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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 23:00

 

Date de sortie 12 septembre 2012

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Affiche.jpg

 
Réalisé par Alexandre Arcady


Avec Nora Arnezeder, Fu'ad Ait Aattou, Anne Parillaud,

Vincent Perez, Anne Consigny, Mohamed Fellag,

Nicolas Giraud, Olivier Barthelemy, Matthias Van Khache


Genre Drame, Historique, Romance


Production Française, Algérienne

 

Ce que le jour doit à la nuit est l'un des plus gros succès de la carrière de l'auteur Yasmina Khadra. Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Yasmina-Khadra.jpgIl s'agit de son livre le plus vendu dans des pays comme le Japon, le Canada, la Belgique ou encore l'Espagne. Il a reçu de nombreux prix comme le prix roman France Télévisions en 2008 et a été élu Meilleur livre de l'année 2008 par la revue "Lire". Le roman a aussi obtenu un grand succès en France puisqu'il est son deuxième roman le plus vendu derrière L'attentat. Ce que le jour doit à la nuit est aussi énormément lu en Algérie, ce qui rend Yasmina Khadra fier car c'est en pensant aux Algériens qu'il a écrit ce livre : "J’ai écrit un livre pour les Algériens d’hier et d’aujourd’hui, des Algériens que j’aime malgré leurs défauts."

 


 

Rio Salado, un village colonial qui est resté intact avec les mêmes rues, les mêmes villas, les mêmes manoirs de l’ère coloniale. Rio Salado, c’est comme un arrêt sur image. Le temps semble s’y être arrêté. Lors de ma première escale dans ce village en 1982, il m’a semblé entendre des fantômes me dire : "Qu’est-ce que tu attends ? Raconte nous…" J’ai compris que Rio Salado serait le réceptacle de l’un de mes plus beaux romans.


Même s'il connaissait déjà le travail de Yasmina Khadra, c'est d'abord par la lecture d'une critique qu'Alexandre Arcady a eu connaissance du livre Ce que le jour doit à la nuit.  "C’est en vacances à l’étranger il y a déjà maintenant trois ans, que j’ai eu connaissance du roman de Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit en lisant une critique dans un journal. J’avais déjà lu plusieurs de ses livres et j’aimais cet auteur pour son écriture et la façon qu’il avait d’aborder les sujets les plus brûlants de notre société avec force, vérité et talent. Le sujet de ce nouveau roman ne pouvait que m’interpeller. Il s‘agissait de l’Algérie et du destin "incroyable" d’un petit garçon, Younes, devenu Jonas , dans l’Algérie française des années 40 à 62. L’histoire d’une vie et d’un amour impossible… Je suis immédiatement conquis par le résumé que le critique faisait de ce livre. Il y avait là un film… Mais on est en plein mois d’août. Comment me procurer ce roman ? Tout est fermé : mon bureau à Paris, l’éditeur… Mon fils, le réalisateur Alexandre Aja, qui rentre des Etats-Unis doit me rejoindre : "En changeant d’aéroport, regarde si par hasard tu trouves ce livre dans une librairie". Hasard, mais pas seulement, je crois aux signes ! Quand Alexandre a demandé si ce roman était disponible, un employé de la librairie était en train de défaire un nouveau colis et c’était celui de Ce que le jour doit à la nuit ! Comme un trésor, il me l’a apporté et j’ai passé trois jours à dévorer ce roman. J’étais totalement transporté. Je me sentais tellement en osmose avec cette histoire que j’avais l’impression , et je l’ai souvent dit à Yasmina depuis, que ce livre était arrivé comme le destin, et que si j’avais fait du cinéma, c’était pour porter à l’écran un tel sujet. Il me semblait que tout mon apprentissage, toute mon expérience de cinéaste étaient tendus dans l’attente inconsciente d’un roman comme celui-là." 

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Fu-ad-Ait-Aattou.jpg

 

Fu'ad Ait Aattou

Synopsis

 

Algérie, années 1930. Younès a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado dont il devient l'ami.  

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-.jpg

 

Rio Salado petite ville très cosmopolite, où cohabitent toutes les communautés : Arabes, Juifs, Français, Espagnols… C’est aussi une ville très festive. Toutes les grandes vedettes de l’époque passent à Rio Salado plus qu’à Oran même ! C’est une ville qui est connue  comme une ville de fêtes…

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit.jpg

 

Matthias Van Khache, Fu'ad Ait Aattou, Nicolas Giraud, Olivier Barthelemy

 

Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra une grande histoire d'amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays.

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Nora-Arnezeder-et-Fu-ad-Ai.jpg

 

Nora Arnezeder et Fu'ad Ait Aattou


L'adaptation d'un roman écrit à l'écran est toujours une étape compliquée pour l'auteur. On ne compte plus le nombre d'écrivains qui ont rejetés les adaptations de leurs oeuvres, déçus du résultat final. Alexandre Arcady évoque ce moment où le livre devient un film, et de ce que cela implique : "Adapter 450 pages d’une telle oeuvre, c’est pas simple… Si mon désir a toujours été d’être absolument respectueux des intentions de Yasmina, il nous fallait trouver des fulgurances cinématographiques et donc sacrifier un certain nombre d’éléments romanesques du livre". Heureusement, dans le cas de Ce que le jour doit à la nuit, la collaboration auteur-réalisateur s'est bien terminée puisque le résultat final a été apprécié par  Yasmina Khadra : "Quand Alexandre m’a invité à une projection restreinte (...) j’avoue que j’étais loin de m’attendre à un tel résultat. A la fin, j’étais en larmes. Complètement conquis."

 

Le roman a été tout de suite épuisé et les critiques ont été excellentes. "Je ne sais pas si j’ai cherché la réconciliation". avoue l'auteur. Il souhaitait tout simplement parler d’une époque telle qu’elle fut, avec ses hauts et ses bas, son côté obscur et ses joies. Il a écrit un livre pour les Algériens d’hier et d’aujourd’hui, des Algériens qu'il aime malgré leurs défauts. Pour lui, être écrivain c’est être utile à quelque chose. Ce que le jour doit à la nuit -copie-1Et on ne peut pas être plus utile qu’en essayant de cautériser les blessures restées ouvertes un peu impunément. Yasmina Khadra a voulu offrir aux Algériens un livre capable de les rassembler, de les aider à surmonter les traumatismes de l’Histoire. Toute sa vie, il a cherché à aimer, y compris là où l’aversion officie sans vergogne. Il est ainsi fait. Pour rien au monde il ne changerait. "Je crois que mon amour a triomphé dans ce roman" reconnait-il. La preuve, il a touché différentes communautés. Yasmina Khadra était persuadé que son roman allait rencontrer un large public, en particulier en France et en Algérie où il connaît encore et constamment des ruptures de stock. Des pieds-noirs lui avaient confié : "Jamais on n’a voulu ouvrir cette boîte de Pandore, jamais ! Quand on est partis, chaque valise était la tombe de nos souvenirs. On était partis pour de bon, pour ne plus nous retourner, et puis ce livre nous a réveillés, nous a éveillés à ce que nous avions de beau, à ce que nous avions de bon, à ce que nous avions d’humain."

 

Ce que le jour doit à la nuit est le deuxième grand succès de l'auteur en France après  L'Attentat . En Algérie, il est le titre le plus demandé aussi bien par l’ancienne génération que par ses petits-enfants.

 

Yasmina Khadra a déjà connu le processus d'adaptation de certains de ses romans à l'écran, non sans une pointe de déception : "(...) j'ai été déçu avec l'adaptation de Morituri. Et de leur côté, les Américains m'avaient terrifié avec les différents scénarios malheureux concernant l'adaptation de L'Attentat, raison pour laquelle j'avais bataillé pour récupérer les droits cinématographiques de mon roman", explique-t-il. Yasmina Khadra a donc pris son temps avant de confier l'adaptation de Ce que le jour doit à la nuit à un cinéaste : "Je me suis dit : "Laissons les choses se faire d'elles-mêmes."

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Mohamed-Fellag.jpg

 

Mohamed Fellag

 

Alexandre Arcady a convaincu l'auteur. Tout, en lui, réclamait son consentement. Ses yeux parlaient plus fort que ses lèvres. Sa nervosité trahissait son attachement au roman. Il était ému, émouvant; le projet lui tenait à coeur. Son histoire lui allait comme un beau vêtement. C’était son histoire, à lui aussi. Il lui importait de la partager avec les autres à travers son propre travail de cinéaste. Il était évident pour Yasmina Khadra de lui dire oui. Et tout de suite, les choses ont commencé à se mettre en place. Bien sûr, il y a eu des réactions épidermiques, des détracteurs qui criaient au scandale, à l’union contre-nature. Les vieux démons brandissaient leurs fourches, exigeaient la rupture. D’un coup, Alexandre Arcady est devenu la bête immonde et Yasmina Khadra le traître. Et c’est là que j’ai décidé que ce serait  Alexandre Arcady et personne d’autre. L'expérience de l'auteur lui a appris ceci : il ne faut jamais donner raison à la haine. D’ailleurs, Yasmina Khadra avoue avoir toujours puisé sa force dans l’énergie des hostilités et des exclusions qui le frappent encore. En Algérie, ce sont surtout les autorités politiques qui ont cherché à me défaire d’Alexandre Arcady. Tous les jours, on m’envoyait des émissaires pour me signifier que le président de la République s’opposait à mon choix, que le film ne se ferait pas en Algérie si Alexandre Arcady était derrière la caméra. J’ai demandé une audience au président et je n’ai obtenu aucune réponse à ma lettre. Alors, j’ai dit tant pis. Je suis un Bédouin. Chez nous, quand on donne sa parole, aucun ouragan ne pourrait l’émietter ou la dévier.

 

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Anne Consigny, Fu'ad Ait Aattou et Mohamed Fellag

 

Pour Alexandre Arcady, l'adaptation de ce roman lui a permit de raconter l'histoire de l'Algérie du point de vue de jeunes gens d'une vingtaine d'années : "Ce que le jour doit à la nuit est un roman qui parle de la jeunesse, un roman sur la jeunesse, un roman sur des jeunes gens et des jeunes filles qui sont à l’orée de leur vie, pour lesquels tout est possible, auxquels tout va arriver : l’amour, la passion, la mort, la tristesse, la tragédie…" explique t-il. Cette manière d'aborder l'histoire a changé les habitudes de récit du cinéaste : "Jusqu’à maintenant, on racontait – moi compris – la génération des parents, pas celle de ces jeunes gens qui avaient 20 ans dans les années 50 et qui vivaient dans une autre région de France comme on vivait alors en Corse, en Bretagne, en Provence… Avec des codes, une façon d’être et une certaine insouciance."
 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Fu-ad-Ait-Aattou--Olivier-.jpg

   
Fu'ad Ait Aattou, Olivier Barthelemy, Nicolas Giraux,

Matthias Van Khache et Matthieu Boujenah

 

Avec Gilles Henry, le directeur de la photo, le réalisateur voulait mettre en évidence le titre : le jour et la nuit. Le soleil et l’ombre. À chaque fois qu’ils ont a placé la caméra, ils cherchaient cette part d’ombre et cette part de lumière. Alexandre Arcady tenait à ce qu’on tourne en argentique et pas en numérique, pour ce grain particulier que donne la pellicule, surtout dans les lumières hautes…

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit---Nora-Arnezeder.jpgUne attention minutieuse a été portée aux décors, à la reconstitution d’époque. Tony Egry qui, en dehors du fait d’être le frère du réalisateur et de l’avoir accompagné dans tous ses films, connaît évidemment l’Algérie, et a fait un travail remarquable. Alexandre Arcady  était dans une confiance totale, et savait comment Tony Egry allait redonner ce ressenti et ce petit supplément d’âme indispensables. Comme cette idée de mettre dans les rues du village un matelassier, sont le réalisateur lui même avait oublié ce métier. Le décor n’était pas évident à réaliser, l'action se déroule entre  1940 et 1962.

 

Un grand coup de chapeau aussi au chef costumier, Eric Perron. Il y avait 15.000  figurants à transformer tous les jours ! Sous la houlette du premier assistant, Pascal Meynier, tous avaient la même volonté de faire vivre continuellement ce village dans la vérité d’une époque. C’était capital pour que ça fonctionne, pour qu’on y croie.

 

"Et je ne parle pas des animaux ! Les chevaux, les poules, les chiens, les chats, les moutons, les chèvres… Il y avait des régisseurs d’animaux en permanence et aussi des régisseurs de voitures. Il nous a fallu trouver des véhicules de toutes les époques. La grande difficulté, c’était le bus des années 50. On l’a trouvé dans un musée ! Pour l’anecdote, la voiture de Dédé a une histoire. Une belle histoire. C’est la Cadillac que Kennedy a offerte au Président Bourguiba quand ils ont remonté ensemble la 5ème Avenue lors de son premier voyage officiel aux Etats Unis. Les Tunisiens n’ont pas hésité à nous la prêter. Tout ça en pleine révolution !" rajoute le réalisateur.

 

 

Ce que le jour doit à la nuit - Fu'ad Ait Aattou et Vincen

 

 Fu'ad Ait Aattou et Vincent Perez

  
Cela faisait plus de 30 ans qu'Alexandre Arcady n'avait pas tourné en Tunisie. Son équipe investit l'esplanade de Hammam-Lif, ou encore la demeure de Tawhida Ben Cheikh, doyenne des médecins tunisiens, décédée en 2010, où sont tournées les scènes intérieures de l'histoire. Sa carrière de cinéaste a débuté là-bas, car c'est dans ce pays, où il est né, qu'il a réalisé ses premiers films : Le Coup de sirocco réalisé en 1979 et Le Grand carnaval en 1983. Par ailleurs, Alexandre Arcady a tourné son film à un moment particulier pour le pays : durant le printemps arabe. Les Tunisiens ont joué le jeu et cela a permis de concentrer l'équipe essentiellement sur le film… Pour Alexandre Arcady, c’était une façon de contribuer à ce renouveau. "Nous avons fait ce film dans l’incertitude mais nous l’avons fait ! Nous avions une protection militaire permanente et attentive, les plus hautes autorités dont le président de la République, nous ont d’ailleurs remerciés d’avoir maintenu ce tournage." ajoute le réalisateur.

 

 

 
 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.unifrance.org

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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