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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 00:00

 

Date de sortie 20 février 2013

 

La-Demora---Affiche.gif


Réalisé par Rodrigo Plá


Avec Roxana Blanco, Carlos Vallarino, Julieta Gentile,

Cecilia Baranda, Thiago Segovia, Facundo Segovia


Genre Drame


Production Uruguayenne, Mexicaine, Française

 

La Demora est le  quatrième long métrage de Rodrigo Plá.

 

Rodrigo Plá, né à Montevideo en Uruguay en 1968. Il commence à étudier la photographie et le cinéma puis l’écriture et la mise en scène au "Centro de capacitacion cinematografica de Mexico", ville qu’il habite depuis ses 11 ans.


Son premier court-métrge en 1996, Novia mía a reçu le Prix du meilleur court métrage au Festival de Biarritz et au Festival International de Cinéma de Guadalajara. S'en suit, en 2001 un deuxième, El ojo en la nuca dans lequel Gael García Bernal tenait le rôle principal. Le film reçut l'Oscar étudiant du meilleur court métrage étranger et le prix Ariel pour le meilleur court métrage de fiction.

 

Rodrigo Plá réalise son premier long-métrage La Zona, propriété privée en 2007, une réflexion sur nos peurs sous forme de thriller anxiogène à souhait. Pour ce film il reçut entre autres récompenses le Prix Luigi-De-Laurentis/Lion d'or de l'avenir. Il réalise ensuite Desierto adentro en 2008 remporte sept prix au Festival de Guadalajara. Le film se voit également récompensé par huit Ariel Awards, les oscars mexicains.

 

Suit, Revolución en 2010, projet collectif dans lequel dix voix emblématiques du cinéma mexicain se sont réunies pour célébrer le centième anniversaire de la révolution Mexicaine. Le film a été présenté à la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2010. 


La Demora film multi-récompensé, confirme le talent et l'intérêt suscité par les réalisations de Rodrigo Plá. Pour visualiser l'ensemble des récompenses obtenues par le film ... Cliquez ICI ! 

 

La-Demora---Carlos-Vallarino-et-Roxana-Blanco.gif

 

Carlos Vallarino et Roxana Blanco

 

"L'Uruguay possède une population très vieillissante. Il y a beaucoup de personnes âgées et les jeunes ont l'habitude de partir dans d'autres pays. C'était un bon endroit pour situer le film. C'est aussi un pays où les hivers sont beaucoup plus durs que dans d'autres pays d'Amérique du Sud. Ce qui rend la situation du père abandonné sur la place beaucoup plus dramatique. La possibilité de mourir est bien réelle. D'autre part, le fait que Montevideo soit une petite ville nous donnait l'impression que les gens pouvaient encore s'intéresser aux autres et démontrer une certaine solidarité, comme dans le cas de la voisine de l'immeuble. Nous avons donc décidé de contextualiser le film ici, avec des personnages locaux, mais pour autant la ville n'est pas vraiment reconnaissable. Nous n'avons pas filmé sur les Ramblas, par exemple. Cela reste en réalité un lieu plutôt neutre et nous aurions pu filmer dans d'autres endroits. Comme en Allemagne, ou en France. Quand Laura a lu cet article sur l'abandon des personnes âgées, c'était à la même époque où l'on en a découvert de nombreuses, mortes chez elles, pendant la canicule de 2003 en France." déclare le réalisateur. 

 

Rodrigo Plá s’empare avec audace et réalisme de questions morales troublantes et malaisées.

 

Se battre pour les siens, jusqu’où ? Avec quels appuis ?


Sujet douloureux, exigeant, traité sur le mode du drame intime et porté par une intrigue bien ficelée.

 

Synopsis

 

Dans son petit appartement lugubre de Montevidéo, María est modiste, elle fait des travaux supplémentaires à domicile payés à la pièce, contre une médiocre rétribution.  

 

Elle s’occupe seule de ses trois jeunes enfants, deux petits garçons, une fille adolescente, mais aussi de son père Augustin qui perd peu à peu la mémoire et ne peut plus rester seul.

 

La-Demora---Roxana-Blanco.gif

 

Roxana Blanco

 

María tente de concilier vaille que vaille ses rôles de soutien de famille, d'éducatrice et d'aide-soignante. Jusqu'au jour où, à bout de nerfs, comme prise de panique, elle demande à Augustin de l'attendre dans un jardin le temps d'une course... et décide de ne pas venir le rechercher.  

 

María lutte  entre l'amour immense qu'elle porte à son père et la nécessité de commettre cet acte terrible.

 

La détresse d’un adulte face à l’un de ses parents malade est un thème qui a déjà été traité de nombreuses fois au cinéma. On peut citer Good Bye, Lenin ! réalisé par Wolfgang Becker en 2003, film dans lequel Daniel Brühl reconstruisait une RDA fictive pour éviter un choc brutal à sa mère sortie du coma après la chute du mur de Berlin, mais aussi l'excellent et récent Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé, dans lequel Vincent Lindon assistait sa mère condamnée par une maladie.
 
La-Demora.gifLe scénario de La Demora, est écrit par la femme du réalisateur, Laura Santullo.

Elle avait également participé en 2007 à l'écriture du scénario du premier film de Rodrigo Plá, La Zona, propriété privée. Laura Santullo avait écrit deux monologues intercalés : l'un correspondait au monologue intérieur du père, l'autre à celui de la fille. Par rapport au film, cela donne un tout autre éclairage sur l'histoire. Ainsi, on voit que le père comprend ce que fait sa fille quand elle le laisse sur la place, et qu'il l'excuse : il dit que c'est un moment de folie, quelque chose qui peut arriver à tout le monde. Il excuse sa fille en quelque sorte. Laura Santullo reconnait : "Toutes les personnes ont leur raison de faire ce qu'elles font. Et il est très difficile, en dernière instance, de les juger. C'est en lisant un article qui donnait des chiffres impressionnants sur les cas d'abandon de personnes âgées que j'ai eu l'idée d'écrire cette histoire. Je m'étais alors demandé comment on pouvait arriver à de telles circonstances. Par ailleurs, en tant que créateurs, nous avons toujours refusé de juger nos personnages dans nos films. Les personnages qui se trompent sont extrêmement intéressants, surtout quand leur décision revêt une dimension morale."

 

Et de rajouter :  "Le film dresse le portrait d'une femme pauvre mais qui sait effectivement rester digne. C'est une mère qui lave les tabliers des enfants pour aller à l'école. Elle les lave et elle les repasse. Ils peuvent être déchirés mais pas sales. C'est une chose que de ne pas avoir les moyens, c'en est une autre que de ne pas se battre et de ne pas aller de l'avant. C'est une femme seule, qui travaille, qui s'occupe de ses enfants et de son père malade et qui fait tout pour s'en sortir. María est une battante qui, à un moment donné, s'effondre. Ce qui se passe à ce moment- là n'a pas été planifié. María n'avait pas décidé à l'avance de faire cela à son père. Il s'agit d'un " accident émotionnel ", d'un moment où quelque chose soudain se rompt en elle." 

 

Pour l'adaptation au cinéma, le réalisateur a choisi d'être plus elliptique et mystérieux, de laisser le spectateur se faire sa propre idée. Les acteurs avaient toutes ces informations, et ils ont pu les suggérer dans leur jeu. Rodrigo Plá démontre la promiscuité aliénante à laquelle sont condamnés les pauvres face à la logique comptable des services sociaux, qui expliquent à María que peu, c'est encore trop : les maisons de retraites publiques sont réservées aux personnes âgées sans la moindre ressource... Le jeune cinéaste uruguayen n'appuie pas sa réalisation sur les conflits entre tous ses personnages ni sur le pathos qui pourrait en découler. Il ne juge personne. Il y a un plan qui nous dit que ce n'est pas seulement la faute de María mais aussi celle des institutions.

 

La-Demora---Carlos-Vallarino-et-Roxana-Blanco-copie-1.gif

 

Carlos Vallarino et Roxana Blanco

 

C'est un plan où on la voit avec son père lorsqu'ils vont demander une place dans un centre d'hébergement et qu'un employé de dos les sépare l'un de l'autre dans le cadre. "L'employé ne pouvait pas avoir de visage. C'est un mur, c'est l'institution qui dit non. Ce qui nous intéressait, c'était de voir ce qui arrivait au père et à la fille. Pas à ceux qui les entourent. C'est pourquoi tous les personnages secondaires apparaissent de dos, se voient partiellement, sont flous ou hors champ. Il était donc évident que l'homme, dans cette scène, allait rester de dos. Il ne pouvait pas en être autrement" avoue-t-il.


La description, réaliste ne sombre jamis dans le sordide, du quotidien de la principale protagoniste, et pas davantage dans ses frustrations, ce qui permet de comprendre son geste.

 

La-Demora-copie-1.gifRodrigo Plá s'est intéressé au dilemme moral. "Nous recherchons toujours des personnages qui se situent au centre. Ceux qui sont aux extrémités, quand ils prennent des décisions, n'ont pas de choix à faire. C'est beaucoup mieux d'avoir des personnages qui peuvent choisir, qui sont confrontés à une alternative, qui se demandent s'ils doivent aller à gauche ou à droite. Le personnage de María n'est pas le plus pauvre de tous. C'est une personne très digne. La décision d'abandonner son père se révèle d'autant plus dramatique que María possède d'autres alternatives, d'autres recours. Et cependant, elle explose.."

 
Il existait, sur le tournage de La Demora, une étroite collaboration entre Rodrigo Plá et Carlos Vallarino. Le réalisateur a donné une grande liberté à l'acteur, non professionnel, pour le laisser s'approprier son personnage de la meilleure manière possible, tout en optant pour des choix de tournage non conventionnels : "C’était la première fois que nous tournions de manière chronologique. Carlos Vallarino n’est pas un acteur professionnel. C’était donc important, pour le mettre à l’aise, de le faire entrer petit à petit dans le personnage. Il arrivait parfois qu’il ait du mal à dire certains dialogues et soit nous improvisions soit je l’envoyais chez lui écrire ses propres dialogues que nous corrigions après ensemble. On ne peut pas demander à un acteur de parvenir tout de suite à une émotion finale. J'essaie de comprendre son mode de pensée et de l'aider à trouver cette émotion. On a aussi pu faire des répétitions sur les lieux mêmes du tournage. Les acteurs ont ainsi pu s'approprier l'espace et l'espace s'est adapté à leurs requêtes. Si une table était trop haute, on en trouvait une plus petite. Du coup, les acteurs étaient d'une désinvolture impressionnante par rapport aux dialogues et aux mouvements. Ils les avaient complètement intégrés et pouvaient se concentrer sur autre niveau.", explique  Rodrigo Plá.

La Demora a été sélectionné pour représenter l’Uruguay à la Cérémonie des Oscars de 2013, dans la catégorie Meilleur Film en langue étrangère.

 

 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://en.unifrance.org

http://www.telerama.fr

http://www.lejdd.fr

http://www.lepoint.fr - Propos recueillis par Florence Colombani

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Cinéma Amérique du Sud
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