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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:00

 

Sylvia-Scarlett---Affiche-1.jpg

 

Réalisé par George Cukor


Avec Katharine Hepburn, Cary Grant, Edmund Gwenn,

Brian Aherne, Natalie Paley, Dennie Moore,

Lennox Pawle, Harrold Cheevers


Genre Comédie dramatique, Romance


Production Américain


Date de sortie 15 mai 1936

 

Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn.jpgSylvia Scarlett est la troisième collaboration entre George Cukor et Katharine Hepburn que le cinéaste avait révélée dans A Bill of Divorcement en 1932, le premier film de la future star hollywoodienne. George Cukor, portraitiste distingué, clairvoyant et délicat des femmes dans toutes leur splendeur, interrogations et contradictions, qui a dirigé ainsi la majorité des grandes actrices de l’usine à rêves, avait trouvé en Katharine Hepburn une partenaire privilégiée puisqu’ils travaillèrent ensemble sur huit films.

 

George Cukor se préparait à secouer un peu les spectateurs américains en livrant une satire légère et un peu cruelle des mœurs de l’époque avec Sylvia Scarlett. Sylvia Scarlett - Katkarine HepburnMal lui en a pris si l’on se fie à la réception que connut ce long métrage dès sa sortie. Le film fut accueilli avec véhémence, le public ne se priva pas de huer le spectacle proposé et de quitter la salle avant la fin. Les critiques entonnèrent le même refrain et démolirent le film dans la presse. Katharine Hepburn se sentit même obligée de s’excuser devant le producteur et George Cukor se contenta de faire la sourde oreille.

 

Heureusement pour la carrière des deux artistes, leurs travaux à venir seront vite récompensés d’éloges et effacèrent ce souvenir pénible.

 

Synopsis

 

Sylvia Scarlett (Katharine Hepburn), endeuillée par la disparition de sa mère, doit quitter précipitamment Marseille en compagnie de son père, Henry Scarlett, (Edmund Gwenn), recherché par la police pour irrégularités comptables.

 

Sylvia-Scarlett.jpg

 

Un homme en fuite accompagné de sa fille est trop facilement repérable. Qu'à cela ne tienne ! Pour ne pas éveiller les soupçons des autorités, Sylvia se coupe les cheveux et entreprend de se faire passer pour un garçon, prénommé Sylvester, afin d’accompagner son père en Angleterre.

Sur le bateau qui conduit les fugitifs vers l'Angleterre, un escroc séduisant et manipulateur,  n’hésite pas à dénoncer Henry à la douane. En réalité, l'homme, Jimmy Monkley (Cary Grant), voulait détourner l'attention des douaniers de ce que lui-même transportait dans ses bagages. Henry Scarlett porte sur lui de la dentelle de contrebande... 

 

Henry et Sylvester, libérés, sont rejoints par Jimmy qui leur propose de constituer une équipe d'escrocs. Affaire conclue : les  trois mousquetaires, de la petite arnaque vont monter des coups tirés par les cheveux que Sylvester, trop honnête ou pas assez sérieux, fait échouer in-extremis.

 

Sylvia-Scarlett---Cary-Grant--Katharine-Hepburne-et-Edmund-.jpg

 

 Cary Grant, Katharine Hepburne et Edmund Gwenn


Lors d'un cambriolage manqué dans la demeure de richissimes aristocrates, ils héritent de la bonne, Maudie (Dennie Moore), qui se joint à eux pour constituer, dernière idée de Sylvester, une troupe de comédiens ambulants, "Les Pierrots Roses" !

 

Sylvia-Scarlett---Dennie-Moore--Katharine-Hepburn--Edmund-G.jpg

 

Dennie Moore, Katharine Hepburn, Edmund Gwenn et Cary Grant

 

Au cours d'une représentation, les Pierrots font la connaissance d'un peintre, Michael Fane (Brian Aherne). Sylvester se sent attiré par Michael et regrette de ne plus être Sylvia. Or le jeune peintre semble amoureux d'une princesse russe en exil, Lily (Natalie Paley).

 

  Sylvia-Scarlett---Brian-Aherne-et-Katharine-Hepburn.jpg


Brian Aherne et Katharine Hepburn

 

Pour l'en détacher, Sylvester jette le masque et redevient Sylvia, au grand émoi de Michael et de Jimmy qui comprennent enfin ce qui les attiraient tant chez le jeune garçon.

Mais Henry Scarlett, amoureux fou de Maudie, se tue accidentellement et Lily tente de se suicider. L'amour n'est décidément pas aussi simple que le croyait Sylvia, qui aura bien besoin de la complicité amicale de Jimmy pour se retrouver enfin dans les bras de Michael, au terme d'une brève et efficace éducation sentimentale.

 

Sylvia-Scarlett---Cary-Grant-et-Katharine-Hepburn.jpg

 

Bien des années après sa sortie, Sylvia Scarlett fut redécouvert d’une certaine façon par la communauté homosexuelle qui vit dans cette œuvre un terrain d’expression pour la confusion des sentiments et des identités et le jeu avec la sexualité. Sans aller jusqu’à parler de récupération, on peut affirmer que cette interprétation ne doit pas être très éloignée de la vision originale de George Cukor et du scénario qu’il eût à adapter.

 

Plus généralement, le film fut évalué à la hausse avec les années, peut-être plus en raison de ce qu’il se proposait de raconter, que de son traitement artistique. Ce n’est pas faire injure à George Cukor. Ses nombreuses réussites tinrent davantage de son expérience théâtrale, de ses collaborations fructueuses avec la crème des comédiens, et du recours régulier à de grands techniciens de l’image.

 

Sulvia Scarlett - Katharine Hepburn et Cary GrantCe qui importe plutôt ici est la manière dont s’articulent les différentes parties d’une histoire étrangement structurée en saynètes souvent désunies et qui soutiennent une charge contre la dictature des apparences. George Cukor, en connaisseur malicieux des choses du spectacle, use et abuse de ruptures de ton qui sont tout autant de volte-face dans la continuité psychologique des personnages. Ces derniers arborent plusieurs facettes qui non seulement servent de support à la comédie, mais traduisent aussi et surtout une perte de l’identité, ou du moins un questionnement.

 

Plus le film avance et plus on s’interroge sur la nature du film : comédie ou drame ?

 

La première partie de Sylvia Scarlett confine à la comédie de mœurs élémentaire, avec ses protagonistes haut en couleur et ses quelques gags attendus. Puis le film prend un virage plus dramatique avec des personnages marginaux en perte de repères et à la recherche d’une stabilité qui les fuit, à l’image de leur mouvement perpétuel. Ces touches tragiques sont légères, il y a tout de même mort d’homme, mais nous ne tombons pas dans le mélodrame pour autant.

Sylvia Scarlett joue parfois habilement avec les conventions du genre et n’hésite pas à bafouer les règles de la bienséance. Les sous-entendus sexuels pullulent, de même que les couples, une fois l’histoire bien installée dans la campagne anglaise près de la mer, se lancent dans des opérations de séduction et se font puis se défont dans une allégresse générale avant de laisser paraître une certaine détresse. L’immoralité pointe souvent,  aucun des trois protagonistes principaux n’est réellement une personne recommandable selon les critères retenus dans la bonne société, mais de manière non ostentatoire, et toujours portée par un esprit comique qui fait passer certaines audaces.

 

Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn-et-Brian-Aherne.jpg.Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn-et-Brian-Aherne-1.jpg

 

Katharine Hepburn et Brian Aherne

 

Sylvia-Scarlett---Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepb-copie-1.jpg.Sylvia-Scarlett---Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn-et-Br.jpg

 

On peut se demander néanmoins comment les responsables de l’application du code Hays, mis en place au début des années 1930, ont pu laisser passer certaines situations en contradiction avec leur témoignage de moralité. Sans doute en raison de l’échec critique et commercial du film. D’où vient alors le sentiment de déception qui peut parcourir le cinéphile à la vision de Sylvia Scarlett ? Les thèmes sont certes alléchants et les acteurs se démènent comme de beaux diables. Le problème se situe en premier lieu dans un scénario qui aurait du nécessiter d’une réelle maîtrise cinématographique pour faire accepter sa construction hiératique et ses ruptures de ton et ménager ses effets.

 

Le film manque singulièrement de rythme, dans son découpage comme dans son montage. De plus, en dehors de quelques plans étudiés, jamais la mise en scène ne fait montre d’une quelconque originalité, ni dans son mouvement intérieur, ni dans ses choix de cadre. Enfin, un happy end conventionnel et saugrenu vient contredire la tournure dramatique et audacieuse qu’avaient pris les événements.

Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn-copie-1.jpgSylvia Scarlett reste néanmoins plaisant si l’on se concentre sur les performances des comédiens. Katharine Hepburn, pour qui a été écrit le rôle, irradie totalement l’écran. Ses qualités athlétiques et son visage osseux rendent crédible sa transformation en jeune homme sans que jamais elle ne perde sa féminité que quelques gros plans réussissent à mettre en valeur. Son aspect androgyne donne, dans cette production hollywoodienne de série, une nouvelle idée de la séduction qui a certainement du choquer le public de 1935. Grâce à sa classe naturelle, son énergie et son espièglerie,
Katharine Hepburn virevolte, minaude, bataille, émeut. Elle parvient même à parler le français sans trop se ridiculiser. Le film met en avant une héroïne forte et l’actrice a su saisir son personnage à bras-le-corps.

 

Ce qui n’empêche pas un certain Cary Grant de lui voler quelques scènes. Cary Grant apparaît en très grande forme et excelle en arnaqueur sophistiqué, flegmatique et persifleur. Sylvia-Scarlett---Katharine-Hepburn-et-Cary-Grant.jpgSes origines populaires, rappelons que l'acteur anglais débuta dans une troupe ambulante et fit différents métiers avant d’enchaîner les comédies musicales, et ses manières plus aristocratiques forment un mélange détonnant de cynisme et de drôlerie. Son accent cockney qu’il prend et perd successivement en rajoute dans la dérision. Le film donne parfois l’impression, malheureusement, de décrire deux trajectoires différentes, celles de Sylvia Scarlett et de Jimmy Monckley, mais la complémentarité entre les deux comédiens n’en pâtit pas trop.
  

Sylvia Scarlett marque la rencontre entre Cary Grant et Katharine Hepburn qui joueront à trois autres reprises ensemble dans L'Impossible Monsieur Bébé réalisé en 1938, Vacances en 1938 et Indiscrétions en 1940.

 

 

 

Sources :

http://www.dvdclassik.com - Ronny Chester

http://www.cineclubdecaen.com

http://www.imdb.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
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commentaires

chris 18/11/2012 19:04


sacré cast et un sacré film, on l'a vu et remis dans le circuit. on t'embrasse.

 

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