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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 23:00

 

Date de sortie 3 avril 2013

 

Inch-Allah---Affiche-1.gif


Réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette


Avec Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy,

Yousef 'Joe' Sweid, Hammoudeh Alkarmi, Carlo Brandt,

Zorah Benali, Marie-Thérèse Fortin, Ahmad Massad,

 
Genre Drame


Production Canadienne, Fançaise

 

Synopsis

 

Chloé (Evelyne Brochu), une obstétricienne québécoise, habite en Israël mais travaille dans un camp un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie.


Entre les check points et le mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent de chaque côté

 

Elle se lie d'amitié avec sa voisine de palier Ava (Sivan Levy), une soldate israélienne chargée de la surveillance de la frontière, mais aussi avec Rand (Sabrina Ouazani), une Palestinienne qui va bientôt accoucher et qui fréquente la clinique dans laquelle Chloé, accompagne les femmes enceintes, sous la supervision de Michaël (Carlo Brandt), un médecin d'origine française. 

 

Elle se rapproche de la famille de Rand et vit quelques temps auprès d'eux.

 

Soraïda (Zorah Benali ), la mère. Mais aussi Faysal (Yousef 'Joe' Sweid), le frère aîné de Rand est résistant passionné. Safi (Hammoudeh Alkarmi), le cadet de la famille, un enfant brisé par la guerre qui rêve de voler au-delà des frontières

 

Alors que les attentats-suicides en sol israélien et les représailles de l'armée dans le camp s'accumulent, la tension monte à la frontière.

 

À leur contact, Chloé va progressivement remettre ses repères en question et la situation devient insoutenable. Progressivement, elle se fait happer par le conflit. Elle devient elle-même un champ de bataille. Elle perd ses repères. Elle se noie.

 

Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes.

Pour Chloé, Inch'Allah est de ces voyages-là.

 

Inch-Allah.gif


Sabrina Ouazani, Evelyne Brochu et Zorah Benali  

 

Inch'Allah est le deuxième long métrage d'Anaïs Barbeau-Lavalette.

 

Après des études à l’INIS, Anaïs Barbeau-Lavalette réalise de nombreux documentaires et courts métrages au début des années 2000 qui suivent ses différents voyages et engagements humanitaires aux quatre coins du monde.
En 2007, elle réalise
Le Ring, un premier long métrage de fiction sélectionné aux festivals de Pusan et de Berlin en 2008. Il remporte également plusieurs prix dont :


- Le Grand prix du jury au Festival de Taïpei,

- Le prix de la Meilleure réalisation au Festival Miradas de Madrid,

-Le Prix spécial du jury et

Le Prix du Meilleur acteur au Festival de Vladivostok en Russie.

 

Anaïs Barbeau-Lavalette mène aussi un travail d’écriture et publie son premier roman en 2010, Je voudrais qu'on m'efface, puis, en 2011, Embrasser Yasser Arafat, un recueil de chroniques inspiré de ses séjours en Palestine.

Inch-Allah-copie-1.gifLa réalisatrice entretient une relation très fusionnelle avec la Palestine, un territoire qu'elle a découvert lors d'un précédent tournage pour un documentaire Si j’avais un chapeau. "Nous tournions dans un camp de réfugiés, avec des enfants. J’ai eu comme un appel, un réel coup de foudre, avec tout ce que ça peut avoir d’ambigu. Un mélange d’amour/haine, de fascination et de confrontation. J’ai décidé d’y retourner pour une plus longue période. J’y ai étudié la politique et l’arabe. Je m’y suis fait des amis. Mon séjour n’a pas été simple. J’ai été ébranlée à plusieurs reprises, particulièrement comme femme. Plusieurs fois je me suis demandée ce que je faisais là. Dans une société aux antipodes de ce qui me définit dans ma chair, dans mon âme : la liberté. Puis j’ai compris que c’est sans doute ce paradoxe qui m’interpellait. Le fait que ce lieu que j’aime, si riche de ses gens, de ses résistants du quotidien, soit privé de cette liberté qui est essentielle à l’être humain. Autant à l’intérieur (celle des femmes) qu’à l’extérieur (du fait de l’occupation). C’est ça quelque part qui me faisait m’y accrocher. J’y suis retournée plusieurs fois, dans plusieurs villes, et plus j’y revenais, moins je comprenais, plus je souhaitais m’y enfoncer. J’ai commencé à écrire mon scénario là-bas, suite aux rencontres que j’y ai faites. la plupart des personnages sont inspirés de personnes réelles.", se remémore la réalisatrice.

   
Anaïs Barbeau-Lavalette s'intéresse aux conséquences que peut avoir une guerre sur une personne étrangère et a priori non concernée par le conflit : "Je n’aurais pas osé faire une fiction dans cette région sans passer par le regard d’un ou d’une Québécois(e). Et c’est d’ailleurs ce qui m’intéresse dans le film. À quel point un conflit qui ne nous appartient pas peut-il devenir le nôtre ? Au fur et à mesure, le personnage de Chloé devient un champ de bataille. Elle est avalée par la guerre. Elle ne peut pas rester simple témoin. C’est ce que j’avais envie d’exprimer. Dans un tel contexte, nos barrières de protection tombent. Tout ce qui nous forge est menacé. C’est ça, la guerre. Elle peut entrer en nous et nous ravager. Nous ne sommes pas immunisés contre ça. La guerre n’appartient pas qu’aux autres. Je pense qu’en suivant un alter ego, on est plus en mesure de saisir "l’humanité" derrière "l’inhumanité" de la guerre. Chloé pourrait être moi, ma sœur, ma voisine. Son cheminement pourrait être le nôtre. C’est ce qui m’intéresse. D’ailleurs, plusieurs femmes, américaines, anglaises ou même israéliennes, sont actuellement en prison en Israël à la suite d’une déroute similaire à celle de Chloé. Je n’ai rien inventé".

 

Inch-Allah-copie-2.gifLe personnage de Chloé interprété par Evelyne Brochu permet aussi l'identification et l'implication du spectateur .

Evelyne Brochu a accompagné la réalisatrice lors d'un voyage de répérage en Palestine et en Israël, afin de se confronter à cette région du monde qu'elle ne connaissait pas : "C’était donc important de briser la glace avant le tournage. Elle a ainsi pu voir, ressentir le Mur, les check points, l’occupation, les camps. Rencontrer les Palestiniens et les Israéliens. Vivre la différence. C’était important qu’elle éprouve tout ça physiquement, puisque la majeure partie du film ne serait pas tournée là-bas". L'apprentissage de l'arabe palestinien était aussi primordial.

 

Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2005, Evelyne Brochu débute sa carrière à la télévision et au théâtre. Au cinéma, elle débute aussi sa carrière dès 2005 avec le film Cheech réalisé par Patrice Sauvé, puis en 2008 Polytechnique de Denis Villeneuve. Récemment, on a vu Evelyne Brochu dans Frisson des collines de Richard Roy, puis dans Café de Flore de Jean-Marc Vallée.

 

À la question : On confronte chloé. on lui dit que ce n’est pas sa guerre. On la repousse. On pourrait vous dire la même chose. Que répondez-vous ?
Anaïs Barbeau-Lavalette "Et si ça pouvait devenir un peu ma guerre ? Ça devient certainement celle de Chloé, dans toute son absurdité. Si ce n’est pas ma guerre, c’est très certainement une guerre qui fait maintenant partie de moi. Qu’on le veuille ou non. En tant que cinéaste, c’est de ma guerre à moi que j’ai l’impression de parler. De celle qui m’habite. Je n’ai pas la prétention de parler des douleurs des autres, de ceux qui côtoient la guerre ou pour ceux qui y réfléchissent au quotidien. Mais je n’ai pas non plus l’impression d’être imposteur. Je l’ai rencontrée, cette guerre. Elle aussi m’a rencontrée."

 

Inch--Allah.gif


Evelyne Brochu et Sivan Levy

 

Il a fallu beaucoup de temps et de patience pour trouver les interprètes qui incarneraient Rand et Faysal. Anaïs Barbeau-Lavalette souhaitait vraiment trouver une Palestinienne pour Rand, mais après un processus assez laborieux, l'équipe du film a constaté qu’il serait très ardu de trouver une jeune comédienne palestinienne pouvant se déplacer facilement en Jordanie pour le tournage. De plus, les comédiennes palestiniennes rencontrées ne correspondaient pas à l’énergie recherchée pour ce personnage. À la fois femme et enfant, fougueuse, tragiquement vivante. La réalisatrice se souvient des prestaations de Sabrina Ouazani dans plusieurs films dont L'esquive d'Abdellatif Kechiche réalisé en 2003, dans lequel elle joue le rôle de Frida qui lui a valu d'être nommée Meilleur espoir féminin aux César.  Elle a également joué dans La Graine et le mulet du même réalisateur en 2007 et Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois. Les deux femmes se sont rencontrées à Paris. Sabrina Ouazani a fait une très belle audition. De parents maghrébins, elle ne parlait pas l’arabe palestinien, alors elle a travaillé très fort en amont pour avoir un accent adéquat et elle avait une coach sur le tournage. Elle incarne Rand avec panache.

 

Inch'Allah - Evelyne Brochu et Yousef 'Joe' Sweid

 

Yousef 'Joe' Sweid, acteur connu au Moyen-Orient, incarne pour sa part Faysal. On a pu le reparquer dans des films de comme The Bubble ou encore Tu Marcheras sur l'eau.

 

Sivan Levy incarne Ava. Israélienne de Tel-Aviv, c’est aussi une comédienne professionnelle qui poursuit en ce moment des études en français à Paris. Elle était ravie de jouer en français, une grande première pour elle. Plusieurs Israéliens sont d’ailleurs francophiles.

 

Quant à Safi, interprété par le jeune Hammoudeh Alkarmi, c’est la perle rare, d'Anaïs Barbeau-Lavalette. Découvert lors du processus de casting sauvage dans le camp de réfugiés. Il était là, parmi la centaine d’autres petits garçons. La réalisatrice l'a remarqué tout de suite, parce qu’il dégageait à la fois quelque chose d’étrange et d’extrêmement doux. "Il avait réellement l’aura du personnage : coupé du monde, sans être faible ou misérable. Il gardait une certaine fierté, malgré sa différence. Le personnage de Safi est très important pour moi. Bien que secondaire, il offre une touche poétique au film, autrement réaliste. Apolitique, il rêve de voler au-delà des frontières. Ce qu’il fait à sa manière." commente-t-elle.

 

Inch-Allah---Inch-Allah---Hammoudeh-Alkarmi-1.gif

 

Pour les séquences de tournage dans les camps de réfugiés palestiniens, la réalisatrice a tenu à faire participer la population même de ces camps, comme elle l'explique : "Il a fallu créer des contacts dans les camps, les bons contacts. À travers eux on a pu rencontrer la population et organiser le tournage. Les gens des camps y ont participé, notamment à la sécurité et à la figuration. le tournage créait un grand événement et de l’excitation. On a minimisé les tournages de nuit, plus risqués. Quand les scènes le permettaient, on y intégrait la population. Nous avons fait une grande partie du casting dans les camps de réfugiés : il fallait voir la centaine de gaillards en attente devant notre petite maison, où l’on avait improvisé un espace d’audition.

 

Inch-Allah-copie-5.gif

 

Être né dans un camp, ça ne s’invente pas. Ça se marche, ça se parle, ça paraît !

 

Je tenais vraiment à ce que le casting des enfants en soit un de terrain. On a donc choisi tous les enfants à même les camps de réfugiés ou dans le dépotoir que l’on voit dans le film. J’étais partie du même principe pour le casting de Jessy dans Le Ring, mon premier long métrage. Je crois à la vérité physique des enfants, elle raconte beaucoup plus que les mots.".


L’histoire d'Inch'Allah se passe entre un camp de réfugiés en bordure de la ville de Ramallah, en Palestine, où travaille Chloé, et Jérusalem, en Israël, où elle habite. L'équipe a tourné quelques scènes à Ramallah et le long du Mur de séparation, ainsi qu'à Tel-Aviv.

 

Mais la majeure partie du film a été tournée à Amman, en Jordanie.

 

Inch-Allah---Le-mur-gif

 

André-Line Beauparlant signe la conception visuelle du film. Elle a fait un travail monstre. La base du dépotoir existait déjà, avec ses enfants qui y travaillaient montés sur des ânes et ses feux qui brûlaient çà et là. "Nous l’avons magnifié, grossi et rendu plus coloré. Je ne voulais pas d’un dépotoir triste et misérable. Les enfants y rigolent et travaillent en petits adultes, c’est la vie qui l’emporte." note la réalisatrice.

 

Mais surtout, il a fallu reconstruire le Mur bordant le dépotoir ! C’est 300 mètres de béton monté à l’image du Mur de séparation, sur un chantier dirigé par André-Line dans un pays où les femmes d’ordinaire ne mènent pas !

 

Inch-Allah---Le-mur.gif

 

"Au beau milieu du désert jordanien, sur une vraie base de l’armée, nous avons recréé une zone frontalière de toutes pièces. Tout a l’air vrai, autant les gens que les lieux, mais tout est mis en scène", déclare Anaïs Barbeau-Lavalette. Sa manière de filmer a également participé à cet effet : "Il n’y a pratiquement aucun plan où la figuration n’est pas mise en place au quart de tour. Mais ça se fond dans le décor parce qu’on tourne vrai, à l’épaule, façon documentaire. On a l’impression que rien n’est mis en scène. Or c’est tout le contraire."

 

 


 

 

 

Sources :

http://www.cinoche.com

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

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