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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 18:45

 

Date de sortie 30 avril 2014

 

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Réalisé par  Lucas Belvaux

 
Avec  Emilie Dequenne, Loïc Corbery,


Sandra Nkake, Charlotte Talpaert

Didier Sandre, Anne Coesens,

Amira Casar, Martine Chevallier


Genre Comédie Dramatique


Production Française

 

Le film est adapté du roman éponyme de Philippe Vilain


Philippe Vilain affirme : "Souffrir est une bêtise."

 

Pas son genre - Emilie Dequenne.Pas-son-genre---Loic-Corbery.gif

 

Emilie Dequenne                                                    Loïc Corbery 


Synopsis

 

Clément (Loïc Corbery), jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre.

 

C'est alors qu'il rencontre Jennifer (Emilie Dequenne).

 

Jennifer est une coiffeuse arrageoise de 35 ans. Divorcée, elle n’a que son fils auquel elle dispense beaucoup d'amour et de temps.

 

Elle est généreuse, entière. Quand elle aime, elle aime. Aucun autre homme n’existe. Elle a eu des aventures sans lendemain, sans engagement, elle en parle facilement, elle en a l’expérience.

 

Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines people et de soirées karaoké avec ses copines.

 

Pas-son-genre---Loic-Corbery---Emilie-Dequenne-.gif

 

Clément est un handicapé de l'amour. Prisonnier des mots il ne peut pas aimer, ni s’engager car pour lui, cela impliquerait de perdre toute possibilité de rester ouvert à ce que la vie réserve. Il considère qu’aimer une femme, c’est s’interdire d’en aimer des millions d’autres. Il est sincère sur le moment, mais refuse de promettre à long terme.

 

Il souffre de ses ruptures, et reste tout à fait conscient de la souffrance ressentie par la femme qu'il quitte, mais sentimentalement il n’est que dans le présent. 

 

Intellectuellement, il est brillant. Mais dans le domaine amoureux, l’attachement lui pose un problème. Au début de son histoire avec Jennifer, il sait qu’à la fin de l’année il quittera Arras.

 

Quand à vivre avec un enfant, ça lui est impossible.

 

Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

 

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Loïc Corbery et Émilie Dequenne

 

 

Extraits d'Entretien avec le réalisateur relevé dans le dossier de prese..

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en image le roman de Philippe Vilain ?

 
"Je ne connaissais pas le travail de Philippe Vilain. J’ai entendu Clémentine Autain parler de ce roman un matin à la radio, elle en parlait très bien, et son compte-rendu m’a tout de suite donné envie d’en faire un film. J’ai acheté le livre dans la journée. L’adaptation n’était pas évidente car l'histoire est racontée à la première personne. J’aurais pu lui rester fidèle en utilisant une voix off, mais on en restait au seul point de vue du narrateur, et ce regard masculin, les commentaires qu’il faisait en permanence sur le personnage féminin auraient déséquilibré la relation. Ce qui fonctionnait immédiatement, et de manière très forte dans le livre, à mon sens, n'aurait pas eu le même effet dans le film. J’ai choisi de rééquilibrer les points de vue, afin de regarder les deux personnages à la même distance, de les traiter de la même façon parce que, finalement, malgré leurs différences, je suis aussi proche d’elle que de lui.


'Madame Bovary c’est moi', comme disait Flaubert !

Moi, je suis tantôt Clément, tantôt Jennifer."

 

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Philippe Vilain raconte toujours à la première personne, sur un ton froid, distant, avec un regard qui peut sembler brutal...

 

Lucas Belvaux affirme : "j’aime beaucoup ses livres. Et son style, mais on ne peut pas adapter un style. C'est de l’autofiction, du roman introspectif, une réflexion sur l’amour qui se poursuit d’un roman à l’autre. Dans mon film, l’autofiction s’est perdue en route. Quoi que... Il y a toujours une part de soi qui se glisse dans un film, ou un scénario. Consciemment ou pas. Plus ou moins cachée, dans tel ou tel personnage. Parfois dans plusieurs."

 

 


 

D'où ce regard de cinéaste qui s’interdit de juger ?


"Sans doute. C’est une règle générale, presque un dogme. Je ne juge jamais un personnage, j’essaye d’être dans la vérité de chacun, d’accord avec chacun, même avec ceux qui mentent, même avec les pires. Tout le monde a ses raisons disait Renoir. C'est vrai, même si elles peuvent être bonnes ou mauvaises. À partir du moment où on juge un personnage, on le tue. Il devient un pur personnage de fiction, il est alors instrumentalisé et donc sans grand intérêt. Mon point de vue, j'essaie de le donner par la mise en scène."

 

On pense à Lola de Jacques Demy, cinéaste auquel quand vous montrez la complicité entre la mère et son gamin : un bonheur presque dansant, très chatoyant.

 

"Demy est le cinéaste de la légèreté. Même quand la gravité affleure, chez lui, la légèreté sauve de tout. C’est vrai qu’il y a cette amorce de comédie musicale, la façon dont elle court vers lui, et son goût pour les karaokés. La légèreté de Jennifer, c’est sa dignité, son élégance. Quelles que soient ses difficultés, elle fait tout pour être heureuse malgré tout, c’est quelqu’un pour qui le bonheur se construit, on ne l’attend pas. C’est un personnage debout, toujours."

 

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Le thème de la fracture sociale est récurrent dans vos films.

 
"Oui, mais ici, il s'agit plus d’une fracture culturelle que d’une fracture sociale. Mais c’est toujours un faisceau de choses qui déclenche un désir de film, en particulier une attirance immédiate pour des personnages. Là, autant elle que lui m’ont séduit. Quand j’ai lu le livre, j’ai eu envie de les voir, de les faire parler, s’aimer, se confronter."

 

 

 

 

 

Aviez-vous des références en tournant ?


"Je n’en ai jamais. C’est après coup que l’on peut se dire que, peut-être, il y avait du Truffaut dans Pour rire !, ne serait-ce que parce que la présence de Jean-Pierre Léaud pouvait donner au film un côté post-Antoine Doinel. Cavale pouvait évoquer une influence de Jean-Pierre Melville. Cette fois, je ne vois pas. C’est un film à deux personnages qui parlent et il fallait l’assumer tranquillement. Faire confiance aux personnages, aux dialogues, à la situation. À certains moments, dans les scènes du karaoké ou du carnaval, j’ai pu me lâcher. Mais sinon il fallait ne pas avoir peur des champs-contrechamps. Je voulais rester proche d’eux, bouger avec eux, être en intimité avec eux. Je voulais donner de l’espace aux comédiens, les laisser jouer. Le champ-contrechamp permet ça, on enregistre de longues scènes en une seule prise, que l’on monte après, mais où l’acteur a pu jouer 3 ou 4 minutes sans être interrompu. Pendant ces minutes-là, le temps appartient à l’acteur. Et l’espace aussi, l’espace à l’intérieur du cadre. Mais je ne me suis pas interdit les plans séquences, non plus...
J'ai essayé d'être le plus libre possible."

 

L’histoire se déroule à Arras. C’est votre univers !

 
"Je n’ai pas eu à tricher, c’était dans le livre ! Les deux grandes places d’Arras m’apparaissent comme des décors de théâtre, des toiles peintes. D’ailleurs ce sont presque des décors puisque toutes les façades ont été entièrement reconstruites après la guerre de 1914. C’est vrai qu’en tant que belge, je me sens chez moi. Les carnavals, les fanfares, la bière, les frites, la convivialité, ce sont des codes culturels que je connais. Clément, lui, n’est pas du coin, il considère cette ville comme un pensum, loin du monde, de son monde, bien qu’elle ne se situe qu’à une heure trente de Paris. Alors ce folklore où l’on se déguise, où l’on fait ce qu’on veut, où l’on se lâche, on boit beaucoup, on mange beaucoup, on parle fort, on rit fort, on danse, on chante dans la rue, le laisse indifférent. Il est là en spectateur."

 

Comment avez-vous choisi vos acteurs ?


Pas son genre - Loïc Corbery-copie-1"Pour le personnage de Clément ce n’était pas évident. Il fallait trouver un comédien qui soit beau mec, à l’impact de séduction immédiat, qui soit à la fois bon acteur et crédible en professeur de philosophie. Cela a été long, et je suis très content de Loïc Corbery, qui est sociétaire de la Comédie Française. Je ne le connaissais pas, c'est la directrice de casting qui me l'a présenté. Le test déterminant a été justement le commentaire sur Emmanuel Kant.
Au fil des jours, j'ai découvert un acteur formidable. A la fois très sérieux, très présent, très impliqué, mais toujours dans une espèce de légèreté et de bonheur réjouissants. La relation entre lui et Émilie était assez fascinante à regarder. Il y a eu un bonheur mutuel, je crois, à jouer ensemble, une grande générosité et une grande confiance, aussi.


J'ai beaucoup aimé travailler avec eux. Pour Jennifer, j’ai longtemps hésité avant de voir
Émilie. C’est une grande actrice, toujours juste, dont la grande qualité est d’être un phénix. A chaque nouveau rôle c’est une nouvelle actrice, elle se réinvente avec chaque personnage et chaque personnage qu’elle joue, on ne peut pas l’imaginer autrement que ce qu’elle en a fait. Je restais marqué par son dernier rôle, dans À perdre la raison de Joaquim Lafosse, Pas-son-genre---Emilie-Dequenne-copie-3.gifoù elle était formidable mais pas du tout conforme à ce que je voulais, or, ce qu'elle fait s'impose avec une telle force, que je n'arrivais pas à l'imaginer autrement. Et puis je me suis dit que c’était dommage, qu’il fallait que je la voie, et puis, dès la première rencontre ça a été évident. Jennifer ne pouvait être qu'Émilie. C'est une très, très grande actrice, qui allie talent, maîtrise technique, et générosité. Elle donne, elle donne tout, dans un abandon absolu et avec un contrôle du plateau inouï. Elle a beaucoup bossé pour chanter, elle a une énorme capacité de travail. C’est une actrice rare. Elle ne retient rien, elle y va, dans la confiance, la sincérité.

 

Pourquoi l’avoir teinte en blonde ?


"J’avais vu une photo d’elle comme ça, sur internet, au Festival de Cannes, je crois. Et c'était le personnage : fausse blonde, décolorée. Une image fabriquée pour plaire aux désirs de l'autre, tels qu'elle les imagine, en tous cas. Pour Jennifer, "les hommes préfèrent les blondes", forcément. Et puis ça illumine son visage. Ça fait partie de sa volonté d'être toujours "au top", de son refus absolu de se laisser aller, d'abandonner, de renoncer."

 

Pas-son-genre---Emilie-Dequenne-et-Loic-Corbery.gif.Pas-son-genre---Emilie-Dequenne-et-Loic-Corbery-copie-1.gif

 


 

Mon opinion

 

 

Voilà un film étonnant.

 

Rien à voir avec une comédie qui vous fera rire aux larmes. Juste sourire à plusieurs reprises avec, entre autres, plusieurs scènes de karaokés, ou certaines allusions aux "stars" cent pour cent people.

 

À ce côté paillettes va se heurter le monde d'Emmanuel Kant et sa pensée philosophique.

 

C'est à la fois profond, douloureux aussi, mais avec des moments de légèreté savamment maîtrisés. La mise en scène est d'une belle élégance. Le scénario parfaitement écrit et les dialogues subtils servent grandement l'intérêt du film.

 

"À partir du moment où on juge un personnage, on le tue." a déclaré Lucas Belvaux. Point de jugement ici. Juste le poids des mots, de la pensée aussi, qui deviennent chez certains un barrage infranchissable pour laisser passer les sentiments. 

 

Une histoire d'amour magnifiquement interprétée par deux comédiens, jeunes et beaux, qui tiennent en haleine du début à la fin du film. Et quelle fin !

 

Je ne connaissais pas Loïc Corbery. Une grande et belle découverte.

 

À ses cotés la lumineuse Émilie Dequenne déploie toutes les facettes de son talent. Elle illumine le film de bout en bout.

 

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Loïc Corbery et Emilie Dequenne

 

 

Sources

http://www.unifrance.org

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

armelle 04/07/2014 10:33


Je l'ai vu tout récemment lorsqu'il est passé une seconde fois au casino de Deauville. Ce film, très littéraire, m'a emballée. Une belle découverte et une réalisation subtile et tendre.

armelle 17/05/2014 09:52


Voilà une jolie histoire très proustienne revisitée en ce début de XXIe siècle. Je n'ai pas vu le film mais je ne le manquerai pas si l'occasion se présente. J'espère que je ne vous ai pas blessé
au sujet de "Dans la cour". C'est vrai que ce film m'a beaucoup déplu pour toutes sortes de raisons. Mais le ressenti de chacun donne aux critiques leur grande diversité. Voyons en ce moment ce
qui se passe avec "Grace de Monaco" ...

roijoyeux 10/05/2014 19:53


Aticle qui donne très envie de voir le film !!

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

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