Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 23:00

The-Offence---Affiche-copie-1.jpg


Réalisé par Sidney Lumet


Avec  Sean Connery, Trevor Howard, Vivien Merchant,

Ian Bannen, Peter Bowles, Derek Newark,Ronald Radd,

John Hallam, Richard Moore, Anthony Sagar, Maxine Gordon,

Hilda Fenemore, Rhoda Lewis, Cynthia Lund, Howard Goorney


Genre Drame, Policier


Coproduction Américaine, Britannique 1973

 

 
Après 35 ans d'attente, les spectateurs français pouvaient découvrir The Offence en salle le 12 septembre 2007. Le film avait été privé de sortie nationale en 1973 pour ne pas casser l'image de Sean Connery, alors connu comme l'impeccable James Bond, ici distribué à contre-emploi dans le rôle d'un flic névrosé. Selon Sébastien Tiveyrat, responsable de la sortie du film en 2007, The Offence n'avait aucun visa d'exploitation. Le seul négatif existant était dans un état épouvantable et nécessita une restauration complète de 6 mois.

 

The-Offence---Sean-Connery.jpg Sean Connery

 

Thomas Sotinel, dans le Monde, souligne la bravoure de Sean Connery : "On est saisi par le courage de l'acteur qui non seulement met en pièce l'image qui a fait de lui une star planétaire, mais encore construit un personnage fascinant de violence, de cruauté et d'ambivalence morale."

 

The Offence est une œuvre d'une noirceur absolue qui explore les tréfonds de l'âme humaine, la nature ambivalente de l'homme, son impossible résistance face à l'horreur. The Offence reste aujourd'hui encore une œuvre profondément dérangeante, la plus noire et sans issue jamais signée par son auteur. Par l’intelligence et la précision de sa mise en scène, Sidney Lumet a transformé un script passionnant en intense expérience cinématographique, et The Offence est à ranger parmi les plus grandes réussites de ce cinéaste indispensable.

 

Sean Connery The-Offence---Sean-Connery-copie-1.jpg

 

Synopsis

 

Un inspecteur de Scotland Yard, Sergeant Johnson (Sean Connery), dans la police britannique depuis plus de vingt ans, enquête depuis des semaines sur des viols de jeunes filles. Tous les meurtres et autres enquêtes dont il s'est occupé l'ont profondément marqués

 

Janie Edmonds (Maxine Gordon) est la quatrième victime du pervers : la disparition de cette dernière annoncée, Johnson participe à une battue dans la forêt et le terrain vague où on l’a vue disparaître à son retour de l’école. Il retrouve la petite fille, couverte de contusions, traumatisée. Johnson, poussé à bout par cette affaire, au bord de l'implosion, s'introduit dans l'ambulance qui emmène la gamine à l'hôpital afin de l'interroger avant qu'elle ne soit prise en charge par les services d'urgence. Mais en la questionnant, il ne fait qu'aggraver son traumatisme et la fillette, devenue hystérique, doit être anesthésiée. Lorsque, peu après, un individu louche est arrêté, Johnson, persuadé de sa culpabilité et bien décidé par tous les moyens à le faire avouer, s'enferme avec lui dans une pièce.

 

The-Offence---Sean-Connery-et-Ian-Bannen.jpg

 

Il s'agit de Kenneth Baxter (Ian Bannen) dont il est persuadé qu'il est l'auteur d'une série d'agressions sur des petites filles. La douleur intérieure que Johnson a gardé en lui durant toutes ces années surgit au grand jour

 

"Je lirai en toi, Baxter, à livre ouvert. Page après page. C’est là, écrit sur ton visage. Des lignes, des ombres, sur ton âme immortelle. Tes Yeux !!! " Des paroles, Johnson passe aux actes : il malmène Baxter, le met à terre, le frappe. 

 

Alerté par des hurlements et des bruits sourds, un collègue ouvre la porte et découvre le corps ensanglanté du suspect...

 

The-Offence---Ian-Bannen.jpg Ian Bannen

 

Quand Johnson est enfin de retour chez lui, ces images lui collent toujours à la peau. Il est incapable de faire comme tout inspecteur doit faire : rentrer chez lui et oublier les horreurs de la journée. Celles-ci sont incrustées en lui, il ne peut plus s’en défaire. Johnson commence à critiquer la tenue de sa femme (Vivien Merchant), puis son visage, son corps, et enfin tout ce qu’elle représente. Alors qu’il commence à être violent avec elle, à l’empoigner comme il vient d’empoigner Baxter un peu plus tôt, le visage de ce dernier apparaît et le ramène à la raison. Il se calme, mais cette image déclenche quelque chose en lui. S’insinue en lui l’idée que ce n’est pas tant l’omniprésence de l’horreur qui le fait sombrer que ce qui, au fond de lui, le travaille : "d’ignobles asticots rongent mon esprit." Mais il rejette cette pensée et se rabat sur l’horreur qui l’accable, la puanteur, la décomposition, le sang : "C’est toujours la nuit. On est seul. Le silence… le vide… la mort. Et personne. Des gens meurent… personne !"

 

The-Offence.jpg

 

Il lance, violemment, un appel au secours auquel sa femme n’a pas la force de répondre. Il se sent plus seul que jamais, abandonné, livré à ses démons. Johnson ne supporte plus ce travail solitaire où l’on doit garder les visions de la journée dans sa tête, visions que l’on ne peut partager avec quiconque. Comment vivre sans en parler ? En essayant en vain d’enfouir ces images traumatisantes, on les accumule et, strates après strates, on construit un musée intérieur consacré à l’horreur du monde. De fait, lorsque pour la première fois de sa vie, il parle de sa douleur à sa femme, celle-ci ne peut l’écouter. Il sait alors qu’il est condamné à être seul, à devoir porter sa croix jusqu’à la fin de sa vie. À ce moment là, alors qu’il redouble de violence à l'encontre de son épouse et qu’il la plaque sur le lit, Johnson comprend qu’il est irrémédiablement contaminé par l’horreur : il lui parle de désir et l’image de Janie pénètre ses pensées.


The Offence est peut-être le premier grand film de Sidney Lumet. Certes, il a déjà plus de vingt ans de carrière comme réalisateur. Certes, il a signé quelques films marquants comme Douze hommes en colère, L’Homme à la peau de serpent ou La Colline des hommes perdus. Mais malgré ses évidentes qualités de cinéaste, c’est avec ce film que son style se déploie véritablement et que ses thématiques d’auteur se cristallisent.

 

Le film s’ouvre par une longue séquence au ralenti qui, loin d’être un effet gratuit, immerge le spectateur dans une ambiance étouffante, à la limite du cauchemar éveillé, impression confirmée par des cadrages insolites et une photographie blafarde signée par le grand Gerry Fisher. Admirable travail sur la froideur, les teintes glauques et verdâtres, les architectures monotones dont les lignes de fuite sont comme brisées

 

Lorsque Sean Connery apparaît pour la première fois, la voix d’un des policiers, ralentie, déformée, assourdie, se juxtapose à sa silhouette, donnant ainsi l’impression qu’il rugit comme un lion en cage. Sidney Lumet insinue ici deux idées : Johnson est un homme potentiellement violent et il est enfermé dans quelque chose.The Offence Le réalisateur opère ensuite un travelling avant jusqu’à son visage, une sonnerie retentit et Johnson semble être rappelé à la raison. Le rythme, les sons redeviennent normaux, il est de retour dans la réalité, il semble sortir de ce cauchemar où il se débattait : son Oh my God est la première phrase intelligible du film. Or s’il en sort, c’est pour un infime instant, la narration faisant qu’il y est replongé à peine le générique, qui suit cette séquence inaugurale, terminé. Le phare d’une ambulance éblouit l’écran, le blanc envahit l’image et Johnson se retrouve là où tout a commencé, au début du cauchemar : il semble être condamné à errer jusqu’à la fin des temps dans cette temporalité circulaire. Dès le début, le film est imprégné par une sensation de tragique inéluctable, de tragédie sans issue, de monde sans horizon.

 

C’est Sean Connery, qui a déjà tourné deux fois pour Sidney Lumet dans  La Colline des hommes perdus et Le Dossier Anderson qui est l’instigateur du film. Bien conscient du danger de se laisser enfermer dans le rôle de James Bond, il n’a de cesse de chercher dans le cinéma indépendant ou chez des auteurs confirmés des espaces de liberté. Mais les opportunités artistiques pour se défaire du costume de plus en plus lourd à porter du plus célèbre des agents secrets, sont sévèrement contrôlées par la United Artists. C’est ainsi que Sean Connery négocie avec le studio.

 

Sean Connery renonça à son salaire et participa à l'écriture du film.

 

C’est peu dire que Sean Connery se révèle époustouflant dans le rôle d'un policier hanté par vingt années de plongée en apnée dans le monde du crime. L’acteur a souvent déclaré que l'inspecteur Johnson était son meilleur rôle et, si l'acteur a par ailleurs très souvent montré l'étendue de son talent, on est tenté d'abonder dans son sens tant sa prestation toute en tension, en douleur intérieure, en fêlure, est proprement hallucinante. Si Sean Connery porte le film de bout en bout, il est de quasiment tous les plans , s’il est à l’origine du projet, The Offence rejoint constamment les grandes lignes du cinéma de Sidney Lumet. The-Offence---Sean-Connery-copie-3.jpgAinsi, la question de la recherche de la vérité a toujours été au cœur de son cinéma. Une quête rendue impossible par la multiplicité des points de vue, par la complexité du monde, de la société et des hommes. Il n’y a jamais de vérité unique chez Sidney Lumet, la frontière entre le bien et le mal est forcément brouillée, les apparences trompeuses… vision du monde profondément humaniste qui s’exprime magistralement dans The Offence. Le réalisateur joue constamment sur l'indécision, le doute : Baxter est-il bien le violeur ? Johnson serait-il un schizophrène criminel ? Quelle est la part de réalité et de fantasme dans ce qui nous est donné à voir ?  Sidney Lumet  ne résout pas complètement les pistes ainsi ouvertes. Il laisse le doute s'insinuer en nous, provoquant ainsi un sentiment de profond malaise, nous laissant dans une position inconfortable accentuée par le fait que chaque personnage est un coupable. Non pas coupable d'un crime, mais coupable de l'échec de sa vie ou de celle de son entourage.

 

Le film aborde le thème de la pédophilie de manière frontale et dans toute son horreur.

 

The-Offence---Sean-Connery-copie-2.jpg

 

Sidney Lumet mène le film avec une immense intelligence, jouant sur le réalisme des lieux, sur une attention constante portée au quotidien, tout en ponctuant le récit d'inserts visuels violents et en défragmentant le montage de manière quasi expérimentale. Il nous donne l'impression d'un film en morceaux à l'image de la psyché de son héros qui tombe en lambeaux. On à l'impression d'un film fissuré, l'impression d'être devant une toile tendue qui menacerait à tout moment de se déchirer et de laisser s'échapper la colère, la folie, la haine de Johnson. Ce lien entre la toile de l'écran et le cerveau de Johnson est l'une des grandes réussites de The Offence, polar poisseux qui colle longtemps à notre rétine. C'est un film malade, au sens où il est contaminé par la folie de son personnage principal. Une folie à laquelle le spectateur est directement confronté, folie à laquelle il n'est jamais extérieur. Lumet ne décrit pas un cas clinique, il nous fait partager par le biais de sa mise scène la sensation d'une humanité qui s'effrite à trop côtoyer le mal.

 

Sidney Lumet, cinéaste qui sait admirablement filmer les villes, inscrit The Offence dans l'environnement anxiogène et étouffant de la cité. Il y a la banlieue avec ses barres d'immeubles et ses pavillons grisâtres, territoire repoussé à la limite de la ville, zone ceinturée par les bretelles d'autoroutes. Des bâtiments aux couleurs uniformes, avec très peu d’étages, constructions qui semblent ramper sur le sol. Sidney Lumet les filme au ras des toits, n’offrant que très peu de ciel, appuyant ainsi le sentiment éprouvant d’enfermement déjà imposé par la délimitation physique de la zone. Le réalisateur insinue l’idée qu’il n’y a pas d’ailleurs possible pour cette humanité et pour Johnson en particulier.   Si la banlieue est sans issue, le traitement du centre-ville joue sur le vide et la déshumanisation. Filmé principalement de nuit, c’est un espace de surfaces glacées froid et inhospitalier. Ces bâtiments, tous identiques, que ce soit le commissariat, l’hôpital ou l’immeuble d’habitation de Johnson, donnent l’impression d’être toujours devant le même lieu, ne sont en rien des refuges pour l’homme. Seul le terrain vague où disparaît la petite Janie et la forêt contiguë où s’opère la battue, font office de percée dans cet ensemble anxiogène d’architectures uniformisées. C’est une zone sauvage qui se révèle inquiétante car c’est le lieu où se libèrent les pulsions primaires d'individus écrasés par un environnement étouffant. Cet espace est constitué d’un enchevêtrement de plantes et d’un tunnel, images qui renvoient vers l’idée d’une psyché labyrinthique et d’un passage vers l’inconscient.

 

 

 

 
  

Sources :

http://www.dvdclassik.com

http://www.filmlinc.com

http://www.sabotagetimes.com

http://fr.wikipedia.org

http://www.allocine.fr

Published by Ciné Alain - dans Mon univers
commenter cet article

commentaires

zorba 29/07/2012 18:15


je n'ai jamais vu ce film de lire ta page donne très envie de combler ce manque

tangobanjo 29/07/2012 13:56


bonjour quand j'ai vu ce film j'ai découvert Sean Connery et le grand acteur qu'il est

 

Welcome

 

"Le bonheur est la chose la plus simple,

mais beaucoup s'échinent à la transformer

en travaux forcés !"

 
François Truffaut

 

 

 

Recherche

Quelques coups de cœur 

 

 

Pour lire l'article consacré au film,

un clic sur l'affiche.

Bonne visite !

En 2016.

 

Lrs InnocentesEl Clan

 

 

 

 

 

 

TempêteLes Délices de Tokyo (An)

 

....

 

 

 

Rosalie BlumNo land's song

 

 

 

 

 

 

La saison des femmes (Parched)Julieta

 

 

 

 

 

Chala, une enfance cubaine (Conducta)Red Amnesia

 

 

 

 

 

 

Toni ErdmannTruman

 

 

 

 

 

 

Le fils de Jean

Divines

.....

 

 

 

 

 

 

Frantz

 

 

 

 

 

 

Juste la fin du mondeAquarius

 

 

 

 

 

 

 

Une vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2015.

 

..Mon Fils - Eran Riklis..Gente de Bien.La Maison au toit rouge.La Tête Haute.Une Femme Iranienne "Aynehaye Rooberoo". Facing Mirrors.Une seconde mère "Que Horas Ela Volta ?".Mustang.La Belle saison.Aferim !.La dernière leçon.Ni le ciel ni la terre.Les chansons que mes frères m'ont apprises.Fatima...Mia Madre

 

 

 Mes dernières critiques ... Cliquez ICI !

Depuis 2010. Films vus et commentés.

- En 2010 - Cliquez ICI

- En 2011 - Cliquez ICI

- En 2012 - Cliquez ICI

- En 2013 - Cliquez ICI

- En 2014 - Cliquez ICI

- En 2015 - Cliquez ICI

- En 2016 - Cliquez ICI

 

 

Voir et revoir..........................................Voir et revoir.........................................Voir et revoir....................

 

Pandora "Pandora and the Flying Dutchman".Umberto D.La chevauchée des Bannis.Loin du Paradis.Une journée particulière.Le procès de Viviane Amsalem "Gett".Tout ce que le ciel permet.

 

 

Luchon. Reine des Pyrénées. Cliqez ICI.