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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 23:00

 

Date de sortie 3 avril 2013

 

Perfect-Mothers---Affiche.gif


Réalisé par Anne Fontaine


Avec Naomi Watts, Robin Wright,

Xavier Samuel, James Frecheville, Ben Mendelsohn,
Sophie Lowe, Jessica Tovey, Gary Sweet

 

Titre original Two Mothers


Genre Drame


Production Française, Australienne

 


Le film est une adaptation du roman de Doris Lessing, The Grandmothers. Lorsque le producteur Dominique Besnehard lui a fait découvrir le livre, Anne Fontaine a immédiatement été conquise par le quatuor néo-incestueux que formaient Lil, Roz et leurs fils.

 

La cinéaste y a vu une opportunité de dépasser le thème de triangulation si commun à ses précédents films. Anne Fontaine a également tenu à diminuer l'âge des protagonistes principales, évinçant de son récit les petits-enfants qu'elles avaient dans le roman. "Il est vrai qu’on retrouve dans Perfect Mothers des thématiques que j’ai déjà explorées, que ce soit dans Nettoyage à sec, dans Nathalie... J’aime les histoires d’amour anormales, les sujets ambigus : cela donne de l’épaisseur et de la profondeur aux personnages et c’est aussi une façon d’éclairer le spectateur, de le renseigner sur lui- même – sans didactisme, j’espère.... Dans notre vie, tellement programmée, le cinéma est quand même l’espace qui permet d’explorer nos zones d’ombre !" selon la réalisatrice.

 

Perfect Mothers - Naomi Watts et Robin Wright

 

Naomi Watts et Robin Wright

 

Synopsis

 

Inséparables depuis le premier âge, Lil (Naomi Watts) et Roz (Robin Wright) vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle.


A l’abri des regards, dans un Eden balnéaire presque surnaturel, le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre.

 

En apparence, du moins...

 

Perfect-Mothers-copie-1.gif

 

 

Lorsque son projet de film n'en était qu'à ses premiers balbutiements, Anne Fontaine s'est rendue à Londres pour y rencontrer Doris Lessing, auteur du roman original. Une fois là-bas, cette dernière lui a expliqué que son inspiration tenait d'une histoire qu'un jeune Australien saoul lui avait racontée dans l'obscurité d'un bar. Ami des héros, il avait vécu en témoin extérieur l'histoire d'amour de ses deux amis avec leurs mères respectives. Les deux femmes avaient grandi ensemble dans un rapport quasi-homosexuel, et avaient ensuite poursuivi ce rapport avec leurs fils. Le jeune Australien, bien loin d'être écœuré, éprouvait une jalousie terrible à l'égard de ses deux amis, car il jugeait leurs relations idylliques.  

 

Anne Fontaine s'est sentie confortée dans son désir : réussir à mettre le spectateur dans le même état d’esprit que celui du jeune Australien. Qu’il soit suffisamment envoûté par l’histoire pour transcender le point de vue moral. Le fakiriser, donc l’installer dans une atmosphère presque surnaturelle, faire en sorte que ce soit presque trop beau. Créer une légère anesthésie pour que, petit à petit, on découvre en dessous, comme des pelures d’oignon, le sentiment de solitude de ces deux femmes, quelque chose de douloureux qui se désintègre. Du point de vue du dispositif, c’était une façon plus perverse de faciliter l’accès à l’histoire. Lui donner toutes les chances, y compris vis-à-vis des gens qu’elle risquait d’indisposer.

 

Le sujet de Perfect Mothers n’est pas fait pour rassurer, ce n’est pas le but.

 

Perfect Mothers - Naomi Watts et James Frecheville  

 

Naomi Watts et James Frecheville


Anne Fontaine a choisi de ne pas respecter la fin de l'histoire, telle que l'avait imaginée Doris Lessing. La réalisatrice savait que le film ne pouvait pas se terminer comme la nouvelle : les belles-filles découvrent des lettres de leurs maris à leur maîtresses. Et puis quoi ? On ne sait pas... Anne Fontaine a demandé à Doris Lessing les raisons de cette fin que, personnellement, elle juge passionnante sur le plan littéraire, mais un peu frustrante au cinéma... "Pourquoi voulez-vous qu’il y ait une fin ?", a répondu  Doris Lessing.

 

La chronologie du récit a également été modifié. "Il aurait vraiment été dommage de savoir, dès le départ, comme c’est le cas dans le livre, que Lil et Roz, les deux amies d’enfance, vont devenir les maîtresses de leurs fils. Et il nous semblait plus étonnant encore de les montrer grands-mères, laissant penser que tout est apparemment rentré dans l’ordre, alors qu’on découvre que ce n’est pas tout à fait le cas." réplique Anne Fontaine.


C’est à ce moment que la réalisatrice a eu l’idée de casser le dispositif de la symétrie entre les couples et de laisser les choses ouvertes. Elle pense que c’est vraiment dans l’esprit de Doris Lessing : on reste sur quelque chose d’incorrect; les belles-filles partent et nous ne le regrettons pas. Le spectateur lui-même se met dans une situation d’anormalité. Il se dit : "Pourvu que les vieilles restent avec les jeunes !" Il était fondamental de garder cette suprématie du quatuor.

 

Perfect Mothers - Xavier Samuel et Robin Wright

 

Xavier Samuel et Robin Wright

 

Après quelques mois passés à écrire, Anne Fontaine s'est vite rendue compte que l'histoire ne fonctionnerait pas en français. "En France – c’est inhérent à notre culture - on a du mal à s’empêcher d’expliquer les choses, on tombe facilement dans la psychologie, ce qu’il ne fallait surtout pas faire avec Les Grand-Mères." explique la réalisatrice. Elle sentait profondément que ce sujet devait se dérouler dans un cadre d’une beauté éclatante. Il y a vraiment l’idée du paradis perdu dans la nouvelle de Doris Lessing qu'on ne trouve pas à Belle Île ou à Biarritz. Anne Fontaine n’imaginait pas non plus d’actrices françaises susceptibles de véhiculer la sensualité des deux personnages féminins. C’est à ce moment-là que Philippe Carcassonne, avec l’accord de Dominique Besnehard, m’a suggéré de tourner le film en anglais, parce que cela correspondait beaucoup mieux aux personnages et à leurs situations.

Anne Fontaine a alors réécrit le scénario et tourné le premier film de toute sa carrière dans la langue de Shakespeare.

 
Perfect-Mothers---Naomi-Watts-et-Robin-Wright-copie-1.gifLorsque le moment de devoir choisir les actrices s'est imposé à Anne Fontaine, elle a immédiatement pensé qu'il lui fallait créer un couple, qu’il y ait une gémellité entre les deux femmes quoique très différentes. Elles ne devaient pas être trop vieilles, pour que l'histoire ne tourne pas au sordide, et toujours très belles. Naomi Watts a immédiatement été emballée par la perspective de travailler avec Anne Fontaine, qu'elle connaissait au travers d'Isabelle Huppert. Robin Wright, elle, a été conseillée à la cinéaste par Julianne Moore. Anne Fontaine a mis plus de temps à se décider de l'engager, car elle craignait que son habitude à jouer les victimes rende son personnage plus mélancolique que ne l'est Roz. Pour compliquer les choses, d’autres grandes actrices, s’étaient montrées intéressées par le film. Ça a été le casting le plus long et le plus difficile auquel a été confronté la réalisatrice.   

 

À l'origine, Anne Fontaine souhaitait confier l'un des deux rôles féminins à son amie Julianne Moore, mais celle-ci a finalement dû se retirer du projet et laisser sa place à Robin Wright.

 

La scène du premier baiser entre Roz et Ian est absolument formidable. "Cela ne pouvait pas être un baiser normal. Je le voulais très long avec des moments d’arrêts. Que Robin Wright, arrive à faire passer à la fois le désir, le recul, l’effroi et le plaisir. On devine son visage dans le noir, on lit dans ses pensées : elle est consciente de franchir une ligne, elle hésite à faire machine arrière, et elle y va quand même." déclare Anne Fontaine.

 

Finalement, les deux femmes font tout sauf coucher ensemble. "Sauf que, par procuration, c’est un équivalent. Ce qui ne les empêche pas de préférer passer pour des lesbiennes aux yeux de la société dans laquelle elles évoluent ...une société, un environnement que j’ai d’ailleurs volontairement choisis de placer en dehors du temps pour rendre le propos plus universel; traiter le récit comme une allégorie." déclare la réalisatrice.

 

Perfect-Mothers---Naomi-Watts-et-James-Frecheville-.gif

 

Naomi Watts et James Frecheville


Ce qui séduit en elles, c’est leur courage. Elles essaient d’arrêter la machine, n’y parviennent pas, et, tacitement, décident de continuer. C’est assez rare tout de même dans une telle situation de reconnaître, comme le fait Lil, qu’elle n’a jamais été aussi heureuse de toute sa vie. C’est tout l’esprit de Doris Lessing qui souffle ici - sa détestation de la famille, son goût de la transgression.


Les marques de vieillesse sur le visage des actrices n'ont pas été rajoutées à l'aide d'effets spéciaux, mais dessinées avec du simple maquillage, aussi léger et naturel que possible. La cinéaste a particulièrement insisté pour que les visages restent vrais.


On retrouve la même homosexualité latente chez les deux garçons. "Elle est partout dans Perfect Mothers. Ces deux garçons, je les vois un peu comme deux frères. Même lorsqu’ils s’affrontent violemment sur la plage, on voit bien, qu’immédiatement, ils se ressoudent. Celui qui a blessé l’autre soigne sa "victime". Tout est également tacite entre eux. Ils n’évoquent jamais leur situation amoureuse. Au fond ils répètent, sans le dire, l’histoire de leurs mères. Ce n’est que lorsque Tom introduit une jeune femme dans l’espace affectif du quatuor que Ian exprime un différend et s’embarque sur un autre chemin. A partir de là, le film change de ton. On sent que le paradis commence à s’assombrir." rajoute Anne Fontaine.

 

Perfect-Mothers---Xavier-Samuel-et-James-Frecheville.gif

 

Xavier Samuel et James Frecheville


Le casting des deux jeunes hommes - James Frecheville et Xavier Samuel - a lui aussi été particulièrement contraignant. Le processus a été assez long, là aussi. D’abord parce qu’on ne trouve pas si facilement des fils à ces deux femmes-là... Robin Wright et Naomi Watts, outre leurs évidentes qualités d’actrices, ont une aura physique qui sort de l’ordinaire. La caméra ne les aime pas par hasard... Leurs "enfants" devaient donc avoir une présence singulière, et pouvoir exercer une sorte de fascination immédiate. C’est d’ailleurs un élément souligné par Doris Lessing elle-même : les allusions aux caractères "divins" de Ian et Tom, même si c’est dit sur un ton de semi-plaisanterie, sont directement tirées du livre. De plus, comme l'explique la réalisatrice "La transgression centrale du récit se nourrit de l’effet de "miroir" filial Roz cède à Ian parce que, entre autres raisons, celui-ci ressemble à Lil, parce qu’il est beau et attirant comme elle. Idem pour l’autre "couple"... En outre, il était indispensable qu’ils aient eux aussi des tempéraments très différents. James est plus animal, Xavier, plus cérébral. J’avais repéré le premier dans Animal Kingdom, dans lequel il joue un jeune homme pris au piège d’une famille de criminels. Xavier Samuel a davantage d’expérience : il a notamment tourné dans  Twilight.. J’ai beaucoup travaillé avec eux avant le tournage - les acteurs anglo-saxons ont un peu tendance à surjouer. Mais j’ai été étonnée par la façon dont ils arrivent préparés sur un film : je n’ai jamais vu un tel investissement en France.

 
Il s'agit de la seconde collaboration entre Anne Fontaine et Christopher Hampton, avec qui elle cosigne le scénario de Perfect Mothers. La cinéaste et le scénariste avaient déjà travaillé ensemble pour Coco avant Chanel, en 2009. "Je connais Christopher depuis dix-sept ans, je me sens très à l’aise avec lui. Cette complicité était capitale pour entreprendre un scénario dans une langue que je ne maîtrise tout de même que très moyennement." avoue Anne Fontaine. La nouvelle de Doris Lessing est très courte et le texte est finalement peu incarné. Il nous fallait absolument donner de la chair aux personnages.

En plus de retrouver Christopher Hampton, Anne Fontaine a également engagé, pour la seconde fois après Coco avant Chanel, le directeur de la photographie Christophe Beaucarne. "C’est un mariage qui a pour moi quelque chose de libérateur. Christophe privilégie toujours le sens du film et du récit par rapport à toute autre considération. Et le talent qui est le sien en lumière naturelle était particulièrement précieux dans nos conditions de tournage, où même la plupart de nos intérieurs communiquaient avec l’extérieur, la mer, le soleil..."

 

Perfect-Mothers---Robin-Wright-Penn-et--Xavier-Samuel.gif

 

Robin Wright et  Xavier Samuel


"Outre ses paysages magnifiques, l’Australie évoque un sentiment à la fois universel et intemporel. On ne sait jamais très bien où on est, en tout cas, du point de vue des étrangers, ni à quelle époque. Notre directrice de casting à Sydney, Nikki Barrett, dit d’ailleurs : "Ce n’est pas vraiment un pays, mais une réalité parallèle...", ce qui est très bien vu. Mais l’Australie est aussi un lieu vraiment sauvage, et il était évident que la nature devait participer à la sensualité des personnages. Ma rencontre avec Doris Lessing m’a confortée dans ce choix." avoue la réalisatrice. Il était évidemment crucial que la nature dans laquelle évoluaient les personnages participe à leur sensualité.

Fait devenu extrêmement rare, Perfect Mothers est l'un des derniers films tourné en 35mm format scope. En Australie, les techniciens regardaient l'équipe comme des vétérans. Impossible pourtant de rendre ainsi le grain de la peau en numérique ! Anne Fontaine a éprouvé un sentiment de liberté qu'elle n’avait pas connu depuis longtemps. Soudain, on se retrouve au milieu d’une équipe de quatre-vingt personnes qui ne comprennent pas toujours ce qu’on leur dit, de même qu’on ne comprend pas tout ce que, eux, disent.

 

Perfect-Mothers.gif

 

"Il n’y a pas ce microcosme qu’on connaît par cœur, on ne sent pas observée. Un autre pays, une autre culture : j’ai adoré cette perte de repères. C’était comme renouer avec la fraîcheur; très stimulant." avoue la réalisatrice avant de renchérir : "J’ai découvert aussi le rapport si particulier que la langue anglaise entretient avec le cinéma. Un rapport très sensuel, pas du tout psychologisant." Séduite par son expérience filmique en Australie, uniquement en anglais et impressionnée par la dévotion que confère les acteurs anglophones à leurs rôles, Anne Fontaine tournera son prochain film, Gemma Bovery, d’après la BD de Posy Simmonds, en français et en anglais.

 
Perfect Mothers a fait sensation au festival de Sundance, où il était présenté hors compétition, mais pas tout à fait dans le sens où on pourrait l'entendre : un groupe conservateur du nom de Sutherland Institute a exigé que le budget alloué au festival par le gouvernement soit réduit s'il se bornait à présenter des films moralement douteux, et en contradiction avec les valeurs familiales de l'Utah. Les films concernés ? Perfect Mothers, mais également Lovelace, un biopic sur la fameuse actrice du film pornographique Gorge profonde, incarnée par Amanda Seyfried, et Don Jon, la première réalisation de Joseph Gordon-Levitt . Un Dom Juan des temps modernes obsédé par les films X.

 

     

 

Sources :

http://www.unifrance.org

http://www.imdb.com

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2013
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clovis simard 26/08/2013 13:39


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