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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 23:00

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Affiche.jpg

 

Réalisé par Joseph L. Mankiewicz


Avec  Ava Gardner, Humphrey Bogart, Edmond O'Brien,

Marius Goring, Valentina Cortese, Rossano Brazzi,

Elizabeth Sellars, Warren Stevens, Franco Interlenghi


Genre Drame


Titre original The Barefoot Contessa


Production Américaine - 1954

 


La-Comtesse-aux-Pieds-nus---Ava-Gardner.jpgLa Comtesse aux pieds nus est le premier film de Joseph L. Mankiewicz en tant que producteur indépendant. Il avait réalisé auparavant des films pour la 20th Century-Fox et pour la Metro-Goldwyn-Mayer. Il créa donc sa propre société de production, Figaro Inc,  pour faire ce film, un conte de fée moderne, "une version amère de Cendrillon, comme le dit Mankiewicz, où le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin."

 

"Et si nous n’avons guère pour habitude de faire courbette devant quelque forme d’aristocratie, comment ne pas faire exception pour cette Contessa, si belle et si fragile et qui mériterait, en plus d’une révérence, une considération tout autre. Car avec ce treizième film, le réalisateur de Cléopâtre semble atteindre une certaine forme de perfection filmique, dont il nous avait déjà donné un aperçu plus que probant dans All About Eve, Mrs Muir ou Chaînes Conjugales… La Comtesse aux Pieds Nus, ou une certaine idée de la noblesse cinématographique." Xavier Jamet pour dvdclassik.

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Ava-Gardner-3.jpgEdmond O'Brien remporta successivement le Golden Globe et l'Oscar du meilleur second rôle pour son interprétation de l'agent de publicité Oscar Muldoon. La Comtesse aux pieds nus est sa seconde collaboration avec Joseph L. Mankiewicz. Le réalisateur l'avait déjà dirigé dans l'année précédente Jules Cesar Edmond O'Brien jouait Casca, l'un des conjurés.

 

"La vie se comporte parfois comme si elle avait vu trop de mauvais films. De ceux qui finissent trop à propos, trop nettement… quand tout s’arrange trop bien. Tel était le début, telle sera la fin : la fermeture en fondu identique à l’ouverture… Lorsque j’ai ouvert en fondu, la comtesse n’était pas comtesse. Ce n’était même pas une vedette nommée Maria d’Amata. Oui, quand j’ai ouvert en fondu, elle s’appelait Maria Vargas, et elle dansait dans un night-club de Madrid." C’est par ces phrases énoncées par la voix rauque d’Humphrey Bogart que s’ouvre le film considéré comme un des chefs-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz, La Comtesse aux pieds nus, il y est à la fois le metteur en scène, le scénariste et le producteur.


 

Synopsis

 

Lors de l'enterrement de Maria Vargas (Ava Gardner), Harry Dawes (Humphrey Bogart), metteur en scène à Hollywood voit défiler toute la vie de la défunte à partir du jour où il a fait sa connaissance.

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Humphrey-Bogart.jpg  Humphrey Bogart

 

Par une série de flashbacks, nous assistons ainsi à la découverte de Maria alors danseuse dans un night-club de Madrid par le producteur Kirk Edwards (Warren Stevens) et son équipe. D'abord réticente à l'idée de faire du cinéma, Maria se laisse finalement convaincre par Harry.

 

  La-Comtesse-aux-pieds-nus---Humphrey-Bogart-et-Ava-Gardner.jpg

 

Humphrey Bogart et Ava Gardner


Nouveaux flashbacks : Maria est maintenant une star hollywoodienne qui a pris le nom de Maria d'Amato. Encensée par le public, la jeune femme n'est pourtant pas heureuse et ne se sent guère à sa place.

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Ava-Gardner-5-copie-1.jpg

 

Elle retourne à Madrid pour défendre son père accusé d'avoir tué sa mère et victorieuse revient à Hollywood. Plus tard, courtisée par un milliardaire sud-américain Alberto Bravano (Marius Goring), Maria quitte Kirk Edwards qui a exercé son autorité sur elle et part en croisière, l'ex-agent de presse de Kirk, Oscar Muldoon (Edmond O'Brien) les accompagne.

 

Oscar prend alors la parole dans le cimetière pour narrer leur voyage. Une querelle oppose Bravano à Maria dans un casino et la jeune femme le quitte en compagnie de son défenseur le comte Vincenzo Torlato-Favrini. (Rossano Brazzi)

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Ava-Gardner---Humphrey-Bogart-e.jpg

 

Ava Gardner,  Humphrey Bogart et Rossano Brazzi

 
Le comte prend en charge le récit et décrit l'idylle qui le noue bientôt à Maria, malgré la désapprobation de sa sœur aînée, Eleanora Torlato-Favrini (Valentina Cortese) seule consciente qu'il n'est pas un homme comme les autres. Le mariage a lieu et le rêve de Maria semble se réaliser lorsqu'elle apprend la terrible vérité : blessé pendant la guerre, son mari est impuissant.


C'est Harry qui raconte la fin de l'histoire : quelques mois après sa lune de miel, Maria revient se confier à son ami. Elle lui apprend qu'elle est enceinte d'un domestique et va l'avouer à son mari le soir même. Mais lorsque Harry inquiet arrive chez eux, le comte a tué Maria et son amant. À la fin de la cérémonie, Harry rentre chez lui.

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Humphrey-Bogart-et-Ava-copie-1.jpg

 

Humphrey Bogart et Ava Gardner

     
La Comtesse aux pieds nus étant un film sur les coulisses du cinéma, Joseph L. Mankiewicz a du déclarer qu'aucun des personnages n'était réel. En effet, il a été accusé de s'être inspiré de Howard Hughes pour le personnage du producteur Kirk Edwards, un nabab antipathique.

 

Dès que cette œuvre fut en projet, des rumeurs coururent les milieux cinématographiques, vantant l’audace du sujet et prévoyant que le film ferait scandale. On disait que le nouveau scénario de Joseph L. Mankiewicz était basé sur des éléments autobiographiques de la vie de Rita Hayworth : les origines espagnoles, les débuts dans la danse et les changements de look, ainsi que les similitudes de personnages entre Kirk Edwards et Harry Cohn, le directeur de la Columbia dont Rita Hayworth était la star, entre Alberto Bravano et Eddy Judson le premier mari de l’actrice, entre le comte Torlato-Favrini et le Prince Ali Khan le second mari de Rita Hayworth, entre Oscar Muldoon et Johnny Meyer, le collaborateur privilégié d'Howard Hughes…  


Le rôle de Maria Vargas fut proposé à Rita Hayworth, qui le refusa, ne désirant pas figurer dans ce film en raison de la ressemblance avec sa propre existence.  

 

La Comtesse aux pieds nus ne pouvait être qu’un grand rôle féminin, et plusieurs actrices s’y intéressèrent aussitôt : d’abord Jennifer Jones, mais aussi Elizabeth Taylor et Yvonne De Carlo toutes prétendirent par la suite avoir refusé le rôle. Il fut aussi question de Joan Collins, Bella Darvi, Rossana Podesta et Paulette Goddard. Jennifer Jones passionnée pour le rôle, avait eu tout d’abord l’accord de son mari, le producteur David O. Selznick, mais celui-ci, après avoir lu le livre, s’opposa à ce qu’elle joue le rôle de Maria, sans doute à cause des ressemblances entre le personnage de Kirk Edwards et lui-même. Jennifer Jones tenta de se passer de l’avis de son époux et alla voir Joseph L. Mankiewicz, en pure perte. Linda Darnell qui fréquentait alors Joseph L. Mankiewicz, mit fin à leur relation quand il refusa de la faire auditionner pour le rôle de Maria.  

 

Joseph L. Mankiewicz voulait Ava Gardner : ce fut elle qui l’emporta.

 

La-Comtesse-aux-pieds-nus---Ava-Gardner-5-copie-2.jpg

 

Ava Gardner    

 

Joseph L. Mankiewicz dut pourtant déclarer qu’aucun des personnages n’était réel.

 

La-Cmtesse-aux-pieds-nus---Humphrey-BogartHumphrey Bogart, au sommet de sa carrière et dont la simple apparition en imperméable sous la pluie le confirme au Panthéon des mythes hollywoodiens. Il est ici un réalisateur désabusé, en qui l’on pourra parfois reconnaître le scénariste et réalisateur du film, Mankiewicz lui-même, et terriblement humain, dont l’intelligence et la douceur font tâche dans un milieu du cinéma dépeint comme une immense fosse aux lions. Étrange héros d’ailleurs que ce Harry Dawes, ni premier rôle, ni star omniprésente, il est au service du film. Au diapason de cet étrange personnage, Humphrey Bogart livre ici une de ses compostions les plus émouvantes, délaissant la classe innée de certains de ses héros précédents pour nous offrir le portrait tout en nuances d’un homme fatigué et usé par les drames de la vie. La Comtesse aux Pieds Nus fait partie des films les plus humains du grand Humphrey Bogart, grâce notamment à des dialogues, brillants, incisifs ou tendres qui dessinent un personnage fatigué mais vivant.

 

 

Resplendissante, éblouissante, la star est aussi crédible en Cendrillon madrilène qu’en nouvelle star hollywoodienne. Personnage complexe, aux multiples fêlures, Maria Vargas semble ne pouvoir être jouée que par Ava Gardner dont la beauté et le talent n’ont jamais été aussi éclatants.

 

La Comtesse aux Pieds nus - Ava Gardner 1Servie par une formidable direction artistique, Ava Gardner, en robe d’apparat et bijoux somptueux, traverse les immenses plateaux de Cineccita éclairés avec amour par le grand Jack Cardiff, remarquable directeur de la photographie. Avant de travailler avec Joseph L. Mankiewicz, le chef opérateur anglais Jack Cardiff, avait déjà éclairé Ava Gardner dans Pandora, le film qui la révéla sa beauté au monde entier, ainsi que Humphrey Bogart dans L' Odyssée de l'african Queen.

 

"Certaines scènes de La Comtesse aux pieds nus ont été pour moi les expériences les plus merveilleuses de ma vie professionnelle, celle en particulier où je devais danser une espèce de flamenco, vêtue d’un pull moulant et d’une jupe en satin ordinaire, aguichant mon cavalier,La Comtesse aux pieds nus - Ava Gardner 4 l’attirant plus près de moi, me dérobant à son étreinte, me servant de mon corps pour le tourner en ridicule. Non seulement, j’étais de plus en plus fascinée par les rythmes romantiques du flamenco, mais c’était la première fois que je dansais dans un film, et je me suis entraînée tous les soirs, sur ces froids carrelages romains, pendant trois semaines entières. Nous avons tourné la séquence dans une oliveraie de Tivoli, loin de l’Espagne, avec une centaine de gitans frappant dans leurs mains tandis que le disque tournait sur un phonographe. Lorsque le phono a rendu l’âme, ils ont continué de taper dans leurs mains, et c’est cette prise que nous avons conservée." déclare Ava Gardner dans Ava, Mémoires, traduit de l'anglais par Françoise Cartano et paru aux Presses de la Renaissance.

 

 

La Comtesse aux Pieds Nus, c’est aussi une formidable galerie de seconds rôles où chaque personnage semble avoir sa chance, malgré la bonne dose de cynisme du film... La-Comtesse-aux-pieds-nus---Edmond-O-Brien.jpgAinsi, bien que ridiculisé dès les premières minutes du film, Oscar Muldoon, interprété par le génial Edmond O’Brien voit sa psychologie étoffée au fur et à mesure du film, et ce malgré un scénario qui au premier abord ne lui offre pas la part belle. Tout comme le comte Vincenzo Torlato Favrini, dont la vie part en lambeaux, symbole d’une monarchie en fin de course, mais qui n’est en rien le pantin de l’histoire, lui qui comme sa sœur, reste poignant et humain de bout en bout. À l’image aussi de ce prétendant au trône, membre d’une bien triste Jet Set et roi de pacotille, à qui Joseph L. Mankiewicz offre pourtant les plus belles et plus émouvantes réparties du film : "Ma chère Lulu, il y a comtes et comtes, comme il y a rois et rois. Parmi les comtes, Torlato Favrini est un roi. Tout comme moi, parmi les rois, je suis un clown."

 

Joyau pour les yeux, La Comtesse aux Pieds Nus est aussi une superbe mécanique cinématographique, parfaitement huilée et réglée au millimètre, qui voit Joseph L. Mankiewicz jouer avec le temps, se permettant quelques effets de montage. Brillant, le procédé est réputé casse-gueule mais il n’a ici rien d’un gadget, et la dispute entre Maria et Alberto Bravano reste un des moments les plus poignants et passionnants du film, tant ce véritable tournant scénaristique est éclairé d’un jour nouveau lors de la seconde vision. Cinéaste joueur, Joseph L. Mankiewicz  pousse l’astuce jusqu’à additionner pas moins de huit flash-backs, certains étant eux-mêmes composés de flash-back dans le flash-back, le tout étant raconté par quatre narrateurs différents : Harry, Oscar, Torlato Favrini et Maria ! Loin d’être novateur, puisque déjà utilisé par exemple dans Eve en 1950  ou dans Les Ensorcelés de Minnelli en 1952, le procédé n’en reste pas moins formidable de brio et d’intelligence, offrant au film et à ses spectateurs une palette d’émotions ample et généreuse, du comique au tragique pur.

 

Sous ses airs de portrait acide des mondes du cinéma, de la Jet Set et de l’aristocratie, La Comtesse aux pieds Nus prend des accents "sirkiens" dans un final du plus beau mélo. Sueur, sang et larmes : tous les ingrédients sont réunis pour élever un mausolée digne du destin de Maria Vargas, superbe héroïne d’un des films les plus justes et les plus bouleversants qu’Hollywood ait consacré au cinéma.

 

 

 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.allocine.fr

http://entertainnow.net

http://www.movieactors.com

http://www.imdb.com

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

armelle 11/08/2012 12:12


Son meilleur film avec "Pandora" et "La nuit de l'iguane" me semble-t-il. Tellement belle qu'elle semble descendre de quelque Olympe.

isabelle quirole 10/08/2012 18:03


chef d'oeuvre total !

charlus80 03/08/2012 10:02


Belle analyse d'un fim tout d'intelligence, d'élégance, de beauté. Et Ava, à jamais Comtesse et Pandora

 

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mais beaucoup s'échinent à la transformer

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François Truffaut

 

 

 

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