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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 05:00

 

 

Le-chanteur-de-Jazz---Affiche.jpg

 

Réalisé par Alan Crosland


Avec Al Jolson, May McAvoy, Warner Oland, Eugénie Besserer,

Otto Lederer, Myrna Loy, Roscoe Karns

et Robert Gordon dans le rôle Jakie Rabinowitz à 13 ans

 
Genre Musical


Production Américaine 1927

 

Titre original The Jazz Singer

 

Le Chanteur de jazz, est adapté d'une pièce de théâtre de Samson Raphaelson qui oppose le folklore yiddish à la musique moderne et profane représentée par le jazz. La pièce connnut un très gros succès en 1925. Elle reprend un thème très voisin, développé dans un film allemand de 1923 réalisé par Ewald A. Dupont, Das alte Gesetz, connu sous le titre de Baruch.

 

L'acteur qui incarnait le rôle au théâtre refusa de le faire pour le film et la Warner fit appel à Al Jolson, dynamique acteur et animateur des spectacles de Broadway alors très célèbre. Al Jolson, lui-même juif, était concerné par le rôle du jeune Jack Robin.


Le-chanteur-de-Jazz.jpg

 

Al Jolson

 

Synopsis

 

Jackie (Al Jolson), le fils d'un chanteur religieux juif est destiné par son père, le Cantor Rabinowitz (Warner Oland), à suivre la même carrière que lui, mais le jeune homme est fasciné par le jazz naissant et ne pense qu'à courir les boîtes où se produisent les premiers jazzmen noirs.

 

  The-jazz-singer-copie-1.jpg

 

Eugénie Besserer, Al Jolson et Warner Oland

 
Le cantor Rabinowitz, furieux d’avoir trouvé son fils Jackie en train de chanter dans un bar, le chasse du foyer familial.

 

The-Jazz-Singer---Al-Jolson.jpg Al Jolson


Quelques années plus tard, Jackie est chanteur de jazz dans un night-club et se fait appeler Jack Robin. Il est remarqué par l’actrice Mary Dale (May McAvoy), qui se propose de l'aider à faire carrière.

 

Al Jolson et May McAvoy The-Jazz-Singer---Al-Johson-et-May-McAvoy.jpg

 

Et en effet, Jackie est propulsé sur les scènes de Broadway pour y faire un nouveau spectacle, un spectacle qui ferait de lui à coup sûr la nouvelle star de la chanson. Mais le concert tombe le jour de la Yom Kippour, et le père de Jackie, très malade, est donc incapable de chanter à la synagogue.

 

Sa mère (Eugénie Besserer) et un voisin essaient de convaincre Jackie de renoncer à son show et participer à la célébration. Incapable de résister, il se précipite à la synagogue pour y chanter le Kol Nidre, la prière traditionnelle.

 

The Jazz Singer 1 Eugénie Besserer et Al Jolson 

 

Son père meurt dans la joie. Quelques années plus tard, Jackie est de nouveau sur les planches et obtient un immense succès, sous le regard de sa mère.

 

Eugénie Besserer et Al Jolson  The Jazz Singer 3

 

Cette version cinématographique est le premier long métrage parlant avec un total de 281 mots prononcés.

 

 

L'utilisation du Vitaphone de la Warner Bros avait été expérimenté à de nombreuses reprises pour des courts métrages et des films sonores, mais non parlant.

Tels deux films sonores réalisés par Alan Crosland, Don Juan en 1926 et Old San Francisco  en 1927, l'un des scénaristes n'est autre que Darryl F. Zanuck sur ce dernier.

 

Notons également  Une scène de la plantation en 1926 avec Al Jolson dont une copie a été retrouvée en 1933 dans les "archives cinématographiques".

 

Don Juan est considéré comme le premier film sonore, et son succès permit à la Warner de ne pas faire faillite.

 

Le Chanteur de jazz est communément considéré comme le premier film parlant, plusieurs scènes chantées et quelques dialogues étant insérés au milieu des scènes muettes, qui restent cependant les plus nombreuses. Il montre aussi le lien qui va exister entre Broadway et Hollywood pendant plusieurs décennies, dans le genre même de la comédie musicale.

 

Le Chanteur de jazz va sonner le glas du cinéma muet.

 

The-Jazz-Singer---opening-Night.jpg

 

Le 6 octobre 1927 à New York donc, a lieu un événement qui va changer la donne avec la projection du Chanteur de jazz, premier film parlant de l'histoire. Le succès fut spectaculaire. Warner, le studio le plus mal en point, avait joué son va-tout avec ce procédé qui stockait le son sur des disques séparés. Cependant plusieurs scènes, parfaitement synchronisées, illustrent bien les énormes qualités du procédé Western Electric commercialisé depuis près d'un an par la Warner sous le nom générique de Vitaphone. Ce film symbolise donc parfaitement l’avènement du cinéma parlant. Dès lors, au vu des réactions enthousiastes du public, tous les studios se lancent dans la production de films parlant, quitte à rajouter du son a posteriori sur des films muets. Cette nouvelle technique impose des contraintes imprévues : il faut cacher les micros, insonoriser les caméras… Tout cela complique la tâche des réalisateurs et explique pourquoi, quelques années durant, l'art cinématographique connaît une forme de retour en arrière, les films devenant statiques et bavards.

 

La voix d’Al Jolson était la première à être entendue dans un long métrage; elle provoqua un tonnerre d’applaudissements. Au départ, Al Jolson ne devait chanter que cinq chansons et entonner quelques thèmes religieux. Pour les producteurs, il fallait absolument éviter le langage parlé au milieu des morceaux. C'est pour cela que l’histoire y est encore racontée à l’aide de cartons et de sous-titres.

 

The-Jazz-Singer.jpg


Cependant, lors de la chanson Blue Skies, l’acteur se lança dans une véritable improvisation non prévue dans le scénario : un dialogue avec sa mère. Cette intervention de la part d’Al Jolson eut pour effet de dégeler le mythe du film sonore et permit aux autres de se lancer dans le "parlant".
C'est au cours d'une chanson accompagnée au piano, Blue Skies, thème célèbre d'Irving Berlin, que l'acteur, tout à coup s'adressant à sa mère, improvise un véritable dialogue pendant 1 minute 20 secondes :

"Ça t'a plu, maman ? Oui. J'en suis ravi, car plus qu'à n'importe qui, c'est à toi que j'aime faire plaisir… "

La mère ne répond que par monosyllabes et reste enfermée dans l'univers de la représentation aphone, celle du cinéma muet. La spontanéité pathétique et quotidienne eut un effet de conviction décisif sur le public, subjugué par ce dialogue de piété filiale.

 

La réplique

 

"Wait a minute, wait a minute. You ain't heard nothin' yet!",

 

reprise par Al Jolson de sa précédente interprétation dans Une scène de la plantation a été classée 71ème parmi les 100 répliques les plus connues du cinéma américain.

 


En résumé, The Jazz Singer  ouvrit simplement une porte sur un genre nouveau qui allait faire ses preuves pendant plusieurs décennies.


Le film ne comprend que six chansons et un seul dialogue :

- Deux chansons de jazz lorsque Jackie chante dans un cabaret
- Une chanson avec dialogues avec sa mère mais interrompue lorsque le père rentre
- Une chanson pendant la générale
- Une chanson juive
- La chanson finale.


On peut aussi lire sur ses lèvres la chanson juive du père. La première chanson avec Jackie jeune est filmée de trop loin pour être autre chose qu'une musique d'accompagnement.

 

La mise en scène d'Alan Crosland est loin d'être aussi statique que dans la plupart des films parlants du début des années 30 ; les séquences filmées en extérieur caméra à l'épaule dans le quartier juif de New York possèdent même un certain degré de réalisme qui rendent le film assez vivant.

 

Le premier vrai film parlant ne sortira cependant qu’en 1928 avec, Lights of New York de Bryan Foy, et la généralisation du système qui stocke le son sur la pellicule, le Movietone, ne se fera qu’au début des années 30.

 

 

Nombre de stars ne vont pas survivre au passage au parlant. Gloria Swanson, Louise Brooks, Buster Keaton, Douglas Fairbanks, Mary Pickford,  D.W. Griffith, Fred Niblo, Victor Sjostrom sont, parmi beaucoup d'autres, les victimes de ce bouleversement.

 

Selon Mary Pickford


"Ajouter du son au cinéma serait comme mettre du rouge à lèvres à la Vénus de Milo."

Si quelques-uns résistent, au premier rang desquels Greta Garbo, le cinéma parlant engendre ses propres vedettes. Comme aux débuts du cinéma, c'est dans le vivier du théâtre qu'il va d'abord puiser avant que ne s'imposent de jeunes comédiens comme Clark Gable, Jean Harlow, Cary Grant ou Humphrey Bogart.

 

En 1927, Louis Mayer alors patron de la MGM, suscite la création de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, organisme corporatif de producteurs pour faire face aux revendications des techniciens et des acteurs et améliorer l'image de l'industrie du cinéma.

 

La cérémonie des Oscars voit sa première édition arrivée en 1929, organisée sous forme de banquet, cette première édition, présidée par Douglas Fairbanks, a eu lieu le 16 mai 1929


Étant donné que les Oscars ont été initié dès 1927 par Louis Mayer, entre autres, patron de MGM on peut penser qu'ils ne s'attendait pas à un tel changement...

 

Un film biographique sur Al Jolson a été réalisé en 1946 par Alfred E. Green sous le titre Le Roman d'Al Jolson dans lequel est évoqué ce film.

 

 

 

À noter que Le Chanteur de jazz est mentionné à plusieurs reprises dans le film Chantons sous la pluie qui raconte les débuts du cinéma parlant.


Le Chanteur de Jazz apparaît dans le film Aviator de Martin Scorsese. Dans ce film, Howard Hugues, interprété par Leonardo DiCaprio, fait venir Noah Dietrich dans une salle de cinéma où est projeté Le Chanteur de Jazz et lui dit : "C'est ça que les gens veulent maintenant. Le muet ne vaut plus rien".

 

Le Chanteur de Jazz a inspiré deux remakes,

 

The-Jazz-Singer-de-Michael-Curtiz.jpg  The Jazz Singer par Michael Curtiz en 1952

avec Danny Thomas et Peggy Lee.

The Jazz Singer par Richard Fleischer en 1980The-Jazz-Singer-avec-Neil-Diamond.jpg

avec Neil Diamond et Laurence Olivier.

 

Sources :

http://www.cineclubdecaen.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.imdb.com

http://films.blog.lemonde.fr

http://www.idixa.net

http://www.tourisme-paysdelaon.com

http://www.tvclassik.com

http://www.larousse.fr

http://cinemaclassic.free.fr

http://www.selenie.fr

Published by Alain - dans Musicals
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commentaires

michel zorba 30/03/2012 16:50

entre les films d'aujourd'hui et ceux d'hier sacré balade dans les pages de ton blog ! cool

 

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