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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 00:00

 

Date de sortie 5 décembre 2012

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Affiche-1.jpg

 
Réalisé par Jacques Bral


Avec Sofiia Manousha, Lounès Tazairt, Julien Baumgartner,

Thierry Lhermitte, Sid Ahmed Agoum, Salim Kechiouche

Elise Lhomeau, Grégoire Leprince-Ringuet, Souad Amidou

 
Genre Drame


Production Française

 


Le réalisateur français Jacques Bral aime prendre son temps entre ses films. En effet, le natif de Téhéran n'a réalisé que 7 films en preque 40 ans de carrière. Son dernier film, Un printemps à Paris, date de 2006. Auparavant, il s'était écoulé 12 ans entre Mauvais garçon réalisé en 1993 et Un printemps à Paris.

 

Le Noir (Te) Vous Va Si Bien est son septième long-métrage.

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Sofiia-Manousha.jpg


Sofiia Manousha

 

Synopsis

 

Une famille orientale émigrée, en Europe.

 

L'épicier Moncef (Lounès Tazairt), le père, porte en lui la souffrance du déracinement et le poids de "l’ailleurs". Sauvegarder sa culture, vivre dans le respect des traditions, c'est pour lui, plus qu’une règle de vie, mais davantage une manière de rester fidèle à son passé, à son origine et surtout … à lui-même.

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Lounes-Tazairt.jpg Lounès Tazairt


Chaque matin, Cobra (Sofiia Manousha), sa fille, quitte la maison familiale. Voilée. Mais chaque matin, elle se change, dans un café, son refuge à elle; avant de se rendre à son travail, la chevelure et l’esprit libres.

 

À la maison, Moncef est inquiet. Cobra est encore célibataire et il voudrait bien la marier au plus tôt. Dans l’entreprise où Cobra travaille, le jeune patron est tombé amoureux d’elle. Il est prêt à tout pour l’épouser. Mais Cobra, elle, veut choisir, comme sa mère l’avait fait en son temps avec son père.

 

Elle n’aura pas le temps de présenter l’homme de sa vie à ses parents. Un ami de son père les surprend. Dans le café…

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---G.Leprince-Ringuet--copie-1.jpg


Grégoire Leprince-Ringuet et Sofiia Manousha

 
Le Noir (Te) Vous Va Si Bien a battu des records de "like" sur le réseau social Facebook. Le film dépasse les 60.000 fans, ce qui est rarissime pour un film français quand on sait que les plus gros blockbusters américains plafonnent entre 80.000 et 100.000 "like". L'attente est donc très grande pour ce nouveau film de Jacques Bral qui traite d'un sujet sensible, le communautarisme.


C'est avec une intrigue relativement simple, celle des dernières semaines de la vie d'une jeune fille d'origine orientale, avec le ressort de la tragédie comme support, que Jacques Bral parvient à écrire un scénario périlleux et audacieux qui sait éviter les écueils et les poncifs qu'un tel sujet pouvait présenter, car rien n'est éludé dans ce mélodrame contemporain.

 

Le tchador, l'intégration, l'islam, les banlieues, la libération des femmes, autant de thèmes qui traversent le scénario sans en être véritablement l'objet. Jacques Bral signe ici un film politique et poétique, sombre et lumineux sur nos "malentendus" culturels dont le prétexte et l'enjeu sont le corps des femmes mais aussi leurs désirs.


Ce sont elles, et en particulier Cobra, l'héroïne principale du film, qui tiennent la part belle et auxquelles le réalisateur rend la parole dans ce brouhaha au coeur duquel les sociétés occidentales et musulmanes les ont placées comme "sujet de société" et dont le film restitue avec justesse les contradictions, oppositions mais également les passerelles, similitudes.

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Julien-Baumgartner-et-Sofiia.jpg

 

Julien Baumgartner et Sofiia Manousha

 

Un mot de François Guérif. “Comment peut-on juger les gens?”.
Ces mots qui concluaient Extérieur, Nuit nous reviennent en mémoire en voyant
Le Noir (Te) Vous Va Si Bien. Jacques Bral a beau aborder un sujet sociétal qui a fait, et fait toujours, polémique, il le fait à sa façon, en refusant tout schématisme, sans accuser personne. En cinéaste, il regarde ses personnages, les accompagne dans leur contexte social, témoigne de leurs aspirations, de leurs contradictions, de leurs fragilités, souligne les malentendus, source de drames qui auraient dû, en d’autres circonstances, être évités.


Ici, c’est le déracinement qui est à la base de tout, les traditions mal léguées ou mal perçues, la peur de l’opinion de l’autre, le dialogue non engagé. Même s’il soulève une multitude de questions, le film n’en est pas pour autant un film à thèse.
Le Noir (Te) Vous Va Si Bien est, avant tout, l’histoire d’un amour tragique, le portrait vibrant d’une jeune femme à l’esprit libre, magnifiquement incarnée par Sofiia Manousha, celui d’un père et d’une famille broyés par un destin, plus aveugle que jamais. Et c’est parce qu’ils sont enracinés dans un quotidien qui, bien qu’absurde, nous est familier, que ces personnages existent, avec leur poids de chair et de sang, et qu’ils nous touchent, profondément.

 

Sofiia-Manousha---Sofiia-Manousha.jpgLe Noir (Te) Vous Va Si Bien évoque un problème de société actuel et la question de la double-culture à travers le personnage de Cobra qui doit jongler entre ses valeurs familiales et son milieu professionnel. Le cinéaste Jacques Bral, qui a vécu en Iran, a voulu faire ce film à partir d'un certain choc qu'il a eu en arrivant en France et en voyant des jeunes femmes revendiquer le droit de porter le tchador. Le metteur en scène a été frappé par ce décalage, lui qui a toujours vu les femmes en Iran oppressées via cette loi dogmatique qui oblige les femmes à se voiler.

 

Le Noir (Te) Vous Va Si Bien porte dans son titre, toute l'équivoque que le film porte en lui sans effet de démonstration. Du sensuel au mortel, du singulier à l'universel, du féminin au masculin, de l'intérieur à l'extérieur, de l'enfermement à la lumière, le film circule en faisant converger plutôt que s'opposer des cultures qui puisent l'une en l'autre des réponses à un même questionnement autour de la femme et du désir des hommes comme la fascination que deux cultures ont l'une pour l'autre. Toute l'audace et la finesse du propos réside dans ce regard où chacun ici a sa place et ses propres motivations "légitimes" pour convoiter Cobra de manière singulière.


Qu'ils aient comme horizon les tours de la Défense ou le désert du Maghreb, les hommes ont toujours pour horizon les femmes, ainsi sont-ils posés en spectateurs démunis, parfois patauds, dans ce scénario où les tirades empruntées au comique illuminent sa trame avec tendresse. Le père, inscrit dans sa tradition et dans l'immigration, se demande ce que le mot "alternative" peut bien signifier dans le journal. 

 

Le-Noir--te--vous-va-si-bien---Sofia-Manousha.jpg


Sofiia Manousha


La jeune actrice Sofiia Manousha tient son premier rôle principal avec Le Noir (Te) Vous Va Si Bien. La jeune actrice a été auditionnée et choisie pour le rôle à seulement deux semaines du début du tournage.
 
Souad Amidou, qui campe Maléké dans le film, a révélé que le réalisateur a laissé place à une part d'improvisation dans le film : "J'aime beaucoup travailler comme ça, un côté extrêmement cadré, très précis, au rasoir sur le texte et puis en même temps, lâcher un petit peu de soi, un petit peu d'improvisation, donc de jeu, donc de fun", confie la comédienne.

 


Salim Kechiouche campe le personnage de Rachid dans le film. Le comédien a pris plaisir à tourner avec Jacques Bral pour qui il a une affection particulière : "Avec Jacques, on a pris vachement de temps (...) de travailler dans le détail, tout était important dans la mise en scène, dans les intentions de jeu (...) ça m'a vraiment fait plaisir de travailler sur ce projet, j'ai beaucoup d'affection pour Jacques et toute l'équipe", raconte l'acteur.

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Salim-Kechiouche.jpg Salim Kechiouche

 

Richard, joué par Grégoire Leprince-Ringuet qui a toujours aimé les belles filles, se sent pris au dépourvu et piégé parce que choisi "pour toujours".

 

Serge, interprété par Julien Baumgartner, sentant l'éternel célibat le gagner se demande "si on peut avoir deux religions, comme on a la double nationalité" pour épouser une jeune fille différente des "autres".

 

 

François, son père, dont le rôle est tenu par Thierry Lhermitte, n'a pas d'avis ni d'objection au projet de son fils. Il enjambe la religion et s'incline devant la beauté magnétique de Cobra. Pour lui "Si Dieu existe, c'est certainement une femme".

 

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Julien-Baumgartner-et-Thierr.jpg


Julien Baumgartner et Thierry Lhermitte


Des scènes comiques aèrent le film et parviennent ainsi à instaurer un climat vaporeux dans cette histoire de femmes, dont Cobra incarne, telle Ève, l'éternel féminin. Rythmé comme une litanie, le film se déploie autour des allers-retours de Cobra entre travail et maison, détermination et assujettissement, tradition et désir, tempérament et culture, candeur et découverte.

 

Déterminées, les femmes le sont toutes dans ce film. De tempérament, de culture, de traditions, de désirs, les leurs et ceux que les hommes leurs imposent subrepticement, comme on pose jalousement un voile sur une chevelure ainsi emprisonnée, à son insu. C'est en introduisant un voile sur la chevelure et le corps féminin et en le soulevant, de façon pudique et poétique que Jacques Bral parvient à écrire un film atemporel et pourtant inscrit dans son temps. Un film qui s'élève au delà du religieux en s'inscrivant dans le parti pris du quotidien profane et charnel et c'est en cela qu'il interroge le politique.

Le-Noir--Te--Vous-Va-Si-Bien---Salim-Kechiouche-copie-1.jpgAinsi, autour de scènes de repas, qu'il s'agisse de la cuisson des pâtes, "sept minutes exactement", de la préparation du couscous avec le "concombre du chinois parce qu'il est meilleur", ou du repas succulent concocté avec "le frigo vide de Richard", comme avec l'introduction de scènes éminemment sensuelles dans lesquelles le désir ambivalent affleure n'importe où. Dans le baiser initiatique et langoureux entre Anaïs et Cobra, le baiser furtif dans les toilettes des hommes entre Serge et Cobra, celui intempestif et fougueux qu'elle donne à Richard, le film ramène sans cesse à la vie parvenant à faire presque oublier au spectateur la tragédie initiale qui lui est proposée à voir comme fin.


La force du propos et du scénario réside dans cette capacité à faire oublier, dans une narration simple et essentiellement charnelle le quotidien, comme l'est celui des femmes. La tragédie, qui comme toute tragédie, surgit de façon inopinée. Absurde, comme le sont des sociétés qui s'observent, s'envient, s'estiment, mais ne parviennent pas à sortir de leur malentendu, comme on ne saurait trouver une issue honorable à une scène de ménage, sans queue ni tête.


Dans l'épicerie de Moncef, le raisin est bon, François en achètera deux fois, faute de savoir parler. À côté de l'épicerie de Moncef, le Chinois vend des concombres meilleurs et moins chers, alors on les mange sans rien dire, l'orgueil à peine blessé.


La fille de l'épicier de Moncef meurt, étranglée, faute de qui, faute de quoi ?

 
Jacques Bral a choisi une nouvelle fois le chef-opérateur François Lartigue pour s'occuper de la lumière du film Le Noir (Te) Vous Va Si Bien après avoir déjà travaillé avec lui en 2004 pour Un printemps à Paris.
 
Le compositeur de Le noir (te) vous va si bien, Nathaniel Mechaly est un musicien chevronné à qui l'on doit déjà un grand nombre de participations dans de grandes productions.

 

 

Sources :

http://le-noir-te-vous-va-si-bien-le-film.com

http://www.cinemotions.com

http://blogs.mediapart.fr

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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commentaires

Bruce92 10/11/2012 21:34


je tombe par hasard sur cette page et j'avais déjà envie de voir ce film maintenant après avoir lu ton article c'est une certitude

 

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