Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 00:00

Holiday---Affiche-1.jpg

 
Réalisé par George Cukor


Avec Katharine Hepburn, Cary Grant, Doris Nolan,

Lew Ayres, Edward Everett Horton, Henry Kolker,

Binnie Barnes, Jean Dixon, Henry Daniell

 
Genre Comédie, Romance


Production Américaine - 1938.

 


Holiday---Cary-Grant-et-Katharine-Hepburn.jpgAvant d'être un film à succès, Holiday est d'abord une comédie écrite et produite pour les planches de Broadway. Ce succès scénique avait été écrit par Philip Barry, ami proche de Katharine Hepburn. La pièce fut jouée pour la première fois en novembre 1928, pour un total de 229 représentations. Le scénario de la pièce, et du film, s'inspire vaguement pour le personnage de Linda Seton, de Gertrude Sanford Legendre, une fille de millionnaire se moquant des conventions sociales, amatrice de chasse, et surtout devenue espionne pour le compte de l'Office of Strategic Services, durant la seconde guerre mondiale.


Holiday de George Cukor est un remake d'un film sorti en 1930, et signé par Edward H. Griffith, avec Mary Astor et Edward Everett Horton. Pour la petite histoire, ce dernier reprend exactement son rôle, celui de Nick Potter, dans la version de 1938.

 

Holiday---Cary-Grant-et-Katharine-Hepburn-copie-1.jpgLe passage de la scène à l’écran convenait parfaitement à George Cukor, cinéaste d’intérieurs, et passionné par l’étude psychologique de ses personnages et de leurs interactions dans un espace feutré.


En 1938, alors que George Cukor se prépare à tourner Autant en emporte le vent, film pour lequel il fut finalement remplacé par Victor Fleming, la rédaction du scénario en retarde la production. George Cukor est alors "prêté" au studio Columbia pour mettre en scène Holiday.


Bertrand Tavernier, grand admirateur du film, raconte : "Holiday, l'une des meilleures comédies de George Cukor, montre le cinéaste en pleine possession de ses moyens, en particulier dans la longue et magistrale séquence de la contre-célébration du jour de l'an dans la nursery de Katharine Hepburn, où il dirige avec aisance tous les personnages principaux, passant de l'un à l'autre avec fluidité, et ménageant une série complexe de changements de ton et d'atmosphère".

 

Synopsis

 

Holiday---Cary-Grant-et-Doris-Nolan.jpg Cary Grant et Doris Nolan

 

Johnny Case (Cary Grant), beau, insouciant et spirituel, n'a aucun mal à séduire la charmante Julia Seton (Doris Nolan), rencontrée sur les pistes de ski de Lake Placid. Julia, est tout de suite identifiable comme la parfaite jeune fille de bonne famille, qui refuse de se faire embrasser au vu de tout le monde et attend l’accord de son papa avant de se marier.

 

Par contre, Johnny trouve en la personne du frère et de la sœur de Julia, Ned (Lew Ayres) et Linda (Katharine Hepburn), de précieux alliés. Ned , noie son mal de vivre  dans l’alcool. Linda qui se décrit comme la "brebis galeuse" de la maison, apprécie le côté rêveur et désintéressé du jeune homme. Linda se révèle être, par sa fraîcheur et son esprit libertaire, bien plus proche de Johnny que Julia.

 

Holiday---Katharine-Hepburn-et-Cary-Grant.jpg

 

Katharine Hepburn et Cary Grant

 

La seule ambition de Johnny est, non pas l’argent, mais voyager et découvrir le monde, en somme vivre sa vie comme de grandes vacances, ce qui séduit Linda, trouvant cette vision nettement plus enrichissante que celle de la haute société new-yorkaise.

 

Holiday---Doris-Nolan--Katharine-Hepburn--Cary-Grant-et-Lew.jpg

 

Doris Nolan, Katharine Hepburn, Cary Grant et Lew Ayres

 

Le père, Edward Seton, (Henry Kolker), richissime banquier, autoritaire et incompréhensif, tue dans l’œuf toute velléité d’indépendance de ses rejetons.


Au milieu de cette famille de fous, Johnny est la brise de liberté, le vent frais et régénérant qui va bousculer quelque peu le statu quo de cette famille d’un autre âge...

 

Holiday---Katharine-Hepburn--Doris-Nolan--Cary-Grant-et-Hen.jpg

 

Katharine Hepburn, Doris Nolan, Cary Grant et Henry Kolker

 

Face à la détermination de Julia, Edward Seton cède et les fiançailles sont annoncées à condition que Johnny se consacre au métier de la banque. Mais Johnny propose à Julia de partir plutôt en Europe avec des amis. Celle-ci refuse, ne voulant pas quitter sa vie mondaine. Le soir des fiançailles, Johnny a disparu

 

Linda, comprend son futur beau-frere lorsqu'il disparait le jour de ses fiancailles, et court le rejoindre pour vivre avec lui d'éternelles vacances.

 

Holiday---Doris-Nolan--Cary-Grant-et-Katharine-Hepburn.jpg

 

Doris Nolan, Cary Grant et Katharine Hepburn 


Si George Cukor est légitimement considéré, à l’instar d’un Howard Hawks ou d’un Ernst Lubitsch, comme l’un des maîtres de la screwball comedy à l’américaine, cela ne sous-entend en aucune façon que ses films ne reposaient que sur des ressorts comiques. Bien au contraire, l’humour cukorien se double toujours d’une vision pessimiste et acide de la nature humaine. Dans cette version débridée et douce-amère de la lutte des classes, George Cukor pend clairement parti pour la jovialité parfois naïve des artistes et des fous, face à l’égocentrisme et à la tristesse d’une aristocratie sclérosée. 


Holiday, comme souvent chez George Cukor, est un quasi huis-clos, dont 85% des scènes se déroulent dans la maison Seton aux quatre étages et à la modernité ridicule, contemplant l’ascenseur privé qu’il vient de quitter et les escaliers, Johnny ironise : "J’aurais tout aussi bien pu marcher".

 

L’immensité des lieux permet de définir une topographie assez singulière, qui restitue aussi bien le sentiment d’oppression sociale que la solitude soudaine des protagonistes dans cette immensité froide.

 

Une bonne partie du film se passe même dans une seule pièce : la salle de jeux, mémoire d’un temps heureux, refuge de Linda contre la triste existence qui l’attend, et seul espace d’expression du délire et de la comédie. En dehors de cet espace, c’est en effet le sinistre qui domine, de concordance avec le père, un homme incapable de comprendre le rêve, le désir de divertissement ou l’amour aveugle. Holiday mêle donc les pures scènes de comédie, rapidité d’enchaînement des répliques, burlesque, jeux de mots, et les séquences amères, qui résonnent toutes dans la voix tremblante et le comportement à la limite de l’hystérie de Katharine Hepburn, oiseau emprisonné dans sa cage et dont on aurait volé les ailes.


Holiday - Katharine Hepburn et Cary Grant-copie-1Assez éloigné des screwball comedy des années 30 et 40, Holiday est plutôt une comédie romantique réunissant pour la seconde fois à l'écran Cary Grant et Katharine Hepburn. Ils jouèrent pour la première fois ensemble dans L'Impossible Monsieur Bébé réalisé par Howard Hawks en 1938, avant de se retrouver de nouveau devant la caméra de George Cukor en 1940, sur le tournage d'Indiscrétions.


Dans cette lutte de classes jouant avec la caricature, George Cukor a clairement pris parti : d’un côté, voici les "pauvres" et leur joie de vivre communicative car simple, auxquels on permet les réflexions et les actions les plus tordues; de l’autre, les "riches", égocentrés et tristes, dont les plus horribles représentants sont les cousins Seton, "l’abruti et la sorcière", que la bande de "pauvres" gratifie d’un salut nazi. Ce n’est pas une coïncidence quand on sait qu’Holiday a été réalisé alors que la puissance hitlérienne atteignait son apogée et menaçait l’Europe.

 

Le coup de foudre, sans aucun doute purement physique, liant le pauvre Johnny et la riche Julia est  dès le départ voué à l’échec. George Cukor donne vite à comprendre que les rêves de Johnny, partir en "vacances" le temps de comprendre pourquoi il travaille depuis qu’il a l’âge de 10 ans, ne sont pas en adéquation avec ceux de Julia.

 


Holiday mais surtout Indiscrétions propulseront George Cukor parmis les plus grands de la comédie matrimoniale, et sa sous catégorie particulière, la comédie dite de "remariage"; qui s'appuit sur une mécanique théâtrale huilée, ainsi qu'une vision satirique de la société et des classes qui la compose.


Si le happy-end est évidemment de rigueur, il reste pourtant à la vision de ce très beau film une sensation morose et cynique, où la lutte des classes semble ne jamais pouvoir prendre fin, où seuls ceux qui partagent de mêmes désirs peuvent communiquer et décider de faire leur chemin ensemble.

 

Plus que l’heureuse déclaration d’amour, presque évidente, de Linda à Johnny, on garde en mémoire l’impossible échappatoire du jeune frère, Ned, dont le seul choix imaginable est de donner à l’alcool la vertu d’exprimer sa rancœur et de rêver quelle aurait pu être sa vie s’il n’était pas si lâche. La grande réussite d’Holiday est de flirter avec la caricature pour mieux dresser une galerie de personnages hauts en couleur, attachants et profonds. Ned, en particulier, est aussi désopilant que pathétique dans ses dérives éthyliques.

 

La réjouissante folie douce et la mélancolie se mêlent ainsi constamment dans ce film radieux et musculairement indispensable, en ce qu’il fait simultanément travailler les zygomatiques, le cerveau et le cœur

 
Holiday - Katharine HepburnDeux ans après Sylvia Scarlett et deux avant  Indiscrétions, George Cukor retrouvait deux de ses acteurs fétiches, Cary Grant et Katharine Hepburn pour un film amer au parfum doux et suranné.


Holiday marque la quatrième collaboration entre George Cukor et Katharine Hepburn, depuis Héritage en 1932. Mais c'est surtout avec Sylvia Scarlett réalisé en 1935 que l'actrice s'impose, marquant au passage une étape importante dans la carrière du cinéaste. Lorsque le personnage féminin principal joué par Katharine Hepburn se travestit en homme, le film inaugure une dimention essentielle dans le cinéma de George Cukor. La confusion des sexes vue comme une fusion idéale des contraires.  

 

 
 

 

 

 

Sources :

http://filmandfelt.com

http://www.critikat.com - Ophélie Wiel

http://www.tvclassik.com - Antoine Royer

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

Recherche

Quelques coups de cœur 

 

 

Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

Bonne visite !

En 2016.

 

Lrs InnocentesEl Clan

 

 

 

 

 

 

TempêteLes Délices de Tokyo (An)

 

....

 

 

 

Rosalie BlumNo land's song

 

 

 

 

 

 

La saison des femmes (Parched)Julieta

 

 

 

 

 

Chala, une enfance cubaine (Conducta)Red Amnesia

 

 

 

 

 

 

Toni ErdmannTruman

 

 

 

 

 

 

Le fils de Jean

Divines

.....

 

 

 

 

 

 

Frantz

 

 

 

 

 

 

Juste la fin du mondeAquarius

 

 

 

 

 

 

 

Une vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015.

 

..Mon Fils - Eran Riklis..Gente de Bien.La Maison au toit rouge.La Tête Haute.Une Femme Iranienne "Aynehaye Rooberoo". Facing Mirrors.Une seconde mère "Que Horas Ela Volta ?".Mustang.La Belle saison.Aferim !.La dernière leçon.Ni le ciel ni la terre.Les chansons que mes frères m'ont apprises.Fatima...Mia Madre

 

 

 Mes dernières critiques ... Cliquez ICI !

Depuis 2010. Films vus et commentés.

- En 2010 - Cliquez ICI

- En 2011 - Cliquez ICI

- En 2012 - Cliquez ICI

- En 2013 - Cliquez ICI

- En 2014 - Cliquez ICI

- En 2015 - Cliquez ICI

- En 2016 - Cliquez ICI

 

 

Voir et revoir..........................................Voir et revoir.........................................Voir et revoir....................

 

Pandora "Pandora and the Flying Dutchman".Umberto D.La chevauchée des Bannis.Loin du Paradis.Une journée particulière.Le procès de Viviane Amsalem "Gett".Tout ce que le ciel permet.

 

 

Luchon. Reine des Pyrénées. Cliqez ICI.