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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 00:00

 

The-Philadelphia-Story---Affiche-1.jpg


Réalisé par George Cukor


Avec Katharine Hepburn, Cary Grant, James Stewart,

Ruth Hussey, John Howard, Roland Young, Virginia Weidler

John Halliday, Mary Nash, Henry Daniell,


Titre original The Philadelphia Story


Genre Comédie, Romance


Production Américaine


Date de sortie 2 avril 1947

 


The-Philadelphia-Story---Katharine-Hepburn.jpgThe Philadelphia Story offre à Katharine Hepburn l'occasion de reprendre, sur grand écran, le rôle qu'elle avait auparavant tenu, à 665 reprises, sur les planches de Broadway. Le personnage de Tracy Lord avait d'ailleurs été écrit pour elle par le dramaturge Philip Barry, désireux de la remettre en selle après les critiques désastreuses reçues par la pièce  The Lake.  

 

Dans son autobiographie, le scénariste Donald Ogden Stewart a révélé que la pièce de Philip Barry était si parfaite qu'en écrire la version cinéma a été le travail le plus facile qu'il ait jamais eu à Hollywood.  

 

 

 

 

Donald Ogden Stewart reçut l'Oscar du Meilleur Scénario  en 1941

 

et James Stewart celui du meilleur acteur.


James Stewart a toujours pensé qu'il ne méritait pas la statuette qui, selon lui, aurait du revenir à Henry Fonda pour Les Raisins de la colère. Il a toutefois considéré que ce prix était peut-être "un paiement différé pour sontravail sur Mr. Smith au Sénat."

 

The-Philadelphia-Story---Affiche-1-copie-1.jpgSommet inégalé de la comédie sophistiquée. Élégance raffinée à l'extrême des costumes. Champagne, piscine et réceptions. Des dialogues en rafale à double entente, toujours spirituels et faisant mouche à chaque fois. Les acteurs, instruments de précision comique. James Stewart en faire valoir de Cary Grant, Katharine Hepburn a sommet de son art, au service d'un George Cukor qui atteint ici à une liberté de ton qui égale celle de Ernst Lubitsch. The Philadelphia Story est également l’un des films les plus fins, les moins doucereux de la filmographie du réalisateur, qui prône une étonnante morale hédoniste au sein d’une haute société qui descend de son trône un instant, mais ne se mélangera pas au reste de l’humanité.

 

The Philadelphia Story reprend absolument tous les thèmes de la comédie classique. La lutte sexuelle, la lutte amoureuse, la lutte de classes. Mais il restera à la fin un sentiment de victoire sentimentale et de défaite sociale qui en fait un des chefs d’œuvre de George Cukor, plus profond qu’il n’y paraît, moins anecdotique aussi.

Synopsis

 

Une séparation, des fiançailles, une rupture et trois prétendants. Une comédie alerte et enjouée parodiant la haute société américaine et ses parfums de scandale.


À Philadelphie, dans une vaste maison au milieu d'un parc, nous assistons à la rupture brutale du couple  C.K. Dexter Haven (Cary Grant) et Tracy Samantha Lord (Katharine Hepburn) se séparent sur un constat d'échec. Leur mariage part à vau-l'eau. Dexter boucle ses valises et Tracy continue de fréquenter la bonne société.

 

The-Philadelphia-Story---Cary-Grant-et-Katharine-Hepburn.jpg


Katharine Hepburn et Cary Grant

 

Deux années plus tard, Tracy Samantha Lord est sur le point de se remarier avec George Kittredge (John Howard), un ancien mineur devenu patron d’usine, parvenu au plus haut des sommets financiers et surtout un politicien promis à un brillant avenir. Ce dernier arrive et se ridiculise devant Tracy, sa sœur Dinah (Virginia Weidler) et l'oncle Willie (Roland Young). Alors que Tracy souhaite un mariage discret, celui-ci est perturbé par l'intrusion de deux journalistes, revenus tout exprès après deux années passées en Amérique du sud.  Seth Lord (John Halliday),  père de la mariée arrive également au moment où il est le moins attendu.

 

The-Philadelphia-Story---Katharine-Hepburn--John-Howard-et-.jpg


Katharine Hepburn, John Howard et Cary Grant

 

Sidney Kidd (Henry Daniell), directeur du journal à scandale Spy, veut publier des photographies de cet événement capital. Il charge Macaulay Connor "Mike" (James Stewart), journaliste par défaut, poète par passion, et surtout écrivain en quête d'éditeur, de réaliser ce reportage avec la photographe Elizabeth Imbrie "Liz" (Ruth Hussey).

 

James Stewart The-Philadelphia-Story---James-Stewart-.png

 

C.K. Dexter Haven est supposé leur faciliter la tâche. En réalité, le mari déchu, mais toujours épris, poursuit un tout autre but... La famille Lord est contrainte de recevoir le trio en feignant un immense plaisir. Le vrai père de Tracy, Seth Lord, qui a abandonné sa femme pour Tina Mara, une danseuse, est arrivé à l'improviste. Pour éviter tout scandale, on le présente comme l'oncle Willie. En résultent une certaine gêne et une série d'imbroglios.

 

Tracy et Macaulay Connor dit "Mike" font plus ample connaissance. et met en évidence l' opposition entre les riches et les pauvres. Dans le camp des pauvres, les deux journalistes. Macaulay Connor "Mike" et Elizabeth Imbrie "Liz". Dès leur première rencontre avec eux, Tracy, qui connaît leur identité, en profite pour leur extorquer des confidences. "Mike"  doit son vrai prénom Macaulay à son père, pauvre professeur d'histoire de l'Angleterre et "Liz" a divorcé de Joe Smith, quincaillier. Ils sont non seulement pauvres mais hors du sérail de Philadelphie, tous deux petits provinciaux. "Mike", 30 ans, n'a pu écrire qu'un seul livre qui lui a coûté deux ans de travail et rapporté 600 dollars alors que "Liz" doit également être photographe pour assumer sa vocation de peintre.

 

The-Philadelphia-Story---James-Stewart-et-Katharine-Hepburn.jpg


James Stewart et Katharine Hepburn

 

Au cœur du conflit dramatique s'opposent les gens de morale et ceux du plaisir. Du côté de la morale : Tracy, sa mère (Mary Nash), George Kittredge et "Mike". Du côté du plaisir : C.K. Dexter Haven, le père et l'oncle. Au milieu, en observatrices : "Liz" et Dinah.

 

Plus tard, C.K. Dexter Haven et Tracy s'expliquent. Le ton monte. Dexter, George Kittredge et Seth Lord disent, chacun à leur tour, ses quatre vérités à Tracy. Son père lui reprochera  dans la soirée de ne pas être une vraie fille. "Pour un père, la meilleure arme contre l'âge c'est sa fille. Une fille aimante donne à son père l'illusion de la jeunesse car sans cela l'homme cherchera ailleurs cette jeunesse. (...) Tu as tout sauf l"essentiel : un cœur compréhensif et sans lui tu n'es qu'une statue de bronze, une poseuse sans cœur, une sorte de déesse sur un piédestal." Il conclura ainsi : "Tu pourrais être une femme extraordinaire, je méprise en toi quelque chose que tu ne veux pas change; ta soi-disant force de caractère, ton intolérance. Tu ne seras jamais une femme à part entière tant que tu ne comprendras pas la faiblesse humaine."

 

Celle-ci se met à boire force coupes de champagne et, l'ivresse aidant, abandonne sa froideur habituelle et se tourne vers Mike.

Le lendemain matin Tracy rompt avec George : leur mariage n'aura pas lieu.
Macaulay Connor arrange finalement les choses; mais ce n'est pas lui qui épousera Tracy  ...

 

The-Philadelphia-Story---James-Stewart--Cary-Grant-et-Katha.jpg

 

James Stewart, Cary Grant et Katharine Hepburn

 

George Cukor sait que les pleurs de rire ont le même goût que les larmes d'amertume... The Philadelphia Story commence avec une excellente satire de la presse à sensation et de la haute société. Ce qui fait jubiler, c'est la fantaisie échevelée du langage de deux paparazzis. Les répliques fusent, tordantes et implacables.

 

George Cukor veut aussi parler des femmes, dont il est devenu le metteur en scène fétiche. Katharine Hepburn trouve ici l'un des plus beaux rôles dont une actrice puisse rêver. Au milieu de ses éclats de rire, George Cukor lui offre de grands moments d'émotion suspendue.

 

Comme elle, ce film change de registre avec une souplesse exaltante.

 

The-Philadelphia-Story---Katharine-Hepburn-et-James-Stewart.jpgAprès le prologue, la comédie du remariage doit se résoudre en trois jours, du jeudi au samedi. Il est construit en autant de grandes scènes où Tracy Samantha Lord donne puis prend des coups. La journée du vendredi commence le matin à la bibliothèque puis se déroule autour de la piscine avec une accélération du temps : les trois dialogues de Tracy avec successivement Mike, Dexter et Kittredge se termine à la nuit tombée : 7 heures. On se retrouve ensuite à quatre heures du matin, à la fin de la réception, le samedi matin, jour du mariage.

 

La seconde opposition est celle entre les riches et les pauvres. Dans le camp des pauvres seulement Mike et Liz. Dans leur première rencontre avec eux, Tracy, qui connaît leur identité, en profite pour leur extorquer des confidences. Mike doit son vrai prénom Macaulay à son père, pauvre professeur d'histoire de l'Angleterre et Liz a divorcé de Joe Smith, quincaillier. Ils sont non seulement pauvres mais hors du sérail de Philadelphie, tous deux petits provinciaux. Mike, 30 ans, n'a pu écrire qu'un seul livre qui lui a coûté deux ans de travail et rapporté 600 dollars alors que Liz doit également être photographe pour assumer sa vocation de peintre 

 

The Philadelphia Story - Cary Grant et Katharine H-copie-1La troisième opposition est au cœur du conflit dramatique et oppose les gens de morale et gens de plaisir. Du côté de la morale : Tracy, sa mère, Kittredge et Mike. Du côté du plaisir : Dexter, le père et l'oncle. Au milieu, en observatrices : Liz et Dinah.

C'est la fierté de Tracy qui est l'objet de toutes les attaques du film. Sa mère, qu'elle réconforte au début, n'est plus très sure de son choix. "J'ai gardé ma fierté mais pas mon mari". Dexter épingle "Le regard de la déesse outragée", affirme qu'elle est son spectacle préféré, qu'elle ne pardonne pas, ne tolère pas les défaillances. Son père la qualifie de "dame justice en personne".

 
Une fois engagée sur le projet, Katharine Hepburn a demandé à ce que ses partenaires soient Clark Gable et Spencer Tracy, sans même les avoir recontrés auparavant. Spencer Tracy n’est pas disponible, et Clark Gable ne veut plus tourner avec George Cukor depuis Autant en emporte le vent sur le tournage duquel il a appris l’homosexualité du réalisateur. Après quelques tergiversations, les studios décident de réunir sur un même plateau les deux légendes, Cary Grant et James Stewart, qui ne seront réunis dans un même film qu’une fois dans leur carrière. 

 

The-Philadelphia-Story---Katharine-Hepburn-.jpg


Il est difficile d'attribuer la paternité de ce film qui a marqué l'histoire de la comédie.

- La pièce de Philip Barry qui triompha deux ans durant à Broadway ?

- La mise en scène de George Cukor, peintre hollywoodien des femmes par excellence ?

- La direction de production de Joseph L. Mankiewicz, qui a su élever le dialogue au rang de personnage principal de ses films ?

 - Le bagout de Katharine Hepburn, la profondeur de Cary Grant, l'humanité de James Stewart ? leur complémentarité qui tourne à l'alchimie ?


Toutefois, ce film demeure, plus de 70 ans après sa réalisation, l'exemple-type de la réussite en matière de comédie américaine et le produit le plus abouti de la comédie de remariage qui connut un immense succès aux États-Unis dans les années 1930 et 1940, notamment grâce à sa pensée perfectionniste. The Philadelphia Story combine avec science les éclats des dialogues, l'excellence de l'interprétation et l'élégance de la mise en scène.

 

George-Cukor--John-Howard--Katharine-Hepburn--Cary-Grant.jpg

 

George Cukor, John Howard, Katharine Hepburn et Cary Grant

 

La fin, si elle est heureuse, n’en est pas moins le témoignage de ce rejet de la classe dominante envers ceux qui n’en font et n’en feront jamais partie. La seule façon pour les simples gens de pénétrer dans l’histoire des grands est justement la presse à scandale, décriée malgré tout chez George Cukor comme le reflet d’une société, qui n’est pas la sienne, où le masque a remplacé le sentiment.


Les acteurs James Stewart/Cary Grant forment à eux deux un duo magnifique. Le premier, James Stewart incarne un homme issu de la classe laborieuse. Cary Grant, quant à lui joue avec décontraction et son élégance coutumière un homme au caractère relativement fantasque. 

 

The-Philadelphia-Story.jpg

 
Alors que Katharine Hepburn avait choisi d'échanger son salaire contre 45% des bénéfices du film, qui se sont élevés à 3 millions de dollars sur le sol américain, Cary Grant avait quant à lui demandé un salaire de 100 000 dollars. Une grosse somme pour l'époque, mais la rumeur veut que l'acteur ait tout reversé au British War Relief Fund.
 
Bien que nommé pour l'Oscar du Meilleur Acteur pour son rôle dans le film, James Stewart n'avait pas prévu de se rendre à la cérémonie. Un appel reçu très peu de temps avant, lui "conseillant" d'enfiler un costume et de s'y rendre, l'a toutefois fait changer d'avis et lui a permis d'être présent pour recevoir la précieuse statuette. Une anecdote rendue possible par le fait que, à l'époque, les résultats des votes n'étaient pas tenus secrets jusqu'au verdict.

 

 

 

 

Une version radiophonique du film, longue de 30 minutes, a été diffusée sur les ondes de la "Lux Radio Theater" le 20 juillet 1942. Katharine Hepburn, Cary Grant, James Stewart, Ruth Hussey et Virginia Weidler y ont repris leurs rôles respectifs pour l'occasion.

 

Sources :

http://www.imdb.com

http://www.cineclubdecaen.com

http://television.telerama.fr - Marine Landrot

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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