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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 19:30

 

Date de sortie 15 octobre 2014

 

Samba---Affiche.gif

 


Réalisé par Eric Toledano, Olivier Nakache


Avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim,

Izïa Higelin, Hélène Vincent, Christiane Millet, Issaka Sawadogo


Genre Comédie dramatique


Production Française

 

 

En décrivant la descente aux enfers de Samba, vous soulevez un problème de société épineux…


Eric Toledano : En fait, nous avons mis des visages sur des statistiques. Aborder le côté politique du sujet, ce n’est pas notre rôle, pas plus que de faire passer un message. En revanche, le cinéma permet au spectateur de découvrir par des personnages et leur quotidien, un monde que souvent il ne connaît pas autrement que par le débat public et les medias. Et à partir de là, cela peut lui donner matière à réfléchir différemment.


Olivier Nakache : Cette histoire nous offrait l’occasion de montrer des univers auxquels le cinéma français s’est peu intéressé jusqu’ici : des échafaudages, des chantiers, des centres de tri à ordures, des fonds de cuisines, des images de gars sur les quais d’Aubervilliers en train d’attendre à 5h du matin que des chefs de chantiers les embauchent pour la journée… Nous avons voulu filmer ces travailleurs invisibles d’aujourd’hui dans leurs décors.

 

 

Synopsis

 

Samba (Omar Sy), un sans-papiers sénégalais, vit illégalement en France depuis 10 ans. Il multiplie les petits boulots dans la restauration. Malgré de nombreuses tentatives, il n'a jamais pu régulariser sa situation. Alors qu'il séjourne dans un centre de rétention à Roissy et qu'il est sur le point d'être expulsé, deux femmes appartenant à une association d'aide aux sans-papiers interviennent.


Samba - Omar Sy Omar Sy

 

Parmi elles Alice (Charlotte Gainsbourg), une ex-cadre supérieure à la Défense, qui est en arrêt maladie suite à un burn-out. La jeune femme, épuisée pschologiquement, tente de se reconstruire en apportant une aide juridique à l'association.

 

Elle va tout faire pour aider Samba à obtenir ses papiers...

 

Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu'au jour où leurs destins se croisent...

 

Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d'imagination qu'eux ?

 

Charlotte Gainsbourg Charlotte-Gainsbourg---Samba.gif

 

D’où est née l’idée de construire un film autour d’un immigré clandestin et d’une victime de burn-out ?
Eric Toledano : Samba s’est construit par étapes. Olivier et moi avions depuis longtemps en tête l’image de ces travailleurs qu’on voit fumer dehors en tablier de cuisine à la sortie des restaurants - des Africains, des Asiatiques, des Sri Lankais en pause pour quelques instants. Avant de tourner Intouchables, nous avions écrit un script d’une dizaine de pages autour de ce sujet. Ce sont d’abord des images qui nous inspirent : elles racontent des vies, des destins. Olivier Nakahe : Là-dessus, l ’aventure d’
Intouchables nous a fait toucher du doigt – sans en souffrir, bien au contraire - ce que pouvait être le phénomène du burn-out, la surchauffe, l’absence d’horaires et de week-ends. Nous avons commencé à nous documenter sur ce phénomène de plus en plus fréquent. Sur celles et ceux qui craquent sous la pression de la performance ; pour qui le travail "bouffe" tout le reste…

 

De là à faire se télescoper ces deux sujets…

 
Eric Toledano : Cela s’est imposé naturellement : en fait, c’est un seul et même thème : le rapport au travail, du plus bas au plus haut de l’échelle. D’un côté, Samba, un travailleur clandestin qui a quitté son pays et cherche à régulariser sa situation pour honorer la promesse d’emploi qu’il a décrochée ; de l’autre, Alice, cadre supérieure qui a tout pour être heureuse, mais souffre de surmenage qui a débouché sur un pétage de plomb. Ils considèrent tous les deux le travail comme la valeur suprême mais, en se rencontrant, ils vont découvrir de nouveaux horizons, et tenter de se frayer un autre chemin vers le bonheur que celui imposé par le monde du travail et la réussite sociale. Le travail est-il le sens ultime de l’existence ? L’idée de poser la question ouvertement nous emballait beaucoup.

 

Vous vous inspirez également du livre de Delphine Coulin, "Samba pour la France"

 
Olivier Nakache : Il nous a servi de base. Nous nous en sommes emparés et y avons mis notre patte en imaginant notamment le personnage d’Alice qui n’existait pas dans le roman. Dans Samba pour la France, une narratrice - Delphine Coulin - raconte l’histoire de Samba à travers son expérience dans une association qui s’occupe de venir en aide aux migrants. Nous avons voulu développer davantage ce personnage : Eric et moi souhaitions mettre en scène un vrai couple de cinéma, ce que nous n’avions jamais fait jusque-là.

 

Delphine Coulin, l’auteure du livre, et sa soeur, Muriel Coulin, cosignent le scénario de Samba avec vous. C’est la première fois que vous vous associez d’autres personnes à l’écriture de vos films...


Olivier Nakache : Elles sont très loin de notre univers et ont un parcours bien particulier. Le
point de rencontre entre elles et nous était très intéressant.
Eric Toledano : Jusqu’ici, Olivier et moi avons toujours projeté nos névroses et notre écriture sur des personnages masculins. Delphine et Muriel ont apporté une part féminine et nous ont permis d’aborder le personnage de Charlotte avec plus de sérénité.

 

Samba est très documenté...


Eric Toledano : Oui, nous avons effectué des stages dans des associations, regardé des documentaires et beaucoup lu. Chaque personnage du film correspond à quelqu’un que nous avons rencontré ou est un mix de plusieurs.

 

La scène où Samba est libéré du centre de rétention et prié, dans la foulée, de quitter le territoire français sous 72 heures est particulièrement drôle…


Eric Toledano : Elle est totalement réaliste et résume l’hypocrisie d’un système qui a malgré tout besoin de cette main d’oeuvre : un travailleur clandestin qui a mis deux ans pour arriver en France ne va bien évidemment pas quitter spontanément le pays en prenant un aller simple ! Mais nous choisissons d’en faire une scène comique. C’est une façon moins didactique de communiquer avec le spectateur, plus légère. Quelles que soient les situations,
nous ne fermons jamais la porte au registre de la comédie. Lorsqu’une scène est chargée dans sa dramaturgie, nous n’hésitons pas à tenter d’y glisser de l’humour derrière : C’est l’arme la plus efficace. Encore une fois, nous n’avons pas vocation à passer un message.

 

Charlotte-Gainsbourg---Samba-copie-1.gif Charlotte Gainsbourg

 

Y-a-t-il vraiment des victimes de burn-out qui viennent se soigner, comme le fait le personnage de Charlotte Gainsbourg, dans des associations de bénévoles ?


Eric Toledano : On peut l’imaginer. Dans Global Burn-Out de Pascal Chabot (Presses Universitaires de France) qui nous a beaucoup inspirés, l’auteur dresse le portrait de personnes victimes de fatigue, d’anxiété, de stress, de dépersonnalisation, de travailleurs qui ont l’impression d’avoir trop donné sans recevoir et qui à un moment perdent la notion de sens. Plusieurs chapitres parlent alors d’un travail de reconquête du sens par le volontariat ou le bénévolat. C’est ce que le personnage de Charlotte Gainsbourg incarne avec brio : par son travail de bénévolat dans cette association, elle tente de se reconnecter à des sensations, retrouver l’empathie, sa sensibilité aux autres, au monde extérieur…
Olivier Nakache : Et puis évidemment, lorsqu’on apprend que pour apaiser ces personnes atteintes de burn-out, il arrive qu’on les mette en contact avec des chevaux ou des poneys qu’on leur fait caresser, on prend aussi : il y a là matière à faire une scène de comédie.

 

Samba est constamment obligé de changer d’identité et de jouer avec son apparence au point de ne plus savoir qui il est vraiment…


Olivier Nakache : Il lui faut utiliser tout un tas de stratagèmes pour réduire les risques de se faire arrêter par la police : éviter les gares, se fondre dans la masse en s’habillant comme un cadre et en se promenant avec une mallette en cuir au bout du bras - et peu importe qu’elle soit vide. Il se déguise, change de nom et d’aspect et, ce faisant, s’efface peu à peu de lui-même. Comment savoir qui on est quand on vit dans la clandestinité ? Du coup vous verrez dans le film, on en apprend beaucoup plus sur les lecteurs de Cheval magazine.
Eric Toledano : Sa démarche est celle d’un acteur, elle fait partie du grand théâtre de la vie : l’avocat enfile une robe pour le défendre, Samba porte une casquette pour ressembler à son oncle dont il emprunte, à un certain moment, l’identité. Nous ne sommes ni dans une farce ni dans une comédie concept. Nous sommes dans la réalité et le cinéma a vocation à la représenter.

 

 

Omar-Sy---Samba-.gif.Omar-Sy---Samba--copie-1.gif
Omar-Sy---Samba--copie-3.gif.Omar-Sy---Samba--copie-2.gif

 

Dans vos longs métrages précédents, vous revendiquiez l’influence de la comédie italienne des années 1960 et 1970...


Eric Toledano : Et c’est encore plus vrai pour  Samba. Le cinéma d’Ettore Scola, de Dino Risi ou de Mario Monicelli avait le talent d’aborder de vrais sujets avec une émotion, une empathie, et une drôlerie extraordinaires, toujours porté par de très grands acteurs. On a le sentiment qu’après lui, la comédie est devenue un peu dénigrée et que le vrai cinéma est devenu plus sérieux ; un peu comme si les deux branches s’étaient séparées. Nous avons creusé cette veine et celle des comédies sociales anglaises. À leur image, on se nourrit du réel et après on le transforme.

 

Dans Intouchables, vous faisiez se confronter un loubard de banlieue avec un riche homme d’affaires handicapé ; dans « Samba », vous réunissez un sans-papiers avec une jeune cadre psychiquement fragile. D’où vous vient ce désir de réconcilier les extrêmes ?

 
Eric Toledano : Réconcilier peut-être pas, mais les faire se rencontrer et voir ce qui pourrait se passer, oui, c’est vrai ! Peut-être ferons-nous un jour une psychanalyse pour comprendre les raisons de cette envie… Est-ce parce que la société nous paraît de plus en plus clivée, crispée, de plus en plus communautariste ? Et puis, ces rencontres inattendues sont des trésors d’humour et d’émotion pour le cinéma. Nous ne sommes pas obligés de laisser le monopole de la parole aux discours haineux. Et puis la dernière fois que l’on a porté à l’écran un tel message de réconciliation, on s’est rendu compte que beaucoup de gens en avaient besoin et se retrouvaient dedans.

 

Vous semblez prendre également beaucoup de plaisir à faire se mélanger les générations, notamment dans les scènes avec les bénévoles de l’association.


Olivier Nakache : Les gens qui y travaillent le font de manière désintéressée, ils ne sont pas dans la performance. On y trouve de jeunes stagiaires qui arrivent au bout d’un cycle d’études, des retraités - il y en a beaucoup dans le film pour servir de ressorts de comédie, mais il y a aussi pas mal de personnes en activité qui profitent d’un congé pour s’investir et se rendre utiles. Le milieu associatif nous est familier : nous nous y sommes toujours sentis bien.
Eric Toledano : C’est un milieu qui nous parle, donc nous le décrivons : comme dans cette scène où chacun, toutes générations confondues, fait un voeu et danse sur Bob Marley. Il y a d’ailleurs sans doute une filiation entre cette ambiance et notre façon de faire du cinéma. Nous aussi, pendant les tournages, nous faisons tout ensemble et il y a toujours 70 personnes à table. On assume complètement cette envie et ce besoin de collectif.

 

Les sans-papiers que vous filmez sont loin d’être des anges : Samba trahit son copain Jonas, rencontré en centre de rétention, en couchant avec sa fiancée…

 
Olivier Nakache : Pourquoi faudrait-il qu’ils soient des anges ? De la même manière qu’on ne peut les fantasmer uniquement comme une menace, on ne peut pas non plus les idéaliser. Ce sont des histoires de la vie : Samba est d’abord un homme avec ses faiblesses, ses failles et ses tentations. En faire un saint aurait été le réduire à la seule dimension de l’immigré qui travaille pour envoyer de l’argent à sa famille. Non, il vit aussi et il a raison. C’est le contexte de sa rencontre avec Jonas (Issaka Sawadogo) dans le centre de rétention qui est dingue, elle existait dans le livre de Delphine Coulin, et c’était une des nombreuses qualités de son écriture, son réalisme, à un moment la vie reprend le dessus : Samba fait une connerie et cela va lui coûter cher.

 

La double fin du film est très étonnante…


Eric Toledano : Il nous fallait tenir jusqu’au bout ce mélange de comédie et de drame qui le caractérise. Nous ne pouvions pas terminer sur une seule note, le film ne nous aurait pas ressemblé. Il y a donc une fin dramatique et une autre, davantage porteuse d’espoir.

 

Tahar Rahim et Omar Sy Samba---Tahar-Rahim---Omar-Sy.gif

 

Après un succès tel que celui d’ Intouchables qui a réuni 51 millions de spectateurs (et se décline désormais en remake et en spectacles dans le monde entier), vous êtes-vous senti fragilisés à l’une ou l’autre des étapes du film ?


Eric Toledano : Nous sommes au tout début de notre carrière, nous ne sommes pas des sportifs, nous ne cherchons pas à battre des records mais à essayer de progresser dans notre art. Nous savions que nous ne pourrions pas éviter la comparaison avec
Intouchables mais étions conscients qu’il ne fallait pas en rester prisonniers. On devait avancer avec la spontanéité et l’envie, toujours. Ce qui nous tenait à coeur, c’était de surprendre à nouveau.
Olivier Nakache : Maintenant, si les 51 millions de spectateurs veulent aller voir Samba, il n’y a pas de souci !

 

 

Samba - Affiche 1

 

Mon opinion

 

Pour ne pas se noyer dans le difficile problème des sans-papiers les réalisateurs choisissent de survoler le propos, tout en frôlant le pathos mais sans rien dénoncer de ce douloureux fait de société.

 

Très loin de Welcome, le film de Philippe Lioret, Samba ne réussit pas à émouvoir véritablement et choisit de multiplier les doses d'humour, pas toujours réussies, qui finissent par mettre sur la touche l'essentiel du propos.

 

Le film n'en reste pas moins parfaitement documenté. Nombre d'endroits sont connus et parfaitement reconnaissables par les riverains de certains arrondissements de la capitale.

 

Quelques rares moments dérident l'ensemble et donnent du rythme à un scénario alambiqué qui se perd dans trop de détails.

 

Je retiens ce joli moment au cours d'une "fête associative" au cours de laquelle la formidable et lumineuse Charlotte Gainsbourg investit la piste de danse au bras d'un Tahar Rahim convaincant.

Un autre passage offre à Hélène Vincent une formidable opportunité, pour une comédienne de sa trempe, quand elle se laisse aller sur la musique de Bob Marley. Omar Sy ne laisse pas éclater son rire retentissant. Il tente de rester dans son rôle avec cet accent africain pas toujours constant mais qui l'emprisonne et finit par devenir étouffant. Tahar Rahim m'aurait paru plus crédible dans le rôle de Samba.


À la toute fin du film, Charlotte Gainsbourg, magistrale, reprend son job initial dans une grande entreprise. Chargée du recrutement, elle s'installe devant quatre hommes soumis à sa seule décision. Est-ce un message de prise de pouvoir par les femmes ?

 

Si oui, cette seule démonstration me ravit.

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

Johanne 18/10/2014 18:39


Bonsoir Alain, nous l'avons vu également. Carrément décevant. Trop long, trop mou, trop démonstratif. En revanche nous tombons d'accord avec toi pour Charlotte Gainsbourg et Hélène Vincent. De
jolis moments, heureusement. Bises

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

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François Truffaut

 

 

 

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