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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 23:00

Date de reprise 22 août 2012

 

Le-criminel---Affiche-2.jpg

 

Réalisé par Orson Welles


Avec Orson Welles, Edward G. Robinson, Loretta Young,

Konstantin Shayne, Philip Merivale, Richard Long,

Martha Wentworth, Byron Keith, Billy House

 
Genre Drame, Policier, Thriller


Titre original The Stranger


Production Américaine


Date de sortie 1947

 

Le Criminel - Orson WellesAprès l'échec commercial de ses premiers films, Citizen Kane réalisé en 1941 et La Splendeur des Amberson en 1942, puis le tournage inachevé d'It's all True, Orson Welles avait dû se contenter de faire l'acteur. Avec Le Criminel, le réalisateur acceptait pour la première fois de tourner un film de commande, pour, dira-t-il, "prouver à l'industrie que j'étais capable, moi aussi, de tourner un film hollywoodien standard, en respectant les contraintes de temps et de budget".

 

Orson Welles a fini le tournage du film avec dix jours d'avance sur la date prévue, c'est peu dire ! Le film traite des crimes perpétrés par les Nazis, un sujet bien choisi qui donne lieu à une extraordinaire traque, où divers protagonistes s’ajoutent au fur et à mesure. 

 

Mais l'expérience fut douloureuse : plusieurs scènes du Criminel ont été supprimées contre sa volonté, et Orson Welles a finalement désavoué le film. "Il n'y a rien de moi dans The Stranger (...). Je l'ai tourné pour montrer à l'industrie que je pouvais tourner un film standard hollywoodien, dans les limites du temps et du budget, et être un aussi bon réalisateur que n'importe qui d'autre." aurait avoué le réalisateur selon Frank Brady.

 

Le Criminel a été présenté en 1947 en Sélection officielle au Festival de Venise, et a obtenu le Lion d'or ainsi qu'une une nomination à l'Oscar du Meilleur scénario.

 

Le-criminel---Orson-Welles-et-Loretta-Young.jpg

 

Orson Welles et Loretta Young

 

Synopsis

 

Tout juste après la seconde guerre mondiale, L’inspecteur Wilson (Edward G. Robinson) inspecteur de police est chargé de retrouver la trace d’un grand criminel de guerre nazi, Franz Kindler.


Le-Criminel---Orson-Welles-et-Loretta-Young-1.jpg

 

 Orson Welles et Loretta Young

 

Pour ce faire, il relâche un de ses complices, Meinike (Konstantin Shayne), ancien chef d'un camp d'extermination, espérant qu’il le mettra sur les traces de Franz Kindler. Mais Wilson perd la trace de Meinike dans la petite ville de Harper située sur la côte est où ce dernier est assassiné.

 

Très vite, l’inspecteur Wilson suspecte un dénommé Charles Rankin (Orson Welles), respectable nouveau professeur de la ville et qui vient de convoler en justes noces avec Mary  Longstreet (Loretta Young), la fille d’un juge de la cour Suprême (Philip Merivale).

 

Le goût prononcé de Charles Rankin pour les horloges fait écho avec l’une des seules choses que l’on sait du nazi Franz Kindler.

 

Mais la seule chance pour l’inspecteur Wilson d’être sûr de tenir le coupable est d’obtenir que la jeune et amoureuse Mary lui avoue que son mari a bien eu rendez-vous avec l’étrange Meinik

 

Le-criminel---Edward-G.-Robinson-et-Loretta-Young.jpg

 

Edward G. Robinson et Loretta Young


Le Criminel, fort d’un scénario inspiré d'une histoire de Victor Trivas, co-signé par le réalisateur et
Anthony Veiller, relativement bien ficelé, nous entraîne dans un sombre polar, où le mystère demeure jusqu’à la toute dernière minute du film, avec le coup fatal, une très belle séquence d’ailleurs ! 


L'un des auteurs du scénario de The Criminel est John Huston, même s'il n'est pas crédité au générique. C'est lui qui devait initialement réaliser le film, pour lequel Orson Welles devait être uniquement comédien.

 

 

Un excellent film interprété avec talent par Edward G. Robinson et Loretta Young sans oublier Orson Welles qui interprète le rôle du criminel de guerre. Le-Criminel---Orson-Welles-copie-1.jpgOrson Welles en Franz Kindler/Charles Rankin brûle la pellicule. Loretta Young n’est pas la femme fatale, condition sine qua non du film noir réussi. "Plus le méchant est réussi, meilleur le film est", affirmait Alfred Hitchcock, autre maître du suspense.

 

Sans le savoir, Orson Welles suivait cet adage à la lettre en campant un méchant d’anthologie, tellement réussi qu’il éclipse les autres personnages bien trop en retrait pour détourner notre regard de l’homme maléfique.

 

Parfois, le petit film d’un génie vaut tous les trésors du cinéma contemporain. 


Parent pauvre de la filmographie de Orson Welles, Le Criminel est glaçant, inquiétant, d’une profondeur psychologique prenante, avec une photo vertigineuse et une épaisseur historique bluffante. C'est par ailleurs le premier film à montrer explicitement l'extermination des juifs d'Europe par les nazis avec la projection des bandes filmées à la libération des camps. "Filmer les camps".


Même s’il en était dispensé, Orson Welles a participé à l’effort de guerre et souhaité prendre part au combat moral contre le nazisme. S’il n’a pas eu le final cut, il parvient, malgré un scénario trop manichéen et prévisible, à transformer un simple script de série B en véritable leçon de mise en scène. L’installation de l’intrigue est un modèle du genre. En moins d’un quart d’heure, grâce à la seule virtuosité de sa caméra, il réussit à saisir chaque caractère et à faire comprendre les interactions entre les différents protagonistes.

  
Le Criminel marque la rencontre entre le producteur Sam Spiegel, ici crédité sous le pseudonyme S.P. Eagel, et John Huston. Les deux hommes fondent en 1948 la société indépendante Horizon Pictures.

 

Le-Criminel----Loretta-Young-et-Orson-Welles.jpg

 
Orson Welles retrouve Russell Metty, chef-opérateur qui avait déjà travaillé sur quelques scènes de La Splendeur des Amberson. Par la suite, Russell Metty, qui collabora avec  Douglas Sirk, Raoul Walsh, John Huston ou encore Stanley Kubrick, signera la mythique photographie de La Soif du mal.

 

Le travail sur les ombres et les lumières magnifie un noir et blanc très contrasté; l’affrontement d’abord moral puis physique se change en opposition primaire : le noir de l’obscur Franz Kindler le nazi contre la blancheur immaculée de Mary, l’innocente jeune femme prise dans l’engrenage du mensonge et de l’amour. Elle est la fille d’un juge, la fille de la Loi tourmentée par le mal absolu ou tout du moins son représentant, l’ogre nazi.


Orson Welles et Loretta Young Le criminel - Orson Welles et Loretta Young-copie-1

    

Orson Welles s’intéresse très peu à l’intrigue en elle-même, le suspense étant gâché par la révélation de l’identité du nazi dès la première partie du film. Il préfère observer la folie d’un homme et expérimenter son langage cinématographique. Aidé par le génial chef opérateur Russel Mitty, il fait de Harper, petite bourgade sans histoire, le théâtre d’un huis clos dramatique avec en son centre, une horloge symbolique. On ne peut résister à son destin, vaincre les démons du passé ni refaire l’histoire. Une obsession au cœur de son œuvre qui trouve ici sa pleine expression dans cet objet filmique supposé lisse qui se révèle pourtant très personnel, une fois grattée la couche superficielle de la série B. Orson Welles distille son poison et, comble de l’ironie, rend presque sympathique son démon Franz Kindler.

 

Tel un robot décérébré par la propagande nazie, ce dernier ne peut s’empêcher de dessiner une croix gammée, de louer le régime hitlérien et de laisser percevoir dans son regard la lueur d’une folie sanguinaire. Les autres personnages trop aseptisés n’intéressent pas le cinéaste. La victime est moins attirante que son bourreau. Comme toujours, Orson Welles décrit la chute d’un homme, la déchéance d’une ambition démesurée, la fin d’une emprise mentale sur le monde qui l’entoure, sans doute une prémonition de son propre de destin de génie incompris.

  
La scène d'anthologie du Criminel, à la fin du film, a pour cadre un clocher. C'est Perry Ferguson, le chef-décorateur de Citizen Kane, qui a conçu ce décor, grandeur nature.

 

Pour tenir le rôle de l'inspecteur de police, Orson Welles avait pensé à... Agnes Moorehead - qui joua dans ses deux premiers films. "le nazi aurait eu une vieille fille sur les talons", déclara-t-il à Peter Bogdanovich. Mais le cinéaste a finalement dû se résoudre au choix d'Edward G. Robinson.


 

 

 

 

Sources :

http://www.imdb.com

http://toutelaculture.com

http://archive.filmdeculte.com - Yannick Vély

http://www.cineclubdecaen.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

chris 21/08/2012 18:57


le seul nom d'Orson Welles me donne toujours envie de voir ou de revoir. je découvre toujours un détail qui m'avait échappé. Un génie cet homme, c'est bien qu'il resssorte le criminel en salles,
mais à Paris, j'imagine

 

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