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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:30


Date de sortie 18 mai 2014


The-Homesman---Affiche.gif


Réalisé par Tommy Lee Jones


Avec Tommy Lee Jones, Hilary Swank, David Dencik,

Grace Gummer, Miranda Otto, Sonja Richter

William Fichtner, John Lithgow, Meryl Streep


Genre  Drame, Historique


Production Américaine

 

Le film est en compétition au Festival de Cannes 2014.

 

The Homesman est une adaptation du roman Homesman, publié par l'auteur américain Glendon Swarthout.

 

Au cœur des grandes plaines de l'Ouest, au milieu du XIXème siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte. Dans les grandes plaines, les hivers étaient terribles, la vie dure et dangereuse et grand nombre de femmes sombraient dans la folie. Il n'existait pas d'asiles pour ces malheureuses qui, souvent, mettaient en danger leur vie et celle de leur entourage.


Dans les années 1850, on comptait autant de colons malchanceux retournant à leur point de départ que d'autres tentant la grande aventure de l'ouest.

 

Cette année-là, quatre femmes, brisées par l'hiver impitoyable et les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison. Aux yeux de la communauté des colons, il ne restait alors qu'une solution : les ramener, ausi discrètement que possible, d'où elles venaient, à leurs familles demeurées dans l'Est.

 

Tel est le point de départ de ce roman d'une puissance exceptionnelle, qui met en scène deux personnages, un homme et une femme - plus vrais, plus réalistes que nature, chargés de convoyer vers la civilisation une cargaison de femmes ayant perdu le raison.

 

Écrit par l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire du Far West, le livre conte ce revers de la conquête de l'Ouest, dans toute sa vérité et sa cruauté historique.

 

Glendon Swarthout n'en a entrepris l'écriture qu'après être tombé en arrêt sur le bref passage d'un livre d'Abigail McCarthy, la femme d'un sénateur démocrate, qui évoquait des "femmes hurlant toute la nuit quand le ­printemps revenait. Et qu'on rapatriait en carriole vers les asiles de l'Est." Le romancier a enquêté pendant huit ans pour découvrir quels destins se cachaient derrière ces mots : "Il a fouillé toutes les archives du Nebraska et lu toutes les lettres qu'il pouvait trouver, raconte son fils Miles, qui a écrit plusieurs scénarios de The Homesman pour Paul Newman. Dans les années 1980, on ne savait rien d'elles. Leur souvenir était perdu. Leur folie était vue comme une ignominie dans la saga des pionniers ou dans l'histoire même de leur famille. On ne savait pas quoi faire de ces femmes démentes. Les hommes qui perdaient la tête, on pouvait toujours les éliminer dans une bagarre, mais les femmes, il fallait les exfiltrer, les ramener vers l'est... "

Extrait de propos recueillis par Laurent Rigoulet  pour http://www.telerama.fr


Paru en 1988 aux États-Unis, Homesman a obtenu les deux récompenses littéraires les plus prestigieuses décernées pour le genre du western.
Une première traduction épuisée depuis plusieurs années avait été publiée en 1992 par les Presses de la Cité sous le titre Le Chariot des damnées. Cette nouvelle édition bénéficie d'une nouvelle traduction.

 

The-Homesman---Tommy-Lee-Jones-et-Hilary-Swank.gif

 

Synopsis

 

En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. La première de ces femmes est une infanticide à répétition, la deuxième suicidaire et la troisième refuse de se soumettre à son époux.


Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs (Tommy Lee Jones), un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. 

 

Ils décident de s'associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

 

The-Homesman---Hilary-Swank.gif

 

Hilary Swank

 

Déjà producteur sur Trois enterrements réalisé en 2005, Michael Fitzgerald accompagne de nouveau Tommy Lee Jones dans l'aventure de The Homesman, mais cette fois-ci, c'est en famille qu'il participe au film puisque le co-scénariste n'est autre que son fils, Kieran Fitzgerald avec également le scénariste Wesley A. Oliver.

 

Le directeur de la photographie n'est autre que le fameux Rodrigo Prieto.

 

Le scénario de The Homesman a pris forme alors que Tommy Lee Jones et Meryl Streep jouaient les couples en crise pour David Frankel dans Tous les espoirs son permis.

 

The-Homesman-.gifÀ 67 ans, Tommy Lee Jones est un homme bouillant qui fait tenir plusieurs vies en une. D'une main de fer, il dirige un ranch de 1 000 hectares et une équipe de polo qu'il dit "imbattable". Il mène de front sa ­carrière de vedette hollywoodienne et un métier de cinéaste ­auquel il se sent voué depuis ses jeunes années. Après le ­succès cannois de Trois Enterrements, prix d'interprétation pour Tommy Lee Jones et prix du scénario allant à Guillermo Arriaga, il n'a pas chômé mais écrit plusieurs histoires en compagnie de Wesley A. Oliver. Une adaptation d'Iles à la dérive, roman posthume d'Ernest Hemingway, portrait sur mesure d'un homme tranquille rongé de l'intérieur; Gift Hogs, un drame texan moderne et sanglant; Bel Canto, une extravagante histoire d'otages en Amérique du Sud ; un remake des Cowboys du John Wayne des années 1970. Et The Homesman, avec lequel il revient à Cannes. Pourquoi celui-ci ? "Parce que j'ai trouvé l'argent pour le réaliser. Je n'ai pas de préférences. Je suis 100 % engagé dans tous ces projets, terriblement difficiles à financer. Quand une porte s'ouvre, je fonce. C'est comme ça que ça se passe. Pas vrai, Wes ? — Yes, sir !"

 

Totalement concentré un instant, parfaitement ailleurs le suivant. La pièce est tout à son image de cow-boy sophistiqué : mobilier design signé par l'artiste minimaliste Donald Judd, dessins d'Akira Kurosawa soigneusement encadrés, photos de pêche et de nature sauvage, maquette de son bateau vintage qui mouille dans les "eaux splendides" de Port Aransas.


Autour de lui, il a rassemblé quelques clichés saisissants en noir et blanc qui ont servi de base aux recherches pour The Homesman, l'histoire de femmes devenues folles dans le Nebraska et de pionniers aux premières années de la ruée vers l'Ouest. Sur l'une des photos, une mère de famille vêtue de noir pose au milieu des champs avec un bébé au teint d'angelot. Les blés lui arrivent aux épaules, elle regarde à peine le photographe.

The Homesman

Wyoming (date inconnue).

 © J. E. Stimson Collection / Wyoming State Archives /

Department of State Parks and Cultural Resources

 

"Elle me fascine, dit Tommy Lee Jones. Peut-être est-elle devenue dingue dans les mois qui ont suivi cette photo. Je n'ai jamais cessé de me demander à quoi elle pouvait penser. Ses yeux me troublent. C'est ce genre de ­figure qui m'a donné envie de réaliser The Homesman. "
 

“Je déteste qu'on rabaisse les femmes et qu'on les traite comme des objets.
Pour moi, c'est le mal absolu."

Tommy lee Jones

 

Tommy Lee Jones n'a pas hésité longtemps avant de se lancer dans l'adaptation du roman de Glendon Swarthout qui décrit, avec un luxe de détails glaçants, l'âpreté de la vie quotidienne sur la "nouvelle frontière", les maisons de terre et d'herbe, les hivers terrifiants, la menace cons­tante des Indiens et des animaux sauvages, les épidémies, les tempêtes, et l'étourdissante solitude des plaines qui se referme sur ces femmes, souvent ­élevées dans une société victorienne. Comme Paul Newman, qui a longtemps bataillé pour réaliser ce film (avec Jeff Bridges, puis avec Sam Shepard...), Tommy Lee Jones était attiré par ce versant peu exploré de l'histoire américaine. L'Ouest est en général raconté par le biais des héros qui l'ont dompté. On s'attarde rarement sur l'histoire des milliers de familles qui ont rebroussé chemin, ruinées, épuisées et rompues.

 

The-Homesman--copie-1.gifEncore moins sur celui des femmes rejetées dans l'ombre de ces années de conquête : "J'ai toujours été captivé par le destin des pionniers, dit-il. Mais le point de vue des femmes était particulièrement intrigant. On en parle à peu près nulle part. Or leur combat quotidien, leur résistance à la brutalité de l'existence et à celle des hommes pose les bases mêmes de leur émancipation."

Extrait de propos recueillis par Laurent Rigoulet  pour http://www.telerama.fr

 

Alors en tournage dans le Connecticut, Tommy Lee Jones jonglait entre les deux longs-métrages : "Il traversait la rue pour nous rejoindre et on écrivait des scènes de The Homesman ensemble (...) Du coup, il faisait sans cesse des allers-retours d’un film à l’autre en effectuant un saut de 150 ans dans le temps."

 


 

Le tournage de The Homesman a duré en tout et pour tout quarante-deux jours, dont trois semaines au Nouveau Mexique, dans deux ranchs situés à l’est et au nord de Las Vegas dans la région des Grandes Plaines, et le reste du temps en Géorgie. Le déplacement entre les deux lieux de tournage aura pris une journée demie à l'équipe : "On a parcouru plus de 3000 kms avec les chevaux, les mules, les chariots et le matériel de tournage en une journée et demi !", précise le producteur Michael Fitzgerald.

 

C’est la troisième fois que Tommy Lee Jones fait appel au compositeur américain Marco Beltrami. Il dit apprécier, entre autres, les instruments artisanaux auxquels ce dernier a recours.

 

The-Homesman---Hilary-Swank-et-Tommy-Lee-Jones.gif

 

 

Mon opinion

 

Un très beau film dans lequel Tommy Lee Jones, redéfinit les codes du western basés ici sur l'existentialisme, la solitude, la tristesse, la tragédie, l'aliénation aussi.

 

Les joueurs de poker, comme les Indiens, ou tous ces pionniers en quête d'une vie meilleure au beau milieu de ces décors arides et rudes, passent ici au second plan et ne servent qu'à souligner tous les dangers qui menacent en permanence les vies de ces femmes et de ces hommes.

 

Tout en flashbacks, la mise en scène d'une belle sobriété et sans aucun faux-pas, s'appuie sur un scénario solide basé sur la violence et les horreurs de cette époque. Une torture quasi permanente, et ici beaucoup plus morale que physique, malgré quelques coups de feu qui viennent rappeler que nous sommes bien dans l'Ouest Américain des années 1850.

 

La très belle photographie de Rodrigo Prieto s'impose dès les premières images pendant que se développe une relation imprévue, à la fois drôle et dramatique entre les deux principaux protagonistes.  

Tommy Lee Jones est bluffant de vérité. Vieil ours revêche au passé de déserteur il trouvera son salut par l'amour qu'il saura porter aux autres.

 

À ces côtés Hilary Swank est étonnante dans ce rôle de femme solitaire, solide et courageuse. Elle crève littéralement l'écran et trouve ici, à mon avis, son meilleur rôle.

 

Il est bien question de trois femmes ayant perdu la raison. Je salue les prestations de Grace Gummer, Miranda Otto et  Sonja Richter qui incarnent parfaitement ces trois femmes dans des rôles quasi muets. Sans oublier, bien entendu, l'apparition de Meryl Streep en toute fin du film.

 

Un western au féminin ai-je envie de dire mais aussi un film qui est une récompense quand on aime le septième art.

 

À vous Cannes … Je suis impatient du palmarès. Pour ma part ce film de Tommy Lee Jones ne devrait pas passer inaperçu. C'est toujours très difficile de conseiller un film, mais avec The Homesman, j'ai envie de vous dire, laissez-vous embarquer.

 

 

Sources :
http://www.telerama.fr

http://www.allocine.fr

http://www.imdb.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2014
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commentaires

armelle 11/06/2014 10:47


Je vais me laisser embarquer, cher Alain, et aller le voir car il passe dans une salle proche de chez moi à partir d'aujourd'hui. Votre critique, toujours très complète, me confirme celles que
j'ai lues ici et là. Et il y  a tellement de navets en ce moment dans nos salles qu'il ne faut pas laisser passer les oeuvres de qualité.

roijoyeux 08/06/2014 10:36


sujet très dur mais le film doit être très beau !

dasola 31/05/2014 13:50


Rebonjour Alain, dommage que ce film n'ait rien reçu à Cannes... J'ai aussi beaucop aimé ce film qui raconte une histoire terrible. Bonne journée.

 

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