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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 21:00

 

Date de sortie 24 septembre 2014

 

Leviathan---Affiche.gif


Réalisé par Andreï Zviaguintsev


Avec Alexeï Serebriakov, Elena Liadova, Vladimir Vdovitchenkov,

Roman Madianov, Anne Oukolova, Alexeï Rozine, Sergueï Pokhodaev


Genre Drame


Production Russe

 

Né il y a cinquante ans à Novossibirsk, Andreï Zviaguintsev est l’un des cinéastes russes actuels les plus importants.

 

Son premier long-métrage, Le Retour, a obtenu le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2003.

 

Sélectionné à Cannes, tout comme Le Bannissement réalisé en 2007 et Elena en 2012, Léviathan, son nouveau long-métrage, y a obtenu :

 

- Le prix du scénario signé par Oleg Neguine et Andreï Zviaguintsev

 

Leviathan---Alexei-Serebriakov.gif

 

Alexeï Serebriakov

 

Synopsis

 

Kolia (Alexeï Serebriakov) habite une petite ville au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie. Il tient un garage qui jouxte la maison où il vit avec sa jeune femme Lylia (Elena Liadova) et son fils Roma (Sergueï Pokhodaev) qu’il a eu d’un précédent mariage.

 

Leviathan---Elena-Liadova.gif Elena Liadova


Vadim Cheleviat (Roman Madianov), le Maire de la ville, souhaite s’approprier le terrain de Kolia, sa maison et son garage.

 

Il a des projets. Il tente d’abord de l’acheter mais Kolia ne peut pas supporter l’idée de perdre tout ce qu’il possède, non seulement le terrain mais aussi la beauté qui l’entoure depuis sa naissance.


Vadim Cheleviat deviendra de  plus en plus  agressif ...

 

Roman Madianov Leviathan---Roman-Madianov.gif

 

Dmitri (Vladimir Vdovitchenkov), l'avocat venu de la capitale défendre son copain Kolia, va vite s'en apercevoir. Pour l'emporter sur le maire expropriateur, il ne compte pas sur la justice : elle donne toujours raison aux puissants.

 

Mais sur le chantage.

 

Grâce à un ami haut placé, l'avocat a constitué un gros dossier à charge : la liste des magouilles, pots-de-vin et extorsions exercés par l'élu et ses collaborateurs, aussi corrompus que lui.

 

Léviathan - Vladimir Vdovitchenkov Vladimir Vdovitchenkov

 

"Mon film va provoquer un schisme"

 

 

Comment vous est venue l’idée de  Léviathan ?

Tout a commencé en 2004, aux Etats-Unis, dans le Colorado. Un pauvre hère, Marvin Heemeyer, vivait seul dans une petite maison qui se trouvait à côté d’une usine. Un jour, le groupe qui possédait cette usine, décide de racheter les terres qui jouxtent son atelier – il était soudeur. Estimant que ce projet allait l’empêcher de vivre, Heemeyer décide d’entrer en rébellion non seulement contre le groupe industriel, mais aussi contre les pouvoirs publics, la machine étatique. Avec un bulldozer blindé, il ira même jusqu’à vouloir se faire justice lui-même en détruisant une douzaine de bâtiments. J’ai trouvé formidable cette histoire de confrontation, de collision, entre un homme et l’Etat. J’ai même imaginé en faire un film aux États-Unis. Finalement, avec mon camarade scénariste, Oleg Neguine, on l’a transposée en Russie.

 

a déclaré le réalisateur dans des propos recueillis par Franck Nouchi

pour www.lemonde.fr du 23 septembre 2014

 

Le film a bel et bien été tourné près de la mer de Barents dans une région perdue de Russie, à la limite du cercle polaire. Les principaux plans furent filmés dans l'oblast de Murmansk, libre des glaces même en hiver grâce un courant dérivé de l'Atlantique nord relativement chaud. Le tournage eut également lieu à Kirovsk, Apatity et à Monchegorsk pour les plans urbains. Toutes ses villes jouxtent à la fois lac et montagnes mais aucun d'eux n'est un port donnant sur les bords de la mer de Barents, contrairement au lieu de l'action du film.

 

Andreï Zviaguintsev n'a pas l'intention de faire un drame social, une peinture réaliste d'une région spécifique de la Russie contemporaine. Leviathan cherche plus, selon lui, à métaphoriser un concept humain, de réaction et de réflexion face à l'adversité : "quand un homme est aux prises avec sa propre angoisse devant le besoin et l’incertitude, quand les images floues de l’avenir le submergent, Léviathan - Alexeï Serebriakov-copie-1qu’il a peur pour les siens, peur de la mort qui rôde, que peut-il faire si ce n’est renoncer à sa liberté et à sa volonté après avoir, de son propre chef, transmis ces trésors à une personne de confiance contre de trompeuses garanties de sécurité, de protection sociale, voire d’une illusoire communauté ?" précise-t-il, avant d'ajouter : "le regard que porte Thomas Hobbes sur l’État est celui d’un philosophe sur le contrat conclu par l’homme avec le diable : il le voit comme un monstre engendré par l’homme pour éviter la guerre de "tous contre tous" et par l’envie bien compréhensible d’acquérir la sécurité en échange de la liberté, son seul bien authentique".

 

En tant que cinéaste, c'est son rapport à la Russie que met avant tout en scène Andreï Zviaguintsev dans son film. Il lie l'Homme à Dieu et à l'Etat, sans pour autant clairement définir les limites de ces derniers : ils semblent faire partie intégrantes de la nature humaine et y fusionner de façon à modeler l'Homme et à en faire un être conscient mais dépendant.

 

"Nous sommes tous, depuis notre naissance, marqués par le péché originel, nous naissons tous dans un « État ». Son pouvoir spirituel sur l’homme ne connaît pas de limites. La laborieuse alliance de l’Homme et de l’État est, depuis longtemps, un thème de la vie en Russie. Mais, si mon film est ancré dans le terreau russe, c’est seulement dû au fait que je ne ressens aucune parenté, aucun lien génétique avec quoi que ce soit d’autre. Je suis, cependant, profondément convaincu que, quelle que soit la société dans laquelle chacun de nous vit, de la plus développée à la plus archaïque, nous serons forcément tous confrontés un jour ou l’autre à l’alternative suivante :

 

vivre en esclave ou vivre en homme libre", explique-t-il.

 

"Et si nous pensons naïvement qu’il doit bien y avoir un type de régime étatique qui nous libère de ce choix, nous nous fourvoyons totalement. Il y a, dans la vie de chaque homme, un moment clé où il se retrouve face au système, au "monde" et où il doit défendre son sens de la justice, son sens de Dieu sur Terre. Or c’est justement parce qu’il est encore possible de poser ces questions au spectateur et de trouver un héros tragique dans nos contrées, un "fils de Dieu", un personnage qui fût de tout temps tragique, que ma patrie n’est pas encore perdue pour moi, ni pour tous ceux qui ont fait ce film" achève-t-il.

 

Leviathan.gif

 

À l'origine monstre de la mythologie phénicienne, le Leviathan est devenu, par la Bible, une créature marine diabolique souvent assimilée à un serpent de mer à la gueule géante et dont les ondulations seraient à l'origine des vagues.

 

 

Dans la mythologie nordique, le Leviathan est souvent assimilé à Jörmungand, serpent de mer. Selon L’Edda de Sturluson Snorri, Il est le fils du dieu malin Loki et de la géante Angrboda, et le frère du loup Fenrir et de la déesse du monde des morts Hel.

 

 

Mon opinion

 

Le réalisateur Andreï Zviaguintsev a confié dans un entretien :

 

"Heureusement ou malheureusement, oui, c'est ça, c'est la Russie. Je n'avais pas l'ambition de décrire tout un pays, je n'ai filmé qu'un segment de la population dans la Russie rurale, mais ce que vous voyez est vrai. Après avoir vu le film, le ministère de la Culture russe est sorti abattu et a dit : "Ce n'est pas possible de boire autant en Russie." Bien sûr que c'est possible !

 

D'emblée, la musique de Philip Glass s'impose et se mélange aux bruits des vagues de cette mer de Barents, près du cercle polaire. La photographie de Mikhaïl Krichman est remarquable. Désespérée, aussi.

 

Je ne connaissais d'Andreï Zviaguintsev que son précédent film, Elena. Sa mise en scène était déjà magnifique. Dans ce dernier long-métrage elle est tout simplement remarquable.

 

Le scénario, justement récompensé à Cannes, est inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé en 2004, aux États-Unis, dans le Colorado, plus exactement, et transposé dans cette région reculée de Russie

 

Des acteurs incroyables de justesse, complètent la totale réussite de ce film.

 

Je suis sorti de la salle, écœuré par tant d'injustices. Désespéré aussi par cette misère envahissante. Mais davantage encore par l'hypocrisie de ces êtres humains, corrompus jusqu'à la moelle, "à genoux" devant le discours religieux.

 

 

Sources :

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

dasola 29/10/2014 14:30


Bonjour Alain, je suis contente que ce film t'ai plu autant qu'à moi. Un film coup de poing. Du grand cinéma sans concession. Cela fait froid dans le dos. Bonne après-midi.

Michel Zorba 23/10/2014 17:26


Je n'ai plus d'ordi ... HS. Je suis chez ma soeur et consulte mes mails et tes dernières pages. Je suis comme toi ce film m'a sonné. Ton opinion reflète exactement ce que j'en ai pensé. À bientôt
Alain et bon week-end. Il fait beau par chez toi. Profite.

Johanne 23/10/2014 08:47


Bonjour Alain. Très envie de le voir aussi. Mais je passe mon temps dehors. Il fait tellement beau. En soirée si il passe pas trop loin. Mais rien d'annoncé pour le moment Je t'embrasse.

Chris 22/10/2014 22:26


Salut Alain. J'étais certain que tu aimerais ce film et content que tu aies pu y aller. Tellement loin de ce voyage que nous avions fait en Russie il ya maintenant longtemps. @+

 

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