Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 19:00

Dans le cadre du Festival 2014 des films d'Amérique Latine !

 

au Le-Régentà Saint Gaudens !

 

Les-bruits-de-Recife---Affiche.gif

 

Réalisé par Kleber Mendonça Filho


Avec Irandhir Santos, Gustavo Jahn, Maeve Jinkings,

Waldemar José Solha, Irma Brown, Lula Terra, Clebia Sousa

 

Titre original O Som ao Redor

 
Genre  Drame, Thriller


Production Brésilienne 2012

 

Kleber Mendonça Filho, après des études de journalisme, est aujourd'hui un réalisateur reconnu par la critique et les festivals.

 

Il a reçu des quantités de prix pour ses précédents court-métrages et Les Bruits de Recife a déjà circulé dans une trentaine de festivals où il a remporté un grand nombre de récompenses.  

 

Il s'agit du premier long-métrage de fiction de Kleber Mendonça Filho. 

 

O-Som-ao-Redor.gif

 

Les Bruits de Recife a été chaudement accueilli à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.

 

Sorti au Brésil en 2013, à la veille des grandes manifestations de mars, au moment où le pays prépare la coupe du monde de football et autres JO, le film a suscité un vif débat pour sa représentation à la fois tendre et tranchante de la bourgeoisie de Recife; pour son rôle de révélateur de structures sociales encore archaïques.

 

Caetano Veloso, probablement le musicien brésilien le plus populaire qui soit s’est fait le porte-voix du film qu’il considérait dans O Globo comme l’un des meilleurs films brésiliens de tous les temps. L'écho du film est parvenu jusqu'au gouvernement de Dilma Rousseff,  présidente de la République fédérative du Brésil depuis le 1er janvier 2011, qui a demandé une projection.

 

Les Bruits de Recife  figure sur la liste des dix meilleurs films de l'année 2012 du New York Times, déterminée par le critique de cinéma Anthony Oliver Scott.

 

Il reconnaît aux Bruits de Recife une qualité de travail du son époustouflante et parle d'un "paysage auditif d’un film d’horreur. Ou celui d’un thriller sans chute. La tension qui envahit la routine quotidienne est tout aussi difficile à identifier qu’à éviter [...]" ou encore : "Une approche avec quelques moments forts, qui dominent l'horizon, noircit l'océan et occulte la pauvreté brésilienne urbaine sociale qui fait la caractéristique du cinéma brésilien depuis plusieurs décades. Les logements, avec leurs papiers peints remis à neuf et les télévisions grand écran représentent les enclaves des privilégiés. On pourrait être n'importe où. Et les quelques éléments qui se déroulent entre ces murs pourraient être les épisodes d'un "soap opéra" de la banalité domestique à San-Francisco, Singapour, Cape Town ou Dubaï... "


O-Som-ao-Redor---Irma-Brown--Gustavo-Jahn--Maeve-Jinkings-e.gif

 

Irma Brown, Gustavo Jahn, Maeve Jinkings & Clebia Sousa

 

Le cinéaste a réalisé son film dans l'optique qu'il serait essentiellement vu par des Brésiliens. Il lui faut attendre le festival de Rotterdam pour comprendre que Les Bruits de Recife n'est pas uniquement un film indépendant et local, "paroissial" disait-il.

 

Pourtant, il craint que certains aspects de son intrigue échappent aux spectateurs qui ne connaissent pas le Brésil. Ainsi, son idée sur la classe moyenne, qu'il met en scène, est des plus personnelles : "ses pieds ne touchent jamais le sol".

 

Il les voit comme constamment enfermés dans une bulle de protection, obsédés pa r leur sécurité, vision des choses qui touchent précisément cette classe brésilienne mais pas nécessairement la classe moyenne mondiale. L'universalité qu'il a pu voir dans son film ne fut que postérieure à la réalisation de celui-ci.

 

Synopsis

 

À Recife, sur la côte brésilienne, les habitants d'un quartier prospère de Setúbal suivent le cours d'une vie calme, entre légers désagréments et insouciance. Peu à peu des rapports de force, passés et présents, se dessinent, parfois inscrits dans l’architecture même de la ville.

 

Issus de la classe moyenne, ils ne subissent pas l'insécurité comme dans les favelas.

 

Bia (Maeve Jinkings) déploie des stratagèmes pour faire taire le chien du voisin.

 

João (Gustavo Jahn) se réveille dans les bras de son amante de la veille, tandis que Francisco (Waldemar José Solha), qui règne en patriarche mystérieux sur le voisinage reçoit la visite d'une société de sécurité privée qui souhaite s'implanter dans leur rue.

 

Les bruits de Récife

 

La présence de ces hommes est source de tranquillité pour certains et de tension pour d’autres, dans une communauté qui semble avoir beaucoup à craindre. Cette équipe va bouleverser les relations entre les habitants et libérer les pires instincts. Peu à peu des rapports de force, passés et présents, se dessinent, parfois inscrits dans l’architecture même de la ville.

 

Une chronique brésilienne, une réflexion sur l’histoire, la violence et le bruit.

 

O-Som-ao-Redor---Waldemar-Jose-Solha.gif

 

Waldemar José Solha

 

Une légende urbaine brésilienne a servi de référence à l'ambiance parfois fantastique, comme hantée, du film. Un adolescent, entre 13 et 18 ans, s'amusait à s'introduire chez les gens en grimpant sur la façade de leur immeuble. Il visitait les appartements mais ne volait rien et parfois, les occupants se réveillaient et le retrouvaient allongé sur le canapé. Il fut un jour retrouvé mort, le corps criblé d'une douzaine de balles.

 

Ce personnage fantomatique, dont l'existence même est incertaine, sert au cinéaste qui voulait au départ l'intégrer au film. Il traduit le besoin d'évasion, de transgression, que ressentent les protagonistes.

 

Comme le film se penche sur les rapports entre classes sociales, une comparaison a été faite entre Les Bruits de Recife et la construction d'un western : la question de pouvoir, de territoire, de clôture de l’espace, est omniprésente et rappelle au réalisateur les plantations de cotons et l'esclavage qui y a perduré au Brésil jusqu'au XIXème siècle.

 

Le réalisateur prend également d'autres films en référence, La Randonnée, de Nicolas Roeg, et Cabra Marcado para Morrer un documentaire d'Eduardo Coutinho réalisé en 1985, autrement dit un film initiatique au coeur du bush australien et un historique sur des luttes de territoires entre paysans.

 

O-Som-ao-Redor---Gustavo-Jahn---Waldemar-Jose-Solha.gif

 

Gustavo Jahn & Waldemar José Solha

 

Le décor est planté dans la ville de Récife, capitale de l'État du Pernambouc au Brésil. Elle est la neuvième ville du Brésil et a été fondée en 1537. La capitale du Pernambouc, peuplée d'un million et demi d'habitants et bordée de dix kilomètres de plages, porte les traces des colons portugais et hollandais et des esclaves venus d'Afrique.

 

Le réalisateur est très attaché à la ville de Recife, dans laquelle il habite. La rue qui revient le plus fréquemment dans le film est celle où il vit, ainsi que l'appartement de Bahia, qui n'est autre que le sien.

 

Trois de ses court-métrages tiennent aussi place dans ce quartier de Setúbal où se déroule l'action des Bruits de Recife.

 

Ce facteur commun tient en ce que Kleber Mendonça Filho s'intéresse beaucoup aux rapports de classe qu'il peut observer dans la vie quotidienne des habitants de Recife, des restes féodaux qui persistent dans la société, et de l'architecture de la ville qui participe à cette atmosphère anxiogène et impersonnelle.

 

C'est aussi la raison pour laquelle le réalisateur écrit les scénarios de la plupart de ses films.

 

O-Som-ao-Redor-.gifLes Bruits de Recife, comme l'indique le titre, est un film centré sur le son. Le réalisateur recommande fortement de voir le film au cinéma plutôt que sur un écran de salon. La construction sonore du film, en passant de l'enregistrement, au mixage et au montage, dure plus d'un an et doit constituer, toujours selon Kleber Mendonça Filho, la bande originale de son long-métrage, qui, sinon, n'utilise aucune musique dans le sens traditionnel du terme.

 

DJ Dolores, avec qui le réalisateur avait travaillé pour son documentaire Critico, orienté sur la critique de cinéma, signe ici la production musicale du film, tout en détails sonores.

 

O Som ao Redor -copie-1Kleber Mendonça Filho ne s'est pas contenté d'écrire le scénario et d'assurer la mise en scène du film. Il participe aussi à la sonorisation et au montage du film. Les Bruits de Recife est produit   par Emilie Lesclaux au sein de sa société de production Cinemascópio.

 

Outre ses activités de cinéaste, Kleber Mendonça Filho dirige avec Emilie Lesclaux le festival de cinéma de Recife, Janela Internacional de Cinema do Recife, créé en 1997 par Alfredo et Sandra Bertini.

 

 

Mon opinion :

 

Un grand merci au Régent de Saint-Gaudens d'avoir programmé ce film, dans le cadre de son Festival 2014 du cinéma Sud-Américain.

 

"Les Bruits de Récife" ne semble pas avoir bénéficié d'une large diffusion, en dépit d'une avalanche de récompenses dans un grand nombre de festivals.

 

Kleber Mendonça Filho réalise ici son premier long métrage.  Un film à nul autre pareil, à la mise en scène d'une grande intelligence.  

 

Sur la musique de batucada traditionnelle, le film commence sur des images d'archives en noir et blanc qui défilent sur l'écran et marquent, d'emblée l'esprit en rappelant ce que fut la région, à l'époque des plantations. Quelques secondes passent pour se retrouver dans le Récife d'aujourd'hui. Et plus précisément Setúbal, le quartier du réalisateur.

 

Les bruits des pas qui résonnent, les crissements des pneus de voitures, ou ceux des patins à roulettes, sont omniprésents, et deviennent très vite étouffants et angoissants.

 

Contrairement aux femmes, hommes et enfants, qui furent misérablement parqués dans les plantations d'hier, ce sont, aujourd'hui, les classes privilégiées qui s'enferment chez eux. Longues barres d'immeubles ultramodernes, dans lesquels des appartements confortables deviennent de véritables forteresses protégées par quantités de grilles, verrous multiples et autres caméras. Kleber Mendonça Filho va nous faire découvrir la vie quotidienne de quelques-uns des membres de cette population aisée, à la gentillesse souvent feinte envers quantités d'employés, pour ne pas dire, serviteurs, fait qui semble exister depuis toujours, comme la méfiance des uns par rapport aux autres. Bien visible dans le passage de cette réunion de copropriétaires au sujet du devenir d'un concierge âgé, présent dans l'immeuble depuis de longues années. Certains sont prêts à le renvoyer aux dires de divers commérages et à la seule vue d'images filmées par un tout jeune gamin. Bien peu sont ceux qui lutteront contre cette décision


La paraonoïa est contagieuse.

 

Craintes et peurs réunies pour une explosion qui viendra ou pas. Il faudra attendre les dernières secondes du film pour avoir l'explication. C'est là toute la virtuosité du réalisateur qui rend l'atmosphère asphyxiante, de bout en bout.

 

Un film fort, magnifiquement réalisé qui restera, pour moi, un très grand moment de cinéma.

 

 

Les-bruits-de-Recife-.gif

 

Sources :

http://www.allocine.fr

http://www.imdb.com

http://lumieres-des-toiles.temporem.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
commenter cet article

commentaires

Michel Zorba 06/04/2014 17:59


Salut Alain. Tu vas bien ? suis content pour toi que tu aies pu voir ce film. J'ai également beaucoup aimé et ta critique correspond à ce que j'en pense. @+

jean-chris 30/03/2014 12:32


Ca donne envie !

Jacqueline 30/03/2014 12:01


Bonjour Alain, j'ai entendu parler de ce film avec beaucoup d'intérêt. Il n'est pas sorti près de chez moi et très peu ailleurs, à ce que tu en dis. Je le regrette. Vive Saint-Gaudens, alors !
Sois heureux. Je t'embrasse.

Chris 29/03/2014 20:36


Sachant que tu allais le voir, j'attendais ton avis. Je vois que tout ce que j'ai lu sur ce film, qui ne sort pas ici, est conforme à ta critique. Ils ont du bol à Saint Gaudens. Belle
programmation. @ +

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

Recherche

Quelques coups de cœur 

 

 

Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

Bonne visite !

En 2016.

 

Lrs InnocentesEl Clan

 

 

 

 

 

 

TempêteLes Délices de Tokyo (An)

 

....

 

 

 

Rosalie BlumNo land's song

 

 

 

 

 

 

La saison des femmes (Parched)Julieta

 

 

 

 

 

Chala, une enfance cubaine (Conducta)Red Amnesia

 

 

 

 

 

 

Toni ErdmannTruman

 

 

 

 

 

 

Le fils de Jean

Divines

.....

 

 

 

 

 

 

Frantz

 

 

 

 

 

 

Juste la fin du mondeAquarius

 

 

 

 

 

 

 

Une vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015.

 

..Mon Fils - Eran Riklis..Gente de Bien.La Maison au toit rouge.La Tête Haute.Une Femme Iranienne "Aynehaye Rooberoo". Facing Mirrors.Une seconde mère "Que Horas Ela Volta ?".Mustang.La Belle saison.Aferim !.La dernière leçon.Ni le ciel ni la terre.Les chansons que mes frères m'ont apprises.Fatima...Mia Madre

 

 

 Mes dernières critiques ... Cliquez ICI !

Depuis 2010. Films vus et commentés.

- En 2010 - Cliquez ICI

- En 2011 - Cliquez ICI

- En 2012 - Cliquez ICI

- En 2013 - Cliquez ICI

- En 2014 - Cliquez ICI

- En 2015 - Cliquez ICI

- En 2016 - Cliquez ICI

 

 

Voir et revoir..........................................Voir et revoir.........................................Voir et revoir....................

 

Pandora "Pandora and the Flying Dutchman".Umberto D.La chevauchée des Bannis.Loin du Paradis.Une journée particulière.Le procès de Viviane Amsalem "Gett".Tout ce que le ciel permet.

 

 

Luchon. Reine des Pyrénées. Cliqez ICI.