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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 18:50

 

Date de sortie 20 août 2014

 

Sils-Maria---Affiche-.gif


Réalisé par Olivier Assayas

 
Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz,

Lars Eidinger, Johnny Flynn, Hanns Zischler, Nora Von Waldstätten

 
Genre Drame


Production Française

 

- Césars 2015 Meilleur second rôle féminin  pour Kristen Stewart

 

Synopsis

 

Wilhelm Melchior est un dramaturge et metteur en scène ayant adapté sa propre pièce, Le Serpent de Maloja. Cette pièce à permis de révéler une jeune actrice, âgée de 18 ans, à l’époque inconnue, Maria Anders (Juliette Binoche), dans le rôle de Sigrid.


Dans la pièce, Sigrid, jeune femme de 20 ans séductrice, charismatique, sûre d’elle et conquérante prenait l’ascendant sur Hélène, une femme de vingt ans son aînée, riche et considérée.  Domination psychologique et sexuelle qui la mènera au suicide.

 

Vingt ans ans plus tard, Maria Anders, maintenant grande actrice internationalement reconnue, se rend, accompagnée de sa fidèle agent Valentine (Kristen Stewart), à un hommage rendu à Wilhelm Melchior .

 

Une proposition est faite à Maria Anders, reprendre le rôle d’Helena.

 

Jo-Ann Ellis (Chloë Grace Moretz), appartenant à une nouvelle génération d’actrices, dans le rôle de Sigrid.


Maria Anders et Valentine, entreprennent de répéter ensemble le rôle d’Helena, à Sils Maria, un chalet perdu dans les montagnes.

 

Un lieu d’importance, puisqu’il s’agit de l’endroit ou Wilhelm Melchior à crée la pièce Maloja Snake.

 

Juliette-Binoche---Kristen-Stewart---Sils-Maria.gif

 

Juliette Binoche et Kristen Stewart

 

Ce film, qui traite du passé, ou plutôt de notre rapport à notre propre passé, à ce qui nous constitue, a une longue histoire. Celle qu’en pointillés nous partageons, Juliette Binoche et moi. Nous nous sommes rencontrés à nos tout débuts quand j’avais écrit avec André Téchiné Rendez-vous, récit peuplé de fantômes et dont, à vingt ans, elle avait été l’interprète principale. Il s’agissait déjà de l’invisible, et du chemin parcouru par une jeune comédienne vers le rôle où elle s’accomplira. Depuis, nos chemins ont été parallèles, ne se croisant que bien plus tard quand nous avons tourné ensemble L’Heure d’été en 2008.


C’est Juliette qui, la première, a eu l’intuition qu’il y avait dans notre histoire commune une opportunité manquée, ou plutôt un film, resté virtuel et qui renverrait pour l’un comme pour l’autre à l’essentiel. C’est porté par cette même intuition que j’ai commencé à prendre des notes, puis à donner forme à des personnages, à un récit, qui attendaient depuis longtemps d’exister. L’écriture est un chemin, celui-ci tient au vertige, celui du temps, suspendu entre l’origine et le devenir ; pas étonnant qu’il m’ait inspiré des paysages de montagnes, des sentiers escarpés. Qu’il y ait à la fois la lumière du printemps, la transparence de l’air et les brumes du passé, celles du phénomène nuageux de Maloja. Un chemin qui à la fois me ramenait là où tout commence, pour Juliette comme pour moi, et puis là où aujourd’hui nous pouvons nous retrouver, dans l’interrogation du présent, et surtout dans celle du futur.

 

Juliette-Binoche---Sils-Maria.gifMaria Enders est comédienne, avec Valentine, son assistante, elles explorent les richesses, les complexités des personnages imaginés par Wilhelm Melchior, et qui vingt ans après n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Mais il ne s’agit pas tant du théâtre et de ses illusions, ni des méandres de la fiction, que de l’humain, le plus simple, le plus intime aussi. En cela que les mots, ceux des auteurs, ceux que les comédiens s’approprient, ceux que les spectateurs laissent résonner en eux, n’évoquent rien d’autre que les questions que nous nous posons tous, tous les jours, dans notre monologue intérieur. Oui, bien sûr, le théâtre c’est la vie. Et même un peu mieux que cela, car il en dévoile la grandeur, dans le pire comme dans le meilleur, dans le trivial comme dans nos rêves. En ce sens, Maria Enders n’est ni Juliette Binoche, ni moi-même, elle est chacun d’entre nous dans cette nécessité de revisiter le passé, non pas pour l’élucider, plutôt pour y trouver les clés de notre identité, ce qui nous a construits, ce qui persiste à nous faire avancer. Elle se penche sur le vide et observe celle qu’elle était à vingt ans : au fond la même, c’est le monde qui a changé autour d’elle, et la jeunesse qui s’est enfuie. La jeunesse en tant que virginité, en tant que découverte du monde : cela ne se rejoue pas deux fois. Par contre, ce que la jeunesse nous a appris, on ne l’oublie jamais, cette constante réinvention du monde, le déchiffrage d’un réel hyper-contemporain et le prix à payer pour s’y inscrire. Donnant à chaque nouvelle fois l’urgence et le danger d’une première fois.

C’est la confrontation entre le passé et le présent d’un paysage qui m’a inspiré d’y inscrire la comédie – ou le drame, selon la perspective qu’on choisira – d’une actrice se plongeant, par obligation professionnelle, ou morale, plutôt que par désir, sur le gouffre du temps. Quand on se penche sur ce vide, celui-ci ne peut nous renvoyer grandchose d’autre que notre propre image, figée dans l’absolu présent. Au coeur de  Sils Maria, c’est cet instantané. Maria Enders, se découvre diffractée en mille avatars qui résonnent dans le monde virtuel de la notoriété – et de la détestation – médiatique moderne. Là où s’efface la frontière entre le plus intime, le plus pauvrement banal, et la place publique virtuelle. On la cherche, on ne la trouve pas : peut-être, tout simplement, qu’elle n’existe plus. Maria Enders est-elle la jeune fille qui autrefois a interprété Sigrid dans le film de Wilhelm Melchior, est-elle l’adulte, la femme mûre que lui renvoie le regard d’autrui ; ou bien encore l’un ou l’autre des personnages qu’elle a incarné, l’un ou l’autre des visages qui apparaissent lorsque l’on clique son nom sur Google Images ou sur YouTube ? Y a-t-il quelque chose à quoi elle pourrait se raccrocher, sinon le secret de son intimité, où le temps ne s’inscrit pas ? Là où il ne fait que s’écouler, comme le Phénomène nuageux de Maloja ?

 

Chloe-Grace-Moretz---Sils-Maria.gif

 

Chloë Grace Moretz


Très tôt j’ai pensé aux nuages, au ciel au-dessus de la vallée de l’Engadine, à ce qu’un paysage à la fois intimidant et si humain a d’immuable et en même temps de mouvant. Il est étrangement inscrit dans le temps, témoin des êtres qui l’ont parcouru, qui s’y sont fondus, à toutes les époques. Et qui firent l’expérience de ces vertiges. En 1924, à l’aube du cinéma, Arnold Fanck, l’un des pionniers de la photographie alpine, a filmé l’étrange Phénomène nuageux de Maloja où se mêlent les cimes, les nuages et le vent, dans une abstraction qui évoque la peinture classique chinoise. Il l’a fait en noir et blanc et on ne le connaît plus aujourd’hui que d’après une copie usée, rayée, en somme un souvenir de ce qu’il a pu être, et sur lequel à son tour s’est inscrit le temps. Il est troublant, néanmoins, d’y ressentir une vérité intime, mystérieuse de ces lieux, malgré, ou grâce aux filtres qui nous en séparent ; ils s’y révèlent à travers une subjectivité éloignée de nous de près d’un siècle. N’est-ce pas exactement le processus de l’art qui reproduit le monde mais par un regard singulier qui soustrait autant qu’il révèle, mettant à jour le visible et l’invisible, indifféremment ?

 
Propos d' Olivier Assayas recueillis dans le dossier de presse.

 

Arnold Fanck et le film de montagne.

 

Alpiniste, docteur en géologie, il s’intéresse très tôt au cinéma. D’abord documentariste, il tourne en 1913 un premier film sur l'ascension du Mont Rose qui fait de lui le pionnier  des films de nature, de sport et de montagne. C’est en 1924 qu’il tourne Le Phénomène nuageux de Maloja. Ce film dont le négatif original durait 14mn 30, n’est plus connu que sous la forme de deux copies nitrate identiques, conservées l’une en Autriche, l’autre en Suisse, d’une durée de 9 minutes. Arnold Fanck passe à la fiction en 1925, ses opérateurs sont deux autres pionniers de la prise de vue en altitude, Sepp Algeier et Hans Schneeberger. Il est l’inventeur du film de montagne en tant que genre. En particulier grâce au succès des films qu’il réalise entre 1924 et 1931 avec pour vedette Leni Riefenstahl, souvent en couple avec Luis Trenker : La Montagne sacrée réalisé en 1926, Le Grand saut en 1927, Le Stade blanc en 1928, L’Enfer blanc du Pitz-Palü en 1929, co-réalisé avec G.W. Pabst et qui lui vaudra son premier succès international, Tempête sur le Mont-Blanc réalisé en 1930 et L’ivresse blanche en 1931. Arnold Fanck fuit d’abord la montée du national-socialisme, tourne à l’étranger. Y compris au Japon. Puis revient en Allemagne en 1939, prend sa carte du parti nazi en 1940, réalise deux films de propagande. Interdit de tournage après la guerre, tous ses films sont bannis. C’est la fin de sa carrière. Il tombe dans la pauvreté et devient ouvrier forestier.

 

Le Serpent de Maloja.

 

En sortant tôt à l'automne en Engadine, on peut avoir la chance d’observer l’étrange "serpent" de Maloja progresser entre les montagnes. Ce phénomène redouté, signalant généralement la venue du mauvais temps, se produit lorsqu’un air humide montant des lacs italiens se transforme en nuage en passant le col de Maloja. Il s’étire, s’allonge et s’écoule dans la vallée, au-dessus de Sils Maria, Silvaplana et jusqu’à St Moritz. Puis, en début d’après-midi, s’installe immanquablement un autre phénomène propre à l’Engadine : le vent de la Maloja. Ce flux d’air déroute lui aussi les météorologues. En effet, en vallée, les vents diurnes sont des vents montants. Celui-ci est un vent de nuit durant la journée ou encore un vent inversé.

 

Sils Maria-copie-1

 

L’Engadine, la plus grande et plus haute vallée alpine peuplée toute l’année est considérée comme l’avant-scène du paradis. Ses beautés naturelles sont célèbres dans le monde et omniprésentes au niveau médiatique.

 

 

Toutefois, une telle corne d’abondance pleine de préciosités naturelles laisse presque oublier deux phénomènes tout à fait spéciaux, pour ne pas dire incroyables: Le serpent de Maloja et le vent de Maloja.

 

Nietzsche et Sils Maria

 

A la fin de juillet, Nietzsche, fuyant la chaleur, monta vers cette Engadine dont, deux ans auparavant, il s'était si bien trouvé, et s'installa de façon rustique dans le village de Sils Maria. Il y eut, pour un franc par jour, une chambre chez un logeur ; l'auberge voisine lui fournit ses repas. Grande solitude, le temps des "Palaces" n'était pas encore venu pour les hauts lieux, et Nietzsche, lorsqu'il se trouvait d'humeur causante, allait rendre visite à l'instituteur ou au curé, braves gens qui gardèrent le souvenir de ce professeur d'allemand si instruit, modeste et aimable. Sils MariaLe professeur d'allemand masquait aux bonnes gens une émotion profonde. Plus que jamais il se sentait remué, intérieurement porté vers des cimes inconnues. [...]

 

Une après-midi, cheminant à travers bois vers SilvaPlana, il s'assit auprès d'une puissante saillie rocheuse aujourd'hui consacrée à sa mémoire, non loin du lieu appelé Surlej. Les eaux du lac de Sils baignent la base de cette saillie qui, dans ses proportions réduites, garde la majesté d'une cime, aiguisée comme un pic. C'est là que Friedrich Nietzsche eut l'intuition de l’éternel Retour en 1881 à Sils Maria lors de son premier séjour

 

 

 

 

Nietzsche y passa de nombreux séjours durant l'été entre 1883 et 1888. La maison où il habita est devenue un musée. L'Hôtel Edelweiss fondé en 1876 situé juste à côté et à la terrasse duquel il prenait plaisir à s'attarder, existe toujours.

 

Il en établit ainsi la donnée : le cosmos est animé par un mouvement cyclique, qui est sans terme; les éléments qui le composent sont en nombre fini; le nombre des combinaisons dont ils sont capables l'est donc également; chaque instant, donc, est appelé à revenir. Voici Nietzsche, convalescent de longues douleurs, assis à l'ombre de ce roc, visité par l'extase. Dans tel nombre de jours, strictement limité, ce même Nietzsche, ce même convalescent, se retrouvera en ce même lieu, et sera visité par cette même extase. Tel est le mythe du Retour éternel. [...] Nietzsche écrit : "Que tout revienne sans cesse, c'est l'extrême rapprochement d'un monde du devenir avec un monde de l'être : sommet de la méditation". Et la date de la signalisation de la note : "Commencement d'août 1881, à Sils-maria, à 6500 pieds au-dessus de la mer et beaucoup plus au-dessus de toutes choses humaines !"
Daniel Halévy chap. La vision de Surlej.

 

De nombreux auteurs du XIXème siècle et du XXème siècle séjournèrent à Sils Maria, notamment Annemarie Schwarzenbach, Thomas Mann, Marcel Proust, Hermann Hesse, Pierre Jean Jouve, Alberto Moravia, Franck Venaille, Jean Cocteau, Rosetta Loy.

 

"Nous nous sommes aimés dans un village perdu d’Engadine au nom deux fois doux : le rêve des sonorités allemandes s’y mourait dans la volupté́ des syllabes italiennes", écrivit Marcel Proust dans Les Plaisirs et les jours.

 

Mon opinion

 

 

Un film fort et passionnant.

 

Le thème sur le temps qui passe, les marques d'un premier rôle pour une actrice à la renommée internationale. Sa confrontation avec le présent. L'auteur aussi mystérieux que le "serpent" de Maloja.

 

La mise en scène audacieuse, un rien fantastique, ne manque pas de finesse et offre de vrais et beaux moments de magie pure.

 

La photographie est remarquable.

 

Les dialogues sont brillants.

 

Sils Maria, reparti bredouille au dernier festival de Cannes, devrait trouver la plus belle des récompenses auprès du public. Celui qui aime le grand et beau cinéma.

 

Un autre point fort, et non des moindres, le remarquable trio d'actrices. Juliette Binoche est excellente, belle et parfaitement convaincante. Kristen Stewart d'un incroyable naturel. Chloë Grace Moretz, dans de courtes apparitions, est tout simplement magnifique.

 

Bref, un grand coup au cœur.

 

 

Sources :

http://www.unifrance.org

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

armelle 23/12/2016 09:50

Je l'ai vu avant-hier à la télévision. Et je n'ai pas accroché. J'ai trouvé cela long et ennuyeux. Le petit écran y est sans doute pour quelque chose. De très belles images et de superbes paysages. Mais une histoire trop filandreuse pour captiver, du moins pour me captiver.

Edmée De Xhavée 22/12/2016 17:06

Je l'ai vu sur Arte hier soir et suis venue lire ce que tu en disais. J'ai beaucoup beaucoup aimé, vraiment. La cruauté aussi cette fraiche cruauté des jeunes qui ne s'attachent pas et vont en avant, contre la fragilité de cette femme belle qui sait qu'elle a vieilli, ne le sent pas, mais le lit dans le regard et sur les lèvres de ces jeunes plantes carnivores...

armelle 22/08/2014 10:44


Je note évidemment ce film, cher Alain, en espérant le voir prochainement. Cet article est passionnant et je me demande ce que je fais en écrivant des articles sur le 7e Art lorsque je lis les
vôtres, tellement complets et d'actualité brûlante. Un grand bravo. On découvre toujours quelque chose d'inattendu sur ce blog en quête de l'actualité cinématographique et des films de qualité.

Miche Zorba 21/08/2014 11:43


Bonjour Alain. Vu également, pour moi aussi un grand moment de cinéma. @ +

 

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