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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 20:30

 

Date de sortie 12 novembre 2014

 

Love-is-strange---Affiche-1.gif


Réalisé par Ira Sachs


Avec Alfred Molina, John Lithgow,


Marisa Tomei, Darren E. Burrows, Cheyenne Jackson,

Charlie Tahan, Sebastian La Cause

 
Genre Drame


Production Américaine, Française

 

Le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux

 (FIFIB)  qui s'est déroulé du 7 au 12 octobre 2014

a ouvert avec Love is Strange

 

L’histoire de Love is Strange, fait régulièrement la une des médias aux États-Unis  depuis sa sortie.

 

Ce n'est pas la première fois qu'Ira Sachs, lui-même ouvertement homosexuel, met en scène les déboires d'un couple de même sexe. Ce fut déjà le cas dans son tout premier long-métrage intitulé Le Delta réalisé en 1996, puis dans le très acclamé Keep the Lights On, sorti sur les écrans français le 22 août 2012, déjà co-écrit, comme pour ce dernier long-métrange avec Mauricio Zacharias.

 

L’histoire de Ben et George, bien que fiction, met en avant une vérité bien banale. En décembre 2013, le site du film Love is Strange rapportait la situation de Michael G. qui a été renvoyé de l’école catholique de Pennsylvanie où il enseignait, le jour où il a fait la demande d’un certificat pour se marier avec son compagnon depuis 10 ans.

 

Quelques jours plus tard, dans une autre école catholique américaine, des dizaines d’élèves s’étaient réunis pour protester contre le renvoi de leur professeur.

 

Le motif invoqué : l’Eglise Catholique n’approuve pas le mariage entre Mark et son partenaire.

 

Love-is-Strange---John-Lithgow---Alfred-Molina.gif.Love-is-strange--Alfred-Molina---John-Lithgow.gif

 

John Lithgow et Alfred Molina

 

Synopsis

 

George (Alfred Molina) et Ben (John Lithgow) sont respectivement maître de chorale et peintre dilettante retraité, mais surtout terriblement new yorkais, douillettement installés dans un appartement coquet de l'East Village, acquis récemment après des années de location.

 

La soixantaine, bien tassée pour le plus âgé des deux, ils ne perdent pas leur temps à camoufler leur calvitie plus ou moins avancée ou leur barbe plus sel que poivre.

 

Après 39 ans de vie commune et d'amour fusionnel, malgré les hauts et les bas inhérents à l'exercice, ils viennent de se marier et de décider d'un petit voyages de noces.

 

Mais George n'a pas anticipé la réaction de son employeur, une institution catholique qui, sous la pression de parents scandalisés par le mariage homosexuel d'un des enseignants, se sent obligée de le licencier malgré plus de dix années de bons et loyaux services.

 

Et voilà nos vieux amants, désormais époux, dans un contexte immobilier impitoyable où la perte de l'emploi signifie immédiatement celle du logement, contraints de se séparer provisoirement pour être hébergés chez des parents respectifs.

 

George trouve refuge chez son neveu Ted, flic et gay (Cheyenne Jackson), dont le salon qui accueille le canapé-lit où il dort est un lieu de fête permanent…

 

Tandis que Ben, lui, échoue dans la chambre du jeune et peu bienveillant Joey (Charlie Tahan), le fils de son neveu, Elliot (Darren E. Burrows), marié avec Kate (Marisa Tomei).

 

Autant dire que la séparation et ces nouvelles conditions de vie, à un âge où les capacités d'adaptation ne sont plus au top, vont être difficiles pour l'un comme pour l'autre…

 

"Quand on vit chez les gens, on finit par les connaître plus qu'on ne le voudrait."

 

 

 

Love is Strange est une histoire d’amour atypique, mais également "multigénérationnelle", explique le réalisateur Ira Sachs, en poursuivant : "Elle se penche sur les façons dont chacun d’entre nous expérimente l’amour - et ce qu’il en attend - à différentes étapes de sa vie. Le cœur de l’histoire est la relation de Ben et George, deux hommes qui ont construit une vie à deux depuis plus de 30 ans, qui se marient dans la première scène et perdent leur maison dans la deuxième."

 


I

Le film touche à de nombreux sujets d’actualité faisant débat. Ira Sachs explique : "Ce qui arrive à Ben et George soulèvent beaucoup de débats présents dans la société américaine : l’égalité devant le mariage, le conservatisme religieux et la discrimination, les inégalités de revenus, l’état de notre système social. Mais cela va aussi au-delà : si les thématiques du fi lm sont politiques, le résultat est profondément humain."

 

Ci-dessous un extrait d’interview accordé à Christophe Martet, via Skype.

Pour http://yagg.com

 

Dans Keep The Lights On, vous racontiez l’histoire de deux trentenaires gays et de leurs difficultés. Love is Strange, c’est l’histoire d’un autre couple gay plus âgé. Pourquoi ce choix ?

 

Keep the Lights On  était un film plus ou moins autobiographique. Aujourd’hui, je suis capable d’aimer différemment et dans ma nouvelle relation, j’ai l’impression de pouvoir résister au vieillissement. Quand j’ai commencé à préparer Love is Strange avec mon scénariste, Mauricio Zacharias, nous avons regardé plusieurs films du réalisateur japonais Yasujirō Ozu, qui racontent des histoires de personnes âgées, de familles et de générations. Il y avait un plus grand respect au Japon pour les personnes âgées par rapport aux États-Unis. Je suis à un moment de ma vie où je vois mes parents vieillir et mes grands parents ont disparu, donc je suis ému par cela.

 

Il y a aussi dans le film quelque chose de l’ordre de la transmission. Ce que les plus jeunes peuvent apprendre des plus âgés et inversement…

 

Ira-Sachs.gifJe suis intéressé par l’impact du sida sur New York et le sens que cela a donné à la ville. À la fois une prise de conscience mais aussi une énergie qu’Act Up a créée pour investir dans ce qu’on peut faire pour les autres.

 

J’ai passé beaucoup de temps dans des activités culturelles communautaires ces dernières années, avec Queer/Art/Mentorship et Queer/Art/Film Keep the Lights On était un film sur l’isolement, j’étais très isolé à cette époque.

 

Love is Strange parle au contraire du manque d’isolement.

 

C’est un film qui montre comment on peut trouver une famille de façon imprévue, et les connections que nous faisons pour nous sortir de situations difficiles.

 

L’objet central du film est le lit conjugal et l’intimité que les couples y trouvent. Quand cet espace est détruit, il y a beaucoup de drame pour le reconstruire. Quand j’ai commencé le film, j’ai vécu seul une semaine dans l’appartement à NY, puis je me suis retrouvé avec mon mari, nos deux enfants, leur mère et son père. J’étais très heureux d’être avec eux mais il y avait des conflits, un manque d’intimité. Ça fait partie de la vie et ça fait partie de l’expérience familiale.

 

C’est aussi ce qui donne des scènes comiques dans le film…

 

Oui exactement. La façon dont les gens se "frottent" les uns aux autres.

 

Il y a aussi cette scène où les deux hommes vont dans un bar gay historique…

 

C’est aussi un film sur New York et je voulais que le film raconte l’héritage de la vie gay pour cette ville. La façon dont les gays se réunissent et trouvent leur place. Il se trouve que le bar est mon bar de quartier, que le dîner est mon restaurant au coin de la rue. J’ai voulu montrer un New York personnel, familier. Ça fait partie du film.

 

Love is Strange a été interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis. Comment avez-vous réagi ?

 

J’ai été surpris car c’est un film familial. Mais je ne suis pas étonné car je vis aux États-Unis et la censure existe. Dans le cas de mon film, elle s’est exercée parce qu’il y a quatre "fuck" et trois "motherfuckers" prononcés. Love is strangeCe qui m’a plus affecté, c’est qu’une large partie du public n’a pas pu voir le film à cause de ce classement. On ne sait pas comment fonctionne ce conseil. Ça fait penser à Docteur Folamour. Mais j’ai lu quelque part que tous les membres doivent avoir eu un enfant.

 

J’ai trouvé ça horrible, ce critère de sélection pour désigner qui va pouvoir juger du cinéma américain.

 

Que pensez-vous de l’évolution récente aux États-Unis sur la question du mariage ?

 

C’est un moment décisif aux États-Unis selon moi. Je me suis marié en 2012 et je l’ai fait de façon ironique sans vraiment penser aux conséquences. Parce que le mariage charrie toute une symbolique, je peux être à la fois pro et anti mariage. Mais à cause de cela aussi, je me rends compte à quel point cela a du sens d’avoir un mari. Chaque fois que je prononce le mot, cela souligne le fait que je n’ai pas eu le droit d’avoir un mari. D’une certaine façon, je pense que c’est la fontaine d’eau des gays. Pour les noir(e)s, ce n’était pas si important de pouvoir boire depuis une fontaine mais c’est devenu un symbole éclatant de l’inégalité.

 

Votre prochain film se passera-t-il aussi à New York ?

 

Oui absolument. Avec Mauricio, cela constituera le dernier volet d’une trilogie new-yorkaise. C’est l’histoire de deux jeunes garçons qui sont très amis qui font secrètement le serment de ne plus parler à leurs parents. C’est un film sur l’amitié, sur la famille, sur l’identité sexuelle, sur les parents et sur l’immobilier. Je pense que l’immobilier est au cœur de ce qui fait l’Amérique.

 

Le script de Love is Strange est un portrait poignant du mariage, de ses joies et ses peines, mais aussi de ses difficultés occasionnelles. John Lithgow précise : "Ceux d’entre nous qui vivent en famille s’habituent à un certain confort quotidien, à certaines routines, lorsqu’un élément extérieur vient perturber tout cet équilibre."

 

Love-is-Strange---John-Lithgow.gif John Lithgow

 
Alfred Molina rajoute : "Il y a quelque chose de très rassurant au quotidien dans le couple que forment Ben et George. C’est une relation très "fonctionnelle". George est un homme passionné par son travail, et très engagé dans sa relation avec Ben. La séparation les affecte très profondément. Pas seulement l’angoisse liée à la séparation, mais la peur d’abandonner en quelque sorte Ben."

 

Alfred Molina Love is strange - Alfred Molina

 

Le titre du film fait référence à la chanson Love is Strange, chantée en 1956 par Mickey & Sylvia et dont le réalisateur Ira Sachs est fan. Cet air de rythme and blues du duo américain s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

 

Dans le film, New-York est un personnage à part entière ; aussi, l’équipe de Love is Strange a tenu à y inscrire un maximum de personnages afin de faire un tableau de la ville.

 

Dans un extrait d'interview accordé à Frédéric Strauss pour Télérama.fr, publié le 12 novembre 2014, Ira Sachs confie :

 

À propos du film, vous avez mentionné l'influence de deux cinéastes qu'on pourrait voir comme opposés, Maurice Pialat et Woody Allen...


Ils sont l'un et l'autre attentifs à une culture, à un environnement spécifiques, un peu comme les documentaristes d'une époque et d'un milieu. Ils sont tous les deux des cinéastes bourgeois qui s'intéressent d'abord à la classe moyenne supérieure. Pialat est un cinéaste que j'ai beaucoup étudié avec mon directeur de la photo pour comprendre comment la caméra était utilisée chez lui. Mon film ne ressemble pas à un film de Pialat mais il y a des choses que j'ai apprises de lui en observant de près sa mise en scène. Woody Allen a compté, bien sûr, pour la peinture de New York. Pendant le tournage, on a pensé à la manière dont il avait célébré la beauté de la ville avec la musique de Gershwin dans Manhattan réalisé en 1979. Moi, j'ai mis Chopin. Mais le plus important était pour moi le Woody Allen de Maris et femmes en 1992, un film qui réussissait à rassembler beaucoup d'histoires autour d'une famille et de plusieurs appartements. C'est un film choral au sens où je l'entendais : choral et domestique.

 

Pour lire la suite de cet interview, cliquez ICI !

 

Love is Strange - John Lithgow & Alfred Molina 1

 

John Lithgow et Alfred Molina

 

Mon opinion

 

 

Deux hommes, la soixantaine dépassée, artistes et bedonnants.

New-yorkais dans l'âme. Et gays !

 

Plus de trente ans de vie commune, des hauts et des bas, mais beaucoup d'Amour avant tout. Pour vivre heureux, vivons cachés ? Qu'importe, ils décident d'officialiser leur relation au moment même où l’état de New York légitime l’union entre conjoints du même sexe.

 

Famille et amis sont de la fête et resteront présents tout au long du film. Une autre prouesse de la réalisation qui ne laisse aucun "second rôle" de côté. Avec eux la réalité frôle parfois le drame pendant que les deux principaux protagonistes vivront l'injustice qui se heurtera à une certaine résignation.

 

Ira Sachs, explique qu'il a voulu mettre en avant "l’égalité devant le mariage, le conservatisme religieux et la discrimination, les inégalités de revenus, l’état de notre système social".

 

Sa mise en scène est brillante, fine et touchante. Les dialogues le sont tout autant.

 

Ira Sachs prend son temps. Cette lenteur illumine un New York intimiste, celui du réalisateur et partie intégrante du film.


Alfred Molina et John Lithgow deux acteurs magnifiques et attachants. De la première scène à la dernière image ils crèvent l'écran.

 

Love is strange, traite avec brio du temps qui passe d'une façon à la fois tendre et mélancolique. Mais plus encore des relations d'un couple gay comme je n'avais jamais vu sur grand écran.


 

 

Sources :

http://www.cinemas-utopia.org

http://yagg.com

http://www.allocine.fr

http://www.imdb.com

http://collider.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

Chris 14/11/2014 11:47


Tu as de la chance de l'avoir vu. Il n'est pas annoncé pour le moment, mais effectivement j'ai vu qu'il passait à l'Utopia. Bonne journée cher Alain, j'espère que tout est ok pour toi.

Michel Zorba 14/11/2014 08:50


Salut Alain, j'aimerais bien voir ce film. Pas programmé par ici pour le moment. Merci pour ton article. @+

 

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