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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 05:00

Mean-streets---Affiche.jpg


Réalisé par Martin Scorsese


Avec Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval,

Amy Robinson, Richard Romanus, Cesare Danova,

Victor Argo, George Memmoli, Lenny Scaletta, Jeannie Bell,

Catherine Scorsese, David Carradine


Genre Drame


Production Américaine


Date de sortie 12 mai 1976

 

 

Mean Streets - Robert De Niro.Mean Streets - Harvey Keitel

 

Robert De Niro                                         Harvey Keitel

 

Synopsis

 

La petite Italie, à New York, c'est le quartier où se sont installés les immigrés italiens. Pittoresque, avec ses pizzerias, ses trattorias, son environnement sonore dispensé à plein volume par les juke boxes et où voisinent, symboles musicaux du rapprochement de deux civilisations, les tubes des Rolling Stones ou d'Eric Clapton et ceux chantés par Renato Carosone ou Giuseppe di Stefano. Mais aussi violent, sordide avec ses rues sales, ses bals mal famés, pépinières de délinquants minables et de " mafiosi " en puissance.

 

Mean-Streets---Robert-De-Niro-et-Harvey-Keitel.jpg

 

Robert De Niro et Harvey Keitel


Tony DeVienazo (David Proval) et Michael Longo (Richard Romanus) sont de ceux-là : le premier gérant d'un bar, le second promoteur d'affaires louches. Johnny Boy (Robert De Niro) et Charlie Cappa (Harvey Keitel) voudraient bien en être. Mais Johnny est un inconscient, un bagarreur qui doit de l'argent à tout le monde, renie tous ses engagements.

 

Mean-Streets---Harvey-Keitel-copie-1.jpg

 

Harvey Keitel et Amy Robinson

 

Charlie, plus sérieux, fidèle aux règles du milieu, aurait, lui, ses chances car il a un oncle mafioso. Mais Charlie aime sa cousine Teresa Ronchelli (Amy Robinson), qui est épileptique; mais, surtout, il conserve son amitié à Johnny qui doit de l'argent à Michael Longo et pourtant l'insulte, le menace au lieu de se faire oublier.

 

Mean-Streets.jpg

 

Hanté par l'obsession religieuse du mal, Charlie cherche à protéger Johny Boy des ennuis, mais sa liaison secrète avec Teresa mène les trois compères à un sanglant règlement de comptes lorsque Johny Boy ne parvient pas à rembourser sa dette à Michael.

 

Aussi, lorsque Michael Longo décidera d'en finir avec Johnny Boy, il engagera un tueur qui ne fera pas de détail et abattra Charlie, Johnny et Teresa au moment où ils s'apprêtaient, enfin, à quitter la petite Italie.

 

Durant sa jeunesse, le frère de Martin Scorsese était une personne turbulente et son père tentait de le ramener dans le droit chemin. Martin Scorsese s'est inspiré de cette relation difficile pour créer le personnage de Charlie Cappa, qui tente de contenir le comportement fougueux de Johnny Boy.

 

Mean-Streets---Robert-De-Niro--Martin-Scorsese-et-Harvey-Ke.jpg

 

Robert De Niro, Martin Scorsese et Harvey Keitel

 

Martin Scorsese décrit Mean Streets comme un film autobiographique : "C'était une tentative de faire un film sur la manière dont moi et mes amis vivions à Little Italy. Il y a une dimension anthropologique ou sociologique au coeur même du projet. Charlie se sert des autres en pensant les aider. En croyant cela, il ruine tous ses efforts aussi bien envers les autres que lui-même. Quand il se bat avec Johnny dans la rue, il essaie de donner l'impression qu'il le fait pour les autres mais ce n'est qu'une question d'orgueil, le premier peché dans la bible. Ma voix est utilisée en alternance avec celle d'Harvey Keitel pendant tout le film. C'était un moyen pour moi de trouver une paix intérieur. Il est très facile de se discipliner pour aller à la messe tous les dimanches. Ca ne prouve rien. Pour moi, la rédemption ne peut venir que de la façon dont on vit et dont on se comporte avec les autres."

 

Martin Scorsese évoque un des thèmes de Mean Streets, la corruption du rêve américain : "Mean streets parle du rêve américain selon lequel tout le monde peut croire qu'il va devenir riche un jour. Si on ne peut y arriver par des moyens légaux, on trouvera d'autres moyens. Ce problème concernant les valeurs mêmes de notre société est toujours présent aujourd'hui. C'est un des thèmes que j'ai encore envie de traiter à l'avenir."

 

Mean-Streets---.jpg Robert De Niro et David Proval

 

Grand amateur de films de gangsters, Martin Scorsese a pensé Mean Streets comme un hommage aux films de la Warner Brothers des années trente. Le cinéaste reviendra au genre plusieurs fois par la suite avec Les Affranchis et Casino. À la différence de ses tentatives suivantes où les personnages principaux sont de vrais mafieux, Mean Streets comme, son premier long métrage Who's that knocking at my door ?, se concentre plutôt sur de jeunes délinquants de Little Italy.


Martin Scorsese a écrit la première version de Mean Streets en 1966 avec Mardik Martin avec qui il était à l'Université de New York. Les deux hommes ne trouvent alors personne pour financer le film. Cette première version du scénario tournait autour du conflit religieux. Martin Scorsese voulait "prendre pour personnage principal un saint qui vivrait dans un monde de gangsters. Le cinéaste ajoute : "il est intéressant de voir comment cet homme peut faire une bonne action dans un tel monde. Si quelqu'un te parle de travers, tu dois le tuer ou lui écraser le crâne. Les règles de ce monde sont aussi simples que ça. Le personnage nie cette réalité et fait la pire chose qu'il peut faire. Il essaie d'éviter toute confrontation, dispute ou le moindre problème jusqu'à ce que la situation explose."

 

Mean-Streets-copie-3.jpg

 

Après avoir fini le tournage de son premier film, Who's that knocking at my door ? avec Harvey Keitel, les deux hommes écrivent une deuxième version en essayant de corriger les erreurs de ce premier essai. Toujours personne ne veut financer le projet. Après le tournage de Bertha Boxcar produit par Roger Corman, John Cassavetes conseille à Martin Scorsese de revenir à un film plus personnel. Il reprend le scénario de Mean Streets et sur les conseils de Sandra Weintraub Roland accorde une plus grande importance au style de vie de ses personnages de Little Italy et intègre de nombreuses anecdotes inspirées de sa vie et de celle de ses amis.


Content de Bertha Boxcar, Roger Corman propose à Martin Scorsese de produire le film. Seule condition, le cinéaste doit changer ses personnages d'origine italienne pour des afro-américains pour en faire un film de Blaxploitation, genre qui connaît quelques succès importants à l'époque. Soucieux de ne pas compromettre son projet, Martin Scorsese refuse l'offre.


Le script passe de main en main, Coppola en reçoit un exemplaire qu'il fait lire à Al Pacino. Le jeune interprète de Michael Corleone n'est pas intéressé. Martin Scorsese rencontre alors Jonathan T. Taplin , un ancien road manager de Bob Dylan, qui dispose de fonds provenant d'un riche héritier de 23 ans ! Impressionné par le travail de Martin Scorsese, Jonathan Taplin insiste pour produire Mean Streets, Martin Scorsese accepte, la production peut démarrer. Roger Corman, non rancunier de n'avoir pu imposer son film "black", décide d'aider Martin Scorsese en lequel il voit un ami et surtout un génie en devenir. Il lui propose de distribuer le film et de s'entourer d'une de ses équipes non syndiquée afin de profiter pleinement du budget.

 

Mean Streets se révelera un important succès qui lance la carrière de Martin Scorsese d'un point de vue commercial et critique.
 

Mean-Streets-copie-2.jpg

 

On retrouve dans Mean Streets les premiers mouvements de caméras élaborés de Martin Scorsese et un style nerveux que l'on retrouvera dans ses films suivant notamment Taxi Driver. La grande majorité des scènes était storyboardée en avance. Le cinéaste voulait imprimer son énergie sur le film en accord avec la musique et le style de vie de ses personnages. Une partie de ses choix de mise en scène est également venue de contraintes économiques. Pour tourner le plus vite possible, Martin Scorsese a choisi de tourner caméra à l'épaule. Le cinéaste n'avait pas non plus les moyens de faire des plans généraux établissant la situation géographique des personnages. Si ces derniers se déplacent, on les suit le plus souvent d'un intérieur à un autre.

Mean Streets - Martin Scorsese et Richard RomanusMartin Scorsese fait une courte apparition dans Mean Streets. C'est lui qui tire sur la voiture où se trouve les personnages principaux sur le Brooklyn bridge. On retrouve également dans le film la mère du cinéaste, Catherine Scorsese, ainsi que David Carradine qui joue ici un alcoolique qui s'attire des problèmes dans un bar. Ce dernier était l'interprète principal de Bertha Boxcar, le film précédent de Martin Scorsese.
 
 Deux ans auparavant, Brian De Palma invite Martin Scorsese pour fêter un réveillon et le présente à un comédien fraîchement sorti de l'Actor's Studio :  Martin Scorsese. Immédiatement, le courant passe entre les deux hommes. Comme Martin Scorsese, Robert de Niro est un enfant de Little Italy. Il se souvient du petit Marty et lui cite le nom des types avec lesquels il arpentait les rues du ghetto italien. Les points communs entre les deux hommes sont nombreux ; et quand Martin Scorsese cherche un interprète pour Johnny Boy, il pense aussitôt à Robert de Niro . Ce rôle donnera naissance à l'une des plus belles collaborations entre un cinéaste et un acteur, dans la veine de celles qui unirent Anthony Mann et James Stewart, Billy Wilder et Jack Lemmon, ou John Ford et le Duke.

 

Martin Scorsese est déjà dans la cour des grands !

 

Mean-Streets---Robert-de-Niro.jpg Robert de Niro

 

Martin Scorsese décida de tourner la scène où Robert De Niro sort un pistolet à Richard Romanus à la fin du tournage. Les deux acteurs ne s'entendaient pas du tout et le réalisateur essaya de jouer sur cette animosité. Il multiplie le nombre de prises afin d'accroître la nervosité des deux interprètes pendant la scène.
 
Les comédiens ont d'abord pu improviser de nombreuses scènes pendant les dix jours de répétitions. Ce processus créatif s'est poursuivi dans une moindre mesure par la suite. Les scènes où Harvey Keitel et Robert De Niro se battent avec des poubelles ou discutent à l'arrière du bar ont été totalement improvisées par les acteurs pendant les 27 jours de tournage.

 

Robert de Niro et Harvey Keitel Mean-Streets---Robert-de-Niro-et-Harvey-Keitel.jpg

 

Pour tourner Mean Streets, Martin Scorsese a cherché à engager des acteurs originaires de New York. Robert De Niro a grandi dans le même quartier que le cinéaste. Si les deux hommes ne se fréquentaient pas, ils se connaissaient de vue bien avant de faire du cinéma. Harvey Keitel est originaire du Bronx. David Proval, Richard Romanus et une grande partie du reste du casting sont également New Yorkais.

 
La musique tient une très grande place dans Mean Streets de l'avis même de Martin Scorsese : "J'ai utilisé la musique avec laquelle j'avais grandi. Elle faisait naître toutes ces images. Il fallait gérer le problème des droits. Certains artistes se sont manifestés des années plus tard et Warner Bros a dû les payer. Nous essayions au maximum de les contacter en amont du projet mais pas toujours avec succès. Pour moi, Mean Streets a la meilleur bande son possible parce que ce sont tous des morceaux que j'ai aimé et qui représentait notre manière de vivre. Nous n'héstions pas à garder les morceaux sur plusieurs minutes dans le film. Pour moi, Mean Streets, c'est "Jumping Jack Flash" et Be my baby"."
       
Bien que l'histoire de Mean Streets se déroule à New York, seuls quelques extérieurs ont effectivment été tournés sur place. La grande majorité du travail s'est fait à Los Angeles pour des raisons économiques. C'est notamment le cas de tous les intérieurs et de quelques extérieurs comme la scène finale en voiture.

 

 


 

 

 

 

Sources :

http://www.allocine.fr

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.cinemovies.fr

http://www.comicbookandmoviereviews.com

http://www.dvdclassik.com

Published by Alain - dans Mon univers
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commentaires

zorba 03/04/2012 19:23

un grand moment de cinéma et quel duo d'acteurs !

 

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