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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 00:00

 

Gigi---Affiche-1.jpg


Réalisé par Vincente Minnelli 

et Charles Walters


Avec Leslie Caron, Maurice Chevalier, Louis Jourdan,

Hermione Gingold, Eva Gabor, Jacques Bergerac,

Isabel Jeans, John Abbott, Marie-Hélène Arnaud,

Hubert de Lapparent, Cecil Beaton, Edwin Jerome,


Genre Comédie musicale


Production Américaine - 1958


Date de reprise 19 décembre 2012

  

Vincente Minnelli n’est pas responsable de la totalité du film : la première preview ayant déplu aux producteurs, de multiples prises ont du être retournées concernant les numéros musicaux. Vincente Minnelli n’a pas pu les effectuer lui-même étant obligé de débuter le tournage de The Reluctant debutante. George Cukor mais surtout Charles Walters vont s’en charger. Ce dernier s’en entretient longuement dans le N°144 de la revue Positif : "C’est un sentiment curieux de venir travailler sur le film de quelqu’un d’autre et de devoir jouer au patron".

 

Pourtant le film, dans sa forme et son fond, reste typiquement minnellien, à priori plus futile que d’autres de ses musicals mais en tout cas toujours aussi enchanteur.

 

Le public et la critique de l’époque ne s’y tromperont pas et lui feront un immense triomphe.

 

Gigi marque la fin d’une période et il faudra attendre Robert Wise avec West side story pour retrouver un grand film du genre. 

 

Gigi---Leslie-Caron.jpg

 

Leslie Caron

 

Pluie de récompenses pour Gigi, entre  autres ...

 

Golden Globes 1958
- Meilleur film musical ou comédie
- Meilleur réalisateur Vincente Minnelli
- Meilleure actrice dans un second rôle à Hermione Gingold

 

Oscar du cinéma 1959
- Meilleur film pour le producteur Arthur Freed
- Meilleur réalisateur pour Vincente Minnelli
- Meilleure direction artistique pour :

William A. Horning, E. Preston Ames, Henry Grace, F. Keogh Gleason
- Meilleure photographie en couleur pour Joseph Ruttenberg
- Meilleure création de costumes pour Cecil Beaton
- Meilleur montage pour Adrienne Fazan
- Meilleure chanson originale pour Gigi,

paroles d'Alan Jay Lerner et musique de Frederick Loewe,

interprétée par Louis Jourdan
- Meilleure musique de film pour André Previn
- Meilleur scénario adapté pour Alan Jay Lerner

 

Prix David di Donatello 1959 Meilleur film étranger

 

Synopsis

 

Gigi - Hermione Gingold et Leslie Caron1900 : Paris à la Belle Epoque. L'éducation de la jeune Gigi (Leslie Caron), dont la mère célibataire, ancienne danseuse de music-hall et accaparée par son travail à l'Opéra-Comique, confie à la grand-mère Mamita (Hermione Gingold) et à sa tante Alicia (Isabel Jeans) toute l'éducation de Gigi. La mère, souhaite en faire une courtisane accomplie qui serait alors entretenue par un de ces mondains parisiens. Alicia qui a vécu richement entretenue, concocte pour Gigi une vie galante semblable à celle qu'elle a connue. Mais les plus grandes joies de Gigi, fraîche, innocente, vive et délurée, sont les plaisirs simples comme ces moments partagés avec l'élégant et riche Gaston Lachaille (Louis Jourdan) lors des visites régulières que celui-ci rend à la famille amie. Gaston Lachaille est un jeune aristocrate millionnaire et s’ennuie de tout; il est blasé de cette vie égoïste faite uniquement de plaisir et de débauche. Sans qu'il le réalise encore, Gaston est amoureux de Gigi qui, de son côté, ne rêve que de lui et de devenir sa femme. Les parentes-entremetteuses se rendent compte de leurs sentiments amoureux et proposent à Gaston d'entretenir Gigi. Gigi - Louis JourdanAlors que cette dernière s’apprête à contrecœur à accepter cette solution pour vivre avec l'amour de sa vie, Gaston se rend compte de la profondeur des sentiments que Gigi lui porte et vient demander, en bonne et due forme, sa main à sa grand-mère.

 
Le film de Vincente Minnelli est basé sur le roman de Colette.

 Jacqueline Audry en avait déjà fait une adaptation en 1949.

 

Le scénario de Alan Jay Lerner,  est un modèle de construction, jamais ennuyeux ni répétitif, toujours à la limite de la vulgarité ou de la mièvrerie sans jamais tomber ni d’un côté ni de l’autre. Et pourtant l’intrigue initiale n’était pas évidente à transposer pour arriver à un tel résultat qui oscille sans arrêt, toujours avec vigueur, élégance et gaieté, entre cynisme et mélancolie, cruauté et innocence. En effet, le cinéaste croque ce ballet de mondains avec une tendre ironie mais il ne se fait pas d’illusion sur ce mode de vie qu’il juge assez durement, les personnages qu’il décrit étant presque dans leur totalité des monstres d’égocentrisme, d’hypocrisie et de suffisance. Gigi---Maurice-Chevalier.jpg Si le résultat est pourtant aussi enchanteur, il faut dire qu’il y est bien aidé par un quatuor d’interprètes magistral. Maurice Chevalier est un narrateur et spectateur plein d’aisance et de charme mais très amoral, faisant l’apologie de la débauche; il dit en se présentant : "profession : amant et collectionneur de jolies choses". Louis Jourdan, en millionnaire blasé, aigri mais retrouvant la joie de vivre grâce à une jeune fille aux goûts simples, est très à son aise : le voir se rendre compte subitement de son amour pour Gigi et retrouver par la même occasion sa fougue et sa jeunesse est vraiment enthousiasmant. Hermione Gingold, dans le rôle de la grand-mère ambitieuse mais aimante, est savoureuse et son duo avec Maurice Chevalier, au crépuscule, se rappelant ensemble leur liaison d’un jour, est d’une nostalgie poignante mais ironique à la fois, l’amant égoïste ayant en fait tout oublié et se faisant sans arrêt reprendre par son ex-maîtresse.

 

Gigi---Maurice-Chevalier-et--Hermione-Gingold.jpg

 

 Maurice Chevalier et Hermione Gingold

 

Mais évidemment la star est bien évidemment Gigi jouée à la perfection par l’exquise Leslie Caron dont le visage et la silhouette ont bien changé et se sont bien affinés depuis ses débuts, 7 ans auparavant dans Un américain à Paris. Jamais elle n’a été aussi exquise, délicieuse et charmante; les costumes que lui a confectionnés Cecil Beaton sont absolument magnifiques que ce soit son habit marin, son ensemble écossais et la robe blanche qu’elle mettra pour sa première sortie officielle avec Louis Jourdan sont de toutes beautés. Gigi---Leslie-Caron-copie-1.jpgSon rôle de femme-enfant est inoubliable mais il a fallu la doubler pour les scènes chantées. Néanmoins le rôle titre n’est pas le personnage qui a le plus à pousser la chansonnette, la grande majorité des chansons étant dévolue aux deux personnages masculins.

 

Le récit étant essentiellement d’essence dramatique, l’intrigue ne tournant absolument pas autour du monde du spectacle ou de la chanson, il n’y avait aucune raison d’insérer à l’intérieur du film de véritables numéros musicaux ou dansés qui auraient eu un peu l’air d’être plaqués sur l’ensemble. Tous les numéros chantés s’intègrent au contraire parfaitement à l’intrigue et font toujours avancer l’action. Beaucoup de ces scènes sont mêmes partiellement chantées, Maurice Chevalier mélangeant allègrement, avec sa gouaille habituelle et son accent français à couper au couteau, dialogues et mélodies. La musique de Frederic Loewe est constamment délicieuse . Elle n’acquiert toute sa valeur qu’au bout de plusieurs écoutes car les mélodies ne sont pas tout immédiatement accrocheuses et ne se laissent apprivoiser pour la plupart qu’à une seconde vision. Mais une fois les airs en tête, il faudrait être de mauvaise foi ou ne pas apprécier ce genre de musique, pour ne pas avouer se délecter de chansons comme, chronologiquement, Thank heaven for little girl, charmante et canaille, sorte de prologue à l’histoire, la drôle It’s a bore narrant l’ennui de Gaston, l’entraînante The parisians au cours de laquelle Gigi avoue son agacement pour les mondanités et l’amour, la célèbre Gigi moitié chantée et parlée par Louis Jourdan dans laquelle, parcourant à pied un Paris magnifié par la photographie de Joseph Ruttenberg, il découvre au fur et à mesure, qu’il tombe amoureux de Gigi, I remeber it well et, pour finir en beauté, la superbe, anxieuse mais trop brève Say a prayer for me où Gigi parle à son chat de l’angoisse qu’elle a de sortir dans le monde pour la première fois avec Gaston.

 

Gigi----Leslie-Caron-et-Isabel-Jeans.jpg Leslie Caron et  Isabel Jeans

 

Durant leurs 15 années d’étroite collaboration, Arthur Freed et Vincente Minnelli ne cessent de réfléchir à des sujets susceptibles de se transformer en comédies musicales. Paris étant une ville qu’il a toujours portée dans son cœur, Vincente Minnelli souhaite lui rendre un second hommage après sa reconstitution en studio assez stéréotypée, mais néanmoins magique, dans Un américain à Paris. Il décide donc, pour la montrer sous son plus beau jour, de faire sa propre adaptation du roman légèrement graveleux de Colette. Le projet cinématographique avançant à grand pas, il contacte Alan Jay Lerner qui venait de finir la musique de l’adaptation théâtrale de My fair lady.

 

Gigi---Louis-Jourdan-et-Leslie-Caron-copie-1.jpg

 

Louis Jourdan et Leslie Caron

 

Ce dernier va alors s’efforcer d’assimiler l’univers de Colette, de dépeindre les mœurs et la moralité de l’aristocratie française de l’époque et donc, de restituer le cynisme et l’égoïsme de cette société parisienne sans que cela ne choque trop les censeurs : "Au cours de nos préparatifs, nous nous étions peu souciés du code moral. Après tout, le récit s’inscrivait dans une période déterminée. Les hommes de cette époque étaient censés entretenir des maîtresses et les montrer chez Maxim‘s. Ces courtisanes jouaient le rôle que les stars de cinéma jouent de nos jours; et les journaux de l’époque restituaient leurs ‘hauts faits" dira Vincente Minnelli. Et pourtant Arthur Freed et Vincente Minnelli devront batailler ferme pour que l’administrateur du comité de censure laisse sortir le film en l’état : en effet, par exemple, tous les personnages du film s’opposent à l’institution du mariage la trouvant vulgaire, ordinaire, gâcheuse de plaisir. Ils sortiront vainqueur de la bataille en étant très persuasifs car même la célèbre réplique de Leslie Caron à Louis Jourdan sera conservée : "Etre gentil avec toi signifie que je devrais coucher dans ton lit ! Et quand tu te fatigueras de moi, je devrais aller dans le lit d’autres messieurs". Si de nos jours, cette phrase ne porte plus à préjudice et peut prêter à sourire par le fait même qu’elle ait pu être trouvée scandaleuse, il faut se replacer à l’époque du tournage du film pour en apprécier toute la saveur.

 

Louis Jourdan et Leslie Caron Gigi---Louis-Jourdan-et-Leslie-Caron.jpg


Bénéficiant d'importants moyens, Vincente Minnelli réalise, en une suite de tableaux hauts en couleur, une reconstitution somptueuse et particulièrement soignée, voire idéalisée de la Belle Époque.


Les extérieurs sont, pour la plupart, tournés à Paris : dans les célèbres jardins des Tuileries et du Luxembourg, autour des Champs-Élysées et au bois de Boulogne pour l'essentiel.

 

Vincente Minnelli va être aidé dans sa reconstitution splendide et chatoyante du Paris du début du siècle par le talent du chef opérateur Joseph Ruttenberg et par le sens artistique sans faille du célèbre Cecil Beaton chargé de la supervision des costumes et des décors. Ce dernier s’inspirera de tableaux de peintres célèbres comme Boudin, Guys pour décrire avec magnificence ce Paris de rêve. On a souvent parlé de surcharge décorative, ici comme souvent chez le réalisateur, et pourtant, le faste minutieux de ces détails, le choix des objets et bibelots, la richesse de tous les éléments mis en place serviront, comme toujours chez Vincente Minnelli, à construire le cadre de vie de chacun des personnages et auront une fonction plus que décorative, l’attention maniaque dans l’utilisation des couleurs et décors chez le réalisateur n’ayant jamais été gratuite : il suffira pour en être encore plus convaincu de voir les mélodrames qui suivront comme Home from the Hill dans lequel toutes les pièces de la maison ont la couleur qui correspond aux caractères des personnages qui les habitent. C’est un peu la même chose dans Gigi mais comme pour un genre si léger, il est facile de taxer cette profusion de détails de facilité et de lourdeur, il était bon de rappeler qu’il n’en est rien ici.

 

Gigi---Louis-Jourdan--Eva-Gabor-et-Maurice-Chevalier.jpg

 

Louis Jourdan, Eva Gabor et Maurice Chevalier

 

D’ailleurs, puisqu’il est de bon ton de trouver aujourd’hui Vincente Minnelli superficiel et Gigi surtout, nous allons laisser la parole à Jean Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier qui dans leur prologue à leur notule sur le réalisateur dans 50 ans de cinéma américain  disent ceci qui se révèle d’une grande justesse : "Certains le trouvent superficiel, mais cette impression elle-même n’est que superficielle. Pour peu qu’on s’interroge sur son œuvre, on y sent partout une âme inquiète, une sensibilité très vive qui se dissimulent sous le masque de l’élégance, du raffinement esthétique, de la rêverie mélancolique". Maintenant qu’en est-il de Gigi justement ? Il s’agit une nouvelle fois d’un véritable moment de bonheur cinématographique. Vincente Minnelli  nous déploie la panoplie habituelle de ses talents qui, pris dans leur ensemble, confinent au génie : un raffinement esthétique de tous les instants, la surcharge décorative n’étant jamais gênante mais au contraire utilisée de manière à décrire plus précisément les personnages et leur environnement; des couleurs chatoyantes sur la corde raide de la saturation mais utilisées à bon escient comme par exemple l’appartement rouge-vif de la grand-mère de Gigi revenant comme un leitmotiv au milieu de tous les décors traversés en cours de film; une élégance dans le maniement de la caméra qui se fait la plupart du temps sensuelle, caressante et carrément aérienne dans certaines séquences musicales; une utilisation intelligente de toutes les possibilités spectaculaire du cinémascope. Bref, un spectacle visuellement somptueux.


La mise en scène est inspirée et brillante comme toujours chez cet artiste, à la fois peintre et cinéaste. L'interprétation est pleine d'assurance et, fait rarissime dans le cinéma hollywoodien, n'utilise que des artistes français pour incarner les personnages principaux.

 

 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.dvdbeaver.com

http://www.toutlecine.com

http://www.cinemovies.fr

http://www.allocine.fr

http://www.cinemovies.fr

http://fr.wikipedia.org

Published by Ciné Alain - dans Musicals
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commentaires

mitch movies 10/08/2012 19:03


J'ai eu une passion pour Leslie Caron et je reverrai ce film avec plaisir

Armelle 30/07/2012 11:44


Oui, une comédie charmante et élégante avec le très beau Louis Jourdan, l'inaltérable Maurice Chevalier et l'adorable Leslie Caron avec son petit visage si parisien et son excellente
technique de danseuse. Il y avait de la gaieté, de l'action, du rythme dans ces comédies où les Américains ont vraiment excellé. On devrait nous les repasser de temps à autre à la
télévision. Cela nous changerait de la morosité actuelle.
Bonne journée Alain. Et vive le cinéma lorsqu'il est aussi bon que celui-ci. Mais cela se fait rare.

 

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