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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 23:00

 

Barbara---Affiche.jpg

 

Réalisé par Christian Petzold


Avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Rainer Bock,

Christina Hecke, Claudia Geisler, Rosa Enskat,

Jasna Fritzi Bauer, Mark Waschke, Peter Benedict, Anette Daugardt


Genre Drame


Production Allemande


Date de sortie 2 mai 2012

 

Berlinale 2012 Ours d'Argent du Meilleur réalisateur

 

Barbara---Nina-Hoss-.jpg

 

  Nina Hoss

 

Synopsis

 

Eté 1980. Barbara (Nina Hoss) est chirurgien-pédiatre dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de province, au milieu de nulle part.

 

Tandis que son amant Jörg (Mark Waschke), qui vit à l’Ouest, prépare son évasion, Barbara est troublée par l’attention que lui porte André (Ronald Zehrfeld) le médecin-chef de l’hôpital.

 

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Ronald Zehrfeld et Rainer Bock

 

La confiance professionnelle qu’il lui accorde, ses attentions, son sourire...

 

Est-il amoureux d’elle ? Est-il chargé de l’espionner ?

 

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Nina Hoss et Mark Waschke

 
"En un sens, Barbara peut être appréhendé comme un film historique sur les heures sombres de la scission entre les deux Berlin. Pour ce faire, les membres de l'équipe se sont plongés dans le passé et ont enquêté sans relâche, allant même jusqu'à écouter de la musique de l'époque afin de mieux rentrer dans la peau de leur personnage", comme le confie l'actrice Nina Hoss.
 
Contrairement à la plupart des films, Barbara a été tourné de manière chronologique, chose plutôt rare de nos jours. Selon les acteurs, ce procédé donnait un côté vivant au tournage et les poussait à adopter un jeu plus organique. Seule la scène du baiser entre les deux protagonistes a été tournée en dehors de ce canevas chronologique, comme un instant "hors du temps".

 

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Christian Petzold et Nina Hoss

 

Pour réaliser son film, le cinéaste Christian Petzold ne voulait pas tomber dans le cliché d'une représentation caricaturale d'un Berlin Est. Il précise : "Les films de ces dernières années ont souvent dressé le portrait d’une Allemagne de l’Est en demi-teinte. Pas de couleurs, pas de vent, juste le gris des passages de frontière et les visages épuisés, à l’image des voyageurs aux yeux bouffis dans les wagons-lits interzones en gare de Gera. Barbara---Nina-Hoss.jpgJe ne voulais pas faire la description d’une nation opprimée et y opposer l’amour comme force pure et libératrice. Je ne voulais pas de symboles. On finit toujours par les décoder, et il ne subsiste plus alors que ce que l’on savait déjà. Avec les acteurs, nous avons regardé plusieurs films pendant la préparation du film. L’un de ceux qui nous a le plus marqués est Le Port de l'angoisse de Howard Hawks. Deux amants, interprétés par Lauren Bacall et Humphrey Bogart, se lancent des regards soupçonneux, trichent et mentent sous la surveillance constante de la police secrète, multiplient les sous-entendus. Aussi étrange que cela puisse paraître, ils s’en sortent très bien et prennent plaisir à s’observer l’un l’autre dans cette situation. Et puis il y a l’élégance, l’intelligence de leurs altercations écrites au cordeau, qui semblent provoquées par cet environnement sous contrôle permanent. On comprend comment certaines circonstances peuvent engendrer des individus d’un genre nouveau qui s’embrassent, parlent et se regardent d’une façon différente."

"Un autre film nous a impressionnés :
Marchand des quatre saisons de Rainer Werner Fassbinder. L’Allemagne de l’Est des années 1950 est tellement présente dans ce film, du pare-brise arrière fendu d’une fourgonnette Volkswagen Bully aux bruits qui résonnent dans les arrière-cours désertes, en passant par l’espace exigu d’une cuisine en formica. Bien plus qu’une toile de fond, il s’agit d’une expérience spatiale dans laquelle les gens s’aiment, se déchirent puis se taisent et cette atmosphère chargée d’amour, de disputes et de silence imprègne tout, reste comme suspendue dans les airs et tapissée sur les murs. Barbara---Nina-Hoss-et-Ronald-Zehrfeld.jpgLe passé ne passe jamais, il se prolonge loin dans notre présent. Je voulais saisir sur pellicule cet espace spécifique entre les êtres, tout ce qui s’est accumulé, tout ce qui les a rendus si méfiants, mais aussi ce qu’ils croient, ce qu’ils rejettent ou qu’ils acceptent. Pendant les répétitions, l’une des actrices, qui avait choisi de quitter l’Allemagne de l’Est à la fin des années 1970 sous le prétexte d’une tournée théâtrale à l’Ouest, nous a raconté comment elle avait accepté des invitations à dîner en sachant qu’elle ne pourrait pas les honorer. Elle savait qu’elle serait alors partie pour toujours. Il y a aussi cette terrible solitude qui ne vous quitte pas, parce que vous ne reviendrez jamais et que votre vie d’avant va disparaître.

 

Comme le dit si bien l’écrivain Anna Seghers : "Quand vous perdez votre passé, vous n’avez plus d’avenir."

 

Afin de retranscrire l'atmosphère oppressante propre à l'époque de la Guerre Froide, l'équipe a reconstitué un climat de suspicion, de méfiance et de mensonge, comme le souligne l'acteur Ronald Zehrfeld : "Nous avons cherché à recréer la mélancolie qui existait à l’époque, tous ces niveaux de sens qui comprimaient l’espace entre les êtres."

 

Barbara---Nina-Hoss-copie-1.jpg Nina Hoss


Christian Petzold souligne : "Quelques semaines avant le début du tournage, nous avons réuni toute la distribution. Le premier jour, histoire de nous lancer, j’ai lu un texte dans lequel je décrivais les personnages. Puis nous avons regardé des films, une scène d’amour extraite d’un film de Claude Chabrol, notamment. Pour Barbara, plusieurs questions me préoccupaient. Qui raconte l’histoire du film ? Quel est le point de vue de cette personne ? Est-elle extérieure à l’intrigue, qu’elle regarderait d’en-haut comme une caméra de surveillance, ou bien est-elle mêlée aux autres personnages ? Fait-elle partie du système qui unit ces gens ? C’est pourquoi il m’a semblé intéressant de revoir un film comme
French Connection  de William Friedkin, qui ne se place jamais du côté du pouvoir. Ensuite, nous sommes très vite entrés dans le détail, en passant en revue les personnages, les lieux, les odeurs et les souvenirs."

 

Les acteurs et l'ensemble de l'équipe ont jugé qu'il était important pour eux de commencer le tournage avec une idée assez précise et définie des personnages. Cependant, il reste toujours une part d'imprévisibilité dans l'élaboration d'un film, comme le souligne Ronald Zehrfeld : "Cette base de départ nous laissait justement une certaine marge de manœuvre qui nous permettait de nous laisser surprendre au fil du processus créatif", précise-t-il.

 

Barbara----Ronald-Zehrfeld-et-Nina-Hoss-.jpg

 

Ronald Zehrfeld et Nina Hoss

 
À la question : Quand vous entendez la description d’un personnage, cela change-t-il votre vision du rôle ?

 
Ronald Zehrfeld : "Non. Je m’étais déjà fait une idée du personnage à la lecture du scénario. Ensuite, l’important, c’est ce que ça m’inspire et comment je peux l’exprimer. Les premières lectures étaient très enrichissantes, nous avons exploré de façon approfondie les situations, la précision, la couleur et le ton que nous voulions employer pour décrire les images qui liaient les personnages."

 
Christian Petzold : "J’avais un peu peur de toi, Ronald, parce que tu me donnes l’impression d’être encore enraciné dans ton passé en Allemagne de l’Est. Ton existence y est tellement ancrée, tu as été à l’école là-bas, alors que moi, je n’y suis allé que pour rendre visite aux membres de ma famille, qui vivaient encore presque tous à l’Est. Mes parents avaient fui la RDA. Pour moi, l’Allemagne de l’Est a toujours été un espace de projection, alors que toi, tu y as vécu."

 

Barbara.jpg

 
Nina Hoss : "C’était fascinant d’écouter les comédiens venus de l’Est parler de ce qui leur est arrivé, de leur vie de l’autre côté. L’une des actrices qui avait fui l’Allemagne de l’Est a eu une vie comparable à celle de Barbara. Elle est partie en tournée avec sa compagnie théâtrale et elle savait qu’elle allait devoir mentir, tout comme
Barbara. ment à André. Nous lisions une scène, et elle m’a murmuré : "Tu sens cette gêne monter en toi, comme une bouffée de chaleur." Elle nous a raconté son histoire et nous a expliqué ce que ça fait de devoir mentir tout en se disant : "Je ne te reverrai jamais, mais je ne peux rien te dire avant mon départ. "

 
Christian Petzold : "Au fond, la première partie des répétitions à Berlin a surtout permis de réveiller notre mémoire collective. Qu’est-ce qu’on entendait en Allemagne de l’Est à l’époque ? Quelles étaient les odeurs ? Nous avons passé tout cela en revue. Je crois que nous n’avons lu le scénario qu’une seule fois et qu’ensuite, nous avons évoqué nos souvenirs, nous avons réfléchi et regardé des films. Puis nous sommes presque tous partis en voiture pour aller visiter les extérieurs et les décors où nous allions tourner le film."

 

Barbara---Ronald-Zehrfeld-et-Nina-Hoss.jpg

 

Ronald Zehrfeld et Nina Hoss

 

Les acteurs du film se souviennent d'une scène qui leur a valu un fou-rire mémorable : alors qu'ils devaient examiner les images d'une radiographie, ils se sont soudainement sentis comme des imposteurs, sans comprendre un mot de ce qu'ils disaient, situation qui a entraîné une crise de rire au sein de l'équipe. Finalement, la scène, jugée peu crédible, a été retirée du montage final.


Pour les besoins du tournage, l'équipe a cherché un véritable hôpital du style des années 1980. Christian Petzold précise : "Je voulais que l’hôpital du film soit un véritable hôpital, équipé et décoré jusqu’au moindre détail comme dans les années 1980. En le découvrant, nous avons été sidérés de voir à quel point il n’avait rien à voir avec les hôpitaux d’aujourd’hui, où tout est question de flexibilité et de répartition des tâches. Dans cet hôpital, on se serait cru dans un roman d’Astrid Lindgren. Nous nous retrouvions régulièrement avec les acteurs pour faire le point dans la salle de repos, où les infirmières viennent se détendre dans le film, fumer une cigarette, écouter la radio ou lire le journal… On aurait dit une réunion du personnel médical pour préparer une journée de travail : "D’abord, on pose le drain, et ensuite on passe au long monologue de Nina." Certains jours, j’avais vraiment cette impression"

 

Barbara---Christian-Petzold--Jasna-Fritzi-Bauer--Nina-Hoss-.jpg

 

Christian Petzold, Jasna Fritzi Bauer, Nina Hoss, Ronald Zehrfeld


Afin d'être en phase les uns avec les autres, les acteurs avaient recours à une méthode pour le moins improbable : la communication "non verbale" ! Le comédien Ronald Zehrfeld explique le processus en ces termes : "Il s’agit surtout de trouver le ton, l’atmosphère. Soudain, on comprend qu’on touche au but. Il faut juste être au diapason avec son partenaire et vivre la situation, sans chercher à la fabriquer à partir d’une quelconque méthode d’acteur."
  

 

 

 

Mon opinion :

 

Quelle réussite !

 

Ambiance glaciale, menaçante et oppressante.

 

Décors et rares dialogues à l’unisson. Un vrai et réel suspense.

 

La mise en scène rigoureuse et intelligente est implacable et nous tient en haleine de bout en bout.

 

Nina Hoss, est stupéfiante, bouleversante. L’ensemble des acteurs est tout aussi convaincant.

 

Christian Petzold signe avec Barbara un film d’une force incroyable, sans aucun artifice et d’une extrême efficacité.

 

La fin est particulièrement réussie.

 

Sources :

http://www.allocine.fr

http://www.commeaucinema.com

http://www.filmofilia.com

http://www.imdb.com

http://www.cinemovies.fr

commentaires

Y
<br /> Je garde un très bon souvenir de ce film... Une ambiance vraiment particulière ^^ je vous laisse ma critique si vous souhaitez la lire<br /> : http://art-enciel.over-blog.com/article-barbara-de-christian-petzold-105139153.html à bientôt !<br />
Répondre
E
<br /> Bonjour Alain.J'ai chroniqué Barbara lors de sa sortie.Remarquable.<br />
Répondre

 

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