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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 20:30

 

Date de sortie 21 mai 2014 

 

Maps-to-the-stars---Affiche.gif


Réalisé par    David Cronenberg


Avec Julianne Moore, Mia Wasikowska, Olivia Williams,

John Cusack, Robert Pattinson, Carrie Fisher,

Sarah Gadon, Evan Bird,


Genre Drame


Production Canadienne,  Américaine, Française, Allemande

 

Maps to the stars marque la cinquième participation de David Cronenberg avec le  Festival de Cannes. Après Crash en 1996, Spider en 2002, A History of Violence en 2005 et Cosmopolis en 2012.

 

David Cronenberg fut également Président du Jury en 1999.

 

Julianne Moore reçoit le prix d'interprétation féminine

au Festival de Cannes 2014 pour sa formidable prestation !

 

Maps to the stars est un jeu de massacre, dans une lignée qui va du Billy Wilder de Boulevard du crépuscule au Robert Altman de The Player en passant par le Robert Aldrich de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? Le jeu compte autant que le massacre. Il consiste à pousser à fond tous les curseurs du vice. L’avidité, le narcissisme, le sadisme et autres pulsions communément associées à la capitale du cinéma alimentent une sorte d’opéra tragique et grotesque. Pour une bonne part, c’est un portrait fantasmatique de Hollywood, monstrueux comme on aime à le rêver. D’ailleurs, très peu de scènes ont vraiment été tournées sur place… A l’abri des baies vitrées et des murs d’enceinte des villas, Hollywood est le royaume de l’inceste, de la consanguinité et du parricide : Atrides City au bord du Pacifique.

Extrait de propos par Louis Guichard relevés sur http://www.telerama.fr

 

Maps-to-the-stars---Julianne-Moore-copie-1.gif

 

Julianne Moore

 

Synopsis

 

A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles.

 

Maps to the stars - Evan Bird

 

 

Poussé par sa mère Cristina (Olivia Williams), Benjie (Evan Bird), 13 ans est déjà star. Tête d’affiche arrogante d’une comédie familiale qui a rapporté "750 millions de dollars dans le monde", il n'en est pas à sa première cure de désintoxication.

 

 

 

Son père, le Dr. Stafford Weiss (John Cusack), un ancien entraîneur, qui a fait fortune avec ses livres d'autogestion, est à la fois coach et gourou des célébrités. Il tient les stars sous son emprise, les fait pleurer en les massant, et croit lui-même en la doctrine fumeuse qu’il professe.

 

Maps-to-the-stars---John-Cusack.gif

 

Il aide sa cliente, la belle Havana Segrand (Julianne Moore), dont l’ego a supplanté tout sens moral à se réaliser en tant que femme et actrice. L'actrice vieillissante rêve de tourner un remake du film tourné par sa mère, Clarice (Sarah Gadon), une star dans les années 60, plus star, plus culte qu’elle. La mort de celle-ci hante ses nuits. 

 


Maps-to-the-stars---Mia-Wasikowska-.gifOn entre dans sa villa et son intimité grâce à Agatha Weiss (Mia Wasikowska), une jeune fille au front brûlé, qui se fait engager comme sa nouvelle assistante personnelle après que la précédente ait été internée. Agatha est une jeune fille confrontée  à peine débarquée, à Havana et au séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana (Robert Pattinson), qui aspire à la célébrité.



Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ?

 

La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

 

Maps-to-the-stars---Mia-Wasikowska-et-Julianne-Moore.gif

 

Mia Wasikowska et Julianne Moore

 

À travers cette saga familiale, le réalisateur voulait aborder le thème de l'inceste. Non pas de façon indécente, mais à travers une métaphore des relations hollywoodiennes. Il précise : "C’est un type d’inceste assez spécial. Ça m’a fait penser au Quartet d’Alexandrie de Lawrence Durrell. Quand on pense à l’inceste c’est souvent des relations père/fille, parfois mère/fils, mais frère/sœur, surtout quand ça se finit par des enfants, c’est assez rare. Il est donc facile de connecter cela au caractère incestueux du monde du cinéma. Le monde du cinéma est en effet incestueux en ce qu’il est très limité, même si sa diffusion est mondiale. C’est un tout petit groupe de gens qui ne cessent de se rencontrer, dans les festivals, par exemple, tout le monde a les mêmes problèmes, etc. Et Hollywood est une communauté encore plus petite. Donc l’inceste est dans le business, la sensibilité et la créativité. Les résultats tendent à confirmer la nature dangereuse de l’inceste telle qu’un généticien pourrait la définir : prenez les grands studios hollywoodiens, les films qu’ils produisent semblent être le fruit d’une union incestueuse. Ils sont un peu attardés et difformes. Ils ne sont pas sains. Dans Maps To The Stars, c’est un drame familial, mais dans une famille bien définie qui, d’une certaine façon, est la famille hollywoodienne."

 

Maps to the stars - Julianne Moore-copie-2Maps To The Stars peinait à voir le jour faute de financement. Mais après de nombreuses péripéties, le projet a pu être mettre sur pied. David Cronenberg explique : "Pour des raisons de financement, ça ne pouvait être qu’une co-production canado-européenne, et, dans ce cadre, l’auteur ne pouvait pas être américain. De plus, on ne pouvait pas tourner à Los Angeles pour des raisons financières, et le film s’en serait ressenti. Finalement, un nouveau traité entre l’Allemagne et le Canada a permis de terminer le montage d’une coproduction. Voilà donc l’histoire du film."

 

Écrit par Bruce Wagner, le script de Maps To The Stars était dans les tiroirs de David Cronenberg depuis... 8 ans. Le réalisateur confie : "C’était un scénario qui n’était pas fait pour être tourné tel quel ; il le décrivait comme une catharsis, quelque chose qu’il devait faire. Finalement, il me l’a montré et je lui ai dit que je trouvais ça merveilleux et que je voulais le tourner. On a travaillé dessus, j’ai effectué des changements — vous savez, je raccourcis toujours, j’élague — et on a essayé de le monter... C’était il y a 8 ou 10 ans. Julianne Moore avait envie de le faire. Mais, à l’époque, ça ne pouvait être qu’une co-production canado-européenne, et, dans ce cadre, l’auteur ne pouvait pas être américain. De plus on ne pouvait pas tourner à Los Angeles assez de temps pour que ça marche, car même si le film devait être tourné à Toronto, il nous fallait au moins 5 jours de tournage à Los Angeles pour qu’il soit crédible. Finalement, on s’est servi d’un traité entre l’Allemagne et le Canada pour terminer le montage de coproduction. C’est comme cela qu’un film se fait ou non. Je me suis donc tourné vers Julianne Moore qui était toujours d’accord pour faire le film, qu’elle en soit remerciée. J’ai du réécrire un peu en tenant compte du fait qu’elle avait huit ans de plus. Voilà donc l’histoire du film. Ça n’a été possible que grâce à une longue collaboration avec Bruce. C’est le troisième film qui me prend entre 8 et 10 ans. Les deux autres ont été Faux Semblant et A Dangerous Method. Qui pourrait aujourd’hui tourner autant de films que Howard Hawks ou John Ford ?"

 

Bruce Wagner a inclus dans le script de Maps To The Stars, quelques vers de Paul Eluard, tirés de son poème Liberté.

 

Une poésie qui rejoint parfaitement l'esprit et la thématique du film, car selon le réalisateur: Robert-Pattinson---Maps-to-the-Stars.gif"Déjà, dans son premier roman Force Majeure, il avait mis en exergue quelques vers du poème d’Éluard en français. Comme il est très californien, je lui ai demandé pourquoi. Il ne se souvenait pas très bien ; il pensait que c’était à propos d’une fille. Il avait dû répéter son nom pendant des mois, de manière obsessionnelle. Il semble que lorsqu’Éluard a écrit le poème, celle qui correspondait à "ton nom" devait également être une femme ; ce n’est que plus tard qu’il a remplacé ce nom par "Liberté". Je me suis demandé si le public français allait trouver offensant que l’on se serve d’un poème associé depuis l’école à la Résistance dans le contexte d’un film où il n’est nullement question de cela. Mais à vrai dire, un poème reste un poème, on peut lui donner plus d’un sens. Il est vrai que dans Maps To The Stars, à la fin, la récitation du poème devient un rite de passage, et il s’agit là d’un suicide. Pour ma part, j’aurais tendance à l’interpréter comme suit : dans le monde d’Hollywood, c’est la gloire qui est la vraie liberté, votre image sort de l’écran et acquiert une vie propre. Comme dans la pensée religieuse où l’âme échappe au corps et parvient à une liberté suprême, l’immortalité. Le frère et la sœur associent clairement le poème à leur cérémonie nuptiale, qui rappelle celle de leurs parents, eux aussi frère et sœur. Ils tentent à la fois d’exorciser le mariage de leurs parents, mais aussi de le continuer. L’association avec le feu, l’incendie, est une forme de purification. Leur mariage est innocent, chaste. Ils sont restés angéliques. Mais le geste n’en reste pas moins désespéré. "

 

De nombreux fantômes se baladent dans ce nouveau long-métrage. Le réalisateur explique qu'il faut y voir un clin d'œil aux icônes défuntes d'Hollywood : "Il est vrai que le fantôme de James Dean hante encore le monde... Dans le scénario original, il y avait beaucoup plus de fantômes. Je m’en suis débarrassé, car comme vous le savez, j’ai une aversion philosophique pour les fantômes, parce qu’ils supposent une vie après la mort et qu’à mes yeux, c’est un concept religieux. Et je suis très antireligieux. Il n’y a aucun doute : je suis hanté par mes parents ; je les entends, je les vois, je les sens, mais je ne pense pas qu’ils sont "quelque part". Ils sont dans ma tête. C’est une hantise, positive, à base d’amour. J’accepte ce type de fantômes ; les fantômes de l’expérience et de la mémoire. C’est ainsi que je les ai dépeints dans le film : des fantômes reliés à la mémoire. Beaucoup de gens ont de véritables conversations avec les morts ; j’en ai moi-même eu l’expérience, mais ça ne signifie pas que j’accepte les fantômes traditionnels de la religion. J’avais déjà frôlé ce domaine dans Dead Zone, où le protagoniste est censé prédire l’avenir. Est-il simplement psychotique ou alors jouit-il d’un don qui lui permet de voir l’avenir ? Je dirais qu’il s’illusionne. Mais l’intrigue nécessite qu’il y croie, lui, ainsi que beaucoup d’autres personnes. Je ne peux guère aller plus loin, ni avec les devins ni avec les fantômes." 

 

Julianne-Moore---Maps-to-the-stars.gif

 

 

 

Le fantôme de la mère d’Havana est assez réel : c’est une actrice qui continue de vivre à l’écran et qui écrase sa fille, parce qu’elle est devenue "culte".
"Elle représente l’insécurité d’Havana. Elle pourrait se tenir le même discours rien qu’en se regardant dans un miroir : "Tu es vieille, tes seins tombent... etc." Psychologiquement, c’est très crédible et ça fonctionne parfaitement. Bruce Wagner s’est montré très compréhensif. Il est aussi réalisateur et il sait qu’il faut laisser une totale liberté au metteur en scène. Il était sur le plateau tous les jours. C’est la première fois que je laisse un auteur faire cela."
avoue le réalisateur.

 

 

 

David Cronenberg avoue : "J’ai fait des films effrayants, mais ici la cruauté se situe à un niveau psychologique, plus réaliste. J’ai l’impression que dans ce monde, qui n’est pas aussi éloigné du nôtre que nous voudrions le croire, la cruauté est une aptitude humaine innée. L’ambition, la cruauté et l’hypocrisie sont vraiment innées. Les gens ont un langage très doux, affectueux même, mais dès qu’une ambition a été remise en cause, on règle les problèmes avec beaucoup de cruauté et de brutalité."

 

Une première pour David Cronenberg. Maps To The Stars est le premier film que le réalisateur a tourné aux U.S.A., le réalisateur ayant pour habitude de poser ses caméras au Canada ou au Royaume-Uni. Une partie du tournage s'est effectuée pendant 5 jours à Los Angeles et Beverly Hills et l'autre, pendant 24 jours dans le Toronto natal du réalisateur.

 

Le réalisateur canadien a confié la réalisation des costumes à sa sœur, Denise Cronenberg. Ce n'est pas la première fois que les deux frères travaillent ensemble. Ce fut déjà le cas pour A Dangerous Method et Cosmopolis.

 

Maps-to-the-stars---Robert-Pattinson.gif

 

Pour Maps to the stars, David Cronenberg retrouve Robert Pattinson, avec qui il avait précédemment collaboré dans Cosmopolis. L'acteur est une fois de plus l'une des têtes d'affiche.

 

Viggo Mortensen et Rachel Weisz devaient à l'origine tenir les premiers rôles. Ils ont dû se retirer du projet, leurs emplois du temps respectifs ne leur permettant pas de participer au tournage. Les deux acteurs ont été remplacés par John Cusack et Julianne Moore.

 

Maps to the stars - Julianne Moore


Julianne Moore

 

Mon opinion

 

Assez effrayant, voire obsessionnel. David Cronenberg livre ici son dernier film qui glace au plus profond. Il avoue dans une interview "J’ai l’impression que dans ce monde, qui n’est pas aussi éloigné du nôtre que nous voudrions le croire, la cruauté est une aptitude humaine innée … Les gens ont un langage très doux, affectueux même, mais dès qu’une ambition a été remise en cause, on règle les problèmes avec beaucoup de cruauté et de brutalité." 

 

La mise en scène très sobre manque totalement de démence en s'effaçant derrière la cruauté d'un scénario qui met le monde d'Hollywood au plus bas.

 

Tout y est poussé à l'extrême dans une impudence et un déséquilibre très appuyés. Un monde de façade et de faux-semblant, qui se voudrait de rêves et qui est ici synonyme de toutes les débauches, de toutes les vengeances, de toutes les faussetés.

 

Un lieu dans lequel la vulgarité du langage et l'appât du gain seraient les seuls autorisés.

 

Forcer le trait pour faire surgir quelques vérités. Pourquoi pas ? Le scénario avance ses pions doucement jusqu'aux dernières minutes qui tombent tel un couperet pour mettre fin au cauchemar. Car c'est bien de ça qu'il s'agit.

 

L'ensemble m'a paru long, fatigant, véritablement dérangeant, en cela le pari est gagné. Mais également trop répétitif.

 

Un grand plus du film.

Hallucinante Julianne Moore ! Un grand rôle pour une grande actrice. Stupéfiante et magnifique, elle donne, une fois encore, toute la preuve d'un talent maintes fois reconnu.

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://www.telerama.fr

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

chris 26/05/2014 19:20


à l'exception de la sublime Julianne Moore j'ai été passablement déçu !

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

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