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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 20:30

 

Date de sortie 18 décembre 2013

 

Suzanne---Affiche.gif


Réalisé par Katell Quillévéré


Avec  Sara Forestier, François Damiens, Adèle Haenel, Paul Hamy,

Corinne Masiero, Anne Le Ny, Karim Leklou


Genre  Drame


Production Française

 

César 2014

 

Meilleur second rôle féminin : Adèle Haenel 

 

Après Un poison violent, Suzanne

est le deuxième long métrage de Katell Quillévéré.

 

L’idée de mettre en scène Suzanne est née dans les lectures de Katell Quillévéré.

 

"Quand mon compagnon lisait beaucoup de livres sur les ennemis publics français comme Mesrine, Besse, Vaujour, il m’a offert les autobiographies de leurs compagnes. J’étais fascinée par l’attitude de ces femmes à la fois extrêmement courageuses mais aussi dans une soumission presque suicidaire à leurs hommes. Dans leur livre, elles consacrent toujours le premier chapitre à leur enfance et leur adolescence pour y chercher, sans vraiment les trouver, des événements qui donneraient du sens à leur parcours, expliqueraient cette rencontre amoureuse déterminante. Pourquoi tombent-elles tout d’un coup sur cet homme-là, s’y enchaînent et se révèlent capables d’introduire des explosifs dans une prison ou d’apprendre à conduire un hélicoptère pour le faire évader ? Leur trajectoire pose la question du destin et du hasard. Parallèlement, j’ai toujours beaucoup aimé la forme américaine des biopics comme Bird, Bound for Glory, Coal Miner's Daughter ... Dans ma tête a alors commencé à germer l’idée de construire le biopic d’une inconnue qui s’enchaîne à un amour, au point de tout abandonner pour lui.", confesse la réalisatrice.

 

 

Synopsis

 

Fille-mère à l'adolescence, Suzanne (Sara Forestier) vit avec son père routier (François Damiens) et sa sœur, Maria (Adèle Haenel) dont elle est inséparable.

 

Sara Forestier et Adèle Haenel Sara-Forestier-et-Adele-Haenel.gif

 

 

Sa vie bascule lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien (Paul Hamy), petit malfrat qui l'entraine dans sa dérive.

 

Suzanne----Sara-Forestier-et-Paul-Hamy.gif Sara Forestier et Paul Hamy

 

S'ensuit la cavale, la prison, l'amour fou qu'elle poursuit jusqu'à tout abandonner derrière elle...

 

Le film est construit sur des ellipses qui renforcent l'implication du public dans l’histoire car elles nous poussent à imaginer ce qu’a traversé Suzanne pendant ce temps-là, notamment quand on la retrouve avec son enfant qui a déjà trois ans...

 

Suzanne - Sara Forestier et Paul Hamy


Katell Quillévéré reconnait : "Oui, la construction d’un récit fondé sur l’ellipse était un des paris de ce film. Avec Mariette Désert, ma co-scénariste, puis Thomas Marchand, mon monteur, nous avons voulu créer un hors-champ très puissant qui rende le spectateur actif et lui permette de nourrir les trous de l’histoire avec sa propre expérience. On a en effet choisi de faire apparaître le petit Charlie, le fils de Suzanne, à trois ans plutôt que de filmer sa naissance. Je trouvais plus cinématographique de montrer cette adolescente devenue mère en une coupe. La brutalité d’une ellipse peut exprimer, mieux que tout, le bouleversement provoqué par un événement. Le film parle aussi de choses universelles, qui touchent profondément au vécu de chacun. Tout le monde peut se représenter ce que cela implique d’avoir un enfant à dix-sept ans. Assez vite, on s’est dit aussi qu’on ne filmerait pas la cavale des amoureux, c’était trop attendu, déjà beaucoup vu au cinéma. À ce moment-là de l’histoire, il est plus intéressant d’être du côté de ceux qui restent, de travailler le personnage de Suzanne par le négatif."

 

On pressent d’emblée que la rencontre avec Julien va avoir des conséquences dramatiques sur Suzanne. Mais elle doit vivre cette histoire. Il y a vraiment de l’amour entre eux...


On retrouve la question du destin, avoue la réalisatrice. "Parfois, de manière irrépressible, on a quelque chose à vivre, avec tout ce que cela comporte de violent, de chaotique...

 

Rétrospectivement, je me dis qu’il y a un tel manque d’amour en Suzanne qu’il faut qu’elle le remplisse avec cet homme-là.

 

Elle n’a pas le choix, elle doit en passer par là, même si cela implique ce geste extrême et tabou d’abandonner son enfant. L’enjeu était de réussir à être au-delà du jugement et de la morale, de construire un récit affectif, de faire circuler en permanence de l’amour entre les personnages, que le spectateur le ressente et que cela provoque suffisamment d’empathie en lui pour qu’il ait envie d’accompagner Suzanne, telle qu’elle est, dans toute son ambivalence."

 

Suzanne---Sara-Forestier.gifOn a l’habitude de voir Sara Forestier dans un registre plus expansif. Ici, elle est presque à contre-emploi...
"Le personnage de Suzanne exigeait une pudeur dans l’interprétation, Sara Forestier en était la première convaincue. À partir de là, notre collaboration fut évidente et passionnante. C’est une actrice incroyable, d’une intensité rare, capable d’endosser des situations de jeu très violentes. Et en même temps, elle est très lumineuse, ce qui était un atout énorme pour le personnage, car je savais que le film était potentiellement très sombre. Je savais que sa lumière et son énergie, une fois canalisées, apporteraient le souffle de vie nécessaire au film. Pendant le tournage j’étais fascinée par la maturité émotionnelle de cette jeune femme de 25 ans. Elle pouvait tout exprimer, la violence de la passion amoureuse, la douleur du deuil, les joies de la maternité, comme si elle avait déjà eu cent vies." déclare Katell Quillévéré.

 

Concernant Adèle Haenel, la réalisatrice l’avait vue petite dans Les Diables de Christophe Ruggia, puis dans La naissance des pieuvres de Céline Sciamma et L’Apollonide de Bertrand Bonello. Elle avait envie de travailler avec elle depuis longtemps. "C’est une actrice et une personne hors du commun. Elle a tellement de profondeur, que c’était passionnant de l’emmener du côté de la légèreté. Je savais que cette frivolité Suzanne - Adèle Haenelque je cherchais pour Maria ne serait jamais creuse, qu’elle saurait faire émerger la mélancolie, le drame derrière ses rires. J’avais aussi envie de mettre en valeur sa fantaisie, car c’est une fille très drôle. Je l’ai surtout invitée à se lâcher. J’ai gardé beaucoup de ses propositions pendant le tournage." avoue la réalisatrice.

 

Pour le choix de François Damiens, Katell Quillévéré déclare l'avoir beaucoup aimé dans La Famille Wolberg  et ensuite, a découvert sa veine comique, avec les caméras cachées qui l‘ont rendu célèbre en Belgique. "Il me fait tellement rire, il a du génie, c’est un acteur hallucinant. Je trouve qu’il a l’envergure des comédiens comme Jean Yanne dans Nous ne vieillirons pas ensemble , Guy Marchand, ou Pialat lui-même. Il renouvelle quelque chose dans son physique, dans son rapport au jeu, dans son émotivité, très sincère, brute. Il me touche profondément, je ne voyais personne d’autre que lui pour jouer Nicolas."

 

Paul Hamy n’est pas du tout comédien à la base, mais était déjà présent à l'affiche du film d'Emmanuelle Bercot, Elle s'en va, aux côtés de Catherine Deneuve. Katell Quillévéré souhaitait que Julien soit un inconnu, que ce personnage fasse la jonction esthétique entre la fiction et la part plus documentaire du film. C’est donc par le biais d’un casting sauvage qu'elle l’a découvert. Prendre un non professionnel pour un rôle aussi important était un pari très dangereux.  

 

"Si l’histoire d’amour entre Suzanne et lui ne marchait pas, si on se demandait ce qu’elle faisait avec lui, le film tombait. Ce fut un long chemin pour le trouver et me dire que c’était lui, on beaucoup travaillé, préparé... Paul a une présence magnétique à l’écran et une intuition de jeu extraordinaire. Il a tout pour devenir un grand comédien. " reconnait la réalisatrice.

 

Suzanne---Paul-Hamy.gif

 

Paul Hamy


Le temps passe subtilement sur les décors...

Anna Falguères, la chef décoratrice, et la réalisatrice ont décidé de ne pas être dans la représentation d’une époque mais dans son ressenti, son évocation. Un objet, une matière, le choix d’un papier peint suffit à la suggérer. "On pensait que ce serait réussi si on ne se posait aucune question. Je voulais que les choses coulent, qu’on enregistre presque inconsciemment les petits indices du temps."

 

Suzanne, c’est aussi l’héroïne d’À nos amours ...  un film culte pour la réalisatrice, et pour son producteur Bruno Levy. "Avant chaque tournage, je revois plusieurs Pialat, c’est un repère. Quelque chose de très profond me relie à son cinéma. Avec le recul, c’est la relation d’amour presque incestueuse entre Suzanne et son père qui m’a marquée dans  À nos amours. De manière très souterraine, mon film est aussi l’histoire d’une jeune fille qui essaye d’échapper à l’amour trop fort de son père." avoue Katell Quillévéré.

 

Mon opinion

 

 

Avec Katell Quillévéré, toute jeune réalisatrice, une chose  est certaine. Le  cinéma français se porte bien ! Après le succès de, Poison violent, son premier long-métrage, cette deuxième réalisation est une parfaite réussite.

 

Un scénario judicieux et accompli. Une réalisation sans faille. L'histoire, renversante d'une jeune femme issue d'un milieu modeste. Quelques écrans noirs font basculer les époques et, par des ellipses parfaitement réussies, la trame avance sur les vingt années de la vie de Suzanne. L'amour et ses dangers. Aveuglement et passion totale. Abandon de soi. L'espoir, plus fort que tout. À la fois tendre et cruel, doux et violent. Ténébreux et lumineux. La noirceur du sujet reste en retrait face à la force des sentiments chez des gens comme tout un chacun, et finalement extraordinaires. Ce n'est pas si courant !

 

Pas d'effets spéciaux. Peu de bruit. Les dialogues sont justes et laissent souvent la place à des regards qui en disent long. Magnifique portraits de ces acteurs qui incarnent les personnages de ce drame intense et qui touche au cœur.

 

La grande réussite vient aussi de la prestation de l'ensemble des comédiens. Tous indispensables, de l'apparition d'Anne le Ny à Corinne Masiero, impeccable dans le rôle d'une simple avocate. Une nouvelle "gueule" dans le cinéma français avec Paul Hamy. Pour un non professionnel il a tout pour devenir un grand. François Damiens m'a ému aux larmes. Sarah Forestier et Adèle Haenel toutes deux justes et touchantes, trouvent ici des rôles à la hauteur de leur talent respectif.

 

Un très grand moment de cinéma.

 

 


 

Sources :

http://www.unifrance.org - Propos recueillis par Claire Vasse

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2013
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commentaires

armelle 31/12/2013 11:10


Très envie de voir ce film, et plus encore après vous avoir lu. Mais, pour le moment il ne passe pas encore dans mon " trou normand". Je profite de ce commentaire pour vous souhaiter une heureuse
année 2014 et la réalisation de vos désirs les plus chers. Qu'elle soit riche en rencontres, en émotions, en beauté, en partage. Et à très vite sur nos blogs respectifs.

Johanne 23/12/2013 08:38


J'étais certaine que tu aimerais ce film. De notre côté nous partageons tout à fait ton avis. Bonne journée Alain. Bises

 

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