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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 20:30

 

Date de sortie 27 novembre 2013

 

The-Immigrant---Affiche-copie-1.gif


Réalisé par James Gray


Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner,

Dagmara Dominczyk, Jicky Schnee, Yelena Solovey, Angela Sarafyan

 
Genre Drame, Romance


Production Américaine

 

Alors que sa filmographie est toujours ancrée dans son temps, The Immigrant est le premier film du réalisateur James Gray à se situer dans un passé que le metteur en scène n'a pas personnellement connu, plus précisément en 1921.

 

Obsédé par ses origines russes, au coeur de tous ses films précédents, James Gray devait tôt ou tard s'attaquer frontalement à la question de l'immigration en Amérique. Très attaché à ce sujet dans chacun de ses films, c'est la première fois qu'il filme Ellis Island, lieu empreint d'une histoire très forte, puisque le bâtiment a abrité le service d'immigration de New-York jusqu'en 1954.

 

"En 1923, mon grand-père et ma grand-mère sont arrivés aux Etats-Unis en passant par Ellis Island. J’ai entendu, bien sûr, d’innombrables anecdotes sur Ellis Island, et le lieu m’a longtemps obsédé. J’y suis allé pour la première fois en 1988, avant la restauration de l’île. Tout était resté intact, comme figé par le temps. C’était une vision troublante, ces formulaires d’immigration à moitié remplis, répandus par terre… Ellis Island m’est apparue comme un endroit hanté par des fantômes, ceux de toute ma famille. J’ai donc conçu le projet d’un film qui viendrait de cette histoire", raconte le metteur en scène.

 

The-Immigrant---Joaquim-Phoenix-et-Marion-Cotillard.gif

 

Joaquim Phoenix et Marion Cotillard

 

Synopsis

 

1921. Les très catholiques, Ewa Cybulski (Marion Cotillard) et sa sœur Magda (Angela Sarafyan) quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York.

 

Arrivées à Ellis Island, Magda, soupçonnée de tuberculose, est placée en quarantaine

 

Ewa, seule, désemparée, tombe dans les filets de Bruno Weiss (Joaquin Phoenix) un homme au charme vénéneux qui se présente comme directeur de cabaret et propose de l’aider.   

 

Avec la complicité d'un agent de l'immigration en poste à Ellis Island, Bruno Weiss fait libérer Ewa Cybulski. L'héberge chez lui et l'engage dans sa troupe de théâtre. Mais les masques ne tardent pas à tomber. Son cabaret n'est rien d'autre qu'un minable tripot de Manhattan et ses actrices, des prostituées.


Orlando (Jeremy Renner), illusionniste et cousin de Bruno, tente de redonner confiance à Ewa et insiste sur l'espoir de jours meilleurs.

 

Pendant ce temps, Bruno Weiss peut se montrer d'une brutalité sans nom.

 

Rejetée et dénoncée par son oncle, Ewa comprend vite qu'il lui faut accepter le pire si elle veut faire libérer sa sœur et se sauver avec elle pour connaître un jour le véritable rêve américain.

 

Résignée, à la prostitution.

 

Orlando est, comme Bruno avant lui, immédiatement attiré par Ewa.

 

Les deux cousins vont alors se déchirer pour elle...


 The-Immigrant---Marion-Cotillard-et-Jeremy-Renner.gif


Marion Cotillard et Jeremy Renner


Sur les 34 jours de tournage de The Immigrant, deux ont été nécessaires lors du tournage sur Ellis Island dans les véritables locaux historiques. Une opportunité pour le réalisateur James Gray qui raconte : "Elia Kazan a reconstitué Ellis Island pour America, America réalisé en 1963, tout comme Francis Ford Coppola pour Le Parrain 2 réalisé en 1974 mais ils n’avaient pas pu tourner sur place. J’avais donc une chance assez unique et j’ai essayé d’être le plus fidèle possible à la réalité historique."

 

James Gray fait toujours un travail assez particulier avec ses collaborateurs avant le tournage de ses films. Il a montré à son directeur de la photographie, Darius Khondji, plusieurs toiles afin de donner le ton visuel qu'il voulait retranscrire dans son film.

 

C'est ainsi que The Immigrant s'inspire de tableaux George Bellows, célèbre pour ses vues réalistes de New York du début du XXème siècle. Mais aussi de celles de Everett Shinn, qui représentait le monde interlope des théâtres de variétés de Manhattan.


Deux peintres de l’école réaliste américaine de la Ashcan School, ayant vécu à New-York au début du XXème siècle.

 

La scène où Marion Cotillard se confesse, le visage éclairé par un halo de lumière, est un hommage à La Strada selon les propos de Darius Khondji recueillis sur http://www.liberation.fr. Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez ICI !

 


 

Autres sources d'inspiration, liées à la dimension religieuse du film, les photos quadrichromes de l'architecte italien Carlo Mollino ainsi que l'œuvre cinémaographique de Robert Bresson, avec son Journal d'un Curé de campagne réalisé en 1951. 

 

Le coscénariste du film, Ric Menello, est décédé le 1er mars 2013 avant la sortie du film. Le réalisateur et coscénariste James Gray se souvient : "Je suis très heureux d’avoir pu montrer The Immigrant à Ric avant sa disparition. Sa mort a été une réelle épreuve pour moi. Il était très important à mes yeux, et j’espère que je l’étais pour lui. (...) Quand le scénario était terminé, sa participation prenait fin. Il ne venait jamais sur le plateau. Bien sûr, il m’arrivait de l’appeler pour lui parler d’un acteur ou d’une scène. Et à la fin, je lui montrai le film fini".

 

James Gray a fait la connaissance de Marion Cotillard au cours d'un dîner, sans avoir vu aucun de ses films auparavant.  Le metteur en scène raconte : "Son visage m'a rappelé celui de Renée Falconetti dans La Passion de Jeanne d'Arc de Carl Théodore Dreyer. Je me suis dit : cette femme n'a pas besoin de parler. Elle est si expressive qu’elle pourrait être une actrice du muet. Bien sûr, j’ai fini par lui donner une tonne de dialogues ! Mais j'ai écrit le film pour elle car il s'agit d'une immigrée et il me semblait qu'elle était capable de transmettre un état d'âme d'une façon non verbale. Je ne pense pas que j'aurais fait le film sans elle. Le grand défi bien sûr, c'était son polonais qui s'avère impeccable. Un jour j'ai demandé à l'actrice qui joue sa tante ce qu'elle pensait du polonais de Marion. Elle m'a dit qu'il était excellent, mais avait une pointe d'accent allemand. J'en ai parlé à Marion qui m'a répondu : "Bien sûr, c'est fait exprès puisque mon personnage vient de Silésie, une région située entre l'Allemagne et la Pologne" C'est vous dire son degré de précision.! Ça m'a bluffé " confie le réalisateur.

 

The-Immigrant---Marion-Coti.gif


Marion Cotillard

 

Mon opinion :

 

De "Little Odessa" à "Two Lovers", James Gray m'a toujours séduit par l'ensemble de ses précédentes réalisations.

 

Pour ce cinquième long métrage, les thèmes de prédilection du réalisateur restent bien présents, à une différence près, il donne ici le premier rôle à une femme.

 

"The Immigrant" est un faux pas malgré une histoire, plus ou moins inspirée par des souvenirs familiaux. En dépit de la perversité du scénario, de la noirceur du propos et de la violence psychologique, l'ensemble est beaucoup trop lisse.

 

La mise en scène, souvent élégante reste exagérément figée voire traditionnelle. Premier barrage pour une émotion qui devrait nous submerger. Là où l'on peut espérer de la colère, de la fureur, aussi, la caméra se perd dans des décors qui n'ont jamais autant mérité une telle dénomination.

 

Les lumières de Darius Khondji s'inspirent des tableaux de deux peintres de l'époque, Everett Shinn et Georges Bellows. Soit. En cela la couleur est assez bien rendue par ces tons jaunes/orangés qui sont toutefois très appuyés avant d'en devenir gênants. Des moments de magie cependant. Pendant le rêve d'Ewa, dans la lumière violente des champs luxuriants de son passé ou encore la scène du confessionnal, la plus belle de tout le film, en ce qui me concerne. Tant au niveau de la lumière que du jeu de Marion Cotillard, aussi.

 

Joaquin Phoenix collabore pour la quatrième fois avec James Gray. Un acteur que j'apprécie. Autrement mieux servi, et bien plus convaincant dans ses précédents rôles, il peine ici à trouver le ton juste dans l'interprétation de son personnage qui oscille en permanence entre le parfait salaud ou l'amoureux fou.

 

Marion Cotillard tient ici le rôle principal, avec l'accent en prime.

Un grand et beau rôle. Enfin !

Elle s'approprie celui-ci avec un certain talent, je le reconnais. Mais faute d'un scénario plus abouti et de dialogues plus crédibles, elle n'arrive pas à émouvoir. La passivité de son personnage finit par l'enfermer dans un bloc de glace, au milieu duquel les émotions restent figées.

 

Seuls les passages avec l'excellent Jeremy Renner lui permettent de faire passer un léger trouble.

 

En fait d'un grand, et beau mélo, "The Immigrant" se laisse regarder sans véritable émotion. Cette multiplication d'images qui veulent forcer l'admiration et trop de situations pour attirer la compassion, m'ont laissé impassible.

 

Ceci étant dit, en sortant de la salle, des spectateurs ne tarissaient pas d'éloges.

 

Donc, du cinéma pour tous les goûts. C'est bien aussi ! 

Sources :

http://www.cinemovies.fr

http://www.lemonde.fr

http://www.allocine.fr

http://evene.lefigaro.fr

http://www.imdb.com

Published by Ciné Alain - dans Des films en 2013
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commentaires

Edmée De Xhavée 02/12/2013 22:42


Contente de te lire car j'ai justement été au ciné aujourd'hui et les affiches annonçaient ce film. J'hésitais... Bon, pour tout dire j'hésite encore un peu :-)

Jacqueline 01/12/2013 20:45


Bonsoir Alain, je ne suis pas très emballée non plus. mais bon, comme tu l'écris, il en faut pour tous les goûts. Bises

Chris 30/11/2013 23:12


Bonsoir Alain, pas vraiment convaincu non plus. Quelques beaux passages qui n'apportent pas grand chose. Et au finish, un pâle souvenir.

 

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