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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 23:00

 

Date de sortie 11 juillet 2012

 

Les Enfants de Belle Ville - Affiche

 

Réalisé par Asghar Farhadi


Avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian,

Hossein Farzi-Zadeh, Ahoo Kheradmand,

Farhad Ghaiemian, Hooshang Heyhavand

 
Genre Drame


Titre original Shah-re ziba, Beautiful City

Production Iranienne

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville-.jpg

 

Synopsis


Belle Ville, c’est le nom pour le moins paradoxal du quartier de Téhéran où se trouve un centre de détention pour mineurs. Akbar (Hossein Farzi-Zadeh) y fête son dix-huitième anniversaire, organisé par son ami Ala (Babak Ansari).

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Babak-Ansari.jpg Babak Ansari

 

L’ambiance devrait être à la joie mais pourtant, après les quelques effusions entre jeunes pensionnaires, Akbar s’effondre, terrassé de désespoir. Car il sait que cet anniversaire signifie pour lui le transfert dans une prison pour adultes et au bout du chemin l’exécution capitale. Akbar a été condamné à mort pour avoir tué, deux ans plus tôt, sa bien aimée : ce devait être un suicide romantique à deux, pour fuir l'oppression et les tabous de la société, mais il a survécu…

 

Seule solution pour éviter l’inéluctable : obtenir du père  de la victime  (Faramarz Gharibian) le pardon qui signifierait la grâce, puisque la loi du Talion prévaut dans la justice iranienne… Ala, son meilleur ami, va alors se débrouiller pour être libéré, il va demander de l'aide à Firoozeh (Taraneh Alidoosti), la sœur aînée d'Akbar, et essayer par tous les moyens d'obtenir la mansuétude du père éploré… 

 

Taraneh Alidoosti Les-Enfants-de-Belle-Ville---Taraneh-Alidoosti.jpg 

 
Après avoir connu la consécration internationale grâce à son film Une Séparation réalisé en 2011, Asghar Farhadi a profité de l'occasion pour faire connaître ses anciens films, tels que La Fête du feu et À propos d'Elly. Les Enfants de Belle Ville a été son deuxième long métrage réalisé en 2004. Il sortira sur les écrans franças  huit ans plus tard.

 

Extrait de l'entretien d'Asghar Farhadi  

pour le dossier de presse des Enfants de Belle Ville

 

Le film raconte la confrontation de deux familles à propos d'un meurtre sans que personne ne puisse jamais se prononcer en faveur de l’une ou de l’autre de ces familles. Mon idée était ainsi de montrer que la frontière entre le bien et le mal n'existe pas, que nous ne possédons pas forcément assez d’éléments pour pouvoir dessiner cette frontière. C’est en ce sens qu’il est question de ce que j’appelle "la guerre du bien contre le bien".

 

- Le film parle aussi du prix à payer pour gagner sa liberté, en l’occurrence le prix du sang...


Le prix du sang est un principe très complexe du système juridique iranien. Concrètement, et de manière assez simpliste, il s’agit d’une sorte de dédommagement que l'auteur d’un crime peut payer à la famille de sa victime afin de se libérer de sa peine. Mais le prix du sang n’a jamais été le sujet principal Des Enfants de Belle Ville. Il ne s’agissait pas pour moi de condamner cette pratique, mais de m’interroger à son propos. C’est d’ailleurs cette méthode du questionnement – poser des questions plutôt que donner des réponses - que j'ai gardée dans mes films suivants. Je pense que c’est la meilleure façon d’aborder des sujets qui peuvent s’avérer complexes.

 

- Vous esquissez une histoire d’amour entre le héros et la sœur de son meilleur ami qui apparaît d’ailleurs comme une jeune femme plutôt émancipée : elle fume, elle boit, elle assume d'avoir été mariée, d'avoir des relations amicales avec un autre homme...


Quand je compare Les Enfants de Belle Ville à mes autres films, et même à ce que j’ai écrit pour le théâtre et la télévision, j’ai le sentiment que l’amour n’a jamais été aussi présent. C'est pourtant une histoire très étrange, en ce sens que l’amour est impossible entre les deux personnages, mais eux-mêmes poussent à y croire et à penser que tout est possible. Et même s’ils se séparent à la fin, je suis persuadé que cette histoire restera gravée dans leurs cœurs.

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Babak-Ansari-et-Taraneh-Alidoo.jpg

 

Babak Ansari et Taraneh Alidoosti

   
Les Enfants de Belle Ville marque la première collaboration de Taraneh Alidoosti  avec Asghar Farhadi. À partir de ce film, Taraneh deviendra l'actrice fétiche du réalisateur iranien puisqu'elle rejouera dans plusieurs de ses autres films, dont La Fête du feu ou À propos d'Elly
 
Le réalisateur a choisi Faramarz Gharibian, un acteur qu'il a déjà dirigé dans Dancing in the dust, pour interpréter le rôle de Rahmati Abolqasem dans Les Enfants de Belle Ville.

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville----Faramarz-Gharibian.jpg

 

Ashgar Farhadi suit pas à pas ce formidable combat pour la vie et livre une analyse intelligente et subtile de la société iranienne, incroyablement complexe et contradictoire. Contradictions d'un système judiciaire où tout est affaire de compensation financière : la famille du meurtrier peut tenter d'obtenir grâce à un dédommagement la clémence du père de la victime, celui-ci devant lui-même verser une compensation s’il souhaite l’exécution d’Ala, puisque la victime est une fille et le condamné un garçon, et que le sexisme est une composante de la loi !

 

Contradictions des attitudes religieuses : le mollah du quartier tente d’inciter le père, par le rappel du Coran, à plus de tolérance et de résilience, mais le père rétorque que le Talion fait aussi partie du Coran ! Contradictions des hypocrisies sociales : la jeune Firoozeh, mariée trop jeune à un homme qui s’avère être un toxicomane complètement à sa charge, doit sauver les apparences et renoncer à l’amour qui naît entre elle et Ala…

 

Les-Enfants-de-Belle-Ville---Taraneh-Alidoosti-copie-1.jpg

 

Taraneh Alidoosti

 

Les Enfants de Belle Ville reflète la situation de la société iranienne et la remet en question. Après les problèmes des couples en crise, l'adultère, le divorce et la vieillesse, Asghar Farhadi aborde dans ce film la peine de mort qui est encore un châtiment très pratiqué en Iran.

 

Asghar Farhadi met en lumière les travers de son pays, sans manichéisme mais sans précaution ni prudence complaisantes (cela dit, il faut souligner que le film a été réalisé avant l’accession au pouvoir d’Ahmadinejad, qui a alourdi le poids de la censure). Il n'en aime pas moins chacun de ses personnages, sans prendre partie pour l’un ou l’autre, car chacun, plus ou moins enfermé dans son carcan social, culturel, religieux, a ses raisons tout à fait légitimes : ce père brisé qui ne parvient pas à faire son deuil, sa nouvelle épouse et sa fille handicapée dont l'existence quotidienne est écrasée par l'omniprésence du souvenir de la jeune morte, ce jeune voleur dont le combat pour son ami est une sorte de rédemption, cette jeune mère qui tente d’échapper à sa vie trop vite brisée par un mari incapable et violent… Tous ces personnages sont magnifiques, leur grandeur ordinaire, leur force de caractère, leur obstination – même si elle les amène parfois à se mentir à eux-mêmes – entraînent adhésion et empathie et donnent au film une dimension, un souffle qui captivent. Autant de qualités qu'on retrouvera à leur zénith dans Une séparation

 


 

 

 

Sources :

http://www.memento-films.com - Dossier de Presse

http://www.cinemas-utopia.org/toulouse

http://www.allocine.fr

 

 

 

Mon opinion : Les succès des précédents films d’Asghar Farhadi permettent aujourd’hui de découvrir un film réalisé en 2004. Le réalisateur démontre, avec sa virtuosité que nous connaissons maintenant les absurdités et les contradictions d’une société iranienne figée, entre autres, par le poids des traditions. La caméra caresse les visages pour en capter toutes les émotions. Des acteurs formidables dont Taraneh Alidoosti et Babak Ansari touchants, justes et magnifiques. Faramarz Gharibian et Ahoo Kheradmand sont aussi excellents tout en retenue et émotion. La mise en scène associe tous les genres de cinéma et annonce le génie, aujourd’hui reconnu, d’Asghar Farhadi.             

Published by Ciné Alain - dans Cinéma Iranien
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commentaires

Johane et Christophe 18/07/2012 23:18


Nous étions certains que tu descendrais pour le voir. Ravis nous aussi de l'avoir vu. La fin du film est exceptionnelle et fait mal, mais quel film !

 

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