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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 20:50

 

Date de sortie 9 avril 2014

 

My-Sweet-Pepperland---Affiche.gif


Réalisé par  Hiner Saleem


Avec Golshifteh Farahani, Korkmaz Arslan,

Suat Usta, Mir Murad Bedirxan, Tarik Akreyî,  

Véronique Wüthrich, Feyyaz Duman

 

Genre Drame


Production Française, Allemande

 

 - Au Festival international du film d'Abu Dhabi en 2013
My Sweet Pepperland reçoit la Mention spéciale du jury

 

 - Au Festival du film International de Chicago en 2013
My Sweet Pepperland reçoit le Prix du meilleur film

 

My-Sweet-Pepperland---Golshifteh-Farahani.gif

 

Golshifteh Farahani


Le réalisateur Hiner Saleem travaillait sur deux sujets à la fois : une histoire d’amour parisienne sur trois générations, et une aventure romanesque d’une grande liberté de ton, susceptible de se dérouler dans les montagnes du Kurdistan.

 

C’est ce deuxième projet, My Sweet Pepperland, qui a trouvé le plus vite son financement, grâce à Robert Guédiguian et Marc Bordure, d’AGAT Films & Cie. Ce qui intéressait Hiner Saleem, c’était l’histoire d’amour et le statut de la femme dans une société empreinte d’archaïsme et de religiosité.

 

"L’absence d’égalité entre les sexes me choque profondément : je suis convaincu qu’aucun pays ne pourra accéder à la démocratie sans égalité entre hommes et femmes. Pour moi, c’est un combat qui s’impose." avoue Hiner Saleem.

 

 

Hiner Saleem est né en 1964 au Kurdistan. Il est écrivain, scénariste et réalisateur.
Il tourne les images de son premier film, Un bout de frontière, mais les bombardements l’empêcheront d’achever ce premier essai. Gillo Pontecorvo présente en 1992 ces images à la Mostra de Venise en tant que 'film inachevé' ce qui lui permet de trouver les financements nécessaires pour son film suivant,  Vive la mariée… et la libération du Kurdistan réalisé en 1998.

 

 

Synopsis 

 

Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran (Korkmaz Arslan), officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi.

 

Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga (Tarik Akreyî), caïd local.

 

Il fait la rencontre de Govend (Golshifteh Farahani), l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise...

 

My-Sweet-Pepperland.gif

 

"Dans certaines sociétés, la sexualité de la femme ne lui appartient pas, et c’est ce que je condamne, car elle est privée de liberté. Or, la femme ne doit pas être réduite à l’honneur de l’homme : il est temps de séparer la question de l’honneur de la question sexuelle. S’il faut imposer le voile à quelqu’un, que ce soit à l’homme ! Qu’y a-t-il de plus beau que l’amour choisi dans une totale liberté ? Les femmes n’ont pas toujours le choix. Par ailleurs, cette privation de liberté engendre aussi des souffrances et des frustrations chez l’homme qui ne peut pas mesurer le bonheur perdu dans un tel climat."

 

Comme on le voit dans le film, certains hommes sont beaucoup plus progressistes...

 

"Depuis une dizaine d’années, et l’ouverture du Kurdistan sur le monde, l’accès à Internet et aux chaînes satellitaires a fait considérablement évoluer les mentalités. Pourtant, la question de l’honneur reste prégnante. Cette contradiction se retrouve chez le père et les frères de Govend – et ceux qui la condamnent se soucient surtout du regard des autres. Curieusement, chez les Kurdes, les femmes ont longtemps travaillé et assumé des responsabilités économiques et politiques. Mais l’annexion du Kurdistan, l’influence des pays limitrophes et certains de leurs courants religieux ont provoqué un épouvantable retour en arrière. Pour l’anecdote, j’adore les Kurdes, car toute la tradition musicale n’est qu’admiration, éloge et amour de la femme ! Mais tout ça, avant le mariage."

 

Peut-on dire qu’il s’agit d’un "eastern", comme il existe des "westerns" ?

 

"Absolument ! Je me disais que la légèreté du western me donnerait une grande liberté et que les décors naturels se prêtaient bien à l’exploration du genre. Surtout, je crois que le Kurdistan d’aujourd’hui ressemble à l’Amérique de l’époque du western : My Sweet Pepperland-copie-1on y découvrait le pétrole, on y construisait des routes, des écoles et des infrastructures, et on tentait d’y faire appliquer la loi. Jusqu’à une date récente, au Kurdistan, chaque seigneur de guerre imposait sa loi sur son fief. Aujourd’hui, l’État incarne la même loi pour tous et apporte la modernité dans le pays, ce qui mécontente les potentats locaux. Il y a donc beaucoup de similitudes entre le Kurdistan et le Far-West. Car on a vu un no man’s land se transformer en une nation qui s’est dotée de lois, d’un pouvoir central, et d’institutions légitimes. Ce nouvel État kurde a progressivement mis fin aux trafics de médicaments, d’alcool et de nourriture, et il a accompagné l’émancipation sociale et la libération de la femme. C’est ce contexte sociopolitique qui m’a permis d’écrire cette histoire de cette façon-là."

 

"La toute première séquence, surexposée et filmée en gros plans, est un hommage direct au western. Pour autant, je n’aime pas la rigidité et je voulais faire évoluer la mise en scène en fonction des situations. My-Sweet-Pepper-Land.gifJe n’avais donc pas de concept visuel a priori : ce qui compte avant tout pour moi, c’est l’atmosphère. Je ne suis pas quelqu’un de cérébral et je ne fais pas de story-board : j’ai toujours une idée de la séquence, mais je ne m’empêche pas de saisir l’imprévu et l’émotion que m’apportent les comédiens.

 

Je cherche en permanence et je m’adapte à la magie du moment. Puis, toute cette magie entre dans un cadre réglé au millimètre près."

 

On retrouve, dans la première séquence, votre goût pour l’absurde.

 

"Je voulais faire allusion aux lacunes institutionnelles du Kurdistan. Je me suis donc inspiré d’une anecdote plus absurde et comique encore que ce que je raconte dans le film : pour la toute première condamnation à mort du pays, les autorités ont dû emprunter une corde à linge aux propriétaires de la maison voisine pour pouvoir pendre le condamné ! Cependant, je tiens à préciser que la peine de mort est aujourd’hui abolie au Kurdistan, ce qui me réjouit."

 

Comment avez-vous élaboré les personnages ? 


"Au départ, j’avais envisagé de me focaliser sur un unique protagoniste, Baran, qu’on verrait parcourir à cheval cette région montagneuse, toujours en référence au western. J’avais alors l’idée d’un tournage très léger, avec un cadreur, un preneur de son et un assistant. Mais comme je suis passionné par le combat des femmes, j’ai eu envie de faire exister un personnage féminin qui s’émancipe grâce à sa force, son courage et son intelligence. À partir de là, j’ai orchestré la rencontre entre cette femme libérée et le héros masculin qui n’est ni traditionnel, ni macho, ni corrompu, et qui ne cherche pas à se marier à tout prix. Ces deux insoumis incarnent, à mes yeux, l’avenir du Kurdistan : ce ne sont pas des révolutionnaires, mais des réformistes attachés à la laïcité qui refusent les archaïsmes, sans rejeter toute forme de tradition."

 

 My Sweet Pepperland - Golshifteh Faranani et Korkmaz Arslan


Les séquences entre les deux protagonistes sont d’une grande intensité émotionnelle.

 

"La mise en scène de ces moments-là s’est, pour ainsi dire, imposée d’elle-même. En effet, j’ai remarqué qu’à chaque rencontre entre Baran et Govend – à l’école ou au commissariat –, ils étaient réunis dans le même plan, sans que j’aie recours au découpage : la force de l’émotion entre eux deux était si palpable que je n’avais pas envie de découper. Du coup, pour ces plans-là, je n’ai pas voulu me «couvrir», en sachant que je prenais un risque."

 My Sweet Pepperland - Korkmaz Arslan

 

Qui sont les femmes armées qui débarquent de temps en temps au village ?

 

"Ces femmes sont des combattantes et des résistantes kurdes de Turquie qui luttent pour les droits de leur peuple. Elles sont opprimées en tant que femmes, mais aussi en tant que Kurdes ; quand on leur demande pourquoi elles ont pris le maquis, elles répondent que pour une femme kurde en Turquie, le maquis, c’est la liberté."

 

Comment avez-vous choisi les deux principaux comédiens ?

 

"Je n’ai pas hésité pour le rôle de Govend : j’avais déjà dirigé Golshifteh Farahani dans Si tu meurs, je te tue, elle apporte toujours une dimension supplémentaire à ses personnages. C’est un vrai plaisir de la diriger parce qu’elle comprend à demi-mot ce que je cherche et qu’elle est d’une grande intelligence et finesse dans le jeu.

 

Pour Baran, c’était plus difficile : j’ai fait un casting en Europe, à Istanbul et au Kurdistan. Ce n’est qu’une semaine avant le tournage que j’ai découvert un jeune acteur kurde, Korkmaz Arslan, vivant en Allemagne : on a dialogué par Skype, j’ai trouvé son visage intéressant, et je l’ai fait venir à Erbil dès le lendemain. Après quelques essais, j’étais rassuré. Korkmaz est un grand acteur."

 

"À l’exception des trois ou quatre rôles principaux, j’ai travaillé avec une grande majorité de non-professionnels recrutés sur place. En revanche, c’est une comédienne suisse, Véronique Wüthrich, qui joue l’une des combattantes : elle parle plusieurs langues et apprend le kurde. Parmi ces résistantes, certaines avaient réellement pris le maquis pendant quelques années : l’une d’entre elles a même été blessée à plusieurs reprises et elle se dit toujours prête à reprendre les armes."

 

La musique ponctue le film et compose une formidable mosaïque sonore...

 

"Ça me ressemble ! Comme Baran, j’écoute toutes sortes de musiques, d’Elvis Presley à Bach, en passant par des chansons traditionnelles kurdes. Étant donné que je me considère comme un citoyen du monde, toutes ces musiques font partie de moi. Comme je le disais, j’ai voulu réaliser un film très libre et je tenais à ce que mon histoire soit universelle et puisse se dérouler dans n’importe quel pays. Du coup, la musique reflète cette démarche : mon univers, c’est à la fois le blues américain et des airs traditionnels kurdes."

Dans mon précédent film, Golshifteh Farahani jouait du piano. C’est une excellente pianiste, même si elle privilégie aujourd’hui sa carrière de comédienne. Mais je ne voulais pas me priver de son talent de musicienne. J’avais envie d’entendre cet instrument peu connu qu’est le hang, qu’elle sait jouer. Cet instrument a été inventé par deux Suisses. Il se rapproche du piano et des percussions, tout en dégageant des sonorités magnifiques. Certains pensent que c’est un instrument kurde traditionnel, mais personne ne pourrait s’imaginer qu’il a été mis au point par des hippies suisses !"

 

My-Sweet-Pepper-Land---Golshifteh-Farahani.gif

 

Golshifteh Farahani

 

Mon opinion :

 

À mille lieues des superproductions aux effets qui se veulent spectaculaires et attractifs, Hiner Saleem réalise un "eastern" qui vire dans le thriller, sans se départir de quelques références à Sergio Leone et ses westerns spaghettis. En cela, la première scène est une réussite totale, mélangeant dérision et drôlerie. La réalité semble être toute autre.

Un endroit du monde, perdu au milieu de nulle part, le Kurdistan. Un pays divisé mais bien réel qui semble n'avoir à offrir que ses paysages somptueux, et un système obscurantiste dans lequel la condition féminine est ramenée à bien peu de choses. À presque rien. Un parrain local clame "Il y a des lois écrites et des lois ancestrales". Le réalisateur avoue "Je voulais faire allusion aux lacunes institutionnelles du Kurdistan" il survole ainsi la situation politique du pays qui se veut en voie de développement. Une poignée de femmes Turques d'origine Kurdes, trouvent leur liberté dans le maquis, et mèneront une révolte et un militantisme forcené pour une égalité des droits.

La photographie de Pascal Auffray magnifie tous les lieus. La musique les rend encore plus envoûtants.

Des seconds couteaux vont s'opposer à un officier de police nouvellement nommé. Baran, incarné Korkmaz Arslan, regard magnifique et grande découverte en ce qui me concerne.

Une rencontre aussi avec la sublime et troublante institutrice.

Celle-ci ne baissera pas les bras, au fin fond de ce village perdu pour instruire des enfants négligés de tous. De la même manière elle tiendra tête aux écervelés qui lui tiennent lieu de frères pour tendre vers sa liberté et une libération de la femme. Un beau rôle pour Golshifteh Farahani, beauté pure et grand talent réunis.

Sa seule présence, réduit à rien quelques faiblesses du scénario. Elle n'impose pas sa beauté, son talent pas davantage. Sa seule personnalité frappe de plein fouet.

 

 

Sources :

http://medias.unifrance.org

http://www.imdb.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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