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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 23:00

Network---Affiche.jpg


Réalisé par Sidney Lumet


Avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch,

Robert Duvall , Wesley Addy, Ned Beatty, Beatrice Straight,

Arthur Burghardt, Bill Burrows John Carpenter, Jordan Charney, Kathy Cronkite

Lee Richardson


Titre original Network


Genre Drame


Production Américaine

 

Date de sortie 16 mars 1977


Network remporta une moisson impressionnante de récompenses.


Parmi celles-ci, 4 Oscars,

- Meilleur premier rôle masculin pour Peter Finch

- Meilleur premier rôle féminin pour Faye Dunaway 

- Meilleur second rôle féminin pour Beatrice Straight
- Meilleur scénario pour Paddy Chayefsky


Network---Faye-Dunaway.jpgDécédé quelques mois après la fin du tournage des suites d'une crise cardiaque, l'acteur Peter Finch remporta à titre posthume l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle de journaliste suicidaire. Il fut ainsi le premier acteur a être cité à l'Oscar et remporter la précieuse statuette à titre posthume.

 

 

Network fut le premier film a remporter à la fois L'Oscar de la Meilleure actrice et celui du Meilleur second rôle féminin. Un tel doublé gagnant n'avait été réalisé que dix ans auparavant par Elizabeth Taylor et Sandy Dennis avec Qui a peur de Virginia Woolf ?.

 

 

 

Faye Dunaway remporta aussi le Bafta awards

et le Golden Globe de la meilleure actrice.

 

Après son premier film, Douze hommes en colère réalisé en 1956, Sidney Lumet ne cessera jamais tout au long de sa carrière, de L’Homme à la peau de serpent en 1959 à Jugez-moi coupable en 2005 en passant par Un après-midi de chien réalisé en 1975, d’œuvrer au cœur de la justice des hommes en mettant autant à l’honneur des bandits débutants, des policiers intègres ou des psychiatres enquêteurs. Nul doute que le temps sera un précieux allié pour aider à la réévaluation de la filmographie de Sidney Lumet, longtemps considéré simplement comme un habile faiseur au service de grandes histoires, un second couteau en quelque sorte parmi les cinéastes américains de la deuxième moitié du XXème siècle.

 

Bertrand Tavernier admettait avec une vraie élégance avoir "traité à la légère", dans son ouvrage de référence sur le cinéma américain, un film comme Network, "film immense que l’on peut aisément admettre comme l’une des plus ahurissantes réussites du cinéaste."

 

Network---William-Holden--Robert-Duvall-and-Peter-Finch.jpg


William Holden, Robert Duvall and Peter Finch

 

Moins une satire qu’un constat prémonitoire, et sans pour autant être exempt d’un humour noir, en particulier dans la démonstration paroxystique effectuée par le personnage de Ned Beatty, Network n'oublie surtout jamais :

ni de composer des personnages, ni de structurer une histoire d’une infinie cohérence, ni même de s’adresser à ses spectateurs, invités, à l'instar des protagonistes du film, à se lever, à ouvrir leur fenêtre et à crier leur indignation :

 

" I am mad as hell, and I'm not gonna take it anymore !!!!!! "


Network est très peu diffusé à la télévision depuis trente ans.

On se demande pourquoi ...

 

Synopsis

 

Au milieu des années 70, les informations à la télévision changent. Le journalisme perd en effet pied face au pouvoir de l'argent et la besoin croissant de divertissement. Une rédaction se bat alors pour maintenir son audience sans se compromettre.

 

Network---Peter-Finch.jpg Peter Finch

 

Howard Beale (Peter Finch), journaliste vieillissant de la chaîne de télévision UBS News, lâche publiquement ce qu'il pense de la société américaine, des mensonges sur lesquels elle repose... Il perd quelques points d’audience et se voit licencié par Max Schumacher (William Holden) qui annonce son éviction à Howard Beale en le confrontant dans la rue à son potentiel public. Justement, bien peu de passants circulent. Les deux hommes sont presque seuls.

 

William Holden et Peter Finch Network---William-Holden-et-Peter-Finch.jpg

 

Désespéré Howard Beale, annonce son suicide lors de son dernier journal télévisé et compte mettre fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête devant des milliers de spectateurs.

 

Il se rétracte cependant mais l’annonce provoque chez le public un regain d’intérêt pour cet homme en colère. Ce coup d'éclat dû à sa déclaration fera sensiblement remonter l'audimat.

 

Howard Beale va rapidement devenir une sorte de prophète des temps modernes des Américains pour qui la télévision est bien plus réelle que leur propre vie, télévision qui a une emprise énorme sur ses spectateurs. Il anime alors un journal hors norme où des voyantes prédisent l’avenir politique des États-Unis.

 

Parallèlement à cette montée en puissance de l’info show-biz, la directrice des programmes de la chaîne, Diana Christensen (Faye Dunaway) incarne ce néocapitalisme sauvage, déshumanisé, elle qui réduit sa propre vie et tout ce qui l'entoure à des synopsis de séries B, formatés pour la télévision. Elle propose des documents mi-fiction mi-réalité sur des terroristes. Succès garanti. Tout ce qui sort de ce petit écran ne peut être que vrai.

 

Network---Faye-Dunaway-copie-1.jpg


Faye Dunaway

 

Mais Howard Beale va finir par lasser, à commencer par les dirigeants de sa propre chaîne, les vérités qu'il énonce étant pour le moins déprimantes.

 

 

Network est une critique acerbe et cynique sur le pouvoir et le monde de la télévision, sur le commerce qu'elle génère, où tout doit se réduire à des chiffres, à des taux d'audience, au détriment de l'humain.

 

Les protagonistes assurent effectivement qu’une toile se tisse autour du média télé, ici la chaîne UBS, et que ce média tisse à son tour une terrifiante toile d’araignée sur un public obéissant. Et le public est ici réduit à peau de chagrin, n’apparaît qu’en foule, anonyme, et exécute des ordres. Il crie sa hargne d’un gouvernement véreux mais reste consciencieusement derrière l’animateur vedette qui sombre progressivement dans la folie.

 

Network est alors surtout un film d’immeuble, celui de la chaîne UBS. Pour des raisons propres au scénario aucune télévision n’avait à l’époque accepté le tournage dans ses locaux. L’immeuble souvent filmé en contre-plongée est celui de la MGM, à New York. Film d’immeuble, de bureaux, de pièces, un film qui use avec maestria du cadre, de l’encadrement, de la boîte finalement, pour mettre en évidence l’omniprésence de la télévision − la petite lucarne − dans la vie quotidienne. Certains plans d’immeubles soulignent les alignements de fenêtres, alors perçues comme de véritables écrans.


Network---Peter-Finch-copie-1.jpgLorsque la télévision devient chez certains réalité, il faut alors penser comme elle, et la laisser instaurer sans état d’âme la contre-culture, les événements dramatiques, tels que faits-divers, braquages, etc,  sont jugés suivant leur potentiel audimat-audience.

 

 

La télévision-parc d’attractions doit lutter contre l’ennui et paradoxalement pour contrer ce fléau moderne, la vision du quotidien. La télé-réalité est donc magnifiée par un montage, des ellipses, des ralentis, des musiques, des people éphémères. Elle occupe l’attention et ne laisse pas place à la réflexion.


Les discours affluent dans ce Network, pour dénoncer, annoncer, proclamer, promouvoir. Et certains d’entre eux ont gardé une force argumentative qui fait froid dans le dos. Une voix off masculine ouvre, soutient et clôt le film, jouant d’une neutralité vocale qui assure l’horreur de ces délires médiatiques.


Network - Faye Dunaway-copie-2Diana Christensen, la directrice des programmes, l’a saisi et décide de concevoir des projets qui occupent le téléspectateur. "Une audience de 30 et un audimat de 20", voilà ce qu’elle attend de la vie, indifférente à la douleur, insensible à la joie. Ironiquement, cette Diane chasseresse porte le Christ en son nom et espère trouver des prophètes pour sa nouvelle religion.

 

Les couleurs jaune-rouge-orange-roux tournent alors autour de Faye Dunaway, autant pour la mettre en évidence dans la composition du plan que pour souligner sa pointe de folie et sa vision perverse du système.

 

La raison du dédain dont fut parfois victime Sidney Lumet, de moins en moins, il est vrai, réside probablement dans la manière dont son traitement, pourtant réfléchi et pertinent, s’est toujours adapté à son sujet. Pour Sidney Lumet, une bonne mise en scène ne doit pas s’imposer, ne doit quasiment pas "se voir" ; pour autant, il se compte bien peu de cinéastes fournissant un tel travail sur le cadrage, sur la texture de l’image ou sur le montage.

 

Dans Network, Sidney Lumet avait demandé à son chef-opérateur Owen Roizman d’utiliser le moins de lumière possible pour conférer un aspect documentaire au film, puis progressivement, au fur et à mesure des séquences, d’amplifier de manière imperceptible à la fois les éclairages et les mouvements de caméra, et accentuer ainsi la dramatisation de l’œuvre. Aucune esbroufe donc, pas de mouvements tapageurs ou d’effets sur-signifiants dans le cinéma de Sidney Lumet, mais une appréhension totale d’un sujet, avec une précision chirurgicale et un certain sens de l’anticipation.

 

Network---Beatrice-Straight.png


Beatrice Straight

 

Valable pour presque toute son œuvre, cette remarque devient particulièrement vraie pour Network, par exemple dépourvu de toute musique, où son efficacité feutrée exalte un propos sidérant de modernité : télé-réalité, ultra-libéralisme sauvage des grands groupes financiers, compromission économique du pouvoir politique, récupération commerciale de l'action terroriste, intérêts arabes dans l’économie américaine etc…

 

Network---Peter-Finch-copie-2.jpg Peter Finch

 

Network anticipait sur la société dans laquelle nous vivons aujourd'hui, pour montrer des personnages perdus dans un monde qui à force de changer en devient vide de sens. Finalement, peu importe ce que déblatère Howard Beale, c'est la manière dont il le dit qui assure son succès, vidé d'émotion.  Ou encore l'escapade amoureuse de Max et Diane, qui tourne à la réunion de travail, vidé de toute vie, dans ce cas. Et pour finir ces exécutives du studio qui discutent froidement de la mort d’Howard.

 

  Network---Faye-Dunaway-et-William-Holden.jpg


Faye Dunaway et William Holden    


Le choix de Peter Finch ne s'est pas immédiatement imposé à Sidney Lumet. De nombreux acteurs ont en effet été approchés pour le rôle titre de Howard Beale. Le premier à l'avoir été fut Henry Fonda, qui déclina rapidement l'offre, jugeant le rôle et le personnage trop hystérique. Le cinéaste se tourna vers Walter Cronkite, qui n'était pas intéressé; pas plus enfin que George C. Scott et Gene Hackman. Pour le rôle de Max Schumaker, la production hésita longtemps entre Glenn Ford et William Holden. La prestation de ce dernier dans le film-catastrophe La Tour infernale et l'immense succès du film finit par les convaincre de l'engager pour le tournage de Network.

William Holden et Faye Dunaway ont déjà tourné ensemble en 1974, à l'occasion de La Tour infernale

Network---Tim-Robbins.jpg

 

Network marque les débuts sur grand écran d'un certain, Tim Robbins, jouant le rôle, non crédité, de l’assassin du journaliste-prophète.

 

 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com - Antoine Royer

http://www.hollywood70.com

http://www.critikat.com - Carole Wrona

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

chris 06/10/2012 16:42


je vais faire lire ton article à ma mère. ça va peutêtre la guérir de l'addiction drucker; remarque c'est quand elle regarde ses émissions qu'elle dort le mieux

Michel Zorba 03/10/2012 19:21


salut Alain, entre la réalisation du film et aujourd'hui rien de changé côté tv, ou si, en pire !

 

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