressante d’Augustine. Maintenant, on ne sait pas si on veut une fille urbaine, ou sauvage, donc on va réfléchir", explique Soko.

 

 

Pour faire croire à de vraies crises d'hystérie, le corps de  Stéphanie Sokolinski a été mis à rude épreuve : "Au tournage, ses membres sont tirés par des cordes, qui la malmènent en tous sens, elle ne peut rien contrôler. Son corps est devenu un monstre qui prend le dessus", explique la réalisatrice.


La réalisatrice a fait appel à de vraies malades pour faire de la figuration. Cette collaboration a apporté encore plus d'authenticité au film : "Certaines sont, tout juste sorties de l’hôpital, et d'autres encore sous traitement. Mais je les ai toutes considérées comme des actrices, vis à vis desquelles j’avais des exigences. Je crois qu’elles ont été heureuses de participer au tournage, de porter des costumes, de créer la communauté du film, d’avoir le sentiment d’appartenir à une famille. C’était émouvant de se dire au revoir. Les témoignages face caméra sont de vraies histoires, racontées en costumes d’époque, par celles qui les vivent aujourd’hui.", raconte Alice Winocour.

Alice Winocour n'a pas eu à adapter le décor de l'hôpital de la Salpêtrière pour le rendre plus cinématographique : "Ce n’était pas vraiment un lieu de soins, mais plutôt un théâtre d’expériences, un monde mystérieux, sulfureux, clos, violent, donc fait pour le cinéma. Dans le film, j’ai adouci la réalité. Mais les choses les plus folles sont vraies. Le compresseur d’ovaires a bien été inventé par Charcot, nous l’avons reproduit à l’identique, jusqu’au pompon rouge qui l’orne. Même si je me suis énormément documentée, pour comprendre, j’ai essayé de tout oublier, pour imaginer la fiction", explique la réalisatrice.

 

 

 


Augustine---Vincent-Lindon-copie-1.jpg "Vincent Lindon est un acteur très physique, avec en lui une vraie violence intérieure. J’ai contrarié son côté physique en l’emprisonnant dans le carcan du costume. C’était nouveau pour lui de se confronter à la violence d’une sexualité réprimée. Vincent a toujours été du côté du film, il avait foi dans ce que le film racontait. Il avait une confiance dans le scénario qui m’inquiétait parfois, j’avais peur qu’il ne me laisse rien bouger au tournage. Très vite, il a vu qu’il donnait des choses qui lui échappaient et cela l’a mis en confiance. Je le remercie pour cette confiance. On se comprenait, mais cela ne passait pas par la parole. En fait je crois qu’on se ressemble beaucoup, même si nous sommes beaucoup dans le contrôle, c’est toujours notre inconscient qui prend le dessus." raconte la réalisatrice.

 

Charcot vient du peuple, sa femme est une aristocrate, ce genre de couple est toujours assez fascinant. Cette femme d’une très grande famille a mis à disposition de Charcot sa fortune et ses relations. C’est le rat des villes qui se consacre au rat des champs. On peut imaginer l’attraction physique qui a présidé à ce couple. Elle a été séduite et fascinée par lui. C’est elle qui a le pouvoir sur cet homme qui fait trembler son monde à l’extérieur, mais que sa femme impressionne par sa beauté, sa puissance. Elle est intimidante. Et cela peut expliquer l’attraction qu’Augustine exerce sur lui.

 

A l'origine, le rôle du professeur Charcot devait être tenu par Benoît Poelvoorde.

 

Constance, la femme de Charcot est intelligente, très belle. C’est une femme forte. La réalisatrice était très heureuse que Chiara Mastroianni accepte ce rôle. Elle l’interprète avec une grande finesse. Elle a quelque chose de très contemporain qui va dans le sens du film. Elle a dû forcer sa nature pour jouer cette femme très froide, un peu glacée, car elle n’est pas du tout comme ça dans la vie. Alice Winocour voulait que Charcot soit au dessus d’Augustine, mais que Constance soit au dessus de Charcot.

 

Augustine---Chiara-Mastroianni-.jpg

 

Chiara Mastroianni

 
Constance, la femme de Charcot est avant tout une amoureuse. Elle aime Charcot, elle le soutient, on comprend qu’elle l’a aidé et introduit dans des milieux auxquels il n’aurait pas eu accès sans elle. Au fil du film, elle devine que quelque chose se passe, qui lui échappe, et qui va bien au-delà de l’étude médicale. Mais elle est là, solide, constante dans son amour pour lui. La réalisatrice trouvait qu’elle portait admirablement son prénom.
Alice Winocour c’était fait un petit délire sur l’alchimie qui fait que les gens ressemblent à leurs prénoms, jusqu’à ce qu'elle apprenne qu’en réalité, elle s’appelait Augustine, comme la patiente de Charcot et que c’est la réalisatrice, qui, à l’écriture, lui avait attribué ce prénom, pour éviter toute confusion entre les deux femmes. Donc, on peut dire que ce prénom définit bien le personnage. C’est une femme qui affronte la tempête et qui, quoi qu’il advienne, reste aux côtés de son mari.

 

Cela aurait été un risque seulement si on en avait fait une femme désabusée. Mais elle est très solide, très intelligente et elle l’aime profondément Charcot. Il n’y a aucune rancoeur en elle. Elle souffre, c’est difficile à vivre, et elle peut être rigide, froide et dure, mais elle ne se ferme pas, elle reste là. Tout est dit dans le dernier plan qu’on voit d’elle, son regard posé sur Charcot dans la foule de la Salpêtrière. Il est seul, perdu, elle le regarde. Ce regard rend justice à la force de ce personnage. Elle a compris et elle ne le quitte pas. L’amour qu’elle a pour lui emporte tout le reste.


Alice Winocour revient au Festival de Cannes avec Augustine après y avoir présenté en compétition officielle, son court métrage, Kitchen réalisé en 2004.

 

Sources :

http://www.canalplus.fr

http://www.unifrance.org

http://www.cinemovies.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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