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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 23:00

 

Horizons-West---Affiche-1.jpg

 

Réalisé par Budd Boetticher


Avec Robert Ryan, Julie Adams, Rock Hudson,

Judith Braun, John McIntire, Burt Kennedy,

Rodolfo Acosta, James Arness, Raymond Burr

Frances Bavier, John Hubbard, Dennis Weaver


Genre Western


Production Américaine 1952

 

L’année 1952 avait commencé de la plus belle des manières avec, dès ses premiers jours, la découverte d’un nouveau venu à l’intérieur du genre western, le réalisateur Budd Boetticher qui venait tout récemment de troquer son vrai prénom d’Oscar contre ce pseudo de Budd qui claquait nettement plus.

 

Horizons-West---Affiche-copie-1.jpgHorizons West est un des quatre westerns que Budd Boetticher réalisa pour le studio Universal avant d'entamer sa magnifique collaboration avec Randolph Scott et Harry Joe Brown à la production. Souvent réputés mineurs, les films de la première période du cinéaste n'en sont pas moins pour autant hautement plaisants. Que ce soit dans The Man from Alamo, The Cimarron Kid qui mettait en vedette le jeune Audie Murphy, ou le présent  Horizons West sorti en France sous le titre Traitre du Texas, la mise en scène est déjà imparable, d'une efficacité à toute épreuve dans les séquences d'action et remplie de plans superbement travaillés; et dès lors le cinéaste prend son temps à filmer les paysages et les décors. Horizons West, en à peine une heure et quart, durée moyenne de toutes les oeuvres du cinéaste, nous narre une intrigue plus  riche, plus ample, plus ambitieuse que celle de son western précédent.

 

A peine dix mois après, The Cimmeron Kid, Horizons West toujours écrit par le même Louis Stevens, ce film vient nous confirmer que ce premier western prometteur n’était pas qu’une réussite isolée, et entérine l’immense talent et l’extrême efficacité du cinéaste.  

 

Habitué des durées courtes avec lesquelles il s'en sort habituellement avec maestria, pour une fois justement, il aurait fallu un peu plus de temps à Budd Boetticher pour approfondir les nombreuses pistes sur lesquelles il nous lance et pour pouvoir étoffer certains de ses personnages.  

 

Robert Ryan est parfait dans un personnage assez complexe, Julie Adams superbement photographiée et tous les seconds rôles sont parfaitement campés.  

 

Outre sa réalisation efficace et de formidables scènes de bagarre, ce film vaut aussi par le contraste entre le vil héros superbement incarné par Robert Ryan et la pureté de son frère joué par Rock Hudson.


Un film qui ne paie pas de mine de prime abord, mais qui dévoile ses multiples richesses au fil des visionnages, ce sera d’ailleurs vrai de tous les westerns du cinéaste. Esthétiquement, c'est un régal pour les yeux, les décors et les costumes s'avérant opulents et chatoyants, magnifiés par un glorieux Technicolor. Les extérieurs sont également splendidement photographiés même si peu nombreux car le film, basé en quelque sorte sur le schéma des films de gangsters, se déroule avant tout dans les intérieurs de saloons, des salles de jeux, des tribunaux, des salons, des banques ou des bureaux. 

 

Horizons-West---Photo.jpg

 

Le film débute par une séquence assez bucolique se déroulant au milieu de paysages de collines verdoyantes somptueusement mises en valeur par le cinéaste et son chef opérateur, le fameux Charles P. Boyle.

 

 

Synopsis

 

Trois soldats discutent de leur avenir tout en chevauchant lentement, l'un d'eux prenant même le temps de porter secours à un agneau englué dans la boue. S'ensuit l'arrivée à Austin où les trois hommes sont étonnés de trouver une ville autrefois bruyante et animée, métamorphosée en cité "bon chic bon genre", propre, calme et opulente.

 

Horizons-West---Robert-Ryan.jpg Robert Ryan

 

De retour de la Guerre de Sécession après la défaite de leur camp, les frères Hammond, Dan (Robert Ryan) et Neil (Rock Hudson), accompagnés par Tiny Tiny McGilligan (James Arness), un employé du ranch de la famille Hammond, retrouvent la ville d’Austin dans le Texas, totalement métamorphosée par l’argent frais venu du Nord.

 

Rock Hudson Robert-Ryan---Rock-Hudson.jpg

 

Neil Hammond d'un naturel débonnaire, est ravi de rentrer au pays; éternel optimiste, il a déjà oublié les conflits pour pouvoir faire table rase du passé et se tourner vers l'avenir qu'il conçoit tranquille et laborieux au sein du ranch familial

 

Tiny, est jovial, grand gaillard qui se voit déjà repeupler le Texas à lui tout seul, il se nomme lui-même et  en français  le "repopulateur " !.

 

En revanche Dan Hammond est moins frivole, son regard est plus sombre et il a du mal à digérer la défaite Sudiste : "Je n’aime rien perdre [...] Je suis un vaincu qui rentre ruiné."

 

Marqué par l’humiliation de la défaite, jaloux des fortunes accumulées par les Yankees en son absence et ne se sentant plus en phase avec la vie familiale et laborieuse dispensée au ranch, Dan Hammond décide d’amasser de l’argent le plus vite et le plus aisément possible. Il se fait d’abord présenter chez les notables et riches hommes d’affaires de la ville, qui l’humilient en public en lui faisant bien comprendre qu’ils ne font pas partie de la même classe. Il se rabat alors sur les laissés-pour-compte de la guerre, les déserteurs et soldats des deux camps à qui il propose de former un gang de voleurs de bétail. Les bêtes, il les conduit dans la "Zona Libre" entre le Mexique et le Texas, où il les revend à un renégat mexicain qui s’est fait nommer General José Escobar Lopez (Rodolfo Acosta) de ce territoire-frontière inviolable.  La richesse commence à s’accumuler pour Dan. Cold Hardin opulent et vil rancher (Raymond Burr), qui a fait le rapprochement entre Dan et les voleurs de bétail a fait fouetter Neil à coups de ceinturon, en dépit du fait qu'il ne soit pas au courant des magouilles de son frère. Dan viendra à son secours, tuant Cold Hardin et certains de ses hommes.


Horizons-West---Robert-Ryan-et-Rock-Hudson.jpg

 

Par l'intermédiaire du faux témoignage de la veuve du mort, la jolie Lorna Hardin (Julie Adams), Dan sera acquitté et innocenté. Il va pouvoir entreprendre de réaliser ses rêves de grandeur en se faisant aider par des hommes de loi et des juristes véreux : "Tout au sommet, on jurera que je n’ai jamais rien fait de mal." Sa tête enfle, sa cruauté aussi.

 

Horizons-West---Julie-Adams.jpg  Julie Adams


Il commence à faire régner la terreur sur la contrée, arrivant à exproprier les colons et s’appropriant un maximum de terres dans la "légalité"Lorna Hardin avoue à Dan, sans ambages ni honte, avoir épousé son mari uniquement pour sa richesse et n'hésite pas à se jeter dans ses bras une fois son époux tombé sous les balles de ce dernier ! Et, même si elle sait que la fortune de Dan est au moins aussi grande que celle de feu son époux, on ressent que cette fois, elle est dans le même temps amoureuse.

Mais, alors qu’il se construit un véritable empire sur le dos des pauvres gens, Dan va bientôt être confronté aux propres membres de sa famille, notamment son frère et son père (John McIntire) qui ne supportent plus ses exactions...

 

Horizos-West---Robert-Ryan-et-Raymond-Burr.jpg

 

Horizons West s'avère classique dans sa mise en scène et dans son traitement de l'intrigue, il n'en demeure pas moins très réjouissant, nerveux et ludique. Il fait d'ailleurs énormément penser dans son déroulement dramatique à de nombreux films de gangsters des années 30 narrant les parcours chaotiques des plus grands bandits de l'époque interprétés avec conviction par des James Cagney, Paul Muni ou Edward G. Robinson. Ascension et chute, grandeur et décadence de criminels dont Budd Boetticher reprendra le schéma pour l'un de ses derniers films, The Rise and Fall of Legs Diamond réalisé en  1960 et dont Horizons West pourrait être une sorte de brouillon.

 

Julia Adams non seulement charmante mais également bonne comédienne trouve ici un rôle à sa mesure, celle de l'épouse d'un rancher riche mais cruel, dédaigneux et imbu de sa personne, un personnage génialement tenu par Raymond Burr dont les scènes qui l'opposent à Robert Ryan restent mémorables, notamment la première autour d'une table de poker qui se termine par l'humiliation du "paysan" par le notable sous la forme d'une gifle magistrale, qui lui sera retournée un peu plus tard avec la même violence.

 

 

Dan a beau être devenu un salaud, Lorna a beau le savoir sans nécessairement l'approuver, leur amour est bel et bien réel et surtout convaincant pour le spectateur. Malgré le fait qu’ils soient devenus détestables vis-à-vis des autres, il est néanmoins impossible de ne pas les trouver un minimum attachants, d’autant que Lorna se révèle être pour ne rien gâter une femme moderne qui n'aime ni les convenances ni le code de l'honneur.

 

Quant à l'autre personnage féminin, la petite amie de Rock Hudson, jouée par Judith Braun, les scénaristes s'en désintéressent totalement et son rôle n'apporte pas grand chose à l'intrigue.

 

 

Horizons WestDe retour au ranch familial les retrouvailles sont chaleureuses. S'ensuivent des scènes que l'on a peu l'habitude de trouver au sein du western : des embrassades fraternelles, le feuilletage d'un album photos autour de la mère, la touchante Frances Bavier, des conversations à bâton rompu avec le père, John McIntire, toujours parfait, la réelle tristesse qui perce du regard de Dan du fait de ne plus se sentir à l'aise chez lui malgré son amour pour ses proches... À l'occasion de l'anniversaire de mariage des parents, un peu plus tard dans le courant du film, on retiendra une discussion très émouvante dans la cuisine entre le père et le fils aîné, Dan étant d'une grande franchise, d'une grande crudité même avec son père à propos de ses rêves d'avenir : "Tu as 65 ans et ton ranch n’est toujours pas amorti. Jamais je n’aurais cette patience. À Austin, les fortunes se font en 48 heures." Bref, Dan décide de quitter le nid pour se rendre à Austin à la recherche d'une fortune aisée et rapide. Il va trouver un ami qui travaille dans une banque interprété par John Hubbard, parfait lui aussi, comme la plupart des seconds rôles, pour lui demander de lui présenter les notables de la ville. Sa devise est désormais celle-ci : "Je peux oublier mes convictions et mes rancœurs contre de l’argent." Mais son entrée dans la haute société ne se déroule pas comme il l'aurait souhaité, et il se retrouve humilié en public dans la fameuse séquence de poker évoquée plus haut. Horizons WestEn colère, il se rend de nuit dans un camp situé proche des terres familiales, un camp où se trouvent réunis tous les "rebuts" de la guerre : des déserteurs, des soldats yankees et des confédérés n'ayant pas réussi à se réintégrer dans la société au retour du conflit.

 

Et c'est là l'occasion une fois encore d'exprimer une vision assez neuve dans un western, celle presque fantasmatique et fantomatique de ce campement nocturne vu en plongée à partir d'un large plan d'ensemble. Nous n'y distinguons tout d'abord que de multiples trouées lumineuses issues des divers feux de camps au milieu desquels semble grouiller une faune bigarrée et tumultueuse ; parmi celle-ci, un personnage haut en couleur, "Dandy Taylor", qui offre l'occasion à Dennis Weaver de tenir son premier rôle au cinéma, assez mémorable d'ailleurs de par son sourire carnassier et ses tenues extravagantes. Après que Dan a prouvé sa force et son courage par un combat à mains nues d'une grande nervosité.  Il prend la tête de cette bande d'hommes qui n'ont plus rien à perdre, promettant à ces "épaves de la guerre" la fortune par le vol de bétails. Horizons-West-copie-1.jpgBudd Boetticher en profite alors brièvement pour nous offrir des plans identiques à ceux du Red River de Howard Hawks mais en Technicolor ; le troupeau ayant traversé le Rio Grande, nous voilà dans la "Zona Libre", territoire-frontière dominé par un renégat mexicain qui s'est fait élire Général et qui achète le bétail et les autres biens en fixant lui-même ses prix. En échange de quoi, les bandits peuvent venir se réfugier dans cette "République" sans loi. Encore une nouveauté du scénario, et encore une amusante mais courte prestation de Rodolfo Acosta dans le costume de ce dictateur d'opérette.

 

Le personnage de Robert Ryan perd tout sens moral tout en en étant parfaitement conscient, hanté par des démons qu'il n'arrive pas à faire taire : "Cruauté et ambition sont ancrées en moi" avouera t-il à son père venu l'arrêter à la toute fin du film qui s'avèrera une nouvelle fois assez émouvante, Budd Boetticher et son scénariste abandonnant leur antihéros à son sort non glorieux sans avoir versé une larmichette à son encontre. Il faut dire que le talent de Robert Ryan et l'écriture du personnage par Louis Stevens auteur de l'histoire qui nous est contée ici, sont tellement riches qu’ils ont réussi à nous faire éprouver de l'empathie pour cet homme pourtant devenu haïssable sous presque toutes les coutures, pratiquant comme il respire l'extorsion, le meurtre, la corruption et même le parricide.

 

 

 

73436969_p.jpg

 

 

Robert Ryan use de ses poings à plusieurs reprises et avec une grande efficacité tout au long du film, et semble prendre un malin plaisir à découvrir son torse qu'il dévoilait déjà avidement dansBest of the Bad Men l'année précédente; sur les deux affiches aussi d'ailleurs.

 

 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.tvclassik.com

http://www.imdb.com

http://tcmcinema.fr

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

roijoyeux 05/12/2014 16:09


j'aimerais bien voir ce film, merci Alain pour cet article toujours très informatif

Agnès 18/07/2012 23:06


j'ai adoré ce film tout y est pour moi il reste un très grand souvenir

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

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