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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 04:00

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Affiche--4.jpg


Réalisé par Fred Zinnemann


Avec Burt Lancaster, Montgomery Clift, Deborah Kerr,

Donna Reed, Ernest Borgnine, Barbara Morrison,  Harry Bellaver,

Frank Sinatra, Philip Ober, Jack Warden, Mickey Shaughnessy

 
Genre Drame, Romance


Production Américaine de 1953

 

Titre original From Here to Eternity

 

Tant-qu-il-y-aure-des-hommes---Montgomery-Clift.jpg

Le film a remporté huit Oscars en 1954.

- Meilleur film

- Meilleur réalisateur

- Meilleurs seconds rôles à Frank Sinatra

- Meilleurs seconds rôles à Donna Reed

- Meilleur scénario

- Meilleur son

- Meilleure image

- Meilleur montage

 

 

Il a été désigné "film culturellement significatif" par la Bibliothèque du Congrès des États-Unis et a donné lieu à une série télévisée en 1979 aux États-Unis avec Natalie Wood.

 

 

 

Tant qu'il y aura des hommes est un film aux idéaux un peu usés et une intrigue assez conventionnelle. Abstraction faite de ces premières réserves, il se révèle très agréable et  lyrique, car porté par de bons acteurs, un scénario de qualité et une réalisation honorable. 

 

Synopsis


Pearl Harbor, 1941.  

Récemment transféré à la caserne de Schofield dans les îles Hawaii, Robert Lee Prewitt (Montgomery Clift), ancien boxeur, est sollicité par le Capitaine Dana Holmes (Philip Ober) pour remonter sur le ring afin de défendre l'honneur du régiment et favoriser la propre promotion du capitaine.

 

Tant qu'il y aure des Hommes - Philip Ober Philip Ober

 

Mais Robert Lee Prewitt, qui a rendu un homme aveugle lors d'un précédent combat, refuse et va faire l'objet de constantes brimades et humiliations dans cette base où les déchirements et les rencontres amoureuses vont prendre toute leur symbolique la veille de l'attaque aéronavale japonaise sur Pearl Harbor.

 

Montgomery Clift Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Montgomery-Clift-copie-1.jpg

 

Lorsqu'un des camarades de Robert Lee Prewitt meurt des suites de mauvais traitements du capitaine Rudson, dit Fasto, (Ernest Borgnine), Robert Lee Prewitt le venge dans un duel au couteau avec Rudson.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Montgomery-Clift-et-Frank-Si.jpg  

 

Montgomery Clift et Frank Sinatra

 

Quant au très respecté  sergent Milton Warden (Burt Lancaster) il est l'amant de la femme (Deborah Kerr) de son capitaine  que celui-ci délaisse.

 

Tant qu'il y aura des hommes - Deborah Kerr et Burt lancast

 

Robert Lee Prewitt tue Fasto et, lui-même blessé, déserte.

 

From-here-to-eternity---Ernest-Borgnine.jpg

 

Ernest Borgnine

 

Mais lorsque l'attaque japonaise se produit, il tente de rejoindre sa base, par patriotisme.

 

Fred Zinnemann signe un film en forme de réquisitoire contre les mœurs brutales et le délabrement moral des institutions militaires. Baignant dans un climat de perplexité morale digne d’un "film noir", la mise en scène de Fred Zinnemann s’appuie sur l’efficacité du scénario de Daniel Taradash, lui même tiré du roman éponyme de James Jones paru en 1952. L’un des rares romans sur la vie à Pearl Harbor au début des années 1940, avec ses garnisons et ses bordels, et sur une distribution d’acteurs et actrices judicieusement à contre-emplois.

 

Tant qu'il y aura des hommes - Burt Lancaster et Deborah Ke

 

Rendu célèbre par sa scène, de sensualité débordante et choquante à l’époque dans laquelle  Burt Lancaster et Deborah Kerr sont engloutis sous une vague... de plaisir, Tant qu’il y aura des hommes  a aussi séduit pour sa critique de l’institution militaire : institution à la dérive qui, plus encore que la guerre, pariat égorger ses propres enfants.

 

Tant qu'il y aura des hommes

 

 

Le film s’ouvre sur des parades de soldats en exercice, et derrière ces hommes, anonymes et disciplinés, derrière les lettres du générique, apparaît progressivement le soldat Prewitt. Tel est d’emblée donné à voir, en guise de bref résumé, le propos du film, comment un individu, fort de son courage et de ses valeurs, va s’affronter à une institution, une de celles, pourtant, qui repose le plus sur l’obéissance et la hiérarchie, l’armée.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Montgomery-Clift.jpg

 

Montgomery Clift et Frank Sinatra

 

Le personnage de Robert Lee Prewitt incarné par Montgomery Clift est intéressant dans le sens où, tout en incarnant le courage et la justice, il n’est pas un personnage complètement viril; ses qualités de courage et sens de la justice, sont valorisées tout en étant distinguées de la force physique et de la brutalité.

Cette prouesse, par laquelle Tant qu’il y aura des hommes se rattache à la tradition hollywoodienne du cinéma humaniste et non pas à celle des films de guerre nationalistes, on le doit en grande partie à l’acteur Montgomery Clift, à son physique mais aussi à la manière dont son corps est filmé.

 


Tant qu'il y aura des hommes - Montgomery Clift-copie-3Montgomery Clift joue en effet à merveille un soldat à la démarche chaloupée, au regard d’une douceur et d’une tristesse infinies. L’individu, en révolte contre l’institution, qui apparaît en ouverture est filmé dès la deuxième scène comme un jeune homme aux yeux clairs qui commence à jouer au billard et qui, alors que le sergent lui commande d’arrêter tout de suite, se permet, en un geste nonchalant, un dernier coup. Dans le film, son corps est, à de nombreuses reprises, filmé dans l’effort, peinant à la tâche et ployant sous les punitions. Certes, il fait 7 tours de pistes, puis 7 autres à nouveau, creuse un trou puis le rebouche, en suant à peine; il encaisse tous les coups et sait en donner d’aussi forts.

 

 

Son corps est donc dans la surpuissance, mais c’est en même temps toujours un corps plein de souplesse et débordant d’émotions.

 

 

Les notes qu’il tire de l’instrument éclatent alors, sidérant l’assistance, mais son corps, courbé sur l’instrument dans un mouvement particulièrement érotique, est encore plus sidérant. C’est la première scène où on le voit jouer du clairon; la deuxième scène n’est pas moins significative du point de vue des identités de genre. Cette fois-ci il n’apparaît pas comme corps érotique mais comme âme en deuil, son visage ravagé par les larmes alors qu’il joue la sonnerie aux morts en hommage à son ami décédé.

 

Tant qu'il y aura des hommes-copie-1.Tant qu'il y aura des hommes - Montgomery Clift-copie-2

 

 

Par son corps, par l’émotion qui ne cesse de transparaître de son visage, le soldat Prewitt apparaît très "féminin", "féminité" accentuée par le personnage de son supérieur et dans un premier temps ennemi, le sergent Warden, joué par Burt Lancaster à la virilité éclatante, incarnation de l’autorité et garant de l’obéissance sans discussion, Warden est un homme musclé et autoritaire, mâchoire carrée, épaules larges, regard d’acier : tout en angle et en droiture alors que Prewitt est tout en courbe.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Burt-Lancaster.jpg Burt Lancaster

 

Ce n’est pas un hasard, Warden apparaît à plusieurs reprises au début du film à côté du soldat chargé de l’intendance, aux intonations un peu "efféminées", toujours en train de manger, colporteur de ragots, une sorte de figure homosexuelle ridiculisée, qui fait ressortir par contraste la virilité de Warden. D’ailleurs, après que Prewitt lui a raconté les raisons de son arrivée à la caserne de Shofield, son refus de voir un soldat moins talentueux occuper la place de premier clairon, le sergent se moque de sa sensibilité :

 

« His feelings were hurt ! The kids they send us now... »

 

Prewitt est même le personnage dont toute l’histoire, et notamment la blessure accidentelle de son ami suite à un entraînement de boxe, témoigne des ravages que peut entraîner la force physique. Ravages qui n’en finiront pas car son refus de boxer, loin de mettre fin à la violence, la redouble en quelque sorte, puisqu’il suscite la colère et le sadisme des soldats. Ce paradoxe éclate d’ailleurs au grand jour durant une bagarre qui met Prewitt aux prises avec un soldat : Prewitt tente, mais en vain, de s’abstenir de viser le visage du soldat qui l’a pourtant provoqué; hors de lui, accablé de coups, il finit pourtant par riposter.

La spirale de la violence est plus forte que tout.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Montgomery-Clift-et-Burt-Lan.jpg

 

Montgomery Clift  et Burt Lancaster

 

Le personnage de Warden reste ambigu. Certes, il est d’emblée décrit comme un homme exceptionnel, qui n’est pas "like the others", mais, comme le glisse un soldat à Prewitt, "the best soldier I ever saw". Pourtant, cette excellence militaire n’est visible au premier abord qu’à travers une activité qui se résume à de petits arrangements : s’il arrive à faire fonctionner la caserne, c’est en contournant le pouvoir du capitaine qu’il arrive à manipuler, à qui il exprime une obéissance servile, mais qu’il méprise secrètement. En outre, signe de cette crise totale du leadership, Warden est aussi celui qui refusera la promotion et donc le pouvoir.

 

Surtout, et c’est là une des évolutions subtiles du film, Warden rallie progressivement le camp des rebelles, celui Maggio et Prewitt. Fasciné par ce dernier, il en vient à exprimer son admiration pour l’obstination et le courage du soldat persécuté, et à lui accorder une permission; il réussit même à lui éviter la cour martiale où le capitaine voulait l’envoyer. En outre, après avoir arrêté une bagarre entre Maggio et Fatso, il laisse Prewitt conserver le couteau de Fatso : un geste à la portée symbolique. Prewitt vengera son ami Maggio, persécuté par Fatso, avec ce couteau.

 

Frank Sinatra Tant-qu-il-y-aura-des-hommes---Frank-Sinatra.jpg

 

Angelo Maggio incarne cette dissociation extrêmement politique entre courage et virilité. Un autre soldat, joué par Frank Sinatra. Rigolard, plein de vie, amateur de blagues, avide de femmes et de boisson et peu respectueux des règles militaires, il se situe aussi à l’opposé du sergent Warden ; il n’en représente pas moins l’autre figure, à côté de Prewitt, du courage et de la justice. C’est d’abord le seul qui soutient le soldat persécuté, qui défend son droit à ne pas boxer et qui, protestant contre le croche-pied, se fait punir avec lui. C’est le seul qui ne fait pas passer le succès du régiment et l’autorité du capitaine avant la décision légitime prise par un individu, à la différence des autres soldats, qui soit participent au "traitement", soit le condamnent mais jamais ouvertement.

 

 

L’amitié étrange entre le sergent Warden et Prewitt, à base d’admiration mutuelle, se développe progressivement, et elle conduit même Warden à le couvrir en évitant de signaler sa disparition, en d’autres termes à enfreindre le règlement. Le développement de liens forts, mais secrets, entre les trois hommes, constitue ainsi la trame principale quoique discrète du film, qui trouve son apogée lors d’une scène particulièrement émouvante. Un soir, Prewitt et le sergent se retrouvent totalement saouls, et partagent alors leur tristesse autour d’une bouteille d’alcool. Tout est oublié, de la hiérarchie, de l’obstination de Prewitt, dans une communion entre soldats.

 

Tant qu'il y aura des hommes - Montgomery Clift et-copie-1

 

Montgomery Clift et Burt Lancaster

 

Mais c’est dans cet univers morbide que se déploie aussi l’érotisme le plus fort, et pas dans la scène à laquelle on pense spontanément, celle qui réunit Deborah Kerr et Burt Lancaster au plus près sous la vague. La fonction cachée de cette étreinte sur la plage, érigée en scène culte, ne serait-elle pas en effet de détourner l’attention de la scène finalement la plus sensuelle du film, mais d’une sensualité beaucoup plus douce et finalement plus troublante, qui montre le sergent – effet de l’alcool ? trouble des sens ? trouble des genres ? - caresser doucement la tête de Prewitt. Scène d’homo-érotisme discrète, qui fait aussi écho à la succession de plans qui organisent le récit : plans sur Prewitt humilié mais inflexible, ou alors jouant du clairon, systématiquement suivis de plans sur le sergent Warden, qui observe, d’en haut ou de loin, le regard implacable puis progressivement intrigué, impressionné, et finalement ému par le jeune homme.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-Hommes---Deborah-Kerr-et-Burt-Lancast.jpg

 

Deborah Kerr et Burt Lancaster

 

En contraste, alors qu’elles semblent au premier abord structurer le scénario, les relations hétérosexuelles apparaissent presque secondaires : la relation entre Warden et Karen, la femme délaissée du capitaine, d’un côté, et la relation entre Prewitt et Lorene, rencontrée dans un bar à soldats, de l’autre.

 

   Tant-qu-il-y-aura-des-Hommes---Montgomery-Clift-et-Donna-Re.jpg

 

   Montgomery Clift  et Donna Reed  


Quand Frank Sinatra finit de lire le livre de James Jones qui a inspiré le film, il était en Afrique, sur le tournage de Mogambo, que sa femme, Ava Gardner, tournait avec Clark Gable. Emballé, Frank Sinatra revint à Los Angeles où il fit des essais, grâce notamment à Ava Gardner, qui l'imposa au patron de la Columbia, Harry Cohn, et obtint le rôle, alors qu'il devait être tenu à l'origine par Eli Wallach.
Face à sa première interprétation d'un rôle dramatique, tous furent impressionnés et le chanteur reçut l'Oscar du meilleur second rôle.

 

Tant-qu-il-y-aura-des-Hommes.jpg

 

Montgomery Clift, Burt Lancaster et Frank Sinatra

 
On peut remarquer des apparitions dans le film de l'auteur de la nouvelle dont est tirée le film, James Jones, ainsi que des Joseph et William Sargent, futurs producteurs, réalisateurs et scénaristes.

 

Sans importance, juste pour l'anecdote, Joan Crawford aurait refusé le rôle de Karen Holmes car elle n'aimait pas les costumes.

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org

http://www.cinefil.com

http://cine-passion.voila.net

http://lmsi.net

http://lostinamoviesocean.blogspot.fr

commentaires

souscrire une assurance santé 05/11/2012 21:55


l'amitié mutuelle des deux personnages est bien développée le long du film


Claire

mitch&co 14/04/2012 14:59

carrément un super film

johane 14/04/2012 12:09

Bonjour Alain, ton article est super bien documenté comme d'hab et c'est vrai que je garde de ce film un grand souvenir. Bises

 

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Pour lire l'article consacré au film,

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