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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 23:00

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---Affiche-0.jpg

 

Réalisé par John Ford


Avec Henry Fonda, John Wayne, Shirley Temple,

Pedro Armendáriz, Ward Bond, George O'Brien, John Agar,

Victor McLaglen, Anna Lee, Irene Rich, Miguel Inclán,

Dick Foran, Jack Pennick, Grant Withers

 
Genre Western

 

Titre original Fort Apache

 

Production Américaine - 1948

 

Cette fiction n'a aucun fondement historique.

Elle tend cependant à dénoncer la corruption, la vanité et leur mauvais ménage, ainsi que le racisme contre les indiens.

 

Le massacre de Fort Apache représente le premier volet de la trilogie que consacre John Ford à la cavalerie américaine.

 

Le cinéaste disait en répondant à la question portant sur ses propres films préférés : "Mes films préférés : il y a tout ceux dont mon ami John Wayne a assumé le rôle principal. Puis il y a Le massacre de Fort Apache où l’action le dispute à l’humour et où, pour la première fois, les Indiens sont des héros présentés avec sympathie…".

 

Le massacre de Fort Apache  pourrait être considéré comme le premier western pro-Indien et anti-raciste même si ce n’est pas là son propos principal. C’est l’une des premières incursions de la politique dans le western, genre trop souvent déconsidéré ou jugé en tant que seul divertissement. L’Indien n’est plus seulement l’ennemi attaquant la diligence de Stagecoach mais il justifie pour la première fois son combat. Enfin le western nous montre des Indiens dignes, valeureux, susceptibles de négocier la paix mais régulièrement trahis

 

Jacques Lourcelles a très bien compris le message que John Ford délivre dans ce film et qui est d’une grande lucidité, mélange détonant d’ironie et d’idéalisme : "Ford prône la force d’exemple que recèlent les vertus du mythe sans rien cacher de l’aspect négatif de la réalité qui lui a donné naissance".

 

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John Wayne, Henry Fonda, Shirley Temple et John Agar

 

Synopsis

 
1876. Une diligence transportant un militaire haut gradé et sa fille traverse les paysages majestueux de Monument Valley.

 

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Shirley Temple et Henry Fonda

 

Le lieutenant-colonel Owen Thursday (Henry Fonda) est envoyé commander Fort Apache, poste qu'il juge indigne de lui. Il espère y gagner gloire et renommée et retrouver son grade de général qu'il détenait durant la Guerre de Sécession. Mais arrivé au fort il est méprisé pour son ignorance des tactiques indiennes et ses hommes n'apprécient pas sa discipline stricte.  

 

Il est peu expérimenté contrairement au capitaine Kirby York (John Wayne) qui négocie habilement avec Cochise (Miguel Inclán) son retour pacifique dans les terres de réserves indiennes. Mais Owen Thursday veut se faire un nom et ne respecte pas la parole de paix que Kirby York a donné à Cochise.

 

John Wayne Le-Massacre-de-Fort-Apache---John-Wayne-copie-1.jpg

 

Dans le même temps, une idylle s'ébauche rapidement entre Philadelphia (Shirley Temple), la fille du Colonel, et le Lieutenant O'Rourke (John Agar). Thursday n'aime guère ce soldat sorti du rang et interdit à ce dernier de la revoir. La vie quotidienne au fort se passe en apprentissage, entraînements, bals et attente d’une mission.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---Shirley-Temple--John-Agar-et-H.jpg

 

Shirley Temple, John Agar et Henry Fonda

 

L'ambition du Colonel Owen Thursday va enfin trouver l’occasion de se voir réaliser : Cochise, chef des Apaches, a quitté sa réserve suite au comportement scandaleux d’un agent se livrant au trafic d’armes et d’alcool, et décide de conduire sa tribu vers le territoire mexicain. Le pays tout entier suit cet événement; si Thursday le ramène dans sa réserve, sa notoriété sera établie : "Je serai celui qui aura ramené Cochise".

 

Il envoie le capitaine Kirby York et le sergent Beaufort (Pedro Armendáriz) parlementer avec le chef Indien qui accepte de revenir discuter d’un compromis avec Thursday. Mais ce dernier ne tient pas les engagements donnés par Kirby lors de cette rencontre, insulte Cochise et prend la responsabilité de l’attaquer…

 

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Grant Withers, Victor McLaglen, John Wayne, Henry Fonda
George O'Brien, Miguel Inclan, Pedro Armendariz

 

La demande indienne est le départ du représentant du gouvernement. Malgré l'évidence du rôle de ce dernier, pris en flagrant délit de trafic d'alcool et d'armes, le colonel s'emporte et déclare la guerre, ce qui va causer sa perte. Les deux armées sont prêtes. Owen Thursday méprise son adversaire qu'il dit incapable de stratégie militaire. Thursday démet Kirby York de son commandement et lui interdit de participer au combat.


Les chariots sont disposés, la cavalerie se lance à l'attaque, mais comme l'avait prévu le capitaine Kirby York, les indiens avaient conçu un plan dans lequel les soldats tombent les uns après les autres. Le colonel tombe de son cheval. Au sol, il assiste au massacre de ses hommes. Lors d'un passage de survivants, les soldats passent sans lui porter secours. C'est le capitaine Kirby York qui vient le chercher.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache-2.jpg.Le-massacre-de-Fort-Apache---Henry-Fonda.jpg

 

Le colonel prend le cheval et le sabre du capitaine. Il est debout lorsque les indiens le tuent. Enfin, sachant que le capitaine Kirby  York a été contraint de participer à un affrontement qu'il ne souhaitait pas, Cochise arrête de lui-même la bataille. Kirby York devenu lieutenant-colonel prend le commandement de la garnison et, par un rapide montage, Owen Thursday est promu général à titre posthume.
   

L'histoire d'amour qui alimente le scénario se termine par un mariage et un bébé.

 

C’est John Ford qui impose Frank S. Nugent, à la base journaliste, comme scénariste. Il va le diriger dans cette nouvelle activité en lui faisant lire le roman de James Warner Bellah, Massacre, et en lui demandant s’il se sentirait capable d’en tirer quelque chose. Suite à sa réponse positive, il lui enjoint d’être très vigilant sur les aspects historiques de son script, lui donne à lire de nombreux ouvrages sur les guerres indiennes, la vie quotidienne dans les forts et l’envoie sur les lieux même de l’action. Après des semaines de recherches et d’apprentissage, celles-ci ayant été aussi longues que le tournage lui-même, John Ford lui dit : "Parfait ! Maintenant, oubliez tout ce que vous avez lu et on pourra commencer à écrire le film !" Pour ce faire, le réalisateur lui impose une dernière chose : imitant Dickens, son écrivain préféré, John Ford oblige Frank S.Nugent à écrire une biographie la plus complète possible sur tous les personnages de son futur film, y compris pour ceux qui n’auront qu’une seule réplique. Le tournage a lieu de fin juin à octobre 1947, soit 45 jours seulement qui coûtent au producteur bien moins que le budget prévu, soit 2.500.000 dollars. Les recettes rapporteront le double de la mise initiale.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---Miguel-Inclan.jpg

 

Miguel Inclán

 

Le massacre de Fort Apache est novateur et plus anti-raciste que jamais auparavant. Miguel Inclán dans le rôle de Cochise nous montre un visage d’une noblesse et d’une honnêteté jamais prises en défaut : il est certainement pour beaucoup dans la sympathie que vont éprouver alors les spectateurs de cette époque pour une nation jusque là injustement méprisée.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---Henry-Fonda.jpgThursday interprété par Henry Fonda qui eut le courage, après tant de rôles positifs, de jouer pour la première fois de sa carrière le personnage "antipathique" de ce western. Thursday est un colonel aigri, qui n’accepte pas la perte de son grade, un ambitieux avide de gloire, arrogant, n’écoutant aucun avis et les contrant même systématiquement, attaché à la séparation des classes sociales, il déforme volontairement les noms de ses inférieurs et refuse l’idylle de sa fille avec un jeune lieutenant. Il critique le relâchement vestimentaire, il choisit ses stratégies sans prendre conseil et sans n’en informer personne. Il méprise les Indiens et ne possède aucune compassion pour ses hommes. Le portrait qui est fait ici pourrait faire croire qu’il s’agit d’un beau salaud ! Et pourtant, dans l’admiration qu’il éprouve pour sa fille, dans l’amour qu’il lui porte et les gestes de tendresse qu’il lui prodigue, par sa maladresse assez rustre et touchante, le talent d’Henry Fonda fait que nous éprouvons malgré tout une certaine sympathie pour le personnage, ce qui le rend d’autant plus riche car nous avons vraiment du mal à le haïr. Lorsqu’il sort penaud de la maison d’un de ses officiers de laquelle il vient de se faire chasser, quand il s’excuse auprès de ses hommes dont il se sent responsable de les avoir conduits au suicide, il nous émeut même profondément.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---John-Wayne.jpgFace à lui, Kirby, joué par John Wayne. En voilà un superbe et immense pied de nez aux détracteurs de cet acteur qui n’a pas fini de nous éblouir ! Osons dire qu’avec ce rôle, le Duke a presque inventé l’underplaying, lui si souvent taxé de manque de sobriété dans son jeu. Ici, pourtant déjà une star adulée, tête d’affiche du film, il reste pourtant expressément en retrait et joue tout en finesse, en réserve sans jamais cabotiner ne serait-ce qu’un seul instant. Soldat droit, franc, intègre, honnête, profondément humain, c’est lui qui, de plus, prend la défense de la nation indienne. Vous ne rêvez pas, vous qui avez toujours fait de John Wayne le chantre du racisme : les clichés sont bels et bien battus en brèche dans ce film. Kirby va s’opposer à Thursday au sujet de l’attitude à adopter vis à vis des Indiens. Quand les Apaches se révoltent contre les mauvais traitements qui leur sont infligés, il prend fait et cause pour eux. Lorsque Thursday décide de trahir la parole donnée à Cochise, Kirby ne l’entend pas de cette oreille. Kirby qui avait toujours pris la défense de Cochise, une fois devenu commandant du fort, va devoir maintenant aller pourchasser Geronimo.

Mais un soldat reste un soldat, son sens du devoir est le plus fort : il doit obéir aux ordres d’en haut mais le fait-il de gaieté de cœur ?


John Ford propose une délectable et nonchalante description de cet univers confiné, cohérent dans ses valeurs, coutumes, rituels et fêtes, à travers de nombreuses notations sur la vie sociale dans cette garnison isolée : une espèce d’hagiographie de la Cavalerie pour laquelle le réalisateur n’a jamais caché son respect, la description chaleureuse d’un milieu aimé en même temps que la vision très critique du personnage pivot, le plus haut représentant hiérarchique du fort.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---John-Wayne--au-centre-du-group.jpg

 

Nous assistons à toutes sortes de tensions se développant au sein même de cet univers resserré et clos : tensions sociales, hiérarchiques et militaires dues à l’incapacité qu’à le commandant à bien mener sa tâche. Malgré tout, la vie continue et le cinéaste, en chroniqueur de talent, profite de ses évocations d’heureuses tranches de quotidien pour exprimer encore et toujours sa foi inébranlable en l’homme et dans le groupe.

 

Durant toute la première heure, John Ford, le peintre d’atmosphère, va son petit bonhomme de chemin : il s’attarde, flâne, chemine et nous offre une description truculente, tendre et sensible du fort et de ses habitants. De pittoresques sous officiers forts en gueule tels que ceux dont les rôles sont tenus par les excellents Victor McLaglen, Dick Foran, Jack Pennick côtoient les nouveaux arrivants.

 

Le-Massacre-de-Fort-Apache---Victor-McLaglen--Jack-Pennick-.jpg

 

Victor McLaglen, Jack Pennick, Dick Foran

 

Nous assistons à une narration très libre pour l’époque, une maîtrise décontractée du récit sans franchement d’unité de ton; le marivaudage, le drame, le picaresque s’entremêlant avec une grande fluidité, la science du montage se révélant très précise malgré l’apparente lâcheté du scénario.

 

Sa manière de mettre en avant les femmes de soldats est exemplaire d'humanisme et de sensibilité. Elles représentent la douceur dans ce monde constamment sur le qui-vive et John Ford en fait des modèles de vertu, de bonté et de courage : ce sont elles qui cimentent le groupe par leur constante volonté de s’entraider malgré le fait qu’elles soient confrontées à la mort omniprésente. Que ce soit Mrs Emily Collingwood jouée par la merveilleuse Anna Lee, ou encore Irene Rich dans le rôle de Mrs O’Rourke et même le personnage de Philadelphia, jouée à merveille par Shirley Temple, ces femmes sont toutes extrêmement touchantes, émouvantes, bref, inoubliables tout comme elles le sont souvent chez Ford.

 

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Irene Rich and Anna Lee et Shirley Temple

 

L’épilogue, a souvent été controversé. Thursday est mort au combat ainsi que tous les hommes l’ayant accompagné lors de la charge. Kirby, qui n’a jamais pu comprendre les décisions suicidaires et inconscientes de son chef, et qui s’est même constamment opposé à lui, conte maintenant aux journalistes venus l’interroger sur ce fait historique la conduite héroïque de Thursday : "Jamais je n’ai vu un homme mourir si bravement. Mais ses hommes n’ont pas été oubliés pour autant : ils ne sont pas morts, ils resteront vivants tant que le régiment vivra. Les visages changent, les noms aussi, mais ils sont toujours là, encore meilleurs soldats qu’ils ne l’étaient grâce à Thursday". La cavalerie est une institution suffisamment solide pour pouvoir extirper de son sein la brebis galeuse sans que ses valeurs fondamentales soient détruites pour autant. Puisque cet affligeant sacrifice a eu lieu, qu’il serve au moins de référence historique et héroïque aux soldats qui vont perpétuer les traditions; simples soldats que Kirby n’oublie pas dans son discours, il ne faut pas l’oublier, son regard se portant, dans le tout dernier plan, plus sur eux que sur son supérieur. John Ford expliquera cet épilogue ainsi : "Je pense que c’est bon pour le pays. Nous avons beaucoup de personnes qui sont supposées avoir été des grands héros et nous savons sacrément bien qu’elles ne l’ont pas été. Mais c’est bon pour le pays d’avoir des héros à admirer. Prenons Custer, un grand héros. En réalité, il ne l’était pas. Ce n’était pas un homme stupide mais ce jour-là il s’est comporté stupidement."

 

 

 

 

Sources :

Erick Maurel - http://www.dvdclassik.com

http://andrewhorbal.wordpress.com

http://www.cinemovies.fr

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

pierre zairon 06/09/2012 19:20


bonjour je suis un ami d'Andréa qui m'a donné les références de votre blog. belle documentation rassemblée, un grand plus les photos judicieusement choisies, ainsi que les extraits vidéo. un vrai
régal de lire toutes ces pages. je ne sais pas si il faut être un as de l'informatique pour faire de même mais ça me plairait bien de tenter le coup pour parler de la nature

Eeguab 02/09/2012 15:02


Insubmersible...

 

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