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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 06:00

 

 

La-Maison-du-Docteur-Edwardes---Affiche.jpg

 

Réalisé par Alfred Hitchcock


Avec  Ingrid Bergman, Gregory Peck, Michael Chekhov,

Leo G. Carroll, Rhonda Fleming, John Emery, Norman Lloyd,

Bill Goodwin, Steven Geray, Donald Curtis, Wallace Ford,

Art Baker, Regis Toomey, Paul Harvey


Genre Thriller


Production Américaine


Titre original Spellbound

 

Date de sortie en salles mars 1948

 

Après le succès d’ Autant en emporte le vent, le producteur David O’Selznick, qui est à l’origine de la venue d’Alfred Hitchcock à Hollywood, veut renouveler le succès critique et public de leur première collaboration, Rebecca.

 

Spellbound---Gregory-Peck.JPG Gregory Peck

 

Il a alors l’idée folle de produire le premier film sur la psychanalyse ! Freud est mort en 1939, la science qu’il a fondée commence à passionner les foules, et David O'Selznick à l’intention d’éduquer les spectateurs. Il affirme même que cette éducation est très importante pour la santé mentale du public !

 

Ingrid Bergman Spellbound - Ingrid Bergman

 

Spellbound restera à jamais une œuvre à part. L’œuvre d’un génie de l’image en mouvement qui rencontre celui de l’image figée. L’œuvre d’un maître en l’art de manipuler les fantasmes qui se frotte à celle de l’homme qui leur donna un sens. À ces rencontres de talents, vient se greffer la présence de la sublime Ingrid Bergman qui inonde l’image de sa sensualité.

 

Spellbound a obtenu six nominations aux Oscars en 1946 :

Meilleur film, Meilleurs effets spéciaux, Meilleur réalisateur,

Meilleur second rôle, Meilleure photographie, Meilleure musique.

 

Il remporta la statuette pour sa musique, composée par Miklós Rózsa.

 

La-Maison-du-Docteur-Edwardes---Gregory-Peck--Ingrid-Bergma.jpg

 

Gregory Peck et Ingrid Bergman

 

Synopsis

 

Le docteur Constance Petersen (Ingrid Bergman) travaille dans un établissement psychiatrique du nom de Green Manors, dirigé par le docteur Murchison (Leo G. Carroll). Ce dernier est sur le point de partir en retraite et doit être remplacé par le jeune et talentueux docteur Anthony Edwardes (Gregory Peck). Une fois en poste, le Docteur Edwardes a un comportement bizarre au point que les autres médecins doute de la véritable identité du nouveau directeur. Il s’avère être un amnésique du nom de John Ballantine, soupçonné d’avoir fait disparaître le véritable docteur Edwardes. Constance découvre que Ballantine n'est pas l'assassin d'Edwardes mais qu'il est devenu amnésique après un accident pendant la guerre, il est en plus traumatisé par l'accident mortel survenu à son frère pendant son enfance et dont il est le responsable. Constance Peterson va aider John Ballantine à retrouver son identité. Ensemble, ils vont tenter de découvrir qui a assassiné l’infortuné docteur Edwardes.

 

La-Maison-du-Docteur-Edwardes---Ingrid-Bergman.jpg Gregory Peck et Ingrid Bergman

 
Comme souvent à l'époque de la sortie du film, La Maison du Docteur Edwardes a fait l'objet d'une adaptation radiophonique dans le célèbre Lux Radio Theatre, le 8 mars 1945, avec les voix de Joseph Cotten et Alida Valli. Quant à la version TV, elle date de 1962. Réalisée par Paul Bogart, on y trouve également au générique Maureen O'Hara et Hugh O'Brian.
 

 Ingrid Bergman et Gregory Peck La-Maison-du-docteur-Edwardes---Ingrid-Bergman---Gregory-Pe.jpg

 

Le scénario est tiré d'un roman de Francis Beeding. Pseudonyme de deux écrivains anglais, John Leslie-Palmer et Hilary Aidan St-George Saunders. Ils ont écrit, en commun, une soixantaine de romans.

 

C'est Alfred Hitchcock qui persuada David O. Selznick d'acheter les droits d'adaptation du livre de, pour une somme de 40.000 $.

 

Alfred Hitchcock commence à travailler sur le scénario avec Angus MacPhail qui a participé à ses premiers films. Insatisfait du résultat qu’il juge trop désordonné, il se tourne vers le scénariste en vogue à l’époque, Ben Hecht. Ce dernier, très porté sur la psychanalyse, rédige avec Alfred Hitchcock un scénario que certains qualifieront de simpliste. On reproche souvent à ce film son manque d’envergure par rapport au sujet abordé, mais ces critiques oublient que le réalisateur est avant tout un cinéaste de l’efficacité. Ses films sont destinés à un grand public qu’il prend plaisir à manipuler du premier au dernier plan. De ce point de vue Spellbound est une réussite incontestable. Le mystère qui entoure le personnage joué par Gregory Peck suspend le spectateur à chacune de ses attitudes qu’il essaie d’interpréter pour deviner l’issue du récit : qui est réellement ce jeune et séduisant docteur, est-il un meurtrier, est-il innocent, si oui quel est son alibi ? Finalement l’intrigue révèlera son dénouement grâce à l’analyse d’un rêve et aux souvenirs que la belle Constance (Ingrid Bergman) arrivera à réveiller chez son patient et amoureux. Ce final assez classique dans sa construction, toutes les questions que le spectateur se pose trouvent une réponse dans un dernier acte riche en obstacles dramatiques, apporte dans sa forme et dans les thèmes abordés une grande originalité au film.

 

La Maison du docteur Edwardes - Ingrid Bergman et Gregory.La Maison du docteur Edwardes - Ingrid Bergman.


Afin de parfaire son scénario, Ben Hecht rencontra de nombreux psychanalystes réputés.
 
Producteur du film, le flamboyant David O. Selznick était aussi connu pour suivre une analyse avec une célèbre psychiatre de l'époque, le docteur May Romm. A la demande du producteur, celle-ci accepta d'être conseillère technique pour le film ! Pour la petite histoire, elle eut un jour une discussion assez mouvementée avec Alfred Hitchcock, car elle n'était pas d'accord sur la façon dont le cinéaste avait montré le déroulement d'une séance d'analyse. Ce dernier lui rétorqua : "Voyons ma chère, ce n'est qu'un film !".

 

Au delà d'une construction efficace, Alfred Hitchcock imprègne son film d’une ambiance Freudienne non dénuée de qualité et d’intérêt. D’une part il fait référence au psychanalyste allemand en faisant intervenir un vieux docteur qui fût le maître de Constance. Avec ses cheveux blancs, sa barbiche, ses lunettes et son air savant, il est plus qu’une image de Freud, c’est sa caricature. D’autre part il sème à travers ses plans des symboles "Freudien" : la piscine que dessine Constance à l’aide d’une fourchette sur la nappe a évidemment la forme d’un vagin, le rasoir que brandit Gregory Peck à hauteur de hanche n’est autre que l’image de son sexe dressé et enfin il y a ce regard que jette Constance vers son pénis lorsqu’il lui demande pourquoi elle est venue le rejoindre dans cet hôtel où il se cache; elle invoque une réponse, mais ses yeux ont mis à jour ses fantasmes !


Comme dans tous ses films, Alfred Hitchcock n'a évidemment pas manqué de faire une petite apparition. Dans La Maison du Docteur Edwardes, il prête ses traits à un homme sortant d'un ascenseur, un étui de violon à la main, à la 40e minute.

   
La parole à Patrick Brion, qui évoque le film dans son ouvrage consacré à Alfred Hitchcock : "Hitchcock assurait avoir voulu tourner avec La Maison du Docteur Edwardes le premier film de psychanalyse. Le film joue en effet sur plusieurs registres, celui du mélodrame, le drame criminel et le film psychanalytique. La guerre a créé des personnages choqués, amnésiques, à la recherche d'un passé perdu, et ce n'est pas un hasard si on voit apparaître au cours de la même année 1945 La Femme au portrait de Fritz Lang, The Strange Affair of Uncle Harry de Robert Siodmak, Hangover Square de John Brahm, [...] autant de films qui ne sont pas sans liens étroits avec la psychanalyse. [...]".

 

La-Maison-du-docteur-Edwardes----Ingrid-Bergman-et-copie-2.jpg

 

 Ingrid Bergman et Gregory Peck

 
La séquence de rêves et d'hallucinations a été réalisée par Salvador Dalí.

 

Comment parler de la psychanalyse dans Spellbound sans évoquer la séquence du rêve dessinée par Salvador Dalí ? Lorsque Alfred Hitchcock pense à cette scène il veut rompre avec le traitement classique des rêves sur grand écran. Il refuse ces images floues ou entourées de brumes, il recherche un rêve précis, aigu, vivant.

 

Speelbound - RêveSon choix se tourne naturellement vers Salvador Dalí qui répond parfaitement à ces critères de forme et qui prétend en plus être le porte drapeau du surréalisme, celui qui déclare avoir créer "l’iconographie du monde intérieur – le monde du merveilleux – de [son] père Freud." Le travail qu’il réalise pour Spellbound, sans atteindre le résultat souhaité par le réalisateur qui voulait tourner en extérieur, est d’une beauté et d’une originalité confondante. Les tableaux s’enchaînent merveilleusement, et apportent au spectateur les clés du mystère Edwardes.

 

A l'origine, elle devait durer une vingtaine de minutes.  Selon le témoignage d'Ingrid Bergman donné dans la biographie de Donald Spoto, The Dark Side of Genius en 1983, la scène de rêve durait originellement 20 minutes environ. L'actrice se changeait en statue de Diane. Le producteur David O. Selznick, qui détestait les conceptions de Dalí, décida de minimiser la scène de rêve.

 

Le film est l'une des rares contributions de  Salvador Dalí  au monde du cinéma. Il a également été scénariste sur le classique Un Chien andalou de Luis Buñuel, ainsi que sur L'Age d'or.

 

Chef décorateur sur Don Juan Tenorio, imaginé par Luis Escobar et Humberto Pérez de la Ossa en 1949, l'artiste peintre a également fait l'acteur à deux reprises : dans Un Chien andalou, où il incarne un séminariste,  et sur Aussi loin que l'amour de Frédéric Rossif.

 


 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.allocine.fr

http://www.evene.fr

http://www.imdb.fr

http://www.cinemovies.fr

Published by Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

chris&co 26/02/2012 11:29

bonjour Alain, incroyable peut être mais je n'ai jamais vu ce film j'espère rentrer assez tôt pour le regarder. j'espère que tu vas aussi bien que possible on t'embrasse

mith 26/02/2012 10:10

il y a bien longtemps que je n'ai pas revu ce film, bonne occasion pour le regarder ce soir. Bonne journée. PS Sympa ta nouvelle bannière

Suzanne Etchegarray 25/02/2012 14:18

Bonjour, j'ai découvert votre blog grâce à Chris. Je dois vous dire que vos pages sont réellement très attractives et nous poussent à regarder des films que nous n'aurions pas eu l'idée de voir.La
qualité de la documentation, l'honnêteté avec laquelle vous citez les sites dans lesquels vous puisez les références, les photos toujours bien choisies et la mise en page claire, agréable et
conviviale sont un vrai plaisir à chaque fois renouvelé. Vraiment chapeau, vous êtes maintenant dans mes favoris et je me suis abonné à vos news letters. Tout ceci est nouveau pour moi mais la
découverte est vraiment enrichissante. Je vous en remercie très sincèrement. Suzanne Etchegarray

Suzanne Etchegarray 25/02/2012 14:05

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