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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 23:00

 

La-Soif-du-mal---Affiche.jpg


Réalisé par Orson Welles


Avec Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles,

Joseph Calleia, Akim Tamiroff, Joanna Moore,

Ray Collins, Dennis Weaver, Valentin de Vargas, Mort Mills, Victor Millan,

Marlene Dietrich, Zsa Zsa Gabor, Joseph Cotten, Mercedes McCambridge


Genre Policier, Thriller


Titre original  Touch of Evil

 

Production Américaine


Date de sortie 8 juin 1958

 

La Soif du mal est tiré du roman Badge of evil de Whit Masterson, pseudonyme de Robert Wade et Bill Miller. Orson Welles avoue n'avoir pas lu le roman mais seulement le scénario de Paul Monash, qu'il a largement réécrit au cours du tournage. Préférant se "réapproprier" l’histoire, Orson Welles retint prioritairement l’idée d’un policier forgeant les preuves nécessaires pour accuser ceux que son intuition lui désigne comme coupables.

 

Au final, il s’agit d’un drame théâtral interrogeant la morale, la justice et la Loi. 

 

Plusieurs rumeurs circulent quant au choix d'Orson Welles en tant que réalisateur de La Soif du mal.

 

La-Soif-du-mal-.jpgLa plus probable demeure celle selon laquelle Charlton Heston, apprenant que son partenaire dans le film serait Orson Welles, l'ait conseillé comme réalisateur. À l'époque du tournage de La Soif du mal, Orson Welles est en mauvaise posture à Hollywood, où l'on estime que ses films ne sont pas rentables. Charlton Heston défend le réalisateur face à la pression constante des studios.

 

Une autre hypothèse peut être retenue : le producteur Albert Zugsmith aurait engagé Orson Welles  d'emblée, suite à leur précédente collaboration sur Man in the shadow, produit par le premier et interprété par le second.
 
Quand Orson Welles est choisi pour réaliser La Soif du mal, les financiers des studios Universal sont réticents. Ils redoutent des fastes onéreux de la part du réalisateur. Le tournage se déroule bien, mais les dirigeants de l'Universal ne sont pas satisfaits par le prémontage du film. Ils font appel à Harry Keller pour tourner des scènes supplémentaires.

 
La-Soif-du-mal---Janet-Leigh-et-Charlton-Heston.jpgOrson Welles veut échapper à tout contrôle de la part des studios. Pour ce faire, il travaille rapidement. Les résultats sont probants et il gagne un peu de tranquillité. Il en profite alors pour quitter le studio. Qui plus est, il tourne de nuit. Ayant acquis son indépendance par rapport à l'Universal, il peut réécrire le scénario pendant la journée.


Henry Mancini écrit la musique du film.  

   
Le tournage de La Soif du mal débute le 18 février 1957 et se termine le 2 avril de la même année. C'est un temps record pour un long métrage. Le budget du film est également serré puisqu'il s'élève à 895 000 dollars.

 

Touch of Evil est le dernier film hollywoodien de d'Orson Welles.  

 

Synopsis

 

Los Robles, ville frontière entre les États-Unis et le Mexique. À la nuit tombée, un homme dissimule une bombe dans une voiture qui explose juste après le passage de la douane, interrompant brusquement le baiser d’un couple en voyage de noces.

 

Cet attentat fait craindre des complications entre les deux pays.

 

Double meurtre de Rudy Linnekar, un notable, et Zita, une entraîneuse.

 

La-soif-du-mal----Janet-Leigh-et-Charlton-Heston.jpg

 

Janet Leigh et Charlton Heston

 

L'enquête qui s'ensuit oppose deux policiers : Mike Vargas (Charlton Heston), haut fonctionnaire de la police mexicaine, en voyage de noces avec sa jeune épouse américaine, Susan (Janet Leigh). Il décide de s'investir dans l'enquête et découvre les méthodes peu recommandables de son homologue le Capitaine Hank Quinlan (Orson Welles), peu amène vis-à-vis de ce fringant étranger.

 

Dès lors, le couple est séparé : Mike Vargas part avec les policiers pour les besoins de l'enquête et Susan est entraînée par une bande de rockers patibulaires chez Grandi (Akim Tamiroff), un caïd local qui la menace et cherche à l’intimider, car son frère va être jugé dans une affaire dont Vargas a la charge. 

 

La-soif-du-mal.jpg

 

Les pressions exercées sur eux ne cessent d'augmenter.


Mike Vargas échappe de justesse à une projection d'acide; sa femme, Susan de retour dans sa chambre d'hôtel, est harcelée par un voyeur. Excédée, elle demande à son mari de la conduire en sécurité, dans un motel américain...

 

Elle se retrouve bientôt piégée et violentée par le gang de Grandi, alors que Vargas, de son côté, assiste à la perquisition de l’appartement d’un suspect, Manelo Sanchez (Victor Millan).

 

La tension monte entre les deux policiers : Vargas s’oppose aux méthodes de Quinlan qui forge des preuves pour faire condamner celui que, par intuition, il estime coupable.

 

La-soif-du-mal---Charlton-Heston-et-Orson-Welles.jpg

 

Déstabilisé, Quinlan sombre peu à peu, assassine Grandi pour inculper Susan du meurtre et, par ricochet, diffamer son mari. Pour innocenter sa femme, Vargas convainc l’assistant de Quinlan de trahir celui-ci au nom de la justice, en dépit d’une dette d’honneur.

 

Relié par un micro, Vargas enregistre la conversation des deux hommes. Quinlan découvre le piège et tire sur son ancien ami qui réplique. Il s’effondre dans l’eau croupie. On apprend, finalement, que Sanchez était coupable.

 

 

La Soif du mal débute par un très long plan séquence de 3 min 20 s, comme Orson Welles les affectionne tout particulièrement. La scène est tournée à partir d'une grue en mouvement, et considérée comme un modèle du genre. Cependant, lors de la prise, le douanier n'arrivait pas à rendre son texte correctement. Il a finalement été postsynchronisé. Cette séquence d'ouverture plante le décor et traduit l'atmosphère pesante et inquiétante qui règne sur la ville. La scène d’ouverture donne donc le ton, ou bien la hauteur à laquelle il faut voir ce film. Orson Welles aimait particulièrement John Ford et Jean Renoir, parce que chez eux, disait-il, la caméra ne s’annonce pas. Or, là, dans ce plan-séquence réglé minutieusement pendant dix jours, le génie de cinéma éclate avec maestria, donnant le vertige et coupant le souffle. Ce travelling sur grue est d’une composition, certes impeccable, mais d’une densité dramatique implacable : la bombe va exploser. Cette virtuosité visuelle et sonore n’est pas entièrement cinématographique, elle se raccroche également au théâtre et à la radio.

 

Pour des raisons pratiques, le tournage s'est déroulé aux États-Unis et non pas au Mexique où est censée se situer l'intrigue. La ville de Venice en Californie a été choisie car sa ressemblance avec Los Robles était crédible à l'image.

 

Le film entier s’élabore dans un rapport complexe entre le son, musique qui sculpte l’espace, voix qui façonnent les personnages, et l’image.

 
À sa sortie, La Soif du mal dure 93 minutes. Orson Welles, mécontent des modifications apportées à son montage, envoya au studio une note de 58 pages comprenant les changements qu'il envisageait d'apporter au film qui devait finalement sortir.

 

Il faudra attendre plus de 15 ans pour qu’un groupe d’aficionados suive point par point ce texte passionné et rende à La Soif du Mal ses intentions d’origine.


Reste alors cet éclat incroyable qui du son à l’image fait de ce film un incontournable de l’Histoire du cinéma. C'est sur la base de cette note qu'en 1998, une nouvelle version a été remontée afin de rétablir la vision du réalisateur.  Elle contient des scènes tournées par Orson Welles, mais aussi par Harry Keller, engagé par les studios de production pour tourner des séquences supplémentaires.

 

La-soif-du-mal---Charlton-Heston--Janet-Leigh-1.jpg

 

Charlton Heston et Janet Leigh

 

Rick Schmidlin la produit et la supervise selon les désirs que Orson Welles avait exprimés dans un courrier aux dirigeants de l'Universal en 1957.

 

Si la narration a le goût des films noirs en en pervertissant pourtant quelques points de détail, comme les rôles tenus par les personnages américains et mexicains et le montage parallèle effectué savamment entre Vargas et sa femme, le cinématographique ne surpasse que plus violemment toute l’histoire et donne à La Soif du Mal une profondeur métaphysique.

 

Chaque plan, chaque son, est également tourné vers la fantasmagorie et le réel s’étiole pour laisser grande place au cinéma. D’un noir et blanc travaillé en fonction du Mal et du Bien, façonné en ombres menaçantes et éclairages malveillants, à la bande sonore qui agrandit l’espace et donne de la profondeur à ces prises de vue filmées en grand angle. 

 

Grand angle qui déforme les perspectives, en passant par les plongées et les contre-plongées qui désarçonnent les protagonistes. À cette caméra qui prend de haut la ville pour mieux l’explorer ou l’exploiter, aux plans-séquences, tous risqués, le film d’Orson Welles reste toujours en bonne place, ainsi le spécifient George Lucas, Peter Bogdanovich, Robert Wise, dans les cours d’analyse filmique des écoles de cinéma.

 

Et puis cette densité est sublimée par l’interprétation des comédiens.

 

Mais comme le faisait aussi remarquer Orson Welles à Peter Bogdanovich, le noir et blanc flatte la performance de l’acteur, le noir et blanc est l’ami du comédien, car il met en valeur le jeu plutôt que la couleur des yeux ou le teint de sa peau. Il donne une atmosphère, améliore les décors. Et la vision de Los Robles, ville-frontière imaginaire, est bouleversée par les angles de prise de vue et le noir et blanc et puis toutes ces scènes, pour la grande majorité, tournées de nuit.

 

La-Soif-du-mal---Marlene-Dietrich.jpg

 

Marlene Dietrich

    
Les studios Universal choisissent Janet Leigh pour être l'actrice principale de La Soif du mal. Peu avant le début du tournage, elle se casse le bras. Il n'est pas question pour autant de la remplacer. Orson Welles envisage d'abord d'intégrer sa blessure à l'intrigue. Finalement, le plâtre de l'actrice est dissimulé tout au long du film. Janet Leigh enlève son plâtre le temps d'une scène : celle où elle se fait agresser dans le motel.

 

 Janet Leigh La-soif-du-mal---Janet-Leigh.jpg


Janet Leigh interpète le rôle de Susan Vargas dans La Soif du mal. Dans ce film à l'amosphère pesante, elle loge avec son mari dans un motel. Loin d'y être en sécurité, elle se fait agresser par une bande de malfrats.

 

Mercedes McCambridge interprète dans le film une homosexuelle perverse, et Joseph Cotten dans le rôle du Coroner font tous deux une brève apparition dans La Soif du mal.
 

La-soif-du-mal---Akim-Tamiroff.jpg Akim Tamiroff

 

Akim Tamiroff a joué plusieurs fois aux côtés et sous la direction d'Orson Welles. Les deux hommes ont notamment travaillé ensemble sur Mr. Arkadin réalisé en 1955, La Soif du mal  et Le Procès en 1962.
 
Mort Mills a tourné à deux reprises avec Orson Welles et Janet Leigh. Un an avant La Soif du mal, il joue aux côtés du premier dans Man in the shadow. En 1960, il retrouve la seconde dans Psychose réalisé par Alfred Hitchcock.

 

La-soif-du-mal---Charlton-Heston-et-Janet-Leigh-2.jpgEnfin, Orson Welles a voulu faire adhérer ces figures hallucinantes telles que celles du veilleur de nuit, Grandi (Akim Tamiroff), Quinlan ou encore Tanya (Marlene Dietrich),  dans un lieu en particulier et chaque comédien est défini aussi par son espace, qu’il parcourt ou non.  

 

Mike Vargas, forcément, est celui qui n’est jamais à sa place et qui entre, à chaque fois, dans l’univers des autres, il n’a donc pas une "marque" filmique spécifique, ce qui n’est pas le cas de Quinlan, filmé en contre-plongée, ou de Grandi, filmé caméra mobile.

 

Orson Welles venait de découvrir en France la caméra Caméflex, une caméra 35 mm conçue pour être portée et que pour la première fois à Hollywood, une telle technique est utilisée. Les scènes tournées en voiture sont innovantes et annoncent la fin, ou presque, des prises en voiture avec transparent. Le comédien faisait semblant de conduire, la voiture ne bougeait pas. Universal refera une scène, présente dans la version finale, entre les époux Vargas et en utilisant le bon vieux procédé, on peut donc juger de la différence, puisque celles de La Soif du Mal ont été tournées alors que le comédien conduit vraiment.

 

Orson Welles réalise la première séquence dialoguée dans une auto en marche : le pare-brise a été enlevé et la caméra, posée sur le capot.

 


Sources :

http://www.critikat.com

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

johane 17/09/2012 19:11


je me souviens de ce film et j'avais trouvé le couple Heston/Simmons particulièrement magnifique. j'aimerais bien le revoir. on t'embrasse cher Alain

 

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