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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 11:50

 

Date de sortie 13 août 2014

 

La-Dune---Affiche.gif


Réalisé par Yossi Aviram


Avec Niels Arestrup, Lior Ashkenazi, Guy Marchand,

Emma de Caunes, Mathieu Amalric, Jean-Quentin Chatelain, Moni Moshonov

 
Genre Drame


Production Française

 

 

Synopsis

 

Hanoch (Lior Ashkenazi) sur une plage déserte d’un petit village des Landes. Il a parcouru une longue route à vélo, à travers la France.

 

Au loin : Israël, son pays, qu’il a quitté pour une raison mystérieuse.

 

Quelques jours plus tard, une jeune femme le retrouve sans connaissance sur le rivage.

 

Personne ne parvient à savoir qui il est. L’inspecteur Ruben Vardi (Niels Arestrup) est sur le point de prendre sa retraite : pas question de se charger de cette affaire.

 

Mais des faits étranges le décident à changer d’avis…

 

La-Dune---Lior-Ashkenazi.gif


Lior Ashkenazi

 

 

Entretien avec Yossi Aviram.

 

Quel a été votre parcours avant La Dune, votre premier film ?

 
J’ai commencé à étudier le cinéma au lycée, où j’ai réalisé mon premier court métrage à 17 ans. Puis, j’ai intégré l’école de cinéma de Jérusalem où j’ai mis en scène d’autres films courts-métrages. J’ai ensuite signé plusieurs documentaires, dont Deux vieux Garçons, qui a été diffusé sur Arte en 2009. Ce film racontait l’histoire de mon oncle et de son compagnon qui vivent ensemble à Paris depuis 35 ans. On en retrouve des traces dans
La Dune avec le couple d’homosexuels parisiens et leur relation très spéciale.


Comment est né
La Dune ? Comment avez-vous imaginé l’histoire de ce personnage, Hanoch, qui abandonne sans raisons apparentes Tel-Aviv pour la France ?


J’avais été très marqué, il y a sept ans, par un fait divers qui s’est déroulé en Angleterre. On avait retrouvé sur une plage un anonyme qui se refusait à dévoiler son identité et s’était muré dans le silence. Il a surpris tout le monde en se mettant à jouer du piano dans l’hôpital où il avait été recueilli. On a fini par l’appeler "le pianiste". Cette histoire m’a inspiré et j’ai eu envie d’imaginer celle d’un homme que l’on retrouvait sur une plage et dont on ne savait rien. Cette image, qui apparaît tardivement dans le film, est à l’origine du récit. Toutes les autres situations, autres personnages, en découlent. Passionné d’échecs j’ai été guide dans le désert. Le désert, incarnation de la solitude, exprime pour moi en même temps cette harmonie que mes personnages recherchent.

 

La Dune mélange les pays (Israël et la France), les cultures et les genres : enquête, réflexion sur l’identité…

 
Vous savez, il faut beaucoup d’énergie et de patience pour réaliser un film… On doit se réveiller tôt, tant qu’à faire, autant y mettre beaucoup d’éléments (rires). Plus sérieusement, j’aime les films qui mélangent les tonalités. Un de mes préférés est Tirez sur le Pianiste de François Truffaut. Un film où la trame policière sert d’argument pour observer au plus près ce qui agite les personnages. Comme dans
La Dune.


La question des origines est prépondérante. Pourquoi cet intérêt ? Dans le film, tous les personnages sont en quête d’une sorte d’harmonie perdue… Pourquoi les cinéastes sont-ils fascinés par un sujet ?

 

Lior-Ashkenazi---La-Dune.gifC’est une question qu’il faut poser à leur psychanalyste (rires). Personnellement, je connais bien mon père et n’ai jamais connu de problèmes particuliers avec lui. Une chose est sûre : les pères de cette génération (au moins autour de moi) ne parlent pas beaucoup. Nous avons grandi dans une culture plus"enfermée", toujours tentés de deviner ce qui se passait dans l’esprit de notre géniteur. Je jouais d’ailleurs beaucoup aux échecs avec mon père. Un jeu qui permet une sorte d’intimité silencieuse.


La Dune privilégie le mystère. Quels étaient vos partis pris de mise en scène ?


Tout repose avant tout sur le scénario ! Et il m’a fallu le construire d’autant plus minutieusement que les silences et la suggestion occupent une place centrale dans le film. Truffaut, encore lui, écrit dans son journal pendant le montage de Farhenheit 451, qu’il est ravi car le film arrive à être à 60 % silencieux. Il a minuté le pourcentage exact… Je préfère peut-être d’autres films de lui mais j’aime cette anecdote.

 

Saviez-vous d’emblée que Lior Ashkenazi jouerait le rôle principal, celui de Hanoch ?


Pas du tout ! En Israël, dans sa génération, il est toujours celui à qui l’on pense en premier, mais, à l’origine, j’imaginais plutôt un acteur qui aurait immédiatement renvoyé une image plus sombre et dépressive. Je craignais un peu pour son image virile, solide et plutôt joyeuse. Lior a beaucoup aimé le scénario, il trouvait intéressant d’interpréter un rôle silencieux. Notre rencontre m’a séduit et décidé. Il a un tel charme, un tel regard, (et cette qualité de star…) qu’on ne peut pas lui résister ! Et bon, il séduit une femme sans même dire un mot dans le film… alors pourquoi pas ? Je n’ai pas été déçu : cela a été un bonheur de travailler avec lui. C’est un acteur très généreux…

 

Niels-Arestrup---La-Dune.gif

 

Et pour la distribution française ? Comment avez-vous convaincu Niels Arestrup d’incarner ce flic gay en préretraite ?


Un Prophète, de Jacques Audiard, a rencontré un important succès en Israël et, comme tout le monde, j’avais été très impressionné par sa prestation. Je cherchais quelqu’un qui serait certes fermé mais en même temps plein de douceur, ce qui n’est pas évident à déceler chez Niels étant donné les rôles qu’il interprète en général. Mais très vite, j’ai reconnu l’originalité de ce choix et mon admiration pour cet acteur m’a décidé. Niels a beaucoup aimé le scénario et nous nous sommes rencontrés. Une quinzaine de minutes dans un café ont suffit. J’ai compris pendant le tournage que la rapidité de cette décision était due à la profonde indépendance de Niels. Il y a quelque chose chez lui qui ne triche jamais. Ce n’était pas une expérience légère et facile, imaginez bien un réalisateur d’un premier film face à un acteur qui en a tourné cinquante… Il est arrivé tellement préparé sur le tournage que tout ce que j’avais à faire c’était ne pas le déranger sauf une ou deux remarques de temps en temps. Et au montage j’ai redécouvert à quel point il était génial car j’ai vu ce qui passe forcément inaperçu pendant le tournage.

 

Et Guy Marchand, qui incarne son compagnon ?


Niels-Arestrup---Guy-Marchand---La-Dune.gifNiels est tellement charismatique qu’il n’était pas évident de le marier… De toute façon c’est difficile de composer un couple et comme dans la vie il faut un peu de chance, non ? Il fallait trouver quelqu’un qui n’aurait pas été immédiatement effacé par son partenaire. Je cherchais à la base un italien, car j’aurais voulu avoir un acteur avec un accent. Marion Touitou, la directrice de casting m’a parlé de Guy. Je ne le connaissais pas bien, mais une fois
que j’ai pu voir ses films j’ai trouvé toute la douceur et la classe que je cherchais. Sa nonchalance, son charme, et son bagage cinématographique… Notre rencontre a été complètement différente ! Lui n’a pas arrêté de parler pendant deux heures et de me raconter des histoires incroyables  sur sa carrière, Isabelle Huppert, Maurice Pialat, etc… Des noms légendaires pour moi… Ça a été fascinant mais je me demandais si on allait parler de mon scénario, s’il l’avait aimé ou pas… Soudain sa fille lui a téléphoné et il lui a dit "je suis avec mon réalisateur, il est trop jeune mais c’est bon on va faire ce film !".

 

Emma De Caunes et Mathieu Amalric jouent également dans le film…


J’adore Mathieu Amalric et j’ai eu de la chance de pouvoir lui proposer le rôle pour une seule scène, grâce à son amitié avec mes producteurs, Les Films du Poisson. C’était très excitant de voir cette rencontre entre les deux monstres du cinéma français que sont Niels et Mathieu. Quant à Emma, j’ai été séduit par sa personnalité et par son regard à la fois joyeux et mélancolique. Son image "rock’n’roll" me plaît. Elle est magnifique dans le film ! Vous êtes d’accord avec moi ! (rire). Mais sérieusement, c’est elle amène la lumière dans le film, si optimiste au milieu de ces hommes plutôt sombres…

 

Emma-de-Caunes---La-Dune.gif

 

Emma de Caunes

 

Avez-vous déjà de nouveaux projets ?


Je viens de terminer un documentaire sur les soeurs Polgar - les meilleures joueuses féminines d’échecs de tous les temps ! Trois soeurs hongroises qui, contraintes de jouer par leur père, lui-même un obsédé du jeu, devinrent des génies des échecs à l’époque du communisme. Et j’ai deux nouveaux projets de fiction, dont l’un coécrit avec Valéria Bruni Tedeschi. En quelque sorte, ce sera le pendant de La Dune, puisque des personnages français vivront une histoire dans le désert en Israël.

 

Commencé à Paris, le tournage de La Dune, s'est poursuit en Aquitaine. Après les plages de l'océan Atlantique, Moliets et le Courant d'Huchet, Eymet et ses environs, Tonneins, le pays marmandais  et le village de Ferrensac qui a été  le lieu de tournage de plusieurs scènes.

La place du village, les collines et les prairies environnantes ont donc connu une animation particulière, mais également et surtout le café "Chez Reine" qui avait été choisi pour son charme bien particulier des petits bistrots de campagne.

 

"Au début, nous avions mis une option sur Montalivet, en Gironde. Mais nous nous sommes vite rendu compte que cela ne correspondait pas du tout à nos attentes. On cherchait, en réalité, une ferme et un village de caractère", explique le réalisateur. Après plusieurs repérages dans la région, c'est donc le Nord du département qui retient son attention et celle de Johan Broutin, producteur chez Les Films du Poisson.

 

La-Dune---Lior-Ashkenazi---Niels-Arestrup.gif

 

Lior Ashkenazi et Niels Arestrup


Accompagnés dans leurs démarches par le Bureau d'accueil de tournage du Lot-et-Garonne, Bat47, Yossi Aviram et son équipe affirment avoir été immédiatement conquis : "Nous sommes devenus tout de suite des patriotes du Lot-et-Garonne ! On a mis du temps, mais une fois les lieux trouvés… C'était magnifique", déclare le réalisateur, qui, deux ans après le tournage était présent le vendredi 1er août pour la présentation du film, en avant-première au Plaza, à Marmande.

Lior Ashkenazi - La Dune-copie-1Un bar, une ferme

Les coups de cœur de l'équipe ? Tout d'abord, le bar de Ferrensac. "Un endroit dans son jus, depuis les années 1960, comme s'il avait été spécifiquement créé pour le film", explique Johan Brotin. "Un bar au caractère authentique que nous avons été incapables de trouver en bord de mer."

Ensuite, une ferme dénichée à Agnac, elle aussi correspondant pierre à pierre aux décors espérés. Sans oublier les rencontres. L'équipe cherchait des acteurs amateurs, figurants. Un casting sauvage dans la campagne lot-et-garonnaise ne doit pas être des plus évidents… Idée reçue ? "Nous avons trouvé deux hommes fabuleux, au hasard. Des rencontres très émouvantes. Pour les acteurs aussi. La complicité d'Emma (NDLR, De Caunes) sur le tournage avec l'un d'entre eux était par exemple magique", détaille-t-il.

Pour soutenir ce coup de cœur, le réalisateur a reçu des subventions de la région Aquitaine mais aussi du Conseil général de Lot-et-Garonne. "C'est le film qui a tout lancé dans le département, qui a généré de nouveaux tournages. Il a créé une vraie dynamique, a été catalyseur d'embauches de techniciens locaux, etc.", explique fièrement Hervé Bonnet, chargé de mission au BAT 47. Pour ceux qui ne connaissent pas le Nord du département, rendez-vous donc dans les salles le 13 août.

 

Extraits d'un article d'e.viguier@sudouest.fr pour http://www.sudouest.fr

 

La-Dune---Niels-Arestrup-et-Guy-Marchand.gif

 

Niels Arestrup et Guy Marchand

 

 

Mon opinion

 

Pour son premier long-métrage Yossi Aviram, à la fois scénariste et réalisateur, s'offre un casting quatre étoiles.

 

Dès les premières minutes il est aisé de deviner la trame du scénario. La photographie superbe nous embarque, néanmoins dans cette histoire "d'hommes".

 

Le rythme lent s'accorde parfaitement au propos traité.

 

Le silence fait partie intégrante du casting.

 

La caméra se montre discrète pour permettre aux spectateurs de savourer le jeu des acteurs, tous remarquables.

 

Les face-à-face pesants, douloureux et magnifiques entre Niels Arestrup et l'excellent Lior Ashkenazi restent un grand moment du film. Le couple formé par Guy Marchand, parfait, et le non moins remarquable Niels Arestrup est à la fois tendre, attachant et terriblement sympathique. Le talent, la présence et le beau sourire d'Emma de Caunes apporte un vent de légèreté doux et agréable.

 

Un film qui fait la part belle à la magnifique région d'Aquitaine et au département du Lot et Garonne. Un moment de cinéma sympathique et un réalisateur à découvrir et, sans nul doute, à suivre.

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.ladepeche.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

dasola 01/09/2014 17:48


Bonsoir Alain, merci pour ce long billet sur un film qui en vaut la peine et qui malheureusement est passé inaperçu. Bonne fin d'après-midi.

Michel Zorba 17/08/2014 20:46


Salut Alain. Je l'ai vu par le plus grand des hasards. J'étais certain de le trouver sur ton site ... because ... Tout est bien d'aileurs. Bonne soirée. Bon courage aussi. Tiens moi au courant. @
+

 

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Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

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