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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 20:00


Date de sortie 10 septembre 2014

 

Gemma-Bovery---Affiche.gif


Réalisé par Anne Fontaine


Avec Gemma Arterton, Fabrice Luchini, Jason Flemyng,

Edith Scob, Isabelle Candelier, Niels Schneider, Mel Raido,

Elsa Zylberstein, Pascale Arbillot, Pip Torrens, Kacey Mottet-Klein


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Anne Fontaine, qui connaissait le travail de Posy Simmonds grâce à son roman graphique adapté en long-métrage en 2010, sous le titre homonyme Tamara Drewe, explique pourquoi elle décida d'adapter Gemma Bovery"le jeu de mot sur un archétype littéraire féminin détourné me semblait prometteur et ludique. Quand j’ai lu le roman, les personnages m’ont intriguée et touchée : j’ai senti leur potentiel comique et leur profondeur humaine, et j’ai été séduite par le ton de l’auteur, entre comédie féroce et formidable ironie. J’ai aussi été sensible à la rencontre improbable entre un boulanger et cette jeune Anglaise d’aujourd’hui qui va infléchir la vie du protagoniste, alors que celui-ci, convaincu que sa libido était sous contrôle, se croyait en préretraite sexuelle et affective ! Le voilà qui part en vrille sur le rapport entre un personnage de fiction – Emma Bovary – et Gemma Bovery. Ce côté fétichiste m’a semblé extrêmement séduisant pour un futur scénario. J’ai essayé d’être fidèle au livre, tout en prenant des libertés : chez Posy Simmonds, Joubert, le narrateur, intervient assez indirectement dans l’histoire, alors que dans le film, on lui a donné une incarnation et une mobilité plus grandes."

 

Posy Simmonds au sujet de Gemma Bovery affirme : "L’idée du livre m’est venue en croisant un jour une très belle femme dans un café, en Italie. Elle croulait sous les sacs de boutiques de luxe et elle traitait son amant comme un chien. Et tandis qu’il ne savait pas quoi faire pour lui faire plaisir, elle passait son temps à soupirer d’ennui. Tout à coup, je me suis dit : "c’est une Madame Bovary d’aujourd’hui !"  En rentrant à Londres, j’ai proposé à mon éditeur d’écrire l’histoire d’une Madame Bovary anglaise. J’ai donc relu le livre de Flaubert, que j’avais découvert à l’âge de 15 ans : à l’époque, ce qui m’avait choquée, c’est qu’Emma était une mauvaise mère. Mais en le relisant plus tard, je me suis rendu compte que c’était une oeuvre majeure. J’ai décidé d’emprunter l’intrigue à Flaubert : une femme épouse un homme qu’elle n’aime pas vraiment, puis se lasse de lui et s’ennuie tellement qu’elle s’imagine qu’en changeant de cadre, elle va pouvoir changer de vie."

 

Gemma-Bovery.gif

 

Et de rajouter : "J’étais convaincue qu’il fallait un point de vue français – et donc un metteur en scène français – pour"porter le livre à l’écran. Autant dire que j’étais ravie de savoir qu’Anne Fontaine, dont j’avais beaucoup"aimé Coco avant Chanel, souhaitait réaliser l’adaptation. Pour moi, il est essentiel qu’un cinéaste s’approprie un livre et en propose sa propre interprétation. Du coup, j’ai parfaitement compris que les scènes londoniennes ne se retrouvent pas dans le film, ou que la satire des Anglais en France soit moins féroce que dans le livre. De même, la fameuse séquence du fiacre a été écartée car elle risquait de donner une image trop dure de Gemma : dans le livre, elle est parfois cruelle et cynique avec les hommes, mais on tenait à ce que son personnage soit plus attachant et doux dans le film.


 

Synopsis


Martin Joubert (Fabrice Luchini) est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d'un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d'imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier.

 

On devine son émoi lorsqu'un couple d'Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s'installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s'appellent Gemma et Charles Bovery, (Gemma Arterton & Jason Flemyng) mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert.

 

Pour le créateur qui sommeille en Martin, l'occasion est trop belle de pétrir - outre sa farine quotidienne - le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n'a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie...

 

Fabrice-Luchini---Gemma-Bovery.gif

 

Fabrice Luchini

 

Entretien avec la réalisatrice

 

Vous avez coécrit le scénario avec Pascal Bonitzer et Posy Simmonds.


Ce qui m’a frappée dans le ton de Posy Simmonds, c’est qu’il fallait avoir un sens aigu de la comédie car il y a un côté "Woody Allen français" chez ce boulanger dépressif, dont la fantaisie et la singularité suscitent de la drôlerie. En rencontrant Pascal, je me suis dit que son sens de l’humour était mêlé de désespoir, lorsqu’il fait parler un personnage : pour moi, ces deux aspects sont indissociables. Le personnage de Joubert vit par procuration un amour allant crescendo pour une fille d’une incroyable sensualité – qui ne le regarde pas comme un homme désirable, mais comme un boulanger...


J’ai pensé que le ton, et l’esprit étaient essentiels pour exprimer la drôlerie de ces décalages. Dès qu’on a commencé à écrire, Pascal et moi avons vite développé une empathie commune pour le sujet, puis on a intégré Posy à l’équipe pour les dialogues anglais. C’était une collaboration précieuse car, parfois, on la "trahissait" et quand on lui en parlait, elle avait la souplesse d’accueillir favorablement nos propositions. C’était donc intéressant d’avoir ses réactions par rapport à des situations qu’on inventait et qui s’inspiraient certes de l’histoire initiale, mais qui ne collaient pas forcément à la BD. Par exemple, on a compris que, pour le film, il fallait que la narration soit plus immédiate et plus directe que celle du roman graphique, par nature plus littéraire.

 

Comment se sont esquissés les personnages ?


Fabrice-Luchini---Gemma-Arterton---Gemma-Bovery.gifOn souhaitait que le boulanger vive l’histoire au premier plan, et que toute l’intrigue se déroule à travers son regard – à l’inverse du livre qui multiplie les points de vue, ce qui aurait créé de la confusion dans le film. Gemma Bovery reste assez fidèle au personnage du livre, autrement dit un croisement entre une "Madame Bovary" contemporaine et une Anglaise d’aujourd’hui, incertaine et inconstante, qui ne sait pas comment articuler sa vie affective et ce magnétisme qu’elle exerce sur les hommes, rien qu’en les regardant.En revanche, alors qu’elle peut paraître parfois antipathique dans la BD, on a essayé, avec Pascal, de la rendre attachante et généreuse : certes, elle manipule les hommes, mais presque à son insu. Du coup, dans le film, elle est moins calculatrice et elle attend quelque chose de l’amour, comme Madame Bovary. Dans le livre, Charlie est plutôt neutre, sans charisme. J’ai trouvé intéressant qu’il ne soit pas trop flamboyant, mais qu’il ait quand même du charme. Quant à Patrick, c’est un séducteur compulsif dans la BD : j’ai choisi d’en faire un personnage plus étrange, plus trouble, et plus vénéneux, ce qui donne une résonance plus ambigüe au dénouement de l’histoire.

 

Le boulanger se prend pour un deus ex machina, qui s’amuse à tirer les ficelles…


Fabrice Luchini - Gemma Bovery 1Oui, car c’est un conteur, à mi-chemin entre un metteur en scène et un écrivain, qui intervient dans le réel. Au marché, devant sa boulangerie, il confie au spectateur qu’il est comme "un metteur en scène qui vient de crier Moteur !». Il voit le jeune châtelain, qu’il a lui-même présenté à Gemma, venir à sa rencontre : il imagine alors leurs dialogues à voix haute, et ses "créatures" répètent ses propres répliques, comme s’il était un démiurge. Bien sûr, il en est troublé. Au fond, il est tellement impliqué dans l’intimité de ces personnages qu’il vit les histoires des autres par procuration.

 

Ce qui ne l’empêche pas de souffrir, bien au contraire.


Que ce soit en observant la maison d’en face à travers sa fenêtre, ou bien au marché, où il examine la cristallisation qu’il a luimême provoquée entre le châtelain local et Gemma, il construit un dispositif qu’il redoute, en organisant des relations qui le font souffrir. Alors qu’on peut imaginer qu’il a connu des débordements amoureux par le passé, depuis qu’il a repris la boulangerie et qu’il est cadré par une vie familiale structurante, il est en quelque sorte "stabilisé". Et soudain, la venue de Gemma vient bousculer cet équilibre. C’est assez fulgurant et, peu à peu, en raison du nom puissamment évocateur de la jeune femme, il fétichise la relation. Car sa passion est double : elle se polarise sur la projection de ce destin parallèle qu’il imagine – et que Gemma s’apprête à emprunter – et sur le trouble érotique suscité chez lui par cette femme irrésistible. Quand il dit que dix ans de tranquillité sexuelle ont été abolis d’un coup par un "geste insignifiant", il révèle son hyper-sensibilité. Et comme souvent, les amours platoniques font souffrir, de façon d’autant plus insoluble qu’elles ne se confrontent pas à la réalité.

 

Pour autant, le "metteur en scène" qu’est Martin ne peut pas empêcher l’inéluctable…


Il y a une ironie permanente dans la manière dont Gemma, à son insu, marche dans les pas d’Emma Bovary... cela en dit long sur la fatalité et la cruauté du destin. Et malgré tout le savant échafaudage de Joubert, la situation lui échappe, ce qui le rend d’autant plus humain. D’ailleurs, quand il déclare que "la vie imite l’art", il se retrouve dans la position de celui qui n’a d’autre choix que de laisser les choses arriver sans pouvoir les contrôler. Les rapports entre l’imaginaire, le destin et la réalité me fascinent et créent un effet de surprise : c’est – je crois – ce qui éloigne le film des comédies romantiques classiques.

 

On pourrait croire que le personnage de Martin a été bâti sur mesure pour Fabrice Luchini…


Et pourtant, il a été imaginé par une Anglaise !

 

Fabrice-Luchini---Gemma-Bovery-copie-1.gifMais quand j’ai lu le roman graphique, j’y ai immédiatement superposé Fabrice Luchini, pas seulement en tant qu’interprète, mais comme un être qui a Flaubert dans le sang, au plus profond de lui. Étant donné que je le connais bien, et que je l’ai si souvent entendu parler de Madame Bovary de manière incarnée, j’ai eu le sentiment que ce rôle n’attendait que lui.

 

J’ai donc écrit le scénario en me disant qu’il y avait une probabilité assez forte pour que le personnage lui plaise, et pour qu’il soit touché, tout comme moi, par cet obsessionnel littéraire, menant une vie tranquille de boulanger jusqu’à ce qu’une rencontre fantasmée transforme sa propre réalité. C’était formidable d’avoir un acteur tel que Fabrice car il a le sens de la fantaisie et du décalage, mais aussi le plaisir et l’amour des mots – ce qui correspond au sujet même du film. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un tel interprète parce que seul Fabrice pouvait faire passer cette obsession pour Madame Bovary comme quelque chose de tout à fait naturel. Le processus d’incarnation du protagoniste – et sa folie aussi – se concrétise dès qu’il prononce, avec sa manière inimitable, Gemma Bovery. C’était d’autant plus important qu’il s’agit d’un personnage qui observe la vie des autres par une fenêtre, ce qui le place dans une position de voyeur qui projette des histoires. Comme je trouvais que le personnage était proche d’un metteur en scène, il y avait un lien souterrain très fort entre nous.

 

On l’a rarement vu au cinéma sous cette lumière.


Je voulais le rendre beau, je tenais à ce qu’on voie ses yeux verts perçants et éclatants : comme il joue un personnage qui semble avoir une vie sexuelle plutôt vague, je trouvais intéressant de lui donner du charisme physique. Le fait qu’il soit plus mûr aujourd’hui lui va très bien : il y a une intensité et une sobriété qui se sont déposées sur son visage.

 

Comment le dirigez-vous ?

 
Avec lui, j’expérimente, et toujours de manière ludique. On cherche des tonalités, on va trop loin dans une direction, on fait plusieurs essais, puis on revient en arrière : il faut trouver le ton exact en se demandant jusqu’où on peut aller. Je ne le bloque jamais en lui imposant un cadre trop contraignant : on tourne neuf ou dix prises, et puis je lui dis "maintenant, oublie ce que je t’ai dit, et fais ce que tu veux". Mais ce qui compte avant tout, c’est la confiance absolue qui règne entre nous.

 

Fabrice-Luchini---Gemma-Arterton---Gemma-Bovery-copie-1.gif.Fabrice-Luchini---Gemma-Arterton---Gemma-Bovery-copie-2.gif

 

Avez-vous pensé à Gemma Arterton après avoir vu Tamara Drewe ?


J’avais vu Gemma dans
Tamara Drewe et d’une certaine façon, je m’étais dit qu’à partir du moment où elle avait déjà incarné un personnage de Posy Simmonds, cela ne l’intéresserait pas. J’ai donc rencontré des actrices anglaises avec un objectif en tête : il fallait qu’elles soient sexy en parlant le français. Mais aucune parmi celles que j’ai rencontrées n’a provoqué chez moi une évidence. Finalement, j’ai rencontré Gemma, et dès qu’elle a ouvert la porte et qu’elle m’a lu un petit texte en français qu’elle avait écrit, j’ai compris que j’avais affaire à une bombe atomique : elle dégage une énergie qui fait qu’on ne peut pas ne pas l’aimer. Elle a une beauté chaleureuse et généreuse, qui ne vous met pas à distance, si bien que ses hésitations et ses allers-retours sont imputables à sa jeunesse et à sa fraîcheur, et pas à de la manipulation. Je n’ai même pas eu besoin de lui faire faire des essais : elle est venue trois mois en France pour s’immerger dans la culture locale avant de travailler le personnage. Pour éviter qu’elle ait un jeu trop figé en parlant le français – ce qui est un risque chez les acteurs qui apprennent une langue étrangère –, je lui ai demandé de bouger constamment et
d’être dans l’action. Pour finir, elle est arrivée extrêmement préparée sur le plateau, en me disant que le personnage était proche d’elle.

 

Gemma-Arterton---Gemma-Bovery.gif

 

Gemma Arterton

Et pour les autres rôles ?


À partir du couple Fabrice-Gemma, j’ai choisi les comédiens qui gravitent autour d’eux. Car les personnages secondaires introduisent l’idée de ces Anglais qui considèrent la France comme un havre de verdure, et le regard parfois méfiant des Français sur les Anglais. Même si ce n’est pas le sujet dominant du film, cela enrichit la partition principale. J’ai été très contente de confier à Elsa Zylberstein le rôle d’une femme borderline qui a des phobies étranges et des conceptions insolites du goût et de la nourriture. On a écrit plusieurs de ses répliques ensemble, et j’ai été étonnée par sa capacité à être drôle sans tomber dans le ridicule. Elle incarne très bien l’esprit de Posy Simmonds, chez qui les personnages sont parfois à la limite de l’outrance, tout en restant attachants.


Isabelle Candelier, que j’avais aimée chez Bruno Podalydès, (Adieu Berthe - l'enterrement de mémé) a un rôle ingrat en apparence, mais très drôle et efficace : elle campe une femme un peu pète-sec, les pieds bien sur terre, tour à tour exaspérée et indulgente face à un mari enfermé dans son monde intérieur, et ils formaient un couple complémentaire.

 

La famille est complétée par Kacey Mottet-Klein, qui était déjà formidable dans Gainsbourg ou les films d’Ursula Meier, (Home et  L'Enfant d'en haut) et dont la singularité est étonnante.

 

Pour Hervé, le jeune châtelain, fils de famille un peu faible incarnant une sorte de jouet sexuel, j’ai choisi Niels Schneider après l’avoir découvert dans les films de Xavier Dolan, (J'ai tué ma mère) où je trouvais qu’il avait une tête d’angelot : entre la statue qui se casse et lui, il y a comme une connivence dans la fragilité.

 

Niels-Schneider---Gemma-Arterton---Gemma-Bovery.gif

 

Niels Schneider et Gemma Arterton


Dans le rôle de sa mère, Edith Scob, que j’aime depuis toujours, donne une dimension d’étrangeté comique au film, presque surnaturelle.

 

Et Pascale Arbillot nous a fait l’amitié de venir donner le petit clin d’oeil final...

 

Pour les Anglais, j’avais repéré Mel Raido, qui interprète Patrick, dans une série britannique : j’ai aimé son côté vénéneux et étrange qui distille une certaine tension.

 

S’agissant de Jason Flemyng, que j’avais remarqué dans plusieurs films, je l’ai choisi parce qu’il incarne la gentillesse et la générosité, et qu’il a l’air d’un type bien. C’était d’autant plus émouvant qu’il est l’homme trompé par tout le monde.

 

Je ne connaissais pas, en revanche, Pip Torrens, dont la composition de grand bourgeois réactionnaire mettait Fabrice Luchini en joie pendant le tournage.

 

Le film dégage une extraordinaire sensualité.


J’ai pensé que l’érotisme, oblique et indirect, devait se trouver dans les paysages et l’atmosphère de la Normandie, mais aussi dans le métier de Martin : comme il le dit lui-même, masser le pain lui procure un grand calme – c’est son "yoga". Lorsqu’il initie Gemma au pétrin, et qu’elle est tout près de lui, il y a une forme d’érotisme très fort qui émane de son souffle et de ses gestes. J’aimais beaucoup l’idée de cette fabrication artisanale
qui tranche avec une cérébralité très active : le pain a réconcilié Martin avec quelque chose de l’ordre de la nature après une carrière intellectuelle peu brillante. Comme les deux personnages n’ont pas une relation sensuelle directe, il fallait qu’on perçoive la sensualité par ailleurs.

 

Gemma-Bovery-copie-1.gifLa lumière est chaude et caressante. Comment avez-vous travaillé avec le chef-opérateur Christophe Beaucarne ?


C’est le troisième film que je tourne avec lui, après Coco avant Chanel et Perfect Mothers. C’est donc un collaborateur important pour moi. On avait défini une lumière enveloppante et chaleureuse, sans tomber dans un académisme trop lisse. On voulait un éclairage naturel et sublimé, afin qu’il y ait de la vérité, mais qu’elle soit réinterprétée, par rapport aux émotions de chaque scène. Du coup, on a choisi de tourner à un moment de l’année où la campagne normande est la plus belle : c’était d’autant plus important de donner un côté solaire au film que le sujet a une certaine noirceur.

 

Le cadre est d’une ampleur formidable.


On a tourné en Scope, mais la caméra est souvent portée, ce qui donne une impression de fluidité et de sensualité, sans nécessiter de grands mouvements d’appareil. En réalité, j’ai pensé le film à travers le regard de Luchini : même quand il n’est pas à l’image, on a le sentiment que quelqu’un rôde en permanence. Et c’est ce qui produit, je crois, un certain mystère et une certaine tension. Par ailleurs, la caméra devait faire des allers-retours assez souples entre les visions oniriques de Martin – l’hallucination dans la cathédrale ou la scène de bal d’un autre temps – et la réalité. Comme pour indiquer qu’on est constamment dans sa tête.

 

C’est la deuxième fois que vous travaillez avec Bruno Coulais après Mon pire cauchemar.


J’ai pensé que ce serait intéressant d’alterner entre une mélodie anglaise, propre à Gemma, et une musique de film proprement dite. Avec Bruno, on a cherché une voix féminine pure et gracieuse et on a été séduit par celle du groupe Moriarty. De son côté, Bruno a composé la musique en amont pour trouver un ton particulier, à la fois tonique et ironique, sans être psychologisant ou romantique. Ce qui m’a plu, c’est qu’il s’agit d’une partition qui va de l’avant, mais qui n’est ni figurative, ni redondante par rapport à l’action. C’est un vrai plaisir de travailler avec Bruno, qui sait se montrer très souple sans renoncer à son univers propre.

 

Mon opinion

 

Au départ la BD de Posy Simmonds qui reconnait "avoir emprunté" l’intrigue à Flaubert" 

 

Rien à voir avec une adaptation linéaire de Madame Bovary. Les idées voyagent entre la BD, le véritable roman pour finaliser le scénario de ce long-métrage.  L'idée est intéressante, voire sympathique. Toutefois le film ne décolle pas vraiment et se perd dans des longueurs excessives. Quelques dialogues parfois savoureux, un brin venimeux, se noient dans d'autres qui tombent dans une facilité consternante.

 

La sensualité n'a rien de débordant et reste figée dans la superbe photographie de Christophe Beaucarne.

 

Fabrice Luchini est le propre metteur en scène de son personnage. Lui, le grand amateur des beaux textes, inconditionnel de Flaubert est l'acteur idéal. Il faudrait quelques superbes envolées, dont on le sait capable, pour nous transporter et donner plus de relief à l'ensemble.

 

 

À ses côtés la belle Gemma Arterton, véritable atout charme du film, ne manque pas de sensualité, d'une belle présence et d'un talent certain. 

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

Chris 12/09/2014 13:53


j'ai été très déçu. regrette aussi que Luchini ne se soit pas laissé aller à plus "d'extravagances" littéraires. Je préfère aller le voir au théâtre.

tinalakiller 11/09/2014 23:25


Pour moi, une bonne surprise et une lecture intéressante et même originale du roman de Flaubert, qui permet de soulever des thématiques assez complexes. J'ai également beaucoup aimé Luchini,
parfait, lui qui aime tant la littérature et les femmes, et Artenton, très attachante.

 

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