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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 00:00

Mr-Smith-Goes-to-Washington---Affiche.jpg

 

Réalisé par Frank Capra

 

Avec James Stewart, Jean Arthur, Claude Rains,

 Edward Arnold, Guy Kibbee, Thomas Mitchell,

Eugene Pallette, Beulah Bondi, H.B. Warner, Harry Carey


Titre original Mr Smith Goes to Washington

 

Genre Comédie


Production Américaine - 1939

 


La première projection de Mr Smith Goes to Washington eu lieu le 17 octobre 1939 en présence de 4 000 personnalités politiques du pays. Beaucoup d'entre elles désapprouveront ce film qu'elles jugent comme une mise en cause de la respectabilité sénatoriale et de l'indépendance de la presse.

C'est ainsi qu'une rumeur commença à circuler : à la demande des autres studios hollywoodiens redoutant des mesures de rétorsion de la part du milieu politique, Louis B. Mayer aurait rencontré Harry Cohn pour l'inciter, en l'échange de 2 millions de dollars soit le coût du film, à empêcher la sortie de cette oeuvre qualifiée de subversive. 

 

Le film sera toutefois exploité normalement, récoltant 4 millions de recettes au box-office.

 

Mr-Smith-Goes-to-Washington---James-Stewart-1.png.Mr-Smith-Goes-to-Washington---James-Stewart-2.png

Mr Smith Goes to Washington - James Stewart 3.Mr-Smith-Goes-to-Washington---James-Stewart-4.png


L’ambassadeur des États-Unis à Londres, Joseph Kennedy, le père du futur président, craignant que la propagande des pays de l’Axe ne se serve de Monsieur Smith au Sénat pour discréditer la démocratie américaine, demanda à Harry Cohn, alors à la tête de la firme Columbia, d’interdire sa diffusion en Europe. Cohn refusa de céder, et il fit bien : le film, bien trop subversif, se retrouva interdit dans toutes les dictatures de l’époque, Allemagne, Russie, Italie, Espagne et suscita l’admiration dans les nations alliées aux États-Unis. 

 

M. Smith au sénat fut nommé dix fois aux Oscars.

Il remporta toutefois qu'une seule statuette : celle de la meilleure histoire pour Lewis R. Foster. Le film de Frank Capra fut, ainsi, eclipsé par d'Autant en emporte le vent qui rafla huit Oscars.


Le chef-d’œuvre de Frank Capra ?

Difficile à dire, tant cet homme n’a eu de cesse de nous en offrir.

 

La caméra du magistral Frank Capra multiplie les talents par une mise en scène d’une impressionnante maîtrise, enchaînant des séquences classiquement théâtrales, et admirablement réglées. Le film doit beaucoup au scénario de Sidney Buchman, alors membre du Parti Communiste américain. Il fut d’ailleurs blacklisté à l’époque du maccarthysme. Et bien sûr à l’interprétation magistrale de James Stewart.

 

Mr.-Smith-au-senat---James-Stewart.jpg


James Stewart

Synopsis

 

La mort du sénateur Foley dans l’Ouest américain cause un grand émoi dans l'État. Jim Taylor (Edward Arnold), homme d’affaires véreux et magnat de la presse locale, souhaite un homme de paille, qui obéira aux ordres, c’est-à-dire qui ne remettra pas en cause un projet de loi destiné à l’enrichir encore davantage. Le projet immédiat, celui-ci est de faire voter une loi promulguant la construction d'un barrage sans utilité, mais qui doit rapporter des millions. Jim Taylor subit la presion de ses propres enfants qui parlent les premiers de leur chef d'équipe de scouts. Jim Taylor tente même un pile ou face, mais la picèe jetée retombe sur la tranche. 


Il ordonne au gouverneur de nommer le meilleur candidat pour ne gêner en rien ses projets personnels.

 

Finalement c'est Jefferson Smith (James Stewart) qui est choisi pour succéder à Foley.

 

La pureté de l'enfance reste le moteur principal de Jefferson Smith. Sans père mort au nom de ses idéaux de pureté politique, il est le chef des scouts du coin, les Boys Rangers. C'est un idéaliste et sans expérience. 

 

Mr. Smith au sénat - Thomas Mitchell, Claude Rains, Guy K

 

Thomas Mitchell, Claude Rains, Guy Kibbee, Edward Arnold

 

Cet homme populaire et naïf est idéal pour le gouverneur Hopper (Guy Kibbee) et son chef politique Jim Taylor, qui en font un sénateur idéal pour couvrir leurs sombres histoires. Les chefs de son parti le croient trop innocent et naïf pour se rendre compte des corruptions et des compromissions qui sont les leurs.

 

Jean Arthur Mr-Smith-Goes-To-Washington---Jean-Arthur.jpg


Dès son arrivée à Washington,
émerveillé par la ville et les bâtiments, Jefferson Smith est ensuite "guidé" par Clarissa Saunders (Jean Arthur), sa secrétaire, en réalité à la solde de la bande de Taylor.   En face de Taylor et de ses affidés, Jefferson Smith ne semble pas pouvoir faire le poids. Il n’est pas à sa place à Washington. Tous, y compris ses alliés, ne cessent de le lui répéter. Ses enthousiasmes et son provincialisme lui valent d’être la risée du Gotha et de la presse. Il se trouve, malgré lui, compromis dans une affaire louche.

 

Les chefs de son parti, contrôlant journaux et stations de radio, s'efforcent d'installer à la Maison Blanche le sénateur Sénateur Joseph Harrison Paine (Claude Rains), homme très en vue, populaire et respecté, mais tout aussi corrompu. Paine n'est méchant que parce qu'il a oublié les valeurs qu'il défendait jadis.

 

Mr-Smith-Goes-to-Washington---Claude-Rains.png Claude Rains


La description caricaturale des méchants, l'absence de sexualité, la fille du sénateur (Astrid Allwyn) trouble Jefferson Smith mais ne lui fait tomber que son chapeau, concourent à une apologie touchante des valeurs de l'enfance.

 

Clarissa Saunders, écœurée, révèle alors à  Jefferson Smith les raisons de son élection, Smith décide de se révolter, de dénoncer le mal, et devient l'apôtre d'une cause perdue d'avance !


Jefferson Smith incarne l'Américain moyen, porteur des valeurs originales de l'Amérique, issu de ses petites villes où il fait bon vivre à l'écart de l'influence fédérale.

 

Convaincu de la menace représentée par une élite sophistiquée et malintentionnée,

il prouve par son action que le progrès social dépend

de la prise de conscience individuelle

et non de réformes de structure.

 

Victime d'une machination, il risque une lourde peine de prison. Après un moment de découragement et grâce à sa secrétaire, il prend la parole au Sénat et la garde vingt-trois heures durant ! Ce discours rallie les gens à sa cause, et Jefferson Smith triomphe avec l'aide de Clarissa Saunders.  

 

Le sénateur Joseph Harrison Paine avoue publiquement ses fautes.


Jefferson Smith séduit Clarissa Saunders en lui rappelant les paysages de son enfance et en faisant appel à la confiture de sa mère. Ils finiront par repartir vers l'Ouest.

 

Mr-Smith-goes-to-Washington---James-Stewart.jpg


James Stewart

 

On peut d’ailleurs supposer que Monsieur Smith au Sénat a plus contribué à faire connaître aux citoyens américains le fonctionnement de leurs institutions que bien des programmes d’instruction civique. Quand sa secrétaire explique le long et complexe parcours d’une loi à Smith, c’est aux Américains qu’elle s’adresse, avec un didactisme jamais lourd tant il s’insère harmonieusement dans le récit.


De même, il est clairement dit que les représentants du peuple américain confient à d’autres qu’eux le soin de rédiger des lois qu’ils voteront sans les comprendre ni même les relire…

 

Mr. Smith Goes to Washington - Edward Arnold

Il faut également mesurer tout ce que le portrait de Sam Taylor, riche capitaliste sans scrupules achetant, littéralement, les représentants politiques et les journalistes, pouvait avoir de subversif en 1939. Encore aujourd’hui, soit dit en passant, cette figure étant loin d’avoir perdu de son actualité. Ce personnage est tellement imbu du pouvoir que lui confère sa richesse, qu’il est persuadé que rien ne peut venir entraver ses projets. Mis à mal par la pugnacité de Smith, il n’hésite pas à recourir aux pires stratagèmes pour arriver à ses fins, intimidation, tentative de subornation, diffamation, désinformation, musellement de la presse, répression de manifestations, fabrication de fausses preuves, voire recours à la bonne vieille violence physique, les hommes de main de Taylor allant jusqu’à malmener et blesser les enfants qui soutiennent Smith.

 

Quant à la presse, malgré les précautions du scénario qui fait affirmer par une poignée de journalistes, le temps d’une scène, qu’ils œuvrent avant tout pour le bien du peuple américain, elle n’apprécia pas non plus de voir étalées au grand jour ses relations incestueuses avec les puissances de l’argent. Elle se montra donc très dure envers le film... ce qui n’empêcha pas ce dernier de rencontrer un énorme succès public.

 
Mr-Smith-Goes-to-Washington---sets.jpgPour donner vie aux plans longs, la scène du discours est filmée dans sa continuité avec plusieurs caméras, la même vigueur et le même tempo qu'aux gros plans, Frank Capra introduisit à Hollywood une innovation qui le rendit très fier tout au long de sa vie. En effet, pendant les répétitions de Mr. Smith au Sénat, il passait en play-back le son des plans généraux de manière à remettre les acteurs qui allaient tourner leurs gros plans dans l'ambiance et la spontanéité de leur jeu au sein des plans longs.


Le film est habituellement considéré comme une comédie sociale et presque l'archétype de la comédie populiste américaine. James Stewart incarne ce personnage de yankee rural excentrique, venu en ville pour moraliser et réorganiser la vie de ses contemporains. Il ose même réveiller l'attention des   élus par un violent sifflement qui lui permettra de voir se rallier autour de lui, le public assemblé. Il a gagné la partie. La sincérité l'emporte sur les intérêts véreux de toute une classe politique corrompue.


Pour rendre rauque la voix de James Stewart et traduire sa fatigue, on lui faisait avaler une solution au mercure qui irritait ses cordes vocales.


On pourra ainsi, comme Jacques Lourcelles, reprocher au film son manichéisme désincarné supposé aboutir à la fin de la corruption du sénat. Il est aussi probable que le morceau de bravoure du film, le discours de 23h30 soit inspiré du roman de Horace Mac Coy publié en 1935  sous le titre They Shoot Horses, Don't They?  et mis en scène par Sydney Pollack en 1969  dans le film On achève bien les chevaux.

 

Monsieur Smith au Sénat - James StewartLe film épouse ainsi systématiquement le point de vue des enfants. Ils sont présents tout au long du film et ne représentent pas une simple participation, mais davantage un véritable éveil de la conscience. De l'engouement du début du film à l'exclamation "He's okay" adressée à Clarissa Saunders, à la fin du fameux discours.

 

Smith lui-même est un grand gamin brutalement plongé dans un monde d’adultes, mais sa candeur constitue moins une faiblesse qu’une marque de supériorité morale. Cet homme décent, égaré parmi les loups est en réalité la figure de l’homme politique idéal tel que le conçoivent les auteurs : sincèrement habité par les principes qu’il est censé défendre, il apparaît comme le tout dernier fidèle d’une religion dévoyée. En ce sens, il ne se comporte pas tant en touriste, à son arrivée à Washington, qu’en véritable pèlerin visitant pieusement les lieux symboliques du culte démocratique, comme la statue de Lincoln, véritable idole à laquelle il viendra adresser ses prières et qui lui inspirera le courage de se dresser contre Taylor.

 

À travers Monsieur Smith au Sénat , on entend éduquer et éclairer le spectateur.

 

Bien peu de films occidentaux ont autant fait preuve de cette foi dans la capacité du cinéma à édifier les masses et à rendre l’homme meilleur.


L'autre morceau de bravoure du réalisateur est la visite du Capitole. La mise en scène puissamment lyrique ne rechigne ni sur les surimpressions de La déclaration d'indépendance sur fond de bannière étoilée, de cloche et flamme de la liberté ni sur la succession des statues des grands hommes ponctuées des mots vie, justice et liberté.

 

Entre 1939 et 2014 ... Vous voyez un changement ?


Monsieur Smith au Sénat
est l’une de ces fables politiques acerbes qui prennent pour cible le cynisme des politiciens, la collusion entre élus, organes de presses et industriels pour entretenir l’illusion d’une démocratie, alors que le système est verrouillé et n’a comme finalité que la sécurisation et la pérennisation de la fortune et du pouvoir des élites du pays.

 

On sort du film avec l’intime conviction que c’est possible, oui, on peut redresser la tête et combattre l’injustice. "Vous étiez le navigateur qui connaissait le mieux l’art d’entraîner ses personnages au plus profond des situations humaines désespérées, avant de redresser la barre et de faire s’accomplir le miracle qui nous permettait de quitter la salle en reprenant confiance dans la vie (…) Face à l’angoisse humaine, au doute, à l’inquiétude, à la lutte pour la vie quotidienne, Frank Capra avait été une sorte de guérisseur, c'est-à-dire un adversaire de la médecine officielle, et ce bon docteur était aussi un grand metteur en scène" disait de lui François Truffaut.

 

Mr-Smith-Goes-to-Washington.jpgIl y aurait encore bien des choses à dire sur un film décidément très en avance sur son époque. On pourrait notamment signaler sa clairvoyance, quand il constate que l’opinion publique s’achète, ou que séduire les enfants, c’est manipuler leurs parents. On pourrait également noter que les arguments que le sénateur corrompu emploie pour défendre ses choix sont encore employés de nos jours par certains hommes politiques surpris la main dans le pot de confiture. On pourrait enfin louer son féminisme au travers du personnage de Clarissa Saunders, femme émancipée, active et rouée qui connaît mieux la politique que les hommes pour lesquels elle travaille, est admirable. Ou encore son antiracisme : le vieux Noir levant les yeux sur la statue de Lincoln qui le baigne d’une lumière céleste au moment où la voix off assène le mot "Liberté"; les trois bagagistes qui abandonnent les lourdes valises du Blanc exaspéré; le petit scout présenté à égalité avec les autres enfants.

 

Mr Smith Goes to Washington n’épouse pas le regard sarcastique des citadins cyniques, sophistiqués et cruels. Au contraire, ce sont ces derniers qui sont tournés en ridicule, tandis que le personnage principal est dépeint avec une réelle tendresse. Il y a bien sûr un soupçon de populisme dans l’opposition un rien schématique entre un représentant de l’Amérique profonde, porteur des vraies valeurs, et les intellectuels de la capitale, que leur culture et leur intelligence ont pervertis plutôt que rendus plus sages. Mais il y a aussi dans Monsieur Smith au Sénat, comme d’ailleurs dans toute l’œuvre de du réalisateur, une nostalgie de la pureté et de l’innocence perdues dont la sincérité ne peut qu’émouvoir.

 

Mais, à contrario de L’Enjeu, le réalisateur croit encore que le peuple peut changer l’ordre des choses, abattre les murs d’indifférence et se réapproprier le système. La volonté sans faille, l’intégrité de Jefferson Smith, peuvent mener au réveil des classes opprimées, symbolisées ici par un groupe d’enfants.

 

Frank Capra offre des rôles en or à James Stewart, Jean Arthur, Claude Rains… et à tous les autres personnages, dialogues magnifiquement écrits, parfois truculents, le plus souvent touchants.

 

C’est un film emporté, drôle, irrésistible, bouleversant. On rit énormément, on s'émuet tout autant. Ci-dessous le film dans son intégralité et en version originale. Une activité jouissive pour réviser son anglais. Enjoy ! Go on ...

 

 

 

Sources :

http://hollywoodhistoricphotos

http://thebestpictureproject.wordpress.com

http://www.cinemotions.com

http://www.critikat.com - Sébastien Chapuys

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.dvdclassik.com - Olivier Bitoun

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

chris 10/11/2012 20:24


je suis d'accord avec les commentaires précédents. un excellent film du grand Capra. un cinéma qui fait du bien, merci Alain. on t'embrasse.

armelle 10/11/2012 10:02


Merci de remettre en lumière ce très grand réalisateur. " Arsenic et vieilles dentelles" était un petit chef-d'oeuvre, celui-ci également.  Et "La vie est belle" ! Entre rêve et
utopie, Capra savait user de tous les ressorts pour nous donner de l'homme une image souriante, ce qui n'est guère le cas aujourd'hui.

Eeguab 10/11/2012 08:16


Que j'aime le cinéma de Capra!A bientôt Alain.

 

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