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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 00:00

 

Tango-Libre---Affiche.jpg


Réalisé par Frédéric Fonteyne


Avec François Damiens, Sergi López, Jan Hammenecker,

Anne Paulicevich, Corentin Lobet, Zacharie Chasseriaud,

Mariano "Chicho" Frumboli

 
Genre Drame , Romance

 
Nationalité Française, Belge, Luxembourgeoise

 

Date de sortie 28 novembre 2012


Tango libre a été présenté au Festival de Venise 2012,

où il a reçu le Prix Spécial du Jury Orizzonti.

 

Tango libre récompensé également par le Grand Prix

du Festival de Varsovie le 20 octobre 2012.

 

À la question : L’amour s’inscrit comme un fil rouge dans votre filmographie ?
Le réalisateur répond : "Oui, clairement. Tout le monde se trouve comme emprisonné dans sa vie. L’amour est alors quelque chose, souvent fait d’imprévus, qui vous permet de vous libérer. Il y a l’amour entre un homme et une femme mais aussi entre deux hommes. Amour ou amitié. Et que ce soit les deux détenus entre eux, ou l’amour entre un père et son fils."

 

Tango-Libre---Anne-Paulicevich-et-Francois-Damiens.jpg


Anne Paulicevich et François Damiens

 

Synopsis

 

JC (François Damiens) est gardien de prison.

 

Son quotidien, c'est une petite vie calme et sans histoire, bien réglée, dont il n'émerge qu'une fois par semaine pour s'adonner à sa passion : le tango !

 

Un soir, débarque Alice  (Anne Paulicevich). Jolie. L’air triste. Elle, s’adonne au tango avec fougue, comme si son existence en dépendait. Comme il semble désœuvré, la maîtresse des lieux demande à JC de guider les premiers pas de la jeune femme dans son nouvel univers. Immédiatement, il tombe sous le charme de cette mystérieuse envoyée du ciel.

 

 

Tango-Libre---Sergi-Lopez.jpg Sergi López

 

Mais le lendemain, à son grand étonnement, JC croise la jeune femme au parloir de la prison. Elle rend visite avec son ado de 15 ans à deux prisonniers, Fernand (Sergi López) et Dominic (Jan Hammenecker).

 

Ces deux complices et compagnons de cellule sont l’un son mari et l’autre son amant.

 

Jan Hammenecker Tango-Libre---Jan-Hammenecker.jpg

 

JC voit sa vie bouleversée par ce trio amoureux.

 

Lui, l'homme sans histoire, va-t-il transgresser les règles carcérales qui interdisent aux gardiens de côtoyer la famille des détenus ?

 

Tango-libre.jpg

 

Quatrième long métrage du bien trop discret Frédéric Fonteyne, Tango Libre est fidèle à l’esprit du réalisateur : on y parle d’amitié, d’amour(s) hors normes, de paternité, de relations ambiguës et de cette ligne blanche qu’un individu lambda n’est pas censé franchir. Au risque de se perdre.

Frédéric Fonteyne a mis longtemps avant de réaliser un nouveau film puisque son précédent, La Femme de Gilles, date de 2004.

 

"Après La Femme de Gilles j’ai pris du temps. Je me suis posé des questions, sur la vie, le monde qui m’entourait, mes amis, la possibilité ou pas de continuer à faire des films. Si je savais d’où vient le désir de faire un film, je ne serais probablement pas cinéaste. La seule chose que je sais c’est que, pour que je m’engage à faire un film, il faut que du scénario émane quelque chose qui ressemble à un nœud." avoue le réalisateur. Il rajoute : "J’aimerais pouvoir faire un film par an comme Woody Allen, mais ce n’est pas possible, j’ai besoin de me ressourcer. Le cinéma que je fais vient de ma façon de vivre. Durant ces huit années, j’ai appris à découvrir ma femme en particulier. Et puis, je grandis. Je commence à avoir mon propre langage cinématographique, je deviens capable d’aller chercher dans chaque personnage sa spécificité. C’est que chaque personnage a sa singularité et j’apprends comment la filmer."


Avant d’écrire ce scénario,
Anne Paulicevich, femme du cinéaste, et lui-même ont essayé d’écrire un autre scénario qui s’intitulait "Une famille ordinaire". Pour cela, le couple a fait des recherches sur l’histoire de leurs familles respectives. Ils ont tourné autour de certains secrets, sans parvenir à les percer, éclairer certaines zones d’ombres. Ils se sont confrontés aux fantômes et aux dysfonctionnements constitutionnels de leurs familles. "C’était un travail passionnant et pourtant, nous nous sommes rendus compte que nous n’avions pas le recul nécessaire, que la fiction nous manquait pour faire décoller le projet. C’est à cette époque qu’est née l’histoire de Tango libre." ajoute  Frédéric Fonteyne.

 

 Tango-Libre---Anne-Paulicevich.jpg


Zacharie Chasseriaud et Anne Paulicevich

 
Il a lui-même essayé d’apprendre le tango il y a quelques années, mais n’y est pas arrivé, et a préféré continuer à faire des films plutôt que tout abandonner et partir vivre à Buenos Aires. Pourtant, le tango et le cinéma ont pour lui un point commun. Tous deux dévoilent des choses sur les corps qu’on n’aurait pas vues sans eux.

 

Le tango révèle la maladresse tragi-comique des personnages, la beauté de cette maladresse. Il véhicule aussi des thèmes comme la passion, la trahison, l’homosexualité latente, le combat pour une femme. Ce film a le rythme et la légèreté de la milonga qui se danse techniquement comme le tango, mais dont le rythme est plus vif, plus alerte, la danse est souvent plus gaie et plus simple.


Tango libre a été composé comme une milonga, il glisse, marque les accords et désaccorde les personnages, comme un morceau de musique où les différentes énergies se rencontrent.

 

Tango Libre - Sergi López-copie-2

Le tango représente ici une possible évasion.

 

À l'instar de la prison, et de la vie de JC, il est régi par des règles strictes.

 

Mais il fait entrevoir à celui-ci d'abord, puis aux détenus ensuite, la voie d'une échappée vertigineuse.


Le tango est peut-être le personnage principal de cette oeuvre.

 

Tango libre est également porté par des acteurs au charisme saisissant. Le ton y est généralement léger, parfois beaucoup plus grave, ironique de temps en temps, carrément tragique par moment. Sur un scénario qui ménage son lot de surprises, Tango Libre est surtout une œuvre portée par des acteurs complices. François Damiens, impressionnant de retenue, Sergi López, qui campe un détenu sanguin stupéfiant, Jan Hammenecker, Anne Paulicevich qui prouve ici qu'elle est loin d'être uniquement "la femme de", une petite nouvelle que sur le grand écran puisqu’elle est l’épouse de Frédéric, la future maman de son enfant. Elle est surtout la scénariste du film, que Philippe Blasband a peaufiné avec elle, et l'actrice principale. Zacharie Chasseriaud, jeune acteur instinctif prometteur à la présence incroyable, ainsi que le célèbre danseur de tango Chicho Frumboli, flamboyant.

 

Au cœur de cette partition complexe, orchestrée par Frédéric Fonteyne, chacun amène sa petite musique qui sert les contrastes désirés par le réalisateur : tension amoureuse chez Anne Paulicevich, second degré lunaire chez François Damiens, impulsivité latine de Sergi López, froideur nordique de Jan Hammenecker et mal-être adolescent de Zacharie Chasseriaud.

 

Tango-libre---Zacharie-Chasseriaud.jpg


Zacharie Chasseriaud


Tango libre est un fim belge, un vrai film belge. Et c'est un plaisir d'entendre le réalisateur parler de notre cinéma: "Je travaille à partir de cette étrangeté d'être belge, de l'acceptation de notre nature tragi-comique. C'est une forme d'ouverture en soi. Ici, on fait quelques kilomètres et on est dans une autre culture, tout comme le cinéma permet de sortir des frontières. (...) chaque cinéaste belge est lui-même un prototype du particulier, de la différence. Il y a ici une singularité très forte, une liberté, fragile, qui est toujours un risque. Mais c'est par ce risque que l'on peut être touché et emmené là où on ne s'y attendait pas. Il y a toujours cette étrangeté particulière. "

 

Tango libre est agrémenté par une bande-son cruciale qui oscille entre tango, bien entendu et balades mélancoliques d’Agnès Obel. Et par la photographie très soignée de la fidèle Virginie Saint-Martin.


Tango libre se présente avec la mélancolie et la tristesse du tango.

 

"Tango libre, comme tous mes films, interroge le regard. Ce n’est pas pour rien que le personnage principal est un maton. Un type dont le métier, la fonction principale est de regarder, de surveiller", avoue Frédéric Fonteyne.

 

 François Damiens Tango Libre - François Damiens-copie-1


Le réalisateur et la scénariste, ont rencontré des gardiens, puis d’anciens détenus. Il y en a de très différents, loin des archétypes. "Il y a des gens bien parmi eux. La première fois que j’ai pénétré dans une prison, c’était en Pologne. Il y avait 200 détenus, ce fut très impressionnant. Mon film n’est pas réaliste : qui imaginerait faire danser le tango à des prisonniers ? Et puis le tango, c’est subversif. En faisant entrer le tango dans une prison, on a réussi quelque chose d’impossible qui a même transformé les gardiens qui ont assisté au tournage. Mon film est donc irréaliste mais il est confronté à la réalité de cet univers." assure Frédéric Fonteyne

 

Ils ont rencontré un ancien gangster, qui a fait beaucoup de prison, un tout petit gars, qui s’appelle Dominique mais que tout le monde appelle Dom, un petit gars qui était effrayé par la violence qu’il avait en lui. Il y avait aussi Samuel, un gardien chef de prison, qui nous a parlé de son métier.


On parle souvent des prisons, des problèmes indescriptibles, des grèves que font les agents pénitentiaires, quand la situation devient intenable. Mais on ne parle pas, ou très peu, des gardiens. Le réalisteur aimait l’idée de faire un film sur quelqu’un qu’on ne regarde pas d’habitude, mais qui, lui, regarde. Le héros de son histoire est un homme invisible, qui regarde.

 

Regard d’un homme qui regarde une femme désirée par un autre homme. Regards entre un père et son fils, regards entre un père et un autre père, regard d’un homme sur une femme qu’il partage avec son meilleur ami. Ou comment décliner le regard à partir du moment où il est impliqué par le désir.

 

 Tango Libre - Sergi López-copie-1 Sergi López

 

Le centre nerveux de Tango libre, le seul endroit dans la prison où l’intérieur et l’extérieur se rencontrent est bien sûr le parloir. il y a deux types de parloirs. Les parloirs à carreaux, où le détenu et le visiteur sont séparés par une vitre épaisse où ils peuvent communiquer directement via de petits trous dans la vitre, ou par un système de téléphone, mais où ils ne peuvent pas se toucher, juste se regarder et se parler. Mais aussi les parloirs à table, qui se passent en général dans une grande salle de la prison, très bruyante, où les détenus et les familles se rencontrent autour d’une table, toujours sous le regard des gardiens.


Les recherches faites par léquipe du film ont confirmé le statut singulier de ces parloirs. La puissance émotionnelle qu’ils dégagent. Le détenu attend toute la semaine pour avoir son parloir, il repense à ce qui a été dit au précédent, ou à ce qu’il va dire au suivant, puisque la prison est un endroit de rumination, tandis que la personne qui se rend au parloir, doit s’occuper des démarches pour obtenir un droit de visite, souvent trop court, parfois trop long, selon les cas, et puis continuer à faire face à la vie à l’extérieur.

 

Tango-libre---Mariano--Chicho--Frumboli.jpg

 

Mariano "Chicho" Frumboli


Selon
Frédéric Fonteyne, la prison est une métaphore de l’impossibilité des rapports entre les hommes et les femmes. Plus qu’un film de prison, il s’agit d’un film de parloir, l’endroit où les familles se réunissent. Je suis persuadé que faire un film de famille est tout sauf simple. il suffit de penser à sa propre famille pour s’en convaincre.

 

Tout comme il est impossible de filmer ce qui se passe pour deux personnes qui font l’amour, il semble impossible à Frédéric Fonteyne de filmer ce qui se passe pour deux personnes qui dansent ensemble. Par contre, on peut filmer les effets de la danse sur les corps. Curieusement, quand il filme des corps, le réalisateur avoue s’efforcer de découvrir quelque chose sur les corps qui n’aurait pas été vu sans l’intervention de la caméra.

 

Tango-Libre.jpg

 

Un film où l’on danse est un film sur le rythme, à commencer par le battement de cœur avec ses variations, ses accélérations brusques, qui provoque des rougeurs au visage, ou un arrêt subit qui le rend pâle comme un linge "ostendais".
 
Dans ce film,
Frédéric Fonteyne voulait retrouver ce ton particulier de la tragi-comédie. La tragi-comédie, et surtout la comédie, sont, pour lui, affaires de corps et de sexe. L’absurdité, la maladresse et la beauté de tout ça. La tragi-comédie est une affaire de dérapages contrôlés, parce qu’elle glisse en permanence sur le paradoxe. C’est pourquoi, le ton, le style du film même, basculent, oscillent en permanence entre ces deux contraires : l’impossible de la prison et le miracle de l’amour.

 

Tango Libre - François Damiens

 

  François Damiens

 
François Damiens a été attiré par ce rôle différent de ceux qu'il avait pu jouer auparavant, même s'il a eu quelques frayeurs au départ : "La danse… alors là, c’est évident que ce n’est pas mon truc !", témoigne le comédien, qui s'est entrainé durant plusieurs semaines avec un danseur professionnel, qui apparait d'ailleurs dans le film. Son personnage de gardien de prison est assez étrange, il est un peu comme un homme invisible, sans véritable histoire. Il n’a pas le caractère pour faire ce métier-là. Mais ce que Frédéric Fonteyne aime chez François Damiens, c’est cette dimension particulière qui le rend singulier, ce mélange de maladresse et de fragilité, toujours à la limite. "Il est très intéressant et très beau à filmer." rajoute le réalisateur.
 
Tango libre a été tourné dans une vraie prison, en Pologne.
 
Tango libre signe la seconde collaboration entre Frédéric Fonteyne et l'acteur Sergi López, quelques années après Une liaison pornographique réalisé en 1999.

 

 

 

Sources :

http://www.cinevox.be

http://www.sudinfo.be

http://medias.unifrance.org

http://www.homecinema-fr.com

http://tangowords.wordpress.com

http://www.unifrance.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2012
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