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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 17:00


Date de sortie 2 avril 2014

 

La-creme-de-la-creme---Affiche.gif

 
Réalisé par Kim Chapiron

 
Avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz, Jean-Baptiste Lafarge,

Marianne Denicourt, Karim Ait M'Hand, Marine Sainsily

 
Genre  Comédie dramatique


Production Française

 

C'est la troisième réalisation de Kim Chapiron, après Sheitan en 2006 et Dog Pound en 2010. Le scénario de La Crème de la Crème est librement d'une légende urbaine, dont on raconte qu'il y aurait eu de la prostitution organisée à HEC à la fin des années 70.  Noé Debré, le scénariste, confie que cette histoire "permet un mélange de genres assez inédit : le teen movie, le film de mafia et la romance."

 

Il n'a pas été possible de filmer dans les locaux de HEC. Le tournage a donc eu lieu à l'université Paris 13 et l'université Paris Descartes.

 

Pour préparer le film, l'équipe technique a assisté à plusieurs soirées et évènements étudiants. La moyenne d'âge de l'équipe était de 25 ans, ce qui facilitait l'intégration aux soirées. Kim Chapiron confie également que ça été l'occasion de vivre une expérience étudiante, chose qu'il n'avait pas eu l'occasion de faire puisqu'il a arrêté ses études après le BAC.

 

La-creme-de-la-creme.jpg

 

Synopsis

 

Dan (Thomas Blumenthal), Kelliah (Alice Isaaz) et Louis (Jean-Baptiste Lafarge) sont trois étudiants d'une des meilleures écoles de commerce de France. Ils sont formés pour devenir l’élite de demain et sont bien décidés à passer rapidement de la théorie à la pratique.

 

Dan tombe amoureux pour la première fois de sa vie, il n’est pas fort pour aller vers les autres, ce n’est pas une bête sociale. Cette histoire d’amour lui tombe dessus et il ne sait pas vraiment comment la gérer. Il est déstabilisé par Eulalie (Marine Sainsily). Avec elle, il parle tout le temps, sans jamais laisser place au silence. C’est une manière maladroite de cacher son mal-être.


Louis ne fait pas les choses de manière préméditée, ce n’est ni un pervers ni un manipulateur, juste un mec qui se fait chier. Il vient d’une famille où sa voie est toute tracée, il connaît déjà toutes les étapes de sa future existence, -avec qui il va se marier par exemple- et ça l’ennuie d’avance. A travers le "club des amateurs de cigares" et son histoire avec Kelliah, il cherche à remettre la logique des choses en question.

 

Kelliah  est la plus immorale. C’est la maquerelle, celle qui va recruter les filles. Elle vient d’un petit milieu social et sait comment faire miroiter des choses aux jeunes filles... Bref, elle sait les manipuler, mais en même temps elle essaye de leur ouvrir les yeux sur le cynisme du système. D’un côté elle est fourbe, d’un autre elle leur met les cartes en main.

 

Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation.


La crème de la crème de la jeunesse française s'amuse et profite pleinement de ses privilèges : tout se vend car tout s’achète… mais dans quelle limite ?

 

 

La-Creme-de-la-Creme---Thomas-Blumenthal--Alice-Isaaz-et-.gif

 

Thomas Blumenthal, Alice Isaaz et  Jean-Baptiste Lafarge

 

 

Extratis d'Entretien avec Kim Chapiron

tiré de : http://medias.unifrance.org

 

Avec quelle intention vous êtes-vous emparé du projet de La Crème de la Crème ?


"Avec l’envie de parler de mon époque. Quand j’ai lu le traitement écrit par Noé Debré, j’ai été séduit immédiatement. Les Grandes Écoles sont des univers clos, qui obéissent à leurs propres règles, leur langage, leurs codes, et un folklore unique : un terreau parfait pour faire du cinéma."


Entre les petites frappes de Sheitan ou les délinquants de Dog Pound vous passez d’un extrême à un autre avec les personnages de la Crème ?

 

La-creme-de-la-creme.gif"Il y a toujours un rapport d’attraction et de répulsion avec ces extrêmes. Sheitan, c’est les sales gosses du fond de la classe qui foutent le bordel, a priori on ne les aime pas et en même temps, on a envie d’en être. Dog Pound, c’est déjà plus dur : on suit ce jeune mexicain qui a planté un type pour lui voler sa voiture, un meurtre inexcusable, et pourtant on est en empathie avec lui. La Crème de la Crème fonctionne sur le même principe : aujourd’hui tout le monde se méfie des élites, elles incarnent le nouvel ennemi."


Partant de ce principe, quel rapport avez-vous à vos héros ?


"Je suis dans leur regard, jamais au-dessus, jamais de côté. Je trouve ça plus intéressant de faire une petite promenade avec eux, plutôt que de les condamner sans chercher à comprendre leurs motivations. C’est une règle systématique d’être avec mes personnages. J’aime qu’on ait envie de les connaître plutôt que de les stigmatiser. C’est une quête de la nuance."


Même lorsqu’ils organisent un réseau de prostitution ?


La crême de la crême - Jean-Baptiste Lafarge et Thomas Bl"Organiser ce réseau, c’est une manière froide de mettre en pratique les enseignements dispensés dans leur école. Ce sont des étudiants pragmatiques, ils ne pensent pas en termes de morale, de bien ou de mal, ils pensent en termes d’offre et de demande. Il n’était pas question pour moi de les juger. Leur projet est évidemment vicieux, mais c’est un vice d’adolescent, maladroit, inconscient. Je tenais à cette contradiction qui les rend à la fois crapuleux et vulnérables."


Pourquoi le commerce du sexe et pas celui de la drogue, disons.. 

 

"La Crème de la Crème est un film sur la génération Y qui connaît le gang bang avant même de savoir embrasser. Une approche totalement consumériste de la sexualité. Ils veulent toujours plus de partenaires et d’expériences. Le prolongement immédiat de cela, c’est de payer pour, avec toute la négligence des sentiments que ça implique."


C’est-à-dire ?


La-creme-de-la-creme-copie-1.gif"Le film parle plus de misère sexuelle que de prostitution et il parle plus de misère affective que de misère sexuelle. Tout ça n’est qu’une manière d’aborder la difficulté de l’amour pour cette génération. Quant à mes héros, qu’ils fassent partie de l’élite ne les met pas à l’abri d’une certaine forme d’errance. Avec Noé Debré, mon coscénariste, on s’est dit que la vraie transgression pour eux, c’était de tomber amoureux."


D’ailleurs, on peut lire votre film comme un conte : il y a le prince de bonne famille, la souillon, l’aventure initiatique..

 

"Le film est inspiré d’une légende urbaine... Et comme dans un conte, le parti pris d’avoir des personnages colorés, facilement identifiables, aide à adoucir la noirceur du sujet. Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, même si elle commence sur une scène de porno en 3D."

 

Cette scène d’ouverture, c’est une manière de revendiquer votre côté sale gosse ?


La-creme-de-la-creme-1.gif"Oui, c’est clairement de la provocation, mais il y a une idée derrière. Quel va être le trajet amoureux d’un mec qui pratique la masturbation high-tech ? Ma première satisfaction de raconteur d’histoire, c’est de vous faire changer de point de vue sur le personnage. Donner une note au début du film pour au final complètement modifier l’accord. La provoc, ça marche bien en ouverture, ça donne du relief, mais ça ne dure pas longtemps. Passé ce petit moment lubrique, il faut débuter un jeu de piste avec le spectateur pour l’emmener vers l’émotion."


Depuis Kourtrajmé, vos courts-métrages et vos films parlent de bande de potes.


"J’aime parler de famille, la vraie, ou celle qu’on choisit, les amis. J’ai souvent évolué dans des groupes. Que ça soit dans des bandes à l’école, l’union des Vietnamiens de France ou la meute de loups de Kourtrajmé, l’énergie qui s’en dégage est toujours très forte. Je ressens naturellement l’envie d’en témoigner."


Qu’est-ce qu’il reste de vos bandes successives aujourd’hui ?


"Les groupes se forment autour de rêves communs, mais avec le temps les rêves se transforment, deviennent plus personnels et les groupes sont amenés à se défaire. Dans mes films, c’est la même chose. Même si mes personnages sont amis, ils ont moins d’illusions sur
la pérennité de leur aventure ensemble."


Casting d’inconnus, changement de registre, c’est votre troisième film et pourtant il a l’énergie d’un premier.


La-creme-de-la-creme-copie-2.gif"Quand Benjamin Elalouf, le producteur, et Noé Debré sont venus me voir avec le traitement, on s’est mis au travail dans la foulée. C’est comme si on s’était dit : "on ne se connaît pas, mais à partir d’aujourd’hui on va passer les trois prochaines années ensemble". Le risque est souvent un très bon moteur de création. Idem pour tout le reste du processus. Quant au casting, c’est Gigi Akoka, spécialiste dans la révélation de diamants bruts, qui s’en est occupé. J’ai été comblé. Quand on les regarde tous les 5, on sent qu’ils ont chacun une vraie folie, c’est ce qui m’intéresse le plus dans la fabrication d’un film."


Comment avez-vous travaillé avec vos comédiens ?


"Pendant la préparation, on a fait des sessions de travail tous ensemble. Je proposais aux acteurs des jeux et autres improvisations autour de leur personnage. Cela a renforcé la dynamique de groupe et pour Noé et moi, ce fut l’occasion de piocher quelques pépites inattendues pour enrichir le scénario. L’idée était de ne jamais préparer directement une scène. Sur le plateau, je veux vraiment sentir la tension de la première prise, l’accident de la première fois."


Vous passez de deux univers violents et organiques Sheitan, Dog Pound à un monde beaucoup plus wasp et propret.


La-creme-de-la-creme-copie-3.gif"En apparence, oui. Mais je trouve que les personnages de Sheitan et Dog Pound sont des enfants de chœur à côté de ceux de La Crème de la Crème... Kelliah, Dan et Louis peuvent dire des choses extrêmement brutales et surtout, ils sont formés à nous faire croire qu’ils énoncent des vérités. Les scènes où Kelliah recrute les filles sont des sommets de manipulation."

 

C’est le personnage le plus complexe au fond. D’ailleurs c’est même symbolisé par son changement de nom.


"Oui. Kelliah est une gamine qui a grandi dans un quartier populaire. Son père est un immigré de l’est, il l’a sans doute appelé Kelly pour qu’elle s’intègre bien, mais elle a grandi ici et voit que son nom la dessert. Donc elle lui donne une petite sonorité différente en rajoutant –iah. À HEC, c’est une AD, admise direct. Elle fait partie des élèves qui ne viennent ni des bonnes écoles, ni des bonnes prépas et par conséquent ne sont pas du sérail. Donc c’est l’histoire d’une AD... quelqu’un qui veut en être, mais qui n’en fera jamais partie."

 

Au fond les personnages de La Crème de la Crème sont surtout inquiétants dans ce qu’ils vont devenir ensuite.


"En même temps, ils finissent le film avec moins de certitudes que lorsque le film commence. À une projection devant des élèves d’école de commerce, une personne m’a dit : "Ils jouent à ce qu’ils vont être plus tard". J’ai trouvé ça très juste."

 

La-creme-de-la-creme---Alice-Isaaz.gif


On sent que votre univers a mûri.


"J’ai commencé le cinéma avec une approche brutale des choses où je cherchais le spectaculaire avant tout. On m’a donc mis dans la catégorie des réalisateurs de genre et j’adorais ça, j’en regardais beaucoup. Par la suite, j’ai commencé à m’intéresser à un cinéma différent, j’apprécie aujourd’hui des films dont les histoires vont me bousculer alors qu’il se passe peu de choses à l’image. L’émotion reste au centre, c’est juste une émotion différente."

 

C’est marrant, on ne vous attend pas sur ce terrain.

 

"Il m’est arrivé plein d’expérience de vie qui font que j’ai été attiré par un autre type de cinéma, un autre type de musique, un autre type de personnes. Et c’est génial pour un artiste d’aller découvrir des nouvelles inspirations. Disons qu’entre Sheitan et La Crème de la Crème, les scènes de masturbation de pitbull ont été remplacées par des slows sur "Quelqu’un m’a dit" de Carla Bruni... C’est une subversion différente. Si j’extrapole un peu, je crois que ce film vient clore un triptyque sur l’adolescence et la marge. Je ne suis pas sûr que ce soit vrai, mais l’idée me plaît."

 

 

Mon opinion :

 

Kim Shapiron avoue "intéressant de faire une petite promenade avec eux".  

Eux, les étudiants. Une balade donc dans un milieu universitaire facilement reconnaissable.

 

Je pensais voir un film plus incisif. Plus dérangeant. Il n'en est rien. L'ennui m'a gagné très vite malgré une réalisation plutôt trépidante et quelques rares dialogues parfois savoureux.

 

J'ai trouvé l'écriture du tout jeune Noé Debré d'une extrême banalité. À l'écouter il travaillerait actuellement sur dix scénarios différents. Ça peut paraître beaucoup et faire peur en même temps, quand on écoute son interview du 23 mars sur Canal + .

 

Les dernières images tombent complètement à plat, et le film ne gagne rien à vouloir mettre en avant quelques idées sordides tirées d'un soi-disant fait divers des années 70.

 

En sortant de la séance j'ai demandé à  quelques jeunes présents dans la salle ce qu'ils avaient pensé du film. "Assez réussi sur la forme" m'a répondu l'un deux. "Insultant pour les filles" a répliqué sa voisine, tout en rajoutant que le film ne reflète en rien une quelconque réalité. De mon côté, sûrement trop vieux pour me laisser prendre au jeu, je ne me risquerai pas de le conseiller.

 

Dans le film de Cécile Telerman qui sortira le 9 avril, Alice Isaaz est autrement plus convaincante, et surtout beaucoup mieux employée, dans un rôle très difficile qui ne permet pas la moindre faute.

 

Je reste toutefois persuadé que le réalisateur qui a su mettre en scène un "Dog Pound" nous permet d'espérer mieux que cette laborieuse "crème de la crème".

 

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://www.cine35.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

Film streaming gratuit 24/05/2014 02:43


Merci franchement j’ai adoré !

Edmée De Xhavée 21/04/2014 10:28


Heuuuuuuh... Pas mon genre d'intérêt (si j'ai un genre... il me semble que j'ai surtout le genre de films que je ne veux pas voir et que tous les genres ou presque peuvent me
plaire ). Ceci me fait un peu penser à ce que les Américains adorent montrer dans des films de série B, la
débauche dans les campus etc... Peu intéressant et jamais rien de neuf. Série B... 

Film streaming 16/04/2014 01:41


Merci pour les informations que vous m'avez données

Film streaming 16/04/2014 01:39


thank you

Chris 04/04/2014 12:02


J'avais entendu l'interview du jeune mec que tu cites. Il n'a déjà plus les pieds sur terre la pauvre garçon. Ce film m'a 100% ennuyé.

 

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