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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 23:00

 

Marathon-Man---Affiche.jpg

 

Réalisé par John Schlesinger


Avec Dustin Hoffman, Laurence Olivier, Roy Scheider,

William Devane, Marthe Keller, Fritz Weaver,

Marc Lawrence, Richard Bright

 
Genre Thriller


Production Américaine

 

Date de sortie 22 décembre 1976

 
Marathon man est adapté d'un roman homonyme de William Goldman.

 

Le film a valu à Laurence Olivier d'obtenir

le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle en 1977

et d'être nommé à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

 

En 1977 Dustin Hoffman

reçut le David di Donatello du Meilleur acteur étranger.

 

Marthe Keller quant à elle fut récompensée par le

Bambi Awards 1977 de la Meileure actrice

 

Marathon-man---Dustin-Hoffman.jpg


Dustin Hoffman

Synopsis

 

Thomas Babington Levy, alias Babe (Dustin Hoffman), n’est pas marathonien, c'est un jeune étudiant juif new-yorkais, solitaire et introverti. Un boursier en histoire sociale à l’Université d’Oxford travaillant sur sa thèse "L’usage de la tyrannie dans la vie politique américaine" afin de restaurer l’image de son père Homère Virgile Levy, célèbre historien et poussé au suicide par la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy.

 

Marathon-Man---Dustin-Hoffmann.jpg Dustin Hoffman

 

Certes Babe s'entraîne dans Central Park pour le marathon de New York, mais il est loin d'être à la hauteur de ses deux idoles du marathon Paavo Nurmi et Abebe Bikila le coureur aux pieds nus. Il est néanmoins témoin d'un accident dans lequel le frère du criminel Szell meurt

 

Il a rencontré Elsa (Marthe Keller), une jeune universitaire suisse qui est devenue sa petite amie. À force d’acharnement, il la convainc de partager sa vie. Leur idylle est le début d’une longue et douloureuse descente aux enfers. Karl (Richard Bright) et Erhardt (Marc Lawrence), les complices du Dr Szell (Laurence Olivier), enlèvent Babe et l'emmènent dans un entrepôt désert où Szell le soumet à la torture pour lui arracher certains renseignements qu'il ne possède pas. 

 

  Marathon-Man---Marthe-Keller-et-Dustin-Hoffmann.jpg


Marthe Keller et Dustin Hoffman

 

Son frère Doc (Roy Scheider), membre d'une organisation gouvernementale secrète, est un soi-disant homme d'affaire. Les deux frères ne se voient pas souvent. Doc est visé à maintes reprises par des attentats et toutes sortes d'intimidations. On se rend vite compte que son travail n'est pas celui qu'il dit exercer. La vie qu'il mène est plus celui d'un agent double que celui d'un homme d'affaire. Il sera assassiné à Paris.

 

Marathon-Man---Roy-Scheider.jpg Roy Scheider

 

On apprend que le Dr Szell, un criminel de guerre nazi, serait venu récupérer un trésor de guerre qu'il avait confié autrefois à son frère...

 

Laurence Olivier Marathon-man---Laurence-Olivier.jpg


Film au rythme étrange, Marathon Man déroute au premier abord, notamment dans un premier tiers tout bonnement bluffant, qui multiplie, ou plutôt brouille les pistes et les genres avec audace.

 

À l’image de l’intermède parisien, insolite parenthèse narrative qui casse littéralement le récit, jusqu’ici fort classique. De plus en plus opaque, l’histoire se teinte alors d’un suspense étrange, à la limite du fantastique, et d’autant plus déstabilisant que cette parenthèse, tant dans son décor que dans son ton, semble en total décalage avec la parie du film, entièrement consacrée à Dustin Hoffman.

 

Dans ses meilleurs moments, comme l’agression de Roy Scheider dans un grand hôtel parisien, ou cette angoissante scène nocturne dans Paris, en une heure, John Schlesinger livre alors son meilleur cinéma. Multipliant les scènes mémorables où se mêlent paranoïa et trahison, dans la grande lignée des films politiques ou fantastiques de l’époque. Quelques plans au cordeau, une pénombre étudiée, un hors-champ savamment entretenu, un aboutissement angoissant et minimaliste suffisent alors au réalisateur de renouer avec le meilleur du thriller des seventies.

 

Marathon Man - Dustin Hoffman

 

À l’image de la fameuse séquence de la baignoire, d’une réjouissante maîtrise.


 

Marathon man marque les retrouvailles entre John Schlesinger et le directeur de la photographie Conrad L. Hall. Les deux hommes ont auparavant collaboré sur Le Jour du fléau en 1975.

 
Derniers jours de tournage de Marathon Man. Quelques minutes avant le clap, Dustin Hoffman, alors au sommet de son art, entame un épuisant jogging afin de parfaire la scène à venir, qui voit son personnage à bout de souffle se confronter à Christian Szell, ex-dignitaire Nazi joué par Laurence Olivier. Ce dernier, dans un coin du plateau, attend stoïquement que son partenaire en ait fini avec son footing…

 

À Dustin Hoffman qui s’étonne alors de son peu de préparation pour la scène, Laurence Olivier répond "Et si vous vous contentiez de jouer ?".

 
Comme le révélera plus tard Dustin Hoffman dans ses mémoires, si Sir Laurence Olivier a en effet bien prononcé ces mots, c’était alors plus un jugement acide et agacé du grand acteur Shakespearien sur la vie dissolue de
Dustin Hoffman qu’une critique de son jeu d’acteur. Aujourd’hui encore pourtant, le bon mot d’Laurence Olivier perdure, comme si rien ne pouvait mieux résumer ce qui se jouait alors sur le plateau du film de John Schlesinger.

C'est la seconde collaboration entre Dustin Hoffman et John Schlesinger qui l'avait déjà dirigé sept ans auparavant dans Macadam Cowboy.

 

Marathon Man est un formidable thriller mais aussi un choc au sommet. La confrontation de deux acteurs, et par la même, de deux conceptions radicalement différentes d’un même métier, d’un même Art. D’un côté, un Dustin Hoffman à l’implication quasi-maladive, suivant minutieusement les préceptes de Lee Strasberg, son mentor, directeur de l’Actor’s Studio : 10 kilos perdus pour le rôle, entraînement quotidien à la course, lecture assidue d’ouvrages consacrés à l’Holocauste...

 

De l’autre, Sir Laurence Olivier, digne représentant de la vieille école du théâtre anglais et d’un jeu à l’ancienne que les élèves de Strasberg s’évertuent à démonter soigneusement depuis 20 ans. On ne saurait jurer que John Schlesinger le fit exprès, mais force est de reconnaître que l’idée de ce duo/duel est brillant, et le résultat étincelant.

 
Marathon-Man---Laurence-Olivier-et-Dustin-Hoffman.jpgLa scène de la torture, au cours de laquelle Christian Szell nous démontre qu’après une vingtaine d’années d’inactivité en tant que dentiste, il n’a rien perdu l’usage de la chignole , dure en tout et pour tout une poignée de secondes. On ne voit strictement rien. Sauf un halo de lumière blanche. On n’entend rien. Sauf un bruit de perceuse. On apprend alors que la scène originale a été coupée car elle aurait effrayé le panel de spectateurs lors de la projection-test, choqués par la cruauté d'une telle séquence pendant que d'autres s'évanouissaient.

 

Marathon Man - Dustin Hoffman-copie-1Elle reste à ce jour une des séquences les plus fortes du cinéma contemporain. Et ce autant pour sa violence bestiale que pour l’incroyable intensité dégagée alors par les deux acteurs. Il est d’ailleurs souvent dit que l’on ne voit plus son dentiste de la même manière après cette scène. L’on pourrait tout aussi bien dire que ce sont Dustin Hoffman et Laurence Olivier que l’on ne voit plus alors de la même manière. Éblouissants tous deux, et particulièrement dans cette scène traumatique, ils sont les principaux diamants d’un film qui n’en manque pourtant pas.
 

Seulement deux ans après son interprétation du Dr Szell, Laurence Olivier fut son exact contraire dans Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin J. Schaffner. Il y joue le rôle de Ezra Liebman, un chasseur de criminels nazis, à la poursuite du vrai Dr Mengele cette fois-ci.

 

Marathon-Man---Marthe-Keller.jpg Marthe Keller


Au diapason des deux comédiens, Marthe Keller, et Roy Scheider, offrent d’ailleurs ici une de leurs plus belles compositions. Mystérieux et opaques, ils sont partie prenante du malaise et du poison distillés tout au long du film, mené de main de maître par John Schlesinger.

 

Roy Scheider Marathon-Man---Roy-Scheider-copie-1.jpg

 

Maître de ses effets, John Schlesinger joue alors toute la gamme du thriller, y allant de son petit électrochoc de temps à autre pour mieux replonger son spectateur dans le trouble le plus vertigineux. Impressionnant de maîtrise, John Schlesinger flanche pourtant sur la toute fin, et l’on se prend à regretter que la confrontation ultime n’atteigne jamais les cimes de l’heure précédente. Plus ou moins expédiées, dans des décors peu convaincants, un fléchissement de la tension, une attitude peu crédible de Szell, les dernières minutes paraissent mal inspirées.

 

Marathon-Man---Dustin-Hoffman-et-Marthe-Keller.jpg

 

Dustin Hoffman et Marthe Keller


Si l’on sait faire fi de cette fin un peu hâtive, Marathon Man reste un must. Qui, s’il se contente d’esquisser à grands traits ses thèmes principaux, n’en reste pas moins un digne représentant du meilleur cinéma américain des années 70. Un cinéma adulte et mûr qui, dans son carcan hollywoodien joue à merveille du politique et de l’Entertainment.

 

Mêlant la petite et la grande Histoire,  John Schlesinger signe un thriller haletant, une œuvre ne rechignant pas à se coltiner des questions historiques essentielles tout en scotchant son spectateur dans son fauteuil. Il ne serait pas étonnant que vous en sortiez éreintés… sans même avoir fait le moindre footing.

 
Le personnage du Dr Szell serait inspiré du Dr Josef Mengele qui fut le médecin SS en chef d'Auschwitz. Après la guerre, il s'enfuit au Brésil où il mourut en 1979.

 

 

 

 

 

Sources :

http://www.film4.com

http://eu.movieposter.com

http://www.critikat.com - Xavier Jamet

http://www.imdb.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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