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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 20:00


Date de sortie 23 juillet 2014

 

Maestro---Affiche.gif


Réalisé par Léa Fazer


Avec Pio Marmaï, Michael Lonsdale,

Déborah François, Nicolas Bridet, Alice Belaïdi, Dominique Reymond, 

Scali Delpeyrat, Marie-Armelle Deguy,  Micha Lescot,


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

Extraits d'un entretien avec la réalisatrice Léa Fazer.

 

Qeelle est la génèse du film ?


Après Notre univers impitoyable, Jocelyn Quivrin m’avait appelée pour me demander si je ne voulais pas l’aider à écrire son film. J’avais décliné avec un : "J’ai beaucoup de travail... " mais lui avais demandé son sujet par curiosité. Il m’a dit que c’était ce qu’il avait vécu avec Eric Rohmer sur le tournage des Amours d'Astrée et de Céladon. Soit, précisément : comment un jeune acteur qui s’intéresse aux bagnoles, qui rêve de jouer dans Fast & Furious se retrouve, presque par malentendu, dans un film d’un maître du cinéma d’auteur, et comment cette expérience le transforme.

 

Je me souviens d’avoir ri et ajouté que j’allais m’arranger pour trouver du temps. Derrière la comédie, je perçois le côté émouvant d’un jeune homme qui trouve un passage vers la culture et l’amour grâce à un vieil homme.

 

Le sujet m’apparaît essentiel, car je crois qu’un monde où on laisse la culture sur le bord du chemin devient stérile. American Beauty montrait bien cette désertification des liens amoureux et familiaux, qui m’effraie tant : celle-ci survient quand on n’a plus rien d’autre à partager que du matériel…


On a écrit un synopsis, on l’a fait lire à l’équipe de Mandarin. Isabelle Grellat, qui travaille avec les frères Altmayer, avait produit le court réalisé par Jocelyn, Acteur : un film satirique qui montrait comme un jeune comédien pouvait se sentir exclu d’un certain cinéma d’auteur, d’un certain monde. Avec Rohmer, il a eu accès à ce monde… La nuit où Jocelyn meurt, je l’appelle, je tombe sur sa messagerie, je lui dis : "Tu vas recevoir la première version dialoguée, dis-moi ce que tu en penses." Il n’a jamais écouté ce message, le film s’arrête.

 

Maestro---Pio-Marmai-et-Michael-Lonsdale.gif  

 

Pio Marmaï et Michael Lonsdale

 

Un clin d'œil à Claude Lelouch avec dans les dialogues, cette phrase ...

 

"Jouissez de la vie il est peut-être beaucoup plus tard que vous pensez"

 

 

Synopsis

 

Henri (Pio Marmaï), un jeune acteur fasciné par les films d'action hollywoodiens, rêve de jouer dans Fast & Furious. En manque de rôles, il passe un casting avec Cédric Rovère (Michael Lonsdale), un vieux réalisateur et monstre sacré du cinéma d’auteur.

 

Henri est engagé, et il s'imagine déjà gagner des millions et vivre comme une star. Mais le tournage à très petit budget commence, ce qui provoque la surprise et la déception du jeune acteur.

 

Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s’attendait…

 

Mais le charme de Gloria (Déborah François), sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu’alors inconnus.  

 

Cédric Rovere, conquis par la jeunesse et la fantaisie d’Henri, vivra ce tournage comme un cadeau inattendu.

 

  Maestro---Deborah-Francois-et-Michael-Lonsdale.gif


Déborah François et Michael Lonsdale

 

Le projet ne semblait pas avoir de sens sans Jocelyn. C’est lui qui voulait le réaliser et en être l’interprète principal. Il était juste question que je joue dedans, ce qui m’aurait amusée. Très affectée, je m’acharne tout de même à finaliser la première version, l’arranger un peu. Je suis la marraine de Charlie, le fils qu’il a eu avec Alice Taglioni : quand Charlie saura lire, il découvrira que son père était en train d’écrire un scénario quand il est mort. Je le donne à Alice. Quelques mois plus tard, coup de fil d’Eric et Nicolas Altmayer : ils ont lu le script et pensent qu’au-delà de l’affect il y a un film à faire…

 

 

 

Ils me convainquent, j’ai même une envie furieuse de faire ce film. Parce que la mort de Jocelyn m’a bouleversée, bien sûr : c’est très étrange de perdre ainsi non seulement un ami, mais aussi son acteur. Elle a marqué un tournant dans mon propre parcours. Je me lance dans une réécriture. Il faut que je m’approprie cette histoire. J’ai toujours fait des films à la première personne masquée. Jocelyn lui-même avait avancé masqué en baptisant son personnage Henri. Moi ce sera "surmasqué". Ce sera aussi un film sur ce que je sais par Jocelyn, puisque moi je n’ai pas vécu le tournage avec Eric Rohmer. Ce qui me donne sans doute de la distance et me laisse de l’espace pour ajouter de la fiction.

 

Maestro---Michael-Lonsdale--Deborah-Francois---Alice-Bela.gif

 

C’est à dire que vous êtes où, Vous, précisément dans ce film ?


Un peu partout. Dans le personnage de Cédric Rovère, parce que je rêve de cette vie là, d’une vie qui a le luxe de la culture, d’une vie immergée dans une oeuvre, une époque. Il y a là mon regret inconsolable du théâtre public : j’ai eu un parcours culturel chaotique, j’ai fait du théâtre très jeune, j’ai toujours été au coeur du débat culture élitiste/culture pour tous. J’étais dans des groupes où l’on montait des classiques et en même temps je faisais du café-théâtre avec des copains. Et je me faisais insulter par les uns comme par les autres d’aimer autant jouer du Corneille que Le Père Noël est une ordure… Je suis aussi beaucoup dans Gloria, la jeune première : elle vit quelque chose d’étrange, elle assiste à une merveilleuse histoire de transmission père-fils, dont elle est forcément exclue puisqu’elle est une fille.

 

Comment avez-vous choisi les comédiens de Maestro ?


Au moment d’incarner Cédric Rovère surgit une question : est-ce qu’on prend quelqu’un de rohmérien ? Je défends assez vivement l’idée contraire. Surtout ne pas demander une imitation à un comédien grimé... Michael Lonsdale est aux antipodes d’Eric Rohmer, ils n’ont jamais travaillé ensemble, je ne sais même pas s’ils se sont appréciés. Ensemble, on a travaillé autre chose : l’idée d’un maître habité par son projet, un maître fantasque, capable de vivre jusqu’au bout chaque minute. Il paraît généreux parce que Michael Lonsdale y met son aura particulière, son aura de bonté, mais Rovère est aussi un peu indifférent. Ce n’est pas un maître d’Epinal. S’il se passionne pour Henri c’est pour ce que Henri peut lui apporter. Et c’est déjà énorme, penser qu’un jeune peut nous apporter quelque chose, plutôt que penser qu’il doit vivre loin de nous. Je dois dire que je comptais sur l’extrême singularité de Michael Lonsdale, son phrasé si particulier. Mais quand j’ai vu les rushes, j’ai été bouleversée.

 

Et pour jouer Henri ?


Maestro---Michael-Lonsdale-et-Pio-Marmai.gifDès qu’il décide de baptiser le personnage principal "Henri" ce n’est plus Jocelyn. D’ailleurs quand je rencontre Pio qui a lu le scénario il me dit : "Henri, c’est moi. C’est vraiment moi, tu ne peux pas savoir : j’ai joué des textes littéraires, alors que je suis un simple d’esprit.". Évidemment, le fait qu’il le dise prouve le contraire. Comme pour Rovère, ça se fait sur une essence du personnage, pas une ressemblance. Pio possède un atout capital pour le rôle : c’est un acteur de l’instant. Au cœur d’un film où l’on répète qu’il faut vivre les choses, les ressentir profondément, sa capacité à investir le moment, à être entièrement là, ici et maintenant, a servi le personnage.


Déborah François possède, je trouve, un physique rohmérien : en plus de son talent, elle a une façon d’être belle qui est originale. Alice Belaïdi possède un tempérament de comédie exceptionnel. Il y a toujours dans mes films quelqu’un qui n’est pas exactement de la bonne origine. Normalement, Astrée est blonde aux yeux bleus. Mais je ne supporte pas de voir des acteurs non "caucasiens" d’origine être cantonnés à des rôles socio-culturels définis. Une princesse de Marivaux peut être noire.


Autour d’eux il y a mes amis du théâtre public, ma famille : Micha Lescot, Marie-Armelle Deguy, Dominique Reymond, Scali Delpeyrat. Ils me font l’amitié de venir, et avec le petit budget que l’on a, le temps qui nous est imparti, leur métier, leur fluidité de jeu nous font du bien.

 

Et puis sur le plateau, il y a aussi des proches de Jocelyn : le chef opérateur Lucas Leconte, le comédien Nicolas Bridet, qui joue l’ami d’Henri.

 

Maestro - Pio Marmaï et Déborah François

 

Mon opinion

 

Léa Fazer était déjà coscénariste, et le regretté Jocelyn Quivrin devait réaliser ce film, relatant sa rencontre avec Eric Rohmer lors du dernier long-métrage du réalisateur, "Les Amours d'Astrée et de Céladon".

 

La réalisatrice reprend le projet et signe un joli film, léger, inhabituel et sensible. Elle confie : "Moi ce sera "surmasqué". Ce sera aussi un film sur ce que je sais par Jocelyn, puisque moi je n’ai pas vécu le tournage avec Eric Rohmer. Ce qui me donne sans doute de la distance et me laisse de l’espace pour ajouter de la fiction."

 

La première liberté le choix de Michael Lonsdale avec son physique aux antipodes de celui d’Eric Rohmer. Un immense acteur qui connaît parfaitement les coulisses d'un cinéma loin des blockbusters aux budgets démesurés. Une autre grande réussite le choix de Pio Marmaï qui confirme son talent, déjà maintes fois remarqué. Le duo formé par ces deux acteurs est à la fois cocasse, sensible, émouvant et enthousiasmant. Dommage que le scénario n'approfondisse pas davantage cette rencontre, d'une part, et s'encombre d'une histoire d'amour qui n'apporte pas grand chose, d'autre part.

 

La pétillante et ravissante Alice Belaïdi, mais aussi Déborah François qui retrouve Pio Marmaï six ans après "Le premier jour du reste de ta vie" et l'excellent Nicolas Bridet font partie d'un casting impeccable. Il serait injuste d'oublier la toujours excellente Dominique Reymond dans le rôle d'une assistante de réalisation et Scali Delpeyrat qui ne manque pas de drôlerie.

 

Un vent de fraîcheur pour ce double hommage.

 

Sans être un film impérissable, Maestro, n'en reste pas moins un très agréable moment de cinéma. Un film qui rend heureux.

 

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.imdb.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

roijoyeux 27/07/2014 16:38


dommage que Jocelyn Quivrin n'ait pas eu le temps de devenir plus célèbre et de réaliser ce projet

roijoyeux 27/07/2014 16:37


dommage que Jocelyn Quivrin n'ait pas eu le temps de devenir plus célèbre et de réaliser ce projet

roijoyeux 27/07/2014 16:37


dommage que Jocelyn Quivrin n'ait pas eu le temps de devenir plus célèbre et de réaliser ce projet

roijoyeux 27/07/2014 16:36


dommage que Jocelyn Quivrin n'ait pas eu le temps de devenir plus célèbre et de réaliser ce projet

roijoyeux 27/07/2014 16:35


dommage que Jocelyn Quivrin n'ait pas eu le temps de devenir plus célèbre et de réaliser ce projet

 

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