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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 23:00

 

The-Hill---Affiche.jpg

 

Réalisé par Sidney Lumet


Avec Sean Connery, Harry Andrews, Ian Bannen, Alfred Lynch,

Ossie Davis, Roy Kinnear, Jack Watson, Ian Hendry,

Michael Redgrave, Norman Bird, Neil McCarthy


Genre Guerre, Drame


Production Britannique


Titre original The Hill

 

Date de sortie 1965


Date de reprise cinéma 11 juillet 2012

 

La-Colline-des-hommes-perdus---Sean-Connery.jpg Sean Connery

 

La Colline des hommes perdus s'est vu attribuer plusieurs récompenses.

 

BAFTA de 1966, le film a été nommé dans cinq catégories avant de remporter l'award de la meilleure photographie pour Oswald Morris.

 

Le film a également reçu un prix de la part de la Writers' Guild of Great Britain pour son scénario, récompense que Ray Rigby a aussi reçu au Festival de Cannes en 1965. Ce prix  aide le film à trouver son public en Europe, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis où il reçoit un accueil glacial.

 

Il est depuis devenu un petit classique et l'une des œuvres les plus réputées du cinéaste.

 

Outre-Atlantique, l'acteur Harry Andrews a conquis le National Board of Review, recevant de la part de la critique américaine le prix du meilleur second rôle masculin.

 

Harry Andrews La-Colline-des-hommes-perdus---Harry-Andrews.jpg

 

Synopsis

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, un camp disciplinaire britannique en plein désert de Libye et dirigé par le sergent-major Wilson (Harry Andrews). Dur et injuste, il agit dans la conviction de bien faire, même si ses choix sont plus que discutables, et sa lucidité très relative. Il met un point d’honneur à  "mater" les prisonniers pour en faire de "vrais soldats". L’une des épreuves les plus éprouvantes : monter et descendre plusieurs fois d’affilée une colline artificielle érigée par les détenus, au beau milieu du camp.

 

Le terrible et très cruel sergent Williams (Ian Hendry) est nommé par Wilson pour en faire ce qu'il estime de vrais soldats. Il représente l’archétype du gradé qui utilise son pouvoir pour rabaisser les autres et asseoir sa supériorité : à l’inverse de Wilson, ses actions ne sont jamais motivées par une éthique quelconque, même douteuse, mais uniquement par sa perversité.

 

La-Colline-des-hommes-perdus---Ian-Hendry-et-Ian-Bannen.jpg Ian Hendry et Ian Bannen

 

Le commandant (Norman Bird) synthétise à lui seul l’absurdité du système : alors qu’il est censé représenter l’autorité la plus forte au sein du camp il brille par son absence et son inconséquence, passant le plus clair de son temps à jouir de relations sexuelles tarifées et ignorant royalement ce qui se passe dans la prison…

 

Quant à Harris (Ian Bannen), il sert en quelques sortes de contrepoids, étant le seul à percevoir la démence de Williams et l’aveuglement de Wilson. Ce n’est pas un hasard s’il vient de l’extérieur, son arrivée au camp coïncide pour ainsi dire avec le début du film : il apporte avec lui un recul, une lucidité et un bon sens dont ses "collègues" sont totalement dépourvus, et qui va évidemment jouer un rôle majeur dans le déroulement du film.

 

Sean Connery La-Colline-des-hommes-perdus---Sean-Connery-1.jpg

 

Arrivent cinq nouveaux prisonniers, parmi lesquels se trouve Joe Roberts (Sean Connery), un ancien sergent-major de l'armée anglaise condamné pour avoir passé outre les ordres de son commandant qui envoyait ses troupes à l'abattoir

 

Sous un soleil de plomb et face au défi d'une colline artificielle installée au milieu du camp pour les malmener, les cinq hommes vont devoir affronter l'autorité du sergent Williams.

 

The-Hill.jpg

 

 

Le Scénario de Ray Rigby est tiré de la pièce éponyme  de R.S. Allen.

 

Ray Rigby, scénariste et co-auteur de The Hill, a véritablement connu les camps de détention d'Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale et Sidney Lumet, chargé de mettre en scène l'adaptation cinématographique de son récit, met toute son énergie à retranscrire au mieux cette expérience traumatisante et douloureuse vécue par l'écrivain. Le projet lui vient de Sean Connery. Après avoir été un bon élément au service secret de sa majesté, Sean Connery veut jouer les fortes têtes. Et c’est le choc. On est en 1965, trois ans après que l’acteur Ecossais soit devenu star grâce à James Bond. Appréciant les privilèges, mais comprenant bien les inconvénients d’une telle starification, Sean Connery cherche très vite à briser son image d’espion séducteur. Et pour cela il tourne sous la direction de Sidney Lumet ce film de guerre très particulier, La colline des hommes perdus.  

 

Il y a dans The Hill un discours humaniste et progressiste qui résonne chez l'acteur et que l'on retrouvera dans The Molly Maguires, écrit par Walter Bernstein, ces deux films faisant d'ailleurs partie des œuvres dont Sean Connery est le plus fier.

 

La-colline-des-hommes-perdus.png

 

Ian Bannen, Harry Andrews et Ian Hendry

 

The Hill dénonce toute forme de discipline reposant sur la peur et l'humiliation, la violence du pamphlet dépassant le seul cadre de l'armée. Ray Rigby et Sidney Lumet montrent les rouages d'un système où les petits chefs peuvent donner libre cours à leurs penchants sadiques car ils sont protégés par leurs galons, les hommes les moins gradés fermant les yeux devant des ordres injustes par crainte des représailles. Tout fonctionne ici sur la peur : c'est elle qui pousse les prisonniers à se soumettre, c'est elle qui amène les gardiens à abdiquer leurs préceptes moraux. Tout au long de sa carrière, Sidney Lumet reviendra sur ce thème de l'injustice, et de son corollaire, la désobéissance, qui trouve déjà ici sa magistrale expression.

 

La-Colline-des-Hommes-perdus.png


La Colline des hommes perdus est le premier long métrage que Sean Connery a tourné sous la direction de Sidney Lumet. Les deux hommes se sont ensuite retrouvés en 1971 pour Le Dossier Anderson, en 1973 pour The Offence, sorti en France en 2007 (The Offence avait été privé de sortie nationale en 1973 pour ne pas casser l'image de Sean Connery, alors connu comme l'impeccable James Bond, ici distribué à contre-emploi dans le rôle d'un flic névrosé.), en 1974 pour Le Crime de l'Orient-Express et enfin en 1989 pour Family business.

 

La-Colline-des-hommes-perdus---Sean-Connery-copie-1.jpg

 

Sean Connery

 

Sidney Lumet nous place au plus près de ces cinq personnages qui, écrasés par un système inique, voient leur personnalité être niée, dégradée puis détruite. Sidney Lumet livre un film sans compromis qui nous fait ressentir toute la violence de l'institution et le désespoir de ces hommes qui ont été mis au ban de la société. Sean Connery, Harry Andrews ou encore Ian Bannen sont d'une incroyable justesse;

 

Yhe-Hill---Michael-Redgrave.png Michael Redgrave

 

mais c'est l'ensemble de l'interprétation qu'il faut saluer tant elle compte pour beaucoup dans les sentiments de vérité et d'urgence qui imprègnent le film. Une vérité qui vient aussi des conditions de tournage et de l'imposant décor construit pour l'occasion en Espagne, dans la région d'Alméria.

 

Ossie Davis The-Hill---Ossie-Davis.png

 

Cinq cent ouvriers sont employés pour fabriquer de toute pièce la colline de dix mètres de haut qui écrase le camp de sa présence inquiétante.  Sidney Lumet tourne pendant cinq semaines, sous une température de 45 degrés. Les acteurs sont exténués, surtout ceux qui incarnent les prisonniers et qui doivent réellement grimper la colline sous cette chaleur écrasante. Tout cela fait que le film est d'une rare intensité, celle-ci étant encore renforcée par les choix de mise en scène de  Sidney Lumet.

 

La photographie de La Colline des hommes perdus est signée Oswald Morris.

 

Au cours de la réalisation de La colline des hommes perdus, Sidney Lumet a exploré divers angles de caméra en utilisant plusieurs formats de lentilles.

 

Le cinéaste filme au départ en 28 mm puis change de focale progressivement, passant au 21, puis au 18mm afin de s'approcher au plus près des visages et de capter la peur ou la colère des hommes perdus. Ce choix d'objectifs lui permet aussi de déformer les perspectives, ce qui renforce encore la douleur des victimes et la folie sadique des tortionnaires. Une occasion de rappeler que Sidney Lumet est un immense metteur en scène qui sait trouver d'instinct les réponses techniques appropriées aux enjeux de ses films.

 

   

 

  Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.samefacts.com

http://www.citizenpoulpe.com

http://www.filmotv.fr

http://www.allocine.fr

http://www.cinemovies.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

chris 18/07/2012 22:44


Salut Alain, je n'ai jamais vu ce film ... à découvrir d'après ce que je viens de lire.

 

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