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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 23:00

 

Date de sortie 17 octobre 2012

 

Cesar-doir-mourir---Affiche.jpg


Réalisé par Paolo Taviani, Vittorio Taviani


Avec Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri,

Antonio Frasca, Juan Dario Bonetti, Vincenzo Gallo,

Rosario Majorana, Francesco De Masi, Gennaro Solito,

Vittorio Parrella, Pasquale Crapetti, Francesco Carusone,

Fabio Rizzuto, Maurilio Giaffreda, Fabio Cavalli


Titre original Cesare Deve Morire


Genre Drame


Production Italienne

 


Outre de nombreuses nominations, César doit mourir a remporté


- L'Ours d'Or à la 62ème édition de la Berlinale,


et à l'occasion des David di Donatello 2012.

 -  David du Meilleur Film
 - David de la Meilleure réalisation
- David de la Meilleure production
 -  David du Meilleur monteur pour Roberto Perpignani
 -  David du Meilleur monteur son pour Benito Alchimede et Brando Mosca

 

Cesar-doir-mourir.jpg

 

 Cesare Deve Morire  a été sélectionné pour représenter l'Italie,

 à la 85ème cérémonie des Oscars qui aura lieu le 24 février 2013.

 

Synopsis

 

Théâtre de la prison de Rebibbia.

 

La représentation de "Jules César" de Shakespeare s’achève sous les applaudissements. Les lumières s’éteignent sur les acteurs redevenus des détenus. Ils sont escortés et enfermés dans leur cellule.


Mais qui sont ces acteurs d’un jour ? Pour quelle faute ont-ils été condamnés et comment ont-ils vécu cette expérience de création artistique en commun ?

Inquiétudes, jeu, espérances...


Le film suit l’élaboration de la pièce, depuis les essais et la découverte du texte, jusqu’à la représentation finale.


De retour dans sa cellule, Cassius (Cosimo Rega), prisonnier depuis de nombreuses années, cherche du regard la caméra et nous dit : "Depuis que j’ai connu l’art, cette cellule est devenue une prison."

 
César doit mourirL'idée du film est née suite à un coup de téléphone d'une amie de Paolo et Vittorio Taviani. Elle les a appelés pour leur raconter la découverte d'un théâtre, quelques jours auparavant et avoir pleuré; cela ne lui était pas arrivé depuis des années.


Nous sommes allés à ce théâtre, et ce théâtre était une prison. La centrale de Rebibbia, quartier de haute sécurité. "Le jour où nous y sommes entrés, l’obscurité de la vie carcérale s’opposait à l’énergie d’un évènement culturel et poétique. Passées les grilles, nous sommes arrivés devant une scène, où une vingtaine de détenus, récitaient Dante, "La Divine Comédie". C'étaient des prisonniers du quartier de haute sécurité, c'est-à-dire des détenus liés à la Mafia, à la Camorra, à la Ndrangheta; de nombreux condamnés "à perpète". Il y avait en eux la force dramatique de la vérité mais aussi le savoir des acteurs, certainement dû à des qualités innées, mais également au travail constant et sage de leur metteur en scène, Fabio Cavalli. Ils avaient choisi certains chants de "l'Enfer" et c'était maintenant dans l'enfer de leur prison qu'ils revivaient la douleur et le tourment de Paolo et Francesca, du comte Ugolin, d'Ulysse ... Ils racontaient, chacun dans leurs dialectes, comparant parfois l'histoire poétique qu'ils évoquaient, avec l'histoire de leur propre vie. Nous nous sommes rappelés les mots et les pleurs de notre amie. Quand nous sommes sortis, nous avions besoin d’en savoir plus, d’approfondir."

Les deux réalisateurs ont proposé à leur metteur en scène interne Fabio Cavalli, le "Jules César" de Shakespeare.
La réponse de Fabio et des détenus a été immédiate : "Vous commencez, nous commençons", se souviennent les deux réalisateurs.  

 

Paolo et Vittorio Taviani ont cherché à confronter leur sombre existence de condamné, à la force poétique des émotions que Shakespeare suscite, l'amitié et la trahison, le crime et le tourment des choix difficiles, le prix du pouvoir et de la vérité.


Cesar-doit-mourir-copie-1.jpgL'idée des réalisateurs de proposer  Jules César a été immédiate. Elle est née d'une nécessité : les hommes à qui elle a été proposée répondaient à leur passé, lointain ou récent, de fautes et de délits, de valeurs salies, de rapports humains brisés. Il fallait contraster avec une oeuvre d'une force égale, mais de signification opposée. Et voilà : Shakespeare aussi dans Jules César, dans cette histoire italienne, met en avant les grands rapports qui lient les hommes ou les opposent, l'amitié et la trahison, le pouvoir et la liberté, le doute. Plus le délit et le crime. Deux mondes qui, en quelque sorte, se reflètent. "Nombre de nos détenus-acteurs appartiennent aux "hommes d'honneur"; des "hommes d'honneur" dont parle Marc-Antoine dans son acte d'accusation. Et lorsqu'est arrivé le jour où nous devions tourner la scène du meurtre de César, nous avons demandé à nos acteurs, dague à la main, de trouver en eux la force criminelle. Pendant un instant, nous aurions aimé effacer les mots que nous venions de prononcer. Mais non, au contraire : les premiers à être conscients de la nécessité de regarder la réalité en face, c'étaient eux." explique les réalisateurs. C'est pour cela que Paolo et Vittorio Taviani ont eu envie de les suivre durant leurs journées et leurs nuits trop longues. Ils ont souhaité que ce travail en commun se déroule dans les cellules, dans lesquelles ils sont parfois cinq à y vivre, dans les couloirs, dans les tunnels menant aux cours de promenade, dans l'attente d'entretiens diffciles.


Les acteurs sont des prisonniers du quartier de haute sécurité. Pour ce qui est des essais, les réalisateurs ont découvert depuis longtemps une méthode très simple, qu'ils utilisent pour sa rapidité. Ils demandent à l'acteur de déclarer son identité, comme s'il était interrogé à un poste frontière; il doit dire adieu à une personne qui lui est chère et, la première fois, il répond aux questions avec douleur, la seconde, avec colère. Dans ce cas particulier, Fabio Cavalli  avait proposé certains détenus, qui ont presque tous été retenus.

 

Cesar-doit-mourir-copie-2.jpg


Les détenus qui ont participé au projet de ce film ont fait tout un travail de traduction sur les textes qu'on leur a proposés. Chacun d'eux a traduit ses dialogues dans son propre dialecte. Les répliques varient ainsi entre le napolitain, le sicilien et le dialecte des Pouilles. Saluant cette initiative des acteurs-détenus, les deux réalisateurs ajoutent : "Nous avons découvert quelque chose qui nous a fait sourire, de surprise et par complicité (...) c'est également à travers tout cela que le film trouve un sens."

   
En comparant le texte original à leur adaptation, les deux réalisateurs expliquent : "L’âme de la tragédie est la même, ainsi que la narration, rendue plus simple et plus éloignée des rythmes du théâtre."

 

Cesar-doit-mourir-copie-3.jpgComme toujours dans leurs  films, Paolo et Vittorio Taviani ont écrit un scénario qui, ensuite, sur le tournage, se transforme, se modifie avec la rencontre des acteurs, des lieux, de la lumière, de l'obscurité. Ça a été le cas cette fois aussi. Avec reconnaissance pour Shakespeare, qui a été pour eux un père, un frère, un fils, selon les périodes de leur vie. Les deux réalisateurs se sont appropriés son Jules César. Ils l'ont décomposé puis reconstruit. L'âme de la tragédie est la même, ainsi que la narration, rendue plus simple et plus éloignée des rythmes du théâtre.


Paolo et Vittorio Taviani ont cherché à construire cet organe audiovisuel que représente un film, fils dégénéré de tous les arts qui l'ont précédé. Un fils dégénéré que Shakespeare aurait aimé, le deux réalisateurs en sont certains. Ils ont présenté la structure de la tragédie et Fabio Cavalli a collaboré pour le scénario. Il leur a fait découvrir les lieux les plus secrets de la centrale, rencontrer les détenus et suggéré qui pouvait interpréter certains rôles. Il a tenté avec eux une première approche de quelques scènes, mais il s'est surtout investi,  lui, homme de théâtre, lors des dernières séquences sur la scène de théâtre. Avec son collaborateur, il a proposé une mise en scène essentielle, avec un espace scénique limité par quelques colonnes romaines, certes, mais en résine colorée, tout comme les écus des guerriers.


Et pour terminer, il a fait le grand saut : il a abandonné sa fonction et a joué l'acteur, le rôle du metteur en scène qui, dans le film, a un poids important.Cesar-doit-mourir-copie-4.jpg Il a été bon en tant qu'acteur... sûrement parce que les regards super-critiques de ses acteurs l'attendaient au tournant reconnaissent les frères
Taviani. Fabio Cavalli leur avait dit : "Depuis des années, je vous ai conduit jusqu'ici en tant que metteur en scène de théâtre. Maintenant arrive le cinéma, un autre langage, et à partir d'aujourd'hui, pour cette fois, vos metteurs en scène, mes metteurs en scène, ce sont eux et seulement eux". Mais nous savons qu'il est maintenant là de nouveau, parmi ses détenus-acteurs, pour créer le vrai Jules César, celui sur les planches du théâtre. "La scène la plus belle", nous a-t-il dit avec un sympathique sourire provocateur, "est celle entre Brutus et Calpurnia". C'est celle que, pour des raisons de casting 100% masculin, a été éliminée.

 

Fabio Cavalli nous a aidé à traduire correctement les dialogues dans les différents dialectes des détenus-acteurs. Ils nous ont compris, ont tout donné, chacun à leur manière, mais avec émotion. Le scénario s'est petit à petit transformé grâce à leur vérité, à l'interprétation inattendue de leur personnage. Un exemple : le devin, le Pazzariello napolitain, qui porte la paume de sa main au nez et qui, par d'étranges boutades, demande le silence, n'était pas prévu dans le scénario. On aurait dit l'un des nombreux fous de Shakespeare, un Yorick, échappé de ses tragédies.

 
Les acteurs ont préféré garder leurs vraies identités malgré la proposition des frères Taviani, qui leur ont suggéré de changer leurs noms par pure circonspection : "Le fait que tous, avec insistance, aient voulu utiliser leurs propres noms, le nom de leur père, de leur mère, leur lieu de naissance, nous a frappé. C’était peut-être une façon, à travers le film, nous y avons pensé seulement après, de rappeler aux autres du monde extérieur qu’ils étaient là, dans le silence de la prison, vivants", confient les deux réalisateurs.
 
La fin du tournage a été très difficile pour toute l'équipe, étant donné la particularité de la situation : "(...) le jour de la fin du film, lorsque nous avons quitté la prison et nos acteurs, l’au-revoir a été émouvant. Cosimo Rega, qui joue Cassius, et pendant qu'il regagnait sa cellule, a levé le bras et s’est écrié : "Paolo, Vittorio, à partir de demain, rien ne sera plus comme avant !"  rapportent les deux frères.

 

Cesar-doit-mourir-copie-5.jpg

 
Tout a été tourné en prison durant quatre semaines. Paolo et Vittorio Taviani ont pensé, presqu'avec stupeur: "Nous sommes en train de tourner ce film avec la même inconscience arrogante que du temps de nos premiers films". La caméra était acceptée dans les ailes de la prison, les escaliers, les tunnels, les cellules, la bibliothèque, partout. À l'exception d'une zone de la centrale qui était inaccessible; la partie où sont isolés les repentis, séparés des autres détenus. Personne ne pouvait les voir de près, même pas nous. De l'extérieur, au-delà des grilles, un agent pénitentiaire nous a indiqué leurs fenêtres dont le silence contrastait avec le bourdonnement des autres cellules.


Les prises étaient seulement interrompues durant le passage des détenus des autres ailes aux heures de promenade, de douches, ou lorsque certains des acteurs s'absentaient le temps des entretiens. Ils en revenaient émus, nostalgiques, ou en colère. Ils se remettaient au travail mais leur regard était ailleurs, ils avaient perdu le naturel tendre et sauvage avec lequel ils récitaient. Travailler ensemble sur un film crée une complicité, une amitié. Et cette fois aussi, nous sommes devenus amis avec nos acteurs, assure les réalisateurs. "Ne vous attachez pas trop" nous a murmuré un gardien, "moi aussi, je vis familièrement avec eux et j'éprouve quelques fois de la pitié, de l'amitié ... Puis, diffcilement, je me dis que non. Je veux, je dois me rappeler qui a souffert et souffre plus qu'eux, les victimes et leurs proches".

 

Cesar-doit-mourir-copie-6.jpg


La couleur est réaliste. Le noir et blanc irréaliste. C'est pour les réalisateurs une affrmation indiscutable et pour ce film, au moins, c'est une vérité. Ils avaient compris qu'à l'intérieur de la prison, la possibilité de basculer vers une sorte de télé-réalité était derrière les barreaux. Ils se sont évadés grâce au noir et blanc et se sont sentis plus libres d'inventer. Libres de tourner sur ce plateau de l'absurde qu'est devenue la prison, où César est assassiné, non pas sur les fondations de la Rome Antique, mais dans les cours où les prisonniers vont prendre l'air.

 

De tourner dans une cellule où Brutus récite avec souffrance et passion son monologue : "César doit mourir". Ils ont voulu ces noirs et blancs violents, et contrastés, qui laissent place, au final, aux couleurs magiques du théâtre, qui exaltent la joie furibonde des détenus touchés par le succès. Mais le choix du noir et blanc a également été un choix narratif. Souligner l'écoulement du temps, le flash-back : un soulignement décidé, facile à décoder. L'idée n'est certainement pas une nouveauté mais Paolo et Vittorio Taviani aiment parfois utiliser des routes déjà empruntées par le cinéma.

 

Étant le neveu des deux réalisateurs, Giuliano Taviani a toujours voulu éviter de travailler avec ses oncles. Ce n'est qu'après vingt ans de carrière que le compositeur a accepté de le faire, et c'est ainsi qu'il s'est joint au projet de César doit mourir : "C’est nous qui, après deux belles saisons avec Morricone et Piovani, lui avons demandé de collaborer avec nous comme s’il était un étranger. Au même moment, Giuliano avait rencontré dans un lieu particulier, les Îles Éoliennes, un jeune pianiste talentueux, Carmelo Travia. Peu à peu, la collaboration est devenue toujours plus intense...", affirment les deux cinéastes.

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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