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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 06:00

 

 I-Vitelloni---Affiche.jpg


Réalisé par Federico Fellini


Avec Franco Interlenghi, Alberto Sordi, Franco Fabrizi,

Leopoldo Trieste, Riccardo Fellini, Leonora Ruffo,

Jean Brochard, Claude Farell, Carlo Romano


Genre Comédie dramatique


Coproduction Française et Italienne

 

Titre original I Vitelloni


Date de sortie avril 1954

 

Lion d'Argent à la Mostra de Venise en 1953

 

Le sujet du film, écrit initialement par Ennio Flaiano, se situe dans la petite ville de Pescara, sa ville natale. Le terme vitelloni est une expression qui était utilisée à Pescara immédiatement après guerre pour désigner les jeunes sans emploi qui passaient leurs journées au bar. Federico Fellini décide de déplacer la localisation du film à Rimini, sa ville natale, il recrée l'univers de sa jeunesse, de ses souvenirs les plus chers et raconte un monde avec un regard nostalgique, sarcastique et mélancolique.

 

Sans surprises pour ce nouveau fim de Federico Fellini, le scénario est, bien entendu, également co-signé par Tullio Pinelli. Et la musique de Nino Rota.

 

I Vitelloni est non seulement une merveille de "réalisme onirique", mais encore la matrice d’un genre qui connaîtra des développements délicieux sur les écrans italiens et français : la chronique mélancolique sur fond d’amitié masculine. Dès le départ, Federico Fellini a transcendé ce thème par une mise en scène sensorielle et empathique, refusant l’exercice de la péroraison à une époque où on pouvait difficilement l’éviter.

Sous-estimé aujourd’hui, I Vitelloni devrait figurer dans tout palmarès se flattant de distinguer les meilleurs films du XXe siècle.

 

I Vitelloni-copie-3

 

 

Synopsis 


L'été s'achève dans une station balnéaire italienne. Les estivants ont quitté la plage et les cafés. Dans les rues désertées, un groupe de copains se promène oisivement. Ils sont cinq. Déjà âgés d'une trentaine d'années ils vivotent aux crochets de leurs parents. On les surnomme "Vitelloni". Pas de métier pas de projets sérieux, pas d'horizon, mais une grande aptitude au farniente et le goût des longues discussions creuses qui se poursuivent tard dans la nuit. Ils ne savent pas comment donner à leur existence du rêve, de l'aventure voire de l’amour.

 

I-Vitelloni-copie-1.jpg


Tous de profils différents, ils se rassemblent en bande mais la médiocrité, la frustration, la solitude de leurs conditions ne parviennent pas à disparaître en dépit de tentatives illusoires et désespérées pour 'échapper au quotidien. Et ce, devant le désespoir de leurs parents respectifs. Seule la fuite de leur ville leur permettrait de s'échapper du nid familial petit-bourgeois mais ils ne s'y résolvent pas et parcourent la ville et la nuit, désœuvrés.

 

C’est dans l’étroitesse de cet univers provincial qu’évoluent les cinq personnages principaux d’I Vitelloni, prisonniers d’une adolescence qui s’éternise en chimères.

 

I-Vitelloni-copie-2.jpg

 

"C’est magnifique dehors, on dirait la fin du monde !" s’écrie Moraldo quand la pluie s’abat, dès le début du film, sur l’électorat de "Miss Sirena 1953". La plus belle ragazza de Rimini, Sandra, sera donc détrônée par l’apocalypse.

 

I-Vitelloni-3.jpg

 

Avec Federico Fellini, il faut toujours d'attendre au déluge pour dégriser les personnages en pleine apothéose. C’est un leitmotiv immédiatement repérable dans l’ensemble de son œuvre. Revenons au synopsis ...

 

I-Vitelloni-copie-4.jpg

 

Quoique décrit comme le "chef spirituel" du groupe, Fausto (Franco Fabrizi)  joli-cœur qui a séduit Sandra (Leonora Ruffo) la sœur de son ami Moraldo (Franco Interlenghi), qu’il a malencontreusement mise enceinte se trouve aussitôt piégé par un mariage forcé.

 

 

Il continue à la tromper, jusqu'à tenter de séduire la patronne de la boutique d'objets de piété où son beau-père lui a finalement trouvé un emploi de magasinier ... sous les sarcasmes de ses compagnons. Il est d'ailleurs bientôt renvoyé pour avoir eu des gestes et des propos déplacés à l'égard de la femme de son patron.

 

I-Vitelloni-2.jpg

 

Il est comme ça : inconscient et capricieux. Les autres membres de la petite bande ne valent guère mieux. Alberto (Albert Sordi) est un pitre pusillanime, Riccardo (Riccardo Fellini) un suiveur apathique, Leopoldo (Leopoldo Trieste) un intellectuel pitoyable.

 

En attendant, les jours se succèdent, émaillés d'événements plus ou moins pittoresques : un bal costumé, le passage d'une troupe théâtrale minable, etc.

 

I-Vitelloni---Franco-Fabrizi.jpg


Malgré son incurable appétit pour les écarts libertins, Fausto, va s’engluer dans le carcan de sa dette morale et conjugale, non par résignation, non par sens du sacrifice, mais par pleutrerie face à un père souverain et intraitable sur la question des devoirs familiaux. Après avoir poussé sa jeune femme au désespoir, Fausto rentrera donc dans le rang suite à une correction administrée à coups de ceinturon par son père (Jean Brochard).

    

Alberto est un pur oisif, léger, capricieux, émotif, noceur et infantile, adepte du bras d’honneur aux masses laborieuses. Indolence contrariée parce que lucide hélas, ou disons translucide, quant à sa propre médiocrité. La vérité, pour paradoxale qu’elle puisse vous apparaître, c’est qu’Alberto est aliéné aux responsabilités dont il se croit investi vis-à-vis de sa mère et de sa sœur Olga (Claude Farell) Son affection sans borne pour sa mère, l'attention jalouse qu'il porte à sa sœur, ainsi que quelques scènes équivoques, dont celle du carnaval, font planer sur Alberto un soupçon d'homosexualité.

 

 

 

Leopoldo est l’intellectuel du village, un écrivain en rêve, vivant aux crochets d’une famille invisible composée de deux vieilles tantes. Malgré ce milieu peu favorable à l’éclosion de son génie, l’aspirant dramaturge se débat avec ses muses et écrit sa première pièce. Un soir, il rencontre en chair et en os l’illustre et influent Sergio Natali, comédien vétuste qu’il a toujours vénéré. Mais l’idole se révèle trop baroque à son goût, ou trop homosexuelle, ce qui va les conduire à un effroyable malentendu artistique.

 

I-Vitelloni---Leopoldo-Trieste.jpg

 

Si Riccardo est une figure secondaire du quintet, il n'en reste pas moins  le bon camarade, solidaire et bon vivant, distrayant les autres par ses talents de ténor de station balnéaire et toujours prêt à suivre la dernière mode qu'ils ont adoptée.

 

La sœur de Moraldo, Sandra, sert de fil rouge au scénario. Dans les premières scènes du film, elle s'évanouit pendant un concours de beauté. On découvre vite qu'elle est enceinte et que Fausto est le père de son enfant. L'aveu, le mariage, le départ en voyage de noces et le retour, le ménage et les tromperies de son nouvel époux émaillent le film d'incidents domestiques qui évoquent le carcan des règles provinciales et constituent un repoussoir pour les autres Vitelloni.

 

I-Vitelloni---Franco-Interlenghi.png

 

Seul Moraldo semble vouloir échapper à ce monde dérisoire où l'on s'ennuie et où l'on s'englue. Sérieux, rêveur et romantique, intègre, sensible et introverti. Quoique le plus jeune de la bande, il est également le plus mature, et essaie d'aider les autres, en particulier Fausto, à évoluer, sans pour autant se poser en donneur de leçons. Son rêve à lui, c’est de mettre les voiles et la vapeur. Dans la scène finale, Moraldo quitte nuitamment la ville et, seul de la bande, s'arrache au désœuvrement et à la médiocrité pour tenter sa chance ailleurs. Même s'il n'est pas clair dans le film si Moraldo en est le narrateur, puisque le narrateur parle de Moraldo à la troisième personne, comme de tous les autres personnages, il est clairement le personnage le plus positif de la bande, et le plus sympathique. Il représente Federico Fellini lui-même, qui a déclaré que le film était largement autobiographique, et a laissé un indice dans la dernière scène du film : lorsque le train quitte la gare, c'est la voix du réalisateur qui se substitue à celle de l'acteur pour dire au-revoir à Guido, le jeune employé des chemins de fer, laissant pressentir que Moraldo est enfin devenu Federico, en route vers son destin.

 

I-Vitteloni.jpg

 

"Dans chacun de mes films un personnage traverse une crise. Il me semble que l'ambiance la meilleure pour souligner ces moments de crise est une plage ou une place la nuit. Car le silence, le vide de la nuit, ou le sentiment de la présence de la mère met en relief le personnage, son isolement, lui permet d'être lui-même sans effort. Ce que je veux montrer derrière l'épiderme des choses et des gens on me dit que c'est de l'irréel, on appel ça le goût du mystère." précise Federico Fellini.

 

La traduction littérale du titre italien serait "les gros veaux", ou bien, au sens premier du terme vitellone," les vieux veaux", c'est-à-dire ceux qui ont dépassé l'âge d'un an. Dans le film, sous-titré les Inutiles, c'est une façon ironique de nommer la bande d'adolescents attardés, sans buts, que sont ces "vieux" jeunes gens qui ne vivent que des subsides de leurs parents et ne sortent que la nuit à l'abri de la lumière, comme les veaux de lait.

 

I-Vitelloni---Franco-Fabrizi--Riccardo-Fellini--Alberto-Sor.jpg

 

 Franco Fabrizi, Riccardo Fellini, Alberto Sordi, Leopoldo Trieste

 

Avec Les Vitelloni , Federico Fellini est au tout début de sa carrière mais déjà sa façon de filmer la ville, les échappées nocturnes, une ballade entre copains où rien ne se dit, est purement magique. Mais c’est surtout sa capacité à nous rendre si proches ses personnages qui fait des Vitelloni un film si précieux. Sans effets narratifs, sans grandiloquence, sans psychologie, il nous passionne. Avec des petits riens, une succession de saynètes, des détails, des rires et des regards.  Federico Fellini et ses scénaristes construisent le film sur des instantanés qui ne sont ni édifiants, ni signifiants, des moments épars qui semblent ressurgir tout naturellement de la mémoire, des souvenirs, sans échelle de valeur, sans souci d’efficacité narrative. Mélancolique, profondément humain, doux et hilarant, Les Vitelloni est l’un des films les plus simples et les plus beaux de l’indispensable Federico Fellini.


Le mot vitellone est passé dans le langage courant en italien : les vitelloni sont des jeunes gens feignants, excessivement attirés par les femmes et par l'argent.


 

 

Sources :

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.imdb.com

http://marcautret.free.fr

http://www.tvclassik.com

http://fr.wikipedia.or

http://oldschoolreviews.com

Published by Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

kabirio 14/09/2012 02:29


Excellent article !


Senti, inspiré et passionné.


Mes amitiés.

Ciné Alain 14/09/2012 18:39



Merci pour votre visite et votre sympathique commentaire. À bientôt. Amicalement Alain.



mitchmovies 20/04/2012 18:57

sacrée balade dans les beaux souvenirs !

 

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